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mercredi 8 décembre 2021

The Lives of Saints - Leigh Bardugo et Daniel J. Zollinger


Un recueil magnifiquement illustré pour découvrir le panthéon du Grishaverse. 
Sankt Grigori des bois Accusé de sorcellerie après avoir sauvé un malade, Grigori est exilé dans une dangereuse forêt avec une lyre comme seul moyen de défense. 
Sankta Lizabeta des roses Une jeune femme fait tout pour prévenir les sages de son village qu'ils sont sur le point de se faire attaquer. Ignorée de tous, elle intercepte les soldats au milieu des champs de roses alentours, qui abritent ses ruches. 
Sankt Egmond, saint patron des architectes Alors qu'il est enfermé dans la prison royale pour ne pas avoir respecté ses engagements, Egmond sauve le roi et la reine d'un déluge en faisant pousser un frêne gigantesque depuis sa cellule. 
Sankt Koh et Sankta Neyar Koh et Neyar s'affrontent sur le champ de bataille. Pour faire face aux soldats mécaniques de Koh, Neya forge une épée à nulle autre pareille.

Fans du Grishaverse préparez-vous, car ce livre est littéralement un must-have à ajouter à votre bibliothèque !
Si les noms de Sankt Juris, Sankta Lizabeta ou Sankt vous disent quelque chose, alors ce livre est fait pour vous.
 
Alors que nous sommes tous•tes au désespoir depuis la parution de Rule of Wolves, Leigh Bardugo nous offre un nouveau livre-compagnon qui ravira les collectionneur•euses que nous sommes. 
 
Il n’est pas bien épais et il se lit très très vite (à peine une heure pour ma part), mais visuellement c’est une véritable petite pépite. 
L’objet livre est sublime, avec sa couverture reliée, toilée et ses dorures. Le tout magnifiquement illustré par Daniel Zollinger. Que demander de plus !? 
 
À l’instar de The Language of Thorns ce livre nous emmène au cœur du Grishaverse pour nous offrir un aperçu de sa culture. 
Nous découvrons donc l’histoire de quelques Saints et Saintes de cet univers que nous avions déjà croisé•es au détour de l’une ou l’autre page. 
C’est donc l’occasion d’en apprendre un peu plus sur elleux et de compléter nos connaissances sur cet univers ultra riche. 
 
En bref, c’est un objet tout simplement sublime, à lire et à exposer ensuite fièrement chez soi. Et on remercie évidemment la collection Page Turners pour les magnifiques illustrations fournies dans le colis presse.


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Parution VO: 6 octobre 2020 - Éditions Orion Books
Parution VF: 3 novembre 2021 - Éditions Milan

lundi 18 octobre 2021

Tout le monde veut des ailes - Laurence Bouvard


Angèle, Clara et Vincent ont 15 ans. Ils sont amis pour la vie. Et pourtant, ils ne se sont jamais rencontrés... 
Jusqu'à ce que la vérité les rattrape.

J'ai commencé ce roman sans trop savoir vers quoi j'allais. Je savais simplement que c'était une histoire d'amitié entre trois adolescent·es. Avec si peu d'informations, cela pouvait m'amener à peu près n'importe où, ce qui fait que je n'avais pas de véritables attentes.

Mais c'est une magnifique histoire que nous offre ici Laurence Bouvard, avec trois ados aux personnalités totalement différentes, mais complémentaires.
L'amitié qui les lie se tisse à travers un jeu de rôle et l'écriture collaborative de celui-ci, ce qui ajoute une dimension très actuelle et réaliste à cette histoire.

En effet, combien de relations amicales se sont créées de cette manière sur le net parmi notre génération ?
Pour ma part, nombre de mes amitiés actuelles découlent de ce processus et j'ai été ravie que cela soit mis en lumière d'une si belle manière.

Car pour une fois dans la littérature jeunesse on ne se concentre pas uniquement sur les dérives des réseaux sociaux (qui existent et qu'il faut évidemment dénoncer, mais là n'est pas le propos), mais sur les choses positives qui peuvent en découler, telle que l'amitié que construisent Angèle, Clara et Vincent.
C'était extrêmement rafraîchissant de lire ce type de récit, destiné à un public jeunesse.

Tout le monde veut des ailes est donc un roman sur l'amitié, mais pas seulement. Il traite également de sujets plus complexes, tels que la confiance et l'estime de soi, mais aussi de maladie, de handicap et de deuil. 

En conclusion, c'est un très beau roman, qui nous livre le quotidien presque banal de trois ados, mais avec énormément de douceur et de bienveillance.
Une petite pépite à mettre entre toutes les mains, surtout celles des plus jeunes. 


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Parution: 25 août 2012 - Bayard Jeunesse

mercredi 8 septembre 2021

La Nuit des Reines - Alex Bell


Jude Lomax, jeune musicienne, vit dans les bas-fonds de Baton Noir, ville où la magie est au service des puissants. 
Chaque année, lors de la Nuit Cojoue, une reine est élue, bénie par les dieux. Pendant un an, elle aura la possibilité de faire régner le calme ou la terreur dans la ville. Dotée de pouvoirs infinis, elle est d'une puissance sans égal. 
Ivory Monette gouverne depuis plus de cinquante ans quand elle est sauvagement assassinée. Assoiffée de vengeance, elle prend possession du corps de Jude et la force à l'aider à retrouver son meurtrier.
Pour se débarrasser de l'esprit maléfique d'Ivory, Jude va devoir plonger dans les sombres secret des habitants de Bâton Noir, où se mêlent jazz et magie noire sur fond de terrifiantes légendes.

Pour une première incursion dans l'univers d'Alex Bell, je dois dire que je suis plutôt convaincue. J'ai commencé ce roman sans aucune appréhension, tout simplement parce que je n'en attendais rien de particulier et cela a été une franche réussite. 

Je me suis immédiatement immergée dans cette Louisiane alternative, où le jazz et la magie Cojoue se côtoient et s'allient, pour le meilleur et pour le pire.
Toute la mythologie créée par l'autrice - et largement inspirée du Vaudou, vous vous en doutez - est envoutante et nous transporte aussi facilement qu'une plume soulevée par le vent.

C'est dans ce contexte que vit Jude, notre héroïne. Mais cette dernière est loin d'être attirée par cette magie maléfique et elle tend même à s'en tenir éloignée le plus possible.
Mais c'était sans compter la volonté de l'esprit d'Ivory Monette qui n'a rien trouvé de mieux que de posséder son corps afin de découvrir la personne qui l'a assassinée.
Jude va donc devoir cohabiter avec l'ancienne Reine Cojoue de Bâton Noir et l'aider dans sa quête.

J'ai beaucoup apprécié Jude qui est une héroïne vive et authentique. On sent au fil des pages que sa vie n'a pas toujours été simple (et c'est un euphémisme) mais qu'elle n'a pour autant jamais baissé les bras.
Jude est une battante, autant au sens figuré qu'au sens propre d'ailleurs.

Mais si ce récit est plutôt prenant et son héroïne attachante, je dois bien avouer que je n'ai pas été surprise par le déroulement du roman. J'ai rapidement deviné où l'autrice voulait aller et tout ce que cela impliquait pour Jude.

Cependant, cela ne m'a absolument pas empêché d'être prise dans ma lecture et de tourner frénétiquement les pages, car Alex Bell mener une histoire et ménager son suspense.
Car même si j'ai vu les tenants et les aboutissants de l'ensemble, la trame est particulièrement bien tissée et tout s'imbrique parfaitement.

