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samedi 3 avril 2021

Chez toi - Sandrine Martin


En 2016, Sandrine Martin s'est rendue en Grèce avec le projet EU Border Care et a suivi les sages-femmes et les médecins qui prennent en charge les réfugiées pendant leur grossesse. 
Cette expérience humaine marquante lui a inspiré un récit bouleversant qui entremêle le parcours de deux femmes que les grandes crises contemporaines vont confronter à l'exil : une sage-femme grecque et une jeune syrienne. 
Un roman graphique d'une grande acuité, qui témoigne autant de l'enlisement de la société grecque que de l'espoir et de l'énergie déployés dans l'expérience de déracinement.

En commençant cette BD je savais que j'allais entrer dans une histoire dure et compliquée. Suivre le destins de deux femmes sous le spectre des conditions de vie des réfugiés, ça allait forcément être révoltant. Et ça l'a été, sous bien des aspects.

Mona est une réfugiée syrienne arrivée en Grèce dans des conditions des plus précaires et qui (sur)vit dans des conditions qui le sont tout autant, avec son mari Suleiman. Iels vivent d'abord sous une tente au sein d'un aéroport désaffecté, puis dans un squat à Athènes et ne cessent de faire des démarches pour être accueillis en Allemagne où iels ont de la famille.
Monika est mariée à un homme grec et vit avec leur fillette dans l'appartement situé un étage en dessous de chez ses beaux-parents. Elle est sage-femme tandis que son mari subit de plein fouet la crise économique du pays et se retrouve au chômage. 

Dès les premières pages ont est confronté·es à la précarité, que ce soit dans le camp même des réfugié·es ou au centre médical où se rend Mona (et où Monika travaille). On sent bien que tout tient par des bouts de ficelles et par l'ingéniosité des différent·es intervenant·es. 

On comprend facilement l'angoisse qui étreint Mona au fur et à mesure que leurs demandes d'accès au statut de réfugié·es leur sont refusées: vivre une grossesse, accoucher puis s'occuper d'un bébé dans de telles conditions, c'est tout simplement inhumain. 

Du côté de Monika c'est la pression familiale, couplée à la pression économique qui est difficile à supporter. L'ingérence de ses beaux-parents dans sa vie lui est de plus en plus insupportable et on ne peut que la comprendre.

Au fur et à mesure que les pages se tournent, le destin de ces deux femmes s'entremêle en apportant son lot de bonnes et de mauvaises surprises. Mais on ne peut que souligner la force et la détermination qui se dégagent d'elles face à ce qu'elles vivent au quotidien. Leur combativité force le respect.

Les traits délicats de Sandrine Martin adoucissent quelque peu le côté brut de l'histoire, sans pour autant le glamouriser. Les couleurs spécifiques attribuées aux deux héroïnes (bleu pour Mona et orange pour Monika) nous permettent de suivre la BD sans difficulté, tout en mettant en exergue tous les aspects de celle-ci. Les bons comme les (nombreux) mauvais moments. 
En conclusion, cette BD m'a bouleversée et révoltée à de très nombreuses reprises, ce qui prouve qu'elle a totalement rempli son rôle. L'histoire contée par Sandrine Martin rend compte de ce qu'elle a pu observer, et des rencontres qu'elle a pu faire lors de son voyage en Grèce, ce qui la rend criante de vérité.

Les  infos utiles

Le site de Sandrine Martin
Parution: 7 avril 2021 - Casterman
Illustrations: Chez toi par Sandrine Martin © Editions Casterman 2021

mercredi 15 juillet 2020

Il fallait que je vous le dise - Aude Mermilliod


La rencontre de la dessinatrice Aude Mermilliod et du romancier Martin Winckler. Deux voix pour rompre le silence sur un sujet encore tabou, l'IVG. 
Si elle donne le choix, l'IVG ne reste pas moins un événement traumatique dans une vie de femme. Et d'autant plus douloureux qu'on le garde pour soi, qu'on ne sait pas dire l'ambivalence des sentiments et des représentations qui l'accompagnent. L'angoisse, la culpabilité, la solitude, la souffrance physique, l'impossibilité surtout de pouvoir partager son expérience. 
Avec ce livre, Aude Mermilliod rompt le silence, mêlant son témoignage de patiente à celui du médecin Martin Winckler. Leur deux parcours se rejoignent et se répondent dans un livre fort, nécessaire et apaisé.