J'ai donc passé un très bon moment en compagnie de La Nuit des Reines et cela me donne très envie de découvrir les autres écrits de l'autrice, même si je pense laisser de côté ses romans de fantastique/horreur car ce n'est pas vraiment ma tasse de thé.


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Le site d'Alex Bell
Parution VO: Music and Malice in Hurricane Town - 4 avril 2019 - Little Tiger
Parution VF: 25 août 2021 - Bayard

lundi 30 août 2021

King of Scars, tome 2 : Le règne des Loups - Leigh Bardugo


Le roi démon. En voulant se débarrasser du démon qui sommeillait en lui, Nikolai a réveillé un mal plus terrible encore : un ennemi que tous pensaient mort, une menace pour le royaume de Ravka. Alors que son pays est encerclé par les armées de Fjerda, le jeune monarque sait qu'il devra faire appel aux ténèbres en lui s'il veut à nouveau réaliser l'impossible et sauver Ravka. 
La fille des éclairs et du tonnerre. Zoya Nazyalensky, générale de la Seconde Armée, connaît trop bien les ravages provoqués par la guerre. Détentrice de nouveaux pouvoirs extraordinaires, la jeune femme est prête à devenir l'arme dont son pays a besoin. Quel que soit le prix à payer. 
La reine des sanglots. Chargée d'une mission d'espionnage en plein territoire fjerdan, Nina pense pouvoir déstabiliser l'ennemi en s'infiltrant au plus près du pouvoir. Les motivations de l'espionne semblent cependant aller bien au-delà du simple patriotisme... 
Un roi. Une générale. Une espionne. Trois destins capables de façonner l'avenir d'un pays. Ou d'en provoquer la chute.

Ohlala mais ce bouquin !!! 
Je l'attendais avec énormément d'impatience, mais il aura tout de même fallu deux ans avant de pouvoir enfin satisfaire cette envie. Honnêtement, l'attente en valait la peine, car quand je vois la qualité de ce récit je ne suis absolument pas déçue.

Retrouver Zoya, Nina et Nikolai a été un vrai plaisir, même si je ne compte plus le nombre de fois où mon petit coeur s'est serré de peur qu'il leur arrive quoi que ce soit.
On continue donc de suivre l'histoire de leurs différents points de vue, ce qui permet d'avoir une vue d'ensemble de ce qu'il se passe aux différents points stratégiques de la carte.

Nina et Hanne sont toujours infiltrées à Fjerda avec tous les risques que cela comporte, tandis que Nikolai et Zoya tentent de maintenir le royaume de Ravka à flot. Et pour cela, l'autrice nous réserve quelques belles surprises - dont une que j'espérai grandement - mais aussi des moments de stress intense.

Plus on avance dans cette histoire et plus on se rend compte du chemin parcouru par l'autrice depuis Grosha. Sa plume a gagné en maturité, tout comme la construction de ses personnages, et ce pour notre plus grand plaisir.

On plonge dans ce récit avec une facilité étonnante et il ne nous reste qu'à nous laisser porter au fil des pages. L'action n'est pas omniprésente, au sens où il n'y a pas de bataille à tous les coins de page, mais il y a toujours cette petite tension qui nous suit et rend ce récit si addictif. On suit attentivement les mouvements de chacun·e en se demandant ce que cela aura pour conséquence par la suite.
 
Pour tout vous dire, il se peut que King of Scars soit à également avec Six of Crows dans mon petit coeur de lectrice. J'aurais bien du mal à départager ces duologies qui se complètent à merveille et font du Grishaverse un univers toujours plus fouillé et toujours plus intense.

Je suis impatiente de découvrir ce que Leigh Bardugo nous réserve pour la suite, mais je suis sûre que cela sera encore meilleur ! En tout cas, vu la fin de ce tome on peut s'attendre à énormément de choses intéressantes à venir.
Je ne sais pas si je vais pouvoir attendre aussi longtemps !


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Ma chronique du tome 1
Parution VO: Rule of Wolves - 30 mars 2021 - Orion Books
Parution VF: 26 mai 2021 - Editions Milan

mercredi 28 juillet 2021

Today Tonight Tomorrow - Rachel Lynn Solomon


Ils se détestent, se découvrent, puis apprennent à s'aimer. Vous avez une impression de déjà-vu ? Peut-être.
Sauf que Rowan adore les romans d'amour. Elle en connaît toutes les ficelles. Elle rêve même d'en écrire. Alors les ennemis d'hier qui deviennent les amoureux de demain, elle connaît. 
Et c'est bien pour ça qu'elle ne risque pas de tomber amoureuse de Neil, son éternel rival du lycée !

De manière générale je lis assez peu de romance. Pas parce que je n'aime pas ça, mais simplement parce que je préfère la SFFF et que j'y consacre donc plus de temps. Mais parfois, quand l'occasion s'y prête, j'aime me plonger dans une romance le temps de décompresser un peu. Et puis quelle meilleure période que l'été pour cela ?

En plus ça tombait plutôt bien, puisque le résumé promettait une lecture qui s'éloignait des clichés de la romance pour nous proposer quelque chose d'original.
À ce niveau, j'ai envie de dire oui... et non.

Parce que des clichés et des tropes déjà vus dans le milieu de la romance, il y en a des tas dans ce roman. À commencer par le pitch de base qui nous promet un classique mais non moins efficace "ennemies to lovers".
Là où c'est original, c'est dans la construction des personnages: Rowan est une fan de romance et en écrit justement une qu'elle voudrait un jour faire publier et Neil est un très grand amateur de littérature jeunesse. Deux genres qui souffrent d'être considérés comme de la sous-littérature par énormément de personnes.

Ainsi nous suivons Rowan et Neil durant leur dernière journée de lycée, consacrée à la remise des différents prix, mais surtout à la Traque. Une chasse au trésor grandeur nature dans Seattle, organisé par les élèves du lycée pour les Terminales où celleux-ci doivent prendre en photo des lieux ou des situations particulières tout en évitant de se faire éliminer par les autres concurrent·es.
Ce principe est tout simplement génial et ajoute un peu de suspense à l'histoire.

Durant cette journée, notre duo va donc la passer ensemble ce qui va permettre à Rowan de remettre en question tout ce qu'elle pense sur Neil. Vous le voyez venir vous aussi ? Normal, c'est voulu, mais cela ne nous empêche pas de savourer l'histoire pour autant et d'avoir notre petit coeur qui palpite durant les moments émotionnellement plus intenses.

Pour ne rien gâcher Rachel Lynn Solomon dénonce l'antisémitisme ordinaire dont ses personnages sont victimes, et elle introduit également dans son casting un couple de femmes formé par Kirby et Mara, les deux meilleures amies de Rowan.
J'aimerais qu'un jour cela devienne tellement banal qu'on ne doive plus le souligner, mais en attendant je trouve normal de l'évoquer dans ma chronique.

En conclusion, je ne peux que vous inciter à découvrir Today Tonight Tomorrow. Ce roman allie la romance à des sujets plus importants et nous incite à nous éloigner des clichés et des stéréotypes qu'on a tendance à coller un peu partout.