Le hasard a voulu que je lise L'Ecole des soignantes et Il fallait que je vous le dise dans le même laps de temps, sans savoir que ces deux récits étaient étroitement liés car ils impliquaient tous deux la présence bienveillante de Martin Winckler. La collaboration entre ces deux auteurices m'a tout de suite séduite.
Dans la première partie de ce roman graphique, Aude Mermilliod raconte sa propre histoire et son parcours. Comment elle a vécu son IVG, mais également comment elle a été reçue - et parfois jugée - par les différents professionnels de la santé durant cette période.
Cette BD met en image et sans tabou un acte médical que beaucoup de femmes sont ou seront amenées à vivre et elle le fait avec justesse, en nous en montrant tous les aspects, jusqu'au moins glorieux.

La seconde partie est consacrée à l'expérience de Martin Winckler en tant que médecin pratiquant des IVG. On suit ce dernier dans son apprentissage de la pratique mais également dans ses réflexions, ses doutes et ses remises en question. 
Découvrir de nouvelles facette de cet auteur et médecin était réellement bénéfique et instructif. Ce n'est pas tous les jours que des hommes - médecins de surcroit - se mettent à la place des femmes et s'interrogent sur leur bien-être. C'en est presque rafraîchissant.

Le dessin et les couleurs utilisées par l'autrice sont elles aussi très pertinentes. Elles collent toujours parfaitement avec l'histoire et amènent un peu de douceur et de légèreté au milieu de sujets importants.
Le ton de la BD est toujours bienveillant et accessible, ce qui rend cette dernière très agréable à parcourir, malgré le sérieux du sujet.
En conclusion, Il fallait que je vous le dise est une BD qui ne laisse personne indifférent dès le moment où elle est ouverte. Avec beaucoup de pédagogie et d'humanité, l'autrice nous dévoile les différentes facettes de cette pratiques et nous offre un point de vue concerné sur cette dernière.
Un ouvrage à mettre entre toutes les mains !


Les infos utiles

Le site d'Aude Mermilliod
Sa Page Facebook
Parution: 24 avril 2019 - Casterman
Illustrations: Il fallait que je vous le dise par Aude Mermilliod © Casterman 2019

mercredi 28 août 2019

Les petites victoires - Yvon Roy


Comment dire à son fils tant désiré qu'il est le plus formidable des petits garçons malgré le terrible diagnostic qui tombe comme un couperet : autisme, troubles psychomoteurs, inadaptation sociale... 
C'est le combat que va mener ce père, resté uni à sa femme malgré leur séparation, pour transformer ensemble une défaite annoncée en formidables petites victoires.

Comme le dit la quatrième de couverture, Les petites victoires est une BD qui traite de l'autisme, mais pas seulement. C'est avant tout une BD qui traite de l'incommensurable amour d'un père pour son fils, de sa détermination à l'aimer, à l'aider et à lui permettre de vivre une vie normale malgré ce diagnostic qui a bouleversé leur vie.

L'auteur nous raconte donc avec énormément de tendresse et de bienveillance le parcours qu'il a effectué au quotidien avec Olivier. Les efforts et la persévérance que cela a demandé, les bons côtés mais également les plus durs et les plus compliqués.

Parmi ces moments plus compliqués, il y a évidemment la séparation du couple, événement quasiment inéluctable pour les parents d'enfants atteints d’autisme. L'auteur nous montre le réalisme de cette situation avec les tensions que cela implique parfois, mais se concentre avant tout sur la volonté des deux parents de se battre ensemble pour leur enfant.

Cela passe d'ailleurs par les jeux et astuces que ce père instaure, alors que cela va parfois à l'encontre des prescriptions des spécialistes. La volonté de ce dernier est de permettre à Olivier de surmonter son handicap plutôt que de seulement lui permettre de vivre avec.

Cependant; le but de l'auteur n'est en aucun cas celui d'aller à l'encontre des médecins et autre personnel soignant. Il souhaite simplement tester de petites méthodes qui lui paraissent - et qui s'avéreront par la suite - efficaces par rapport au caractère et au développement de son fils.

Ainsi, cette BD ne se veut absolument pas moralisatrice. Elle se présente au contraire, comme porteuse d'espoir pour les parents qui sont confrontés à ces difficultés quotidiennes.