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Le site de Rachel Lynn Solomon
Parution VO: 28 juin 2020 - Simon & Schuster Books 
Parution VF: 9 juin 2021 - Editions Milan

lundi 21 juin 2021

Ranee Tara Sonia Chantal Anna - Mitali Perkins


Des années 1960 aux années 2000, cinq femmes cherchent leur propre voie, entre leur culture indienne et le rêve américain auquel elles aspirent. 
Ranee migre avec sa famille du Bengale à New York pour une vie meilleure. Tara, sa première fille, est admirée par tous, mais se sent obligée de jouer un rôle pour continuer à être aimée. Sonia, sa cadette, rebelle et engagée, provoque un véritable séisme au sein de la famille lorsqu'elle tombe amoureuse. Chantal, la fille de Sonia, talentueuse danseuse et athlète, est prise dans une lutte entre ses deux grands-mères et ses origines. Anna, enfin, reproche à sa mère, Tara, de l'avoir forcée à quitter l'Inde pour les États-Unis et doit trouver sa place à New York. 
Le fragile équilibre que les femmes de la famille Das peinent à trouver est chaque jour menacé par des blessures qui mettront des générations à cicatriser.

Vous le savez, j'aime me laisser surprendre par les couvertures des romans que je lis, sans trop en savoir en amont. Et même si j'avais lu le communiqué de presse avant de le recevoir, à l'arrivée je ne me souvenais plus trop de quoi retournait ce roman et c'était tant mieux ! 
J'ai pu me plonger dedans sans aucun à priori et cela a été une merveilleuse découverte.

J'aime beaucoup les histoires de famille et celle de la famille Das est une vraie mine d'informations, de révélations, de conflits parfois, mais aussi d'amour.
Ce récit, centré sur les cinq femmes de la famille est à la fois doux et puissant, à l'instar de ses protagonistes.

J'ai énormément apprécié de suivre des cinq femmes aux caractères totalement opposés dans les différentes étapes clés de leur vie et découvrir comment elles surmontaient les obstacles pour mener la vie qu'elles souhaitent. Evidemment ceci ne se fait pas toujours sans heurt ou sans cri, mais toutes ont le courage de leurs convictions et c'est précisément cela qui les fait avancer. 

J’ai adoré le caractère combatif et les convictions féministes de Sonia, l’indécision de Tara, l’assurance de Chantal, le pragmatisme d’Anna et la métamorphose de Ranee. 
Vous imaginez aisément qu'avec de tels tempérament, l'autrice nous réserve quelques discussion animées, voire houleuse entre ces pages. Mais cela donne justement plus de poids aux idées de chacune.

On pourrait reprocher au récit de ne pas s'attarder équitablement sur chaque héroïne - et c'est vrai que j'ai éprouvé un petit manque du personnage de Tara - mais globalement chacune prend la parole à un moment du roman où cela se justifie, ce qui donne un récit très bien construit.

En conclusion, c'était un vrai plaisir de plonger au coeur de la famille Das, de suivre leur quotidien et d'avoir un point de vue concerné sur la question de l'immigration et de l'intégration aux Etats-Unis. Mitali Perkins parvient avec énormément de justesse à nous livrer son point de vue sur la construction de l'identité et c'était tout simplement superbe.


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Le site de Mitali Perkins
Parution VO: You bring the distant near - 10 octobre 2017 - Farrar, Straus & Giroux Inc 
Parution VF: 2 juin 2021 - Bayard

lundi 26 avril 2021

La vie vue d'en bas - Stacey Lee


Atlanta, 1890, Jo est une jeune Chinoise, domestique le jour et chroniqueuse pour le journal de la ville la nuit. Elle tente de bousculer les mentalités et de trouver sa place dans une société profondément sexiste et raciste. 
Un roman historique et initiatique palpitant qui montre le combat de Jo pour sortir de la misère avec son père adoptif. Une héroïne inspirante dans un roman intelligent, tout en nuances, avec des personnages très travaillés, qui s'éloignent souvent des clichés dans lesquels on voudrait les enfermer.

Mon amour pour les romans historiques a été grandement rassasié avec ma dernière lecture, puisque La vie vue d'en bas nous propose de plonger au plein coeur de la ville d'Atlanta en 1890 et d'y suivre le quotidien de Jo, une jeune chinoise qui vit avec son père dans le sous-sol d'un journal local.

Renvoyée de la chapellerie où elle travaille à cause du fait qu'elle "n'a pas sa langue dans sa poche", Jo se voit contrainte de retourner travailler comme femme de chambre chez les Payne, une des familles influentes de la ville. C'est là qu'elle a grandi et fait ses premiers pas de domestique et c'est là que son père travaille encore.

Alors qu'elle bouillonne intérieurement face à l'injustice qu'elle subit, Jo décide d'écrire un article qu'elle soumet au journal de la famille Bell sous le pseudonyme de Miss Sweetie. Elle espère ainsi faire bouger les choses à Atlanta, tout en permettant au journal d'attirer plus de public, ce qui lui permettrait de garder un toit au-dessus de la tête.

Ce qui était au départ une démarche un peu égoïste se transforme alors en combat pour l'égalité. La détermination qui anime notre héroïne sera partagée par d'autres personnes au fur et à mesure des parutions du journal et la jeune femme finira par trouver des allié·es parfois très inattendus.

Si au premier abord les différents personnages secondaires peuvent paraître caricaturaux, au fur et à mesure que les pages du roman se tournent, on sent qu'il n'en est rien. Chacun et chacune va au-delà des préjugés qui pourraient lui coller à la peau et tente de sortir son épingle du jeu de manière astucieuse.

Peu à peu, les liens entre tous les protagonistes se fait et certains sont tout à fait surprenant. Pour une fois, je n'ai pas vu les plus grosses révélations venir, alors que j'ai pourtant du flair à ce niveau. C'est dire si Stacey Lee maîtrise son récit.

J'ai véritablement adoré ce roman. L'autrice aborde dans son récit des sujets tels que le racisme et le féminisme qui étaient d'une grande importance à l'époque et que le sont encore tout autant aujourd'hui. C'est peut-être un roman historique, mais il est encore drôlement d'actualité ! 

Par contre, je trouve le choix de couverture des éditions Milan très moyen. En plus d'être esthétiquement bancal (personnellement je ne me serai pas retournée dessus en librairie), la couverture pourrait laisser penser que ce roman est plus enfantin et léger qu'il ne l'est en réalité. De plus, cette illustration invisibilise totalement le caractère racisé du personnage principal, ce qui n'était pas le cas avec la couverture VO.

En conclusion, à part une couverture française qui ne rend - à mon sens - pas justice à son contenu, ce roman est une vraie pépite. Un livre qui pose les bonnes questions, qui met le doigts sur des choses qu'on ne voyait pas ou qu'on ne voulait pas voir et qui mets en scène des personnages diversifiés.
C'est carton plein en ce qui me concerne.

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Parution VO: The Downstairs Girl - 13 août 2019 - G.P. Putnam's Sons Books for Young Readers 
Parution VF: 17 mars 2021 - Editions Milan

mercredi 31 mars 2021

Dear Evan Hansen - Val Emmich


Le lycée, de base, c'est l'angoisse. Et pour quelqu'un comme Evan, qui souffre d'anxiété sociale, c'est même carrément l'enfer. Sur les conseils de son psy, il s'écrit des lettres à lui-même. 
Mais lorsque Connor, la brute du lycée, lui en vole une, la vie d'Evan bascule. Car, quelques heures plus tard, Connor est retrouvé mort, avec la lettre sur lui. Dès lors, tout le monde est persuadé qu'ils étaient meilleurs amis et Evan se retrouve au centre de l'attention du lycée... et de Zoé, la soeur de Connor, qu'il aime en secret. 
Pour la première fois, Evan se sent compris, apprécié, il se sent exister. Tout ce qu'il a à faire, c'est maintenir l'illusion.

Comme d'habitude j'ai commencé ma lecture en ayant à peine lu le résumé - en fait je l'ai lu, mais bien avant ma lecture, donc j'ai juste retenu les grandes lignes - et en ne sachant pas trop à quoi m'attendre avec cette lecture. Je savais que ce livre était tirée d'une comédie musicale, mais là encore je ne l'ai pas vue.
Bref, je partais dans cette lecture sans aucun à priori.

J'ai été touchée par le personnage d'Evan et par la détresse qui suinte de lui lors de chaque événement anodin qu'il vit. L'anxiété l'accompagne au quotidien et il doit composer avec elle, ce qui finalement l'angoisse encore plus. C'est un énorme cercle vicieux.

Cercle vicieux qui va se transposer à sa prétendue amitié avec Connor et qui va le forcer à inventer de plus en plus de choses, dans l'idée de ne pas blesser les Murphy. Mais plus le temps passe, plus le mensonge grossit et plus Evan s'embourbe, même si pendant une partie du roman il semble apprécier les conséquences de son mensonges.

Comme d'habitude avec ce genre de roman - basé sur un énorme mensonge/quiproquo/malentendu (biffez les mentions inutiles) - on sait qu'à un moment toute la supercherie sera dévoilée et que le personnage principal va s'en prendre plein les dents.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, à chaque fois que j'entame ce type de lecture je suis sur des charbons ardents, redoutant le moment fatidique et priant pour qu'il n'arrive pas. Alors que c'est justement le principe.
Mais c'est plus fort que moi, j'espère en mon fort intérieur que le héros s'en sortira sans se faire prendre... Ce qui n'est évidemment jamais le cas, sinon celui-ci n'apprendrait jamais de ses erreurs et n'en tirerait aucune leçon.

Mais ce sont finalement ces mensonges qui permettent au roman d'aborder les thématiques difficiles qui s'y trouve. A travers Evan et les membres de la famille Murphy on évoque l'anxiété, le suicide, le deuil, la culpabilité... Tout cela se fait de manière naturelle et avec beaucoup de psychologie.

En bref, Dear Evan Hansen était un roman plutôt bien amené, avec lequel j'ai passé un bon moment et qui ma permis d'avoir un regard neuf sur certains sujets qui sont encore assez peu évoqués en littérature jeunesse et young adult.
Je suis maintenant curieuse de découvrir la comédie musicale.

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Parution VO: 9 octobre 2018 - Penguin Books
Parution VF: 3 mars - 2021

mercredi 3 février 2021

Missouri 1627 - Jennifer Hendriks et Ted Caplan


Veronica est une ado de 17 ans à qui tout réussit. Jolie fille populaire et major de sa promotion, elle vient d'être admise dans la prestigieuse université de Brown. Ses parents sont très fiers de sa réussite. Et effectivement, sa vie semble toute tracée ! Pourtant le jour où Veronica découvre qu'elle est enceinte : son monde s'écroule. Ses chances d'intégrer l'une des meilleures écoles sont menacées. Son petit ami est un loser et elle n'est pas prête à être mère. 
Mais Veronica vit dans le Missouri, un état où l'accord parental est indispensable pour qu'une mineure puisse avorter. Et elle sait qu'elle ne pourra jamais compter sur le soutien de ses parents. Sa seule solution : se rendre dans une clinique au Nouveau-Mexique, à près de 1 500 kilomètres de chez elle. 
Désespérée, elle se tourne vers son ex-meilleure amie, Bailey, punkette affranchie, pour effectuer les 14 heures de route qui les séparent de la clinique.

Et si je vous disais que j'ai bouffé ce livre sur deux soirées (et que si je n'avais pas dû travailler il aurait été lu en à peine une journée), est-ce que ça ne vous donnerait pas déjà un bel aperçu de ce que j'en ai pensé ?

J'étais déjà conquise par ce roman lorsque les éditrices de chez Bayard nous avaient vendu le pitch lors de la soirée Page Turner à Montreuil 2019 (ça fait loin n'empêche... quand on pouvait encore se rendre dans des salons du livre !) et j'avais hâte de le découvrir.
Après une sortie reportée à cause du Covid, j'ai enfin eu cette beauté entre les mains et je me suis jetée dessus, telle une affamée.

Mettant en scène deux héroïnes diamétralement opposées, Missouri 1627 est un road-trip déjanté qui aborde avec beaucoup de bienveillance et d'humour le sujet de l'avortement.
Vous pensez sûrement qu'humour et IVG ne vont pas ensemble, et bien détrompez-vous ! Jennifer Hendriks et Ted Caplan arrivent à allier les deux avec une étonnante facilité et le mélange fonctionne à merveille.

Durant cette lecture, j'ai eu autant de fous-rires que de grincements de dents - surtout à l'encontre du personnage de Kevin: pur produit de la masculinité toxique - et j'ai surtout pu m'attacher aux deux filles extraordinaires que sont Bailey et Véronica.

Tout les oppose, mais les circonstances vont les rapprocher et les faire s'entraider. Evidemment il y a des accrochages, des embuches, des cris et des coups de gueule mais cela ne fait que rendre le roman meilleur, car plus réaliste (bien que certaines scènes soient tout de même très perchées).

En bref, je ne peux que vous conseiller Missouri 1627 car c'est une véritable pépite ! Un roman original comme on en voit peu et qui mérite vraiment de se faire sa place dans la littérature pour adolescent·es. 
Vous l'aurez compris, c'est un énorme coup de cœur !


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Le compte Instagram de Jennifer Hendriks et Ted Caplan
Parution VO: Unpregnant - 10 septembre 2019 - HarperTeen
Parution VF: 24 février 2021- Bayard

lundi 2 novembre 2020

Pourquoi j'ai abandonné Idéalis ?


Kira Navárez rêvait d’un monde nouveau. Elle vient de réveiller un cauchemar d’une ampleur intersidérale… Lors d’une mission de routine sur une planète inconnue, Kira découvre un organisme vivant d’origine extraterrestre. 
Fascinée, elle s’approche de l’étrange poussière noire. La substance s’étend sur tout son corps et commence à prendre le contrôle. Kira, en pleine transformation, va explorer les dernières limites de sa condition d’être humain. Mais quelle est l’origine de cette entité ? Quelles sont ses intentions ? 
La scientifique n’a pas le temps de répondre à ces questions : la guerre contre les aliens est déclarée, et Kira pourrait bien être le plus grand et le dernier espoir de l’humanité.

Eragon faisant partie des sagas fantasy qui ont bercé mon adolescence (avec Harry Potter et Artemis Fowl entre autres), j'étais on ne peut plus impatiente de découvrir le nouveau roman de Christopher Paolini, d’autant plus qu'il s'agissait de space opera. 
Malheureusement ce ne fut pas une réussite, puisque j'ai abandonné le roman au bout de 200 pages (sur 800 quand même...).

Alors pourquoi avoir abandonné ma lecture ?
Tout simplement parce que je me suis ennuyée.
J'ai lu 200 pages sur 800 (donc un quart du roman) et durant ces quelques 200 pages il ne s'est pratiquement rien passé. On en était encore au stade de l'introduction quand j'ai décidé que j'en avais marre de perdre mon temps.

Pourtant le pitch de départ était alléchant: un roman de space opera sur la découverte de vie alien ça promettait un roman haut en couleurs et plein de rebondissements. Cependant, malgré la découverte de Kira et les événement qui en découlent, tout le reste est lent. 
En fait le roman est lent. Je veux bien que l'auteur prenne le temps de poser son intrigue, de développer son univers, mais à un moment donné le contemplatif ça lasse.

En plus de ces longs passages descriptifs, j'ai également eu l'impression que l'auteur voulait étaler sa science et qu'il partait du principe que tout le monde avait fait un doctorat en biologie. Spoiler alert: ce n'est pas le cas et prendre ses lecteurices de haut, ça ne vous rend pas plus intelligent.
Une note de bas de page pour accompagner certains termes scientifiques ça n'aurait pas été de trop.

Un autre point qui me chagrine c'est que je n'ai pas du tout accroché avec le personnage de Kira: je l'ai trouvée fade, plate et sans relief. Elle ne possède tout simplement pas les caractéristiques que j'apprécie chez une héroïne. Durant les deux cents pages parcourues, j'ai juste eu l'impression qu'elle subissait les événements de sa vie et qu'elle se morfondait sur son sort.
C'était vraiment pénible à lire.

En conclusion, au vu de toutes ces raisons, je suis contente d'avoir abandonné cette lecture. Arriver au bout de ces 200 pages fut plutôt pénible et je n'aurais clairement pas pu en supporter plus. Et pour une fois, je ne suis même pas allée lire la fin du roman, je n'en avais même pas envie.
Bref, Idéalis n'aura pas été une réussite.

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Le site de Christopher Paolini
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Parution VO: To sleep in a see of stars - 15 septembre 2020 - Tor Books 
Parution VF: 14 octobre 2020 - Bayard

mercredi 16 septembre 2020

Les menteurs de Mariposa - Jennifer Mathieu


ÉTÉ 1986 Île de Mariposa, Texas 
Chaque été, Elena Finney fait du baby-sitting pour la famille Callahan. C'est le seul moyen pour elle d'échapper quelques heures à sa mère, possessive, manipulatrice et incontrôlable. C'est le seul moyen pour elle de voir son petit ami en cachette. 
Joaquin Finney a, lui aussi, un secret: il prévoit de quitter l'île pour rejoindre un père inconnu qui, d'après Mamita, vivrait en Californie. Ce plan, il n'en a parlé à personne, excepté à sa sœur. 
Mais si Elena craque et avoue tout à Mamita... que se passera-t-il ?

Après avoir eu un énorme coup de cœur pour Moxie, j'étais impatiente de lire ce nouveau titre de Jennifer Mathieu. Malheureusement, ce nouveau titre n'a pas été à la hauteur de mes espérances, et ce même si je l'ai lu en l'espace d'une journée.

Nous suivons donc Elena, Joaquin et Mamita dans leur quotidien sur l’île de Mariposa. Mamita est une mère tyrannique (sévère ne me semble pas assez fort pour la décrire) qui prend Elena pour sa bonniche et qui laisse Joaquin mener sa vie à peu près comme il l'entend, même si elle trouve constamment quelque chose à lui reprocher. Ajoutez à cela sa tendance à l'alcoolisme et vous obtenez un cocktail détonnant et loin d'être sympathique.

Par contre, niveau mensonges on est plus que servi, puisque l'histoire se base essentiellement sur ça: des mensonges de famille, que chaque membre invente pour rendre sa vie plus facile. Du moins pour certains d'entre eux. Et si on comprend pourquoi Elena ment à sa mère, il est plus compliqué d'être compréhensif à l'égard de Mamita.

J'ai trouvé ce personnage exécrable, du début à la fin ! Même les ellipses nous ramenant dans le passé pour nous raconter sa vie à Cuba, puis sa fuite aux Etats-Unis, n'ont pas suffit à la rendre plus humaine à mes yeux. Cela n'a pas dû être facile, certes, mais cela n'excuse en rien l'attitude hautaine et dédaigneuse qu'elle affiche constamment par rapport à tout et tout le monde.
Dès le départ on voit qu'elle se sent au-dessus du lot, alors même qu'elle vit dans une famille aisée parmi d'autres familles toutes aussi aisées. Mais sa fuite de Cuba et sa vie aux Etats-Unis, dans une maison modeste ne vont pas la rendre plus humble, loin de là !

Pour ce qui est d'Elena, mon avis est en demi-teinte: je l'ai appréciée au début du roman et j'ai eu de la compassion pour elle. La vie que sa mère l'oblige à mener tient presque de la maltraitance psychologique. Mais j'ai été excédée par le changement d'attitude qui suit sa rencontre avec J.C et par la naïveté dont elle fait preuve vis-à-vis de ce dernier.

Il n'y a vraiment que Joaquin qui sorte un peu du lot - et encore, pas toujours - en grande partie grâce aux chapitres écrits de son point de vue. On le sent gentil et fragile, prêt à tout pour protéger sa sœur, mais avec tout de même l'envie de vivre sa propre vie, de s'éloigner de ce climat étouffant.

En bref, je n'ai malheureusement pas été entraînée par ce nouveau roman de Jennifer Mathieu. Pendant toute ma lecture, je me demandait où l'autrice souhaitait nous emmener, mais une fois la dernière page tournée, la seule chose qui m'a traversée l'esprit a été "Tout ça pour ça ?".
Si je comprends la volonté de l'autrice d'aborder l'exode de Cuba, j'aurais aimé que l'histoire soit plus recherchée et les personnages plus attachants.
Ma seule consolation aura été de me dire que ce roman aura été vite lu, et pour ça il faut bien avouer que la plume de l'autrice y était pour quelque chose.

Lu en LC avec Doris

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Parution VO: The Liars of Mariposa Isand - 17 septembre 2019 - Roaring Brook Press
Parution VF: 19 août 2020 - Editions Milan

lundi 7 septembre 2020

Lire est dangereux (pour les préjugés) - Dave Connis


Quel est le point commun entre L’Attrape-cœurs et Hunger Games ? 
Ce sont des romans. Des romans interdits dans le lycée de Clara. 
Quand la jeune fille découvre que, depuis des années, des œuvres y sont censurées sans que personne n’en sache rien, elle décide d’entrer en résistante. 
Son plan ? Monter une bibliothèque clandestine dans son casier. Et montrer qu’en aucun cas, les livres ne peuvent être dangereux.

Un titre et une couverture pareille, il était évident que je ne pouvais pas passer à côté d'un tel roman, n'est-ce pas ? Du coup, quand il m'a été proposé par les éditions Milan, je n'ai pas eu besoin de réfléchir trente secondes avant d'accepter !

Nous suivons donc Clara, une lycéenne fan de lecture, bénévole au sein de la bibliothèque scolaire et organisatrice d'un club de lecture. Vous l'aurez compris, sa vie tourne autour des livres. Alors quand son lycée décide de censurer une cinquantaine de titres au sein de son établissement, Clara se rebelle et crée une bibliothèque clandestine, la bien nommée "biclan".

Si l'initiative de Clara est louable, on a tout de même du mal à apprécier son personnage, surtout dans la première partie du roman. Oui elle a une sacrée répartie et un cynisme que je ne renierais pas, mais elle est bourrée de préjugés par rapport à ses camarades de classe. Et ce sont ses préjugés que le roman va tenter de renverser.

J'ai beaucoup aimé l'évolution de notre héroïne tout au long du roman. Elle qui n'avait qu'une seule amie en la personne de LiQui, s'intéresse peu à peu à ce qu'il se passe autour d'elle et c'est grâce à l'apparition de la biclan. Sans cette initiative, je pense que Clara serait restée sur ses positions.

Le fait qu'elle commence à interagir avec d'autres élèves de son école - Ashton, Resi et Jack notamment - à s'intéresser à leur quotidien et à leurs problèmes, montre bien à quel point elle était auparavant pétrie d'idées reçues à leur encontre. Heureusement, elle finit par se remettre en question et par s'ouvrir les yeux et l'esprit.

Ce roman fait partie de ceux qui vont me suivre longtemps. Parce que tout ce qui y est décrit par rapport à la société et à l'administration résonne fortement en moi. Dave Connis n'aurait pu choisir meilleur phrase-choc que Panen et circenses. Cette phrase résume à elle toute seule la manière dont les politiciens dirigent et manipulent la société: en lui donnant du pain et des jeux.
Ceci dit, les romains l'avaient compris bien avant eux...

En bref, Lire est dangereux (pour les préjugés) est un romans qui nous montre qu'il est important de confronter nos idées à celles des autres, afin de pouvoir en débattre sereinement et d'éventuellement modifier nos à priori ou nos idées reçues sur certains sujets.
C'est un roman intelligent et bien tourné, qui parlera aux amoureux des livres, mais pas que.

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Parution VO: Suggested Reading - 17 septembre 2019 - Katherine Tegen Books
Parution VF: 12 août 2020 - Editions Milan

lundi 31 août 2020

Rule, tome 1 - Ellen Goodlett


Zofi, Ren et Akeylah vivent toutes les trois en des points opposés du royaume de Kolonya. Elles ne se connaissent pas et n'ont rien en commun. Lorsque le roi les convoque, elles sont persuadées d'être perdues. Il faut dire que chacune d'entre elles cache un lourd secret, du genre qui peut vous faire exécuter pour trahison... 
Pourtant, à leur grande surprise, le souverain leur révèle qu'elles sont ses filles naturelles. Lui-même est mourant et, depuis la perte tragique de son fils unique, elles sont ses seules héritières. À elles de prouver laquelle mérite de régner. 
Mais quelqu'un à Kolonya connaît leurs secrets, et ne reculera devant rien pour les empêcher de conquérir le trône...

Je n'en parle pas énormément ici, parce que j'en lis finalement assez peu, mais je suis très friande des intrigues de cour. J'adore les romans qui placent leur histoire dans ce genre de contexte et c'est aussi pour ça que j'adore les romans historiques.
C'est entre autre chose ce qui m'a donné envie de découvrir Rule et je dois dire que j'ai été très agréablement surprise par ce premier tome.

L'intrigue se concentre sur trois protagonistes féminines très différentes les unes des autres. Zofi est une Voyageuse, une combattante au tempérament de feu, très attachée à son peuple ostracisé. Ren est une dame de compagnie qui a toujours évolué en plein cœur de Kolonya et de sa noblesse. Enfin Akeylah est la cadette d'une famille qui la déteste car ses membres la tiennent responsable de la mort de sa mère (morte en la mettant au monde).
Nos trois héroïnes n'ont rien en commun, mais vont se retrouver en compétition pour le trône de Kolonya.

Une histoire de succession au trône, ce n'est pas ce qu'il y a de plus original, je vous l'accorde. On nous a déjà servi bien des romans sur le sujet - pas toujours très aboutis d'ailleurs - et on commence à savoir comment cela fonctionne.
Mais Rule a ce petit quelque chose en plus qu'on ne parvient pas vraiment à nommer, mais qui nous donne envie de continuer notre lecture.

La plume d'Ellen Goodlett n'est pas étrangère à ce fait. En effet, celle-ci est véritablement entraînante et ne souffre d'aucun temps mort. Le fait que chaque chapitre nous offre le point de vue de l'une des héroïnes aide d'ailleurs beaucoup à cela. A chaque fois, la situation de l'héroïne est laissée en suspens au profit d'une autre et on n'a qu'une hâte: revenir au point de vue de la précédente pour savoir ce qui lui est arrivé.
C'est drôlement efficace et on ne voit pas passer les pages.

A propos de l'intrigue en tant que telle, j'avoue m'être très facilement laissée embarquer - et duper. L'univers est plutôt bien construit, même si on aimerait parfois qu'il soit un peu plus détaillé. Mais le principe des Dîmes de sang est drôlement intéressant et apporte la touche de fantasy adéquate à un tel roman.

En conclusion, ce premier tome de Rule s'est avéré être une très bonne surprise qui m'a évidemment laissée sur ma faim. J'ai hâte de retrouver la plume de l'autrice et de découvrir ce qu'elle nous a concocté avec son deuxième tome en espérant que celui-ci ne retombera pas comme un soufflé.

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Parution VO: 11 septembre 2018 - Little, Brown and Company for Young Readers
Parution VF: 26 août 2020 - Bayard

lundi 17 août 2020

Taxonomie de l'amour - Rachael Allen


« Chose à savoir sur Hope Birdsong, ma nouvelle voisine : je suis sûr à genre 80% qu’elle a des pouvoirs magiques. Elle fait peur à des brutes deux fois plus grandes qu’elle, elle aime grimper dans les arbres, ses cheveux sentent le chèvrefeuille en fleur, et elle ne se moque pas de mon syndrome de La Tourette. 
Chose à savoir sur Hope Birdsong : elle ne sera jamais, jamais, JAMAIS amoureuse de moi. » 
Il n’a fallu que quelques heures à Spencer pour arriver à ces conclusions. 
Mais il y a aussi une chose à savoir sur lui : après avoir rencontré Hope Birdsong, sa vie ne sera plus jamais, jamais, JAMAIS la même.

Voilà un roman que j'attendais avec impatience ! Depuis que les éditrices de Bayard nous l'avaient pitché lors du SLPJ de Montreuil, je trépignais à l'idée de lire ce roman qui me paraissait extrêmement prometteur. 
Autant vous le dire tout de suite: ce roman a largement été à la hauteur de mes espérances !

Nous faisons donc la connaissance de Spencer alors qu'il a 13 ans et qu'il assiste à l'emménagement de ses nouveaux voisins et rencontre Hope, leur fille cadette.
A partir de là, nous suivons son évolution et celle de ses proches sur plusieurs années: les hauts et les bas, les crises et les moments de joie. Un quotidien qui peut paraître banal à première vue - et il l'est parfois - mais qui finalement nous apprend énormément de choses.

Ce roman est une petite pépite. L'autrice y aborde des sujets divers tels que le handicap, le harcèlement, le deuil et elle le fait avec énormément de pédagogie et de bienveillance. On sent que cela lui tient à coeur d'en parler dans son roman et cela n'arrive pas de nulle part; au contraire, ces sujets s'intègrent parfaitement avec le déroulement de l'histoire.

Les diverses taxonomies réalisées par Spencer et présentes dans le livre apportent une petite touche d'originalité à l'ensemble et permettent de se sentir encore plus proche de ce personnage déjà terriblement attachant.
On sent que Spencer a du mal à trouver sa place, que ce soit dans sa famille ou à l'école. C'est une lutte de tout les jours que d'essayer de se faire accepter et de faire accepter son handicap. Mais petit à petit, notre héros parvient à se créer un cercle de personnes de confiance qui lui apportent beaucoup et inversement.

Ainsi, même s'il ne se passe rien d'extraordinaire dans ce roman, celui-ci nous plonge dans une bulle de douceur dans un quotidien normal. Et c'était très agréable de se laisser porter par ces petits événements banals, mais terriblement authentiques.
Taxonomie de l'amour est donc un vrai coup de coeur pour ma part et j'espère qu'il en sera de même pour vous.


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Parution VO: A Taxonomy of Love - 9 janvier 2018 - Harry N. Abrams
Parution VF: 8 juillet 2020 - Bayard éditions

mercredi 11 mars 2020

In Real Life, tome 3 Réinitialisation - Maïwenn Alix


Lani a grandi heureuse dans le Système, un monde postapocalyptique où chacun travaille à la reconstruction de l'écosystème dévasté. Un monde dont chaque membre est relié aux autres par la pensée. Un monde où, pour compenser l'âpreté des journées, les nuits sont remplies de formidables rêves éveillés, véritable existence virtuelle parallèle. 
À 17 ans, elle a été enlevée par un groupe de rebelles et déconnectée du Système. Elle en a appris les dérives, et est devenue l'un des soldats de la rébellion. Elle a aussi rencontré l'amour, en la personne d'Alexander. Mais elle découvre que le Système compte envoyer toute sa flotte pour anéantir les rebelles. Pour éviter le pire, une seule solution: elle doit réintégrer le Système et agir de l'intérieur pour que les négociations puissent s'ouvrir. 
Or, ce plan ne fonctionnera que si, de son côté, Alexander trouve dans les rangs des rebelles ceux qui projettent toujours d'en finir radicalement avec le Système. Sans quoi la confrontation finira en bain de sang.

Je n'aurai qu'un mot à dire pour qualifier ce troisième tome: wouah !
Le dernier livre à m'avoir autant bluffée par rapport à son contenu et sa capacité à me déstabiliser, c'était Morning Star de Pierce Brown ! C'est vous dire si la barre était placée haute.
Mais revenons-en à In Real Life.

Comme pour le tome 2, nous reprenons l'histoire là où nous l'avions laissée précédemment. Lani et Tom ont été réintégrés au Système et pendant ce temps, Alex et les Récupérateur préparent l'assaut de New York.
La réintégration de nos deux héros permet au lecteur de découvrir une nouvelle facette du Système et d'en apprendre encore plus sur cet univers si particulier créé par Maïwen Alix.

Dès les premières pages nous sommes de nouveau pleinement immergés dans cette lecture et une fois qu'on est dedans, il est très difficile d'en décrocher.
On découvre tour à tour Calgary, Toronto et enfin New York et chacune de ces villes recèlent de nouveaux secrets.

Le rythme du roman est soutenu. Tellement qu'on a constamment l'impression d'être face à un contre la montre. Si les chapitres du point de vue de Lani sont plus posés et centrés sur l'assimilation de nouveaux concepts, on sent l'urgence suinter de partout dans ceux du point de vue d'Alexander.
A chaque page tournée, on a l'impression d'être sur des charbons ardents et on espère qu'une seule chose: que le dénouement arrive enfin.

En parlant de dénouement, celui-ci m'a percutée de plein fouet et m'a laissée complètement pantoise. J'étais très loin d'imager un truc pareil arriver ! Si quelques petites choses m'ont parues évidentes durant ma lecture, j'étais à des lieues d'imaginer quelques chose de ce style.
Pour le coup, Maïwenn Alix a réussi le pari de me laisser bouche bée. J'ai subitement tout remis en question et mon cerveau n'a rien compris à sa vie.

Comme je l'ai dit, cela fait très longtemps que je n'avais pas ressenti ça lors d'une de mes lectures et cela m'a fait le plus grand bien. Parce que c'est pour ce genre d'émotions, de retournements de situation que je continue de lire de la littérature de l'imaginaire. Dans l'espoir que parmi mes cent lectures de l'année, l'une ou l'autre me fasse l'effet d'une gifle.
En 2020 il y en aura au moins eu une, et je remercie Maïwenn Alix pour cela.


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Ma chronique du tome 1
Ma chronique du tome 2
Parution: 26 février 2020 - Editions Milan

lundi 24 février 2020

Toutes les vies de Margot - Juno Dawson


Peut on détester quelqu’un au présent et l’aimer dans le passé ? 
C’est le dilemme de Felicity dite Fliss 15 ans qui a quitté la vie trépidante de Londres pour vivre chez sa grand mère dans un trou perdu de la campagne galloise. 
Mais les apparences peuvent être trompeuses et Fliss va découvrir que Margot n’a pas toujours été celle qu’elle est ...

Autant vous le dire tout de suite: ce roman m'a bouleversée. Je l'ai lu en deux jours et il m'a fait tellement d'effet que je ne sais pas si ma chronique sera compréhensible. Je vais en tout cas faire de mon mieux.

Dans son roman, Juno Dawson nous invite à suivre Felicity (dite Fliss) qui se voit contrainte de déménager de Londres à la ferme de sa grand-mère au Pays de Galles, afin que sa mère puisse se remette du cancer.
Malheureusement, Margot et l'adolescente ne parviennent pas à s'entendre, la première trouvant la seconde trop superficielle, tandis que Fliss trouve sa grand-mère froide et jugeante.

C'est la découverte du journal que tenait Margot durant la Seconde Guerre Mondiale qui va changer la perception de Fliss sur cette dernière ainsi que la dynamique qui existe entre ces deux femmes au fort caractère.

Si j'ai lu que certains lecteurs trouvaient Fliss hautaine et superficielle, ce ne fut absolument pas mon cas. Au contraire, j'ai trouvé notre héroïne plutôt mature et réfléchie, avec juste la petite pointe de cynisme qu'il faut pour me plaire.
Pareil pour la Margot des années 40, qui était un personnage haut en couleurs et terriblement attachants. Ces deux-là forment véritablement un duo explosif et inoubliable. 

Malgré les apparences, Toutes les vies de Margot est une histoire profonde et bouleversante. C'est une histoire de sororité, de féminisme, d'entraide et d'inclusion.
L'autrice aborde donc un vaste panel de sujets. Elle ne va peut-être pas toujours au fond des choses, mais elle a tout de même le ton et la manière de les présenter et c'est cela que je retiendrai de ma lecture. Il ne faut parfois pas en faire des tonnes pour aborder un thème correctement.

Je n'ai qu'un regret à formuler à propos de ce roman, c'est l'apparence de la couverture. Celle-ci ne rend absolument pas justice à son contenu et n'est pas du tout adaptée à son public cible, c'est-à-dire les adolescents. Pour travailler quotidiennement avec eux dans le monde du livre, je peux vous dire que c'est typiquement le genre de couverture sur laquelle ils ne s'attarderont pas.
Dommage, parce qu'une fois ouvert, on ne peut plus refermer ce roman.

En conclusion Toutes les vies de Margot a réussi à me faire passer par toute une palette d'émotions en moins de 400 pages. J'ai autant ri que pleuré durant ma lecture, et si j'ai vu venir quelques petits événements, cela ne m'a absolument pas dérangée.
Et petit bonus aux références des années 80, période dans laquelle évolue Fliss, qui m'ont rendue nostalgique. C'était très agréable comme petit retour en arrière.


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Parution VO: Margot and me - 26 janvier 2017 - Hot Key Books
Parution VF: 22 janvier 2020 - Editions Milan

vendredi 14 février 2020

Eve of Man, tome 1 - Giovanna et Tom Fletcher


Imaginez qu'aucune femme ne soit née sur Terre depuis cinquante ans. Imaginez qu'enfin, une fille, une unique fille, naisse. L'avenir de l'humanité repose sur elle. 
Comment va-t-elle réussir à se rendre maîtresse de son destin ?

Je dois dire que le résumé de ce roman était des plus prometteur. L'idée d'imaginer un futur où il n'existerait plus aucune femme sauf une, cela ouvrait tellement de possibilités que c'en était exaltant. Malheureusement, si ce premier tome reste bien écrit et agréable à lire, le contenu m'a tout de même semblé plat et lisse.

En effet, dans l'ensemble ce roman constitue une lecture plaisante et divertissante. Le style de Giovanna et Tom Fletcher est agréable à suivre et les pages défilent sans aucun accroc et presque sans temps mort.

On prend le temps de nous présenter les différents personnages, dont évidemment Eve et Bram, autour de qui tout va se jouer. Les chapitres se suivent et alternent entre le point de vues de nos deux protagonistes, afin que l'on s'immerge complètement dans leur quotidien peu banal.

D'un côté Eve est élevée et éduquée dans un environnement serein - mais aseptisé et surprotégé - par les Mères, tandis que Bram officie en tant que pilote de Holly, la meilleure amie virtuelle de notre héroïne.
Il est très facile de s'attacher à eux, même si leurs deux personnalités restent très stéréotypées pour un roman de science-fiction. Eve est présentée comme une fille intelligente mais qu'il faut à tout prix protéger, tandis que Bram va être le vecteur du changement, celui qui va découvrir la vérité et prendre tous les risques pour protéger la jeune fille.

Pour un roman qui s'intitule Eve of Man, c'est plutôt dommage que - presque - toute l'action repose sur le personnage masculin. Alors oui, Eve va également faire ses propres découvertes sur le monde qui l'entoure, mais elle sera toujours aidée par un élément extérieur, aussi minuscule soit-il.

Je le redis: j'ai apprécié ma lecture de ce roman, parce que c'est tout de même un véritable page turner, mais je regrette que les auteurices n'aient pas donné plus d'importance à leur personnage féminin. Qui, je le rappelle représente tout de même tout l'enjeux du roman.

Un tel roman aurait pu être l'occasion de mettre la condition des femmes en avant, de poser la question de leur place dans la société, de dénoncer les violences faites à leur encontre et même de parler de féminisme - ce fameux gros mot que de nombreuses personnes ont peur de prononcer.

Mais non. Encore une fois, on se contente de nous proposer une histoire d'amour lambda, avec des personnages sympathiques, mais vus et revus dans tous les genres de la littérature et de décrire la femme comme un être fragile qu'il faut protéger.
Dommage, parce que vraiment, le postulat de base était intéressant.


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Parution VO:31 mai 2018 - Michael Joseph
Parution VF: 12 février 2020 - Editions Milan

mercredi 5 février 2020

Show Stopper, tome 1 - Hayley Barker


Londres, 2045. 
La société est divisé en deux catégories. Les bâtards sont réduits à l'état d'esclaves, leur vie n'a aucune valeur. Les purs représentent les privilégiés qui ont accès aux soins et aux emplois nobles. Le cirque de l'horreur est leur divertissement préféré. Ils attendent le clou du spectacle: l'accident mortel qui leur provoquera le grand frisson. Ben, fils de ministre, assiste à sa première représentation et tombe sous le charme d'Hoshiko, la funambule star du spectacle. 
Mais derrière l’éblouissement et le faste de l’arène, il découvre l'horreur. Trouvera-t-il le courage de résister pour mettre fin au carnage ?

Je dois avouer qu'en commençant ce livre, je ne m'attendais à rien de particulier, simplement parce que je ne savais pas du tout où je mettais les pieds. J'avais évidemment lu le communiqué de presse à sa sortie, mais c'est le genre de chose qui ne me reste pas en tête indéfiniment.
J'ai donc commencé ce roman sans aucun à priori et j'ai été agréablement surprise par ma lecture, même si celle-ci n'était pas dénuée de défauts.

Nous sommes donc confronté à un univers dystopique, qui oppose d'un côté les Purs et de l'autre les Bâtards. Les premiers ont tout, tandis que les seconds n'ont rien et doivent se contenter des basses besognes et de conditions de vie innommables.

Mais tout cela n'est rien comparé aux conditions de vie au sein du Cirque: les Bâtards qui y vivent sont contraints de jouer leur numéro soir après soir, avec l'espoir d'en réchapper vivants. Car la mort est omniprésente au sein du Cirque, et elle est très souvent violente, car orchestrée par un diabolique Monsieur Loyal: Silvio.
Ce dernier est un méchant des plus crédible; un véritable psychopathe mégalomane dont la seule motivation est de rendre chaque mort plus sanglante que la précédente, afin de satisfaire les Purs qui se rendent au spectacle.

J'ai beaucoup apprécié Ben et Hoshiko, les deux protagonistes principaux, issus chacun d'un milieu opposé. J'ai aimé le courage et la détermination d'Hoshiko, tout comme j'ai aimé la naïveté de Ben et sa lente prise de conscience du monde qui l'entoure.
Cependant, je dois avouer que le coup de foudre à la Shakespeare était peut-être un peu too much. J'aurais aimé que pour une fois ce ne soit pas la romance qui soit le déclencheur de la rébellion, mais que ce soit justement lié à quelque chose de plus tangible.

L'ambiance du roman est extrêmement glauque et limite horrifique. L'autrice parvient à faire transpirer cette sensation à chaque page, si bien qu'on est parfois très mal à l'aise dans certaines situations.
Par ailleurs, le style de l'autrice est très fluide et agréable à lire. Les chapitres sont courts et alternent entre le point de vue des deux personnages principaux, ce qui nous permet de nous immerger encore plus dans l'histoire.

J'aurais néanmoins aimé en savoir un peu plus sur l'origine de la ségrégation entre les Purs et les Batards. Ce n'est jamais expliqué ni évoqué, et pourtant cela me semble tout de même important. Savoir d'où viennent toute cette haine et toute cette violence serait intéressant à exploiter.

En conclusion, Show Stopper est une lecture plutôt plaisante qui aura réussi à me surprendre sur certains aspects et à me tenir en haleine tout du long. Les quelques défauts que j'ai évoqué ne sont en rien insurmontables et ne gâche en aucune façon notre lecture. Ce sont plutôt des choses qui apparaissent une fois la lecture terminée, lorsque l'on réfléchit à ce qu'on vient de lire.


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Parution VO: 1er juin 2017 - Scholastic
Parution VF: 20 novembre 2019 - Bayard Jeunesse
Tome 2: Show Stealer - 2 août 2018 - Scholastic