Les planches sont en noir et blanc, mais cela suffit amplement pour faire passer toutes les émotions qu'elles suscitent. 
L'auteur arrive à nous faire passer son message, parfois même sans que les mots ne soient nécessaire. Quelques cases suffisent pour nous chambouler complètement.
En conclusion, Les petites victoires est une BD empreinte de tellement d'amour, de chaleur et de persévérance qu'il est difficile de mettre des mots dessus. En écrivant cette chronique, j'ai l'impression d'oublier la moitié de ce que je voulais dire et de ne pas parvenir à décrire cet album avec la justesse qu'il mérite.
Je pense que le plus simple, c'est de vous plonger vous-même dedans et de vous faire votre propre avis.


Les infos utiles

Le site d'Yvon Roy
Son blog
Parution: 10 mai 2017 - Rue de Sèvres
Illustrations © Yvon Roy

lundi 11 août 2014

Quand j'étais soldate - Valérie Zenatti



Comme je l'ai dit dans mon Sunday's Books d'hier, Quand j'étais soldate est pour moi une relecture. Je l'avais lu il y a quelques années lorsque j'étais ado, et il m'avait vraiment touché.
Quand ma cousine m'a proposé de faire un tour dans sa bibliothèque, j'avoue que je n'ai pas hésité une seconde à le reprendre pour le relire ! Nostalgie quand tu nous tiens...

Et donc voilà, ce roman raconte la vie de Valérie en Israël, et plus particulièrement sa vie entre ses 18 et ses 20 ans, période durant laquelle toutes les filles vivant en Israël font leur service militaire. Trois ans pour les garçons et 2 ans pour les filles.
D'après ce qu'on dit, on entre à l'armée adolescent et on en ressort adulte.

Je n'ai pas été déçue par ma relecture, le livre était tel que je m'en souvenais, si ce n'est que maintenant que j'ai grandit et mûrit (comme quoi tout arrive...) il y a certaines choses qui ont aujourd'hui plus de sens pour moi.
Le conflit israelo-palestinien pour ne citer que lui. Mot qui est actuellement sur toutes les lèvres. Je pense que j'ai choisi mon moment pour cette relecture !

Sans entre dans le débat sur le conflit, je dirai que je suis assez d'accord sur la pensée que Valérie partage dans son livre. Habitant en Israël, et étant soldate ce n'est pas pour autant qu'elle cautionne tous ces événement et toute cette violence qui est le quotidien de tous ces gens depuis le début de l'Intifada.

Pourquoi expulser et opprimer un peuple pour réclamer des terres qui sont dites "sacrées" (et autant pour les musulmans que pour les juifs, que pour les chrétiens...) pour y installer un peuple qui a lui aussi été expulsé et opprimé durant des années.
N'y a-t-il pas pourtant un proverbe qui dit: "Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse"?
Pourquoi n'avoir tout simplement pas décidé de cohabiter paisiblement plutôt que d'arriver avec leurs gros sabots et avoir décrété que cette terre leur appartenait?
Ce n'est pas pour autant que je cautionne tous les événement qui ont eu lieu depuis, que ce soit d'un côté que de l'autre.

Voilà, je m'arrêterai ici pour les questions qui fâchent, je n'ai pas envie que cet article devienne le centre d'un débat que je n'ai surtout pas envie d'arbitrer.
Mais c'est cependant un peu le message du livre et les pensées de Valérie. Oui elle est fière d'être soldate et d'être entraînée à défendre son pays, mais cela ne l'empêche pas pour autant de se poser un tas de questions sur le pourquoi et l'utilité de tout ceci.

A côté de tout cela, ce livre montre aussi l'amitié et la camaraderie qui peut animer les soldates dans leur base. Et même si les corvées, la qualité de la nourriture et les tours de garde sont pénibles, il  appairait néanmoins qu'il y a une réelle solidarité qui animent toutes ces jeunes filles. Et je trouve ça vraiment beau. (Ce doit être mon côté fleur bleue qui ressort).

Et puis on se rend compte aussi de ce que c'est d'être une femme à l'armée. Et on voit comment celle-ci s'adaptent à ce milieu, qui dans beaucoup de pays est exclusivement masculin.

De plus le fait que ce roman soit tout de même en grosse partie réel et autobiographique rajoute une certaine dimension au récit. Cela permet -je trouve- de le prendre encore plus au sérieux.
Parce que pendant que nous lisons ce livre, il y a bien des centaines de filles qui font leur service militaire à des milliers de kilomètre de chez nous et qui seraient prêtes à se sacrifier pour leur pays.
Ça donne tout de même à réfléchir, vous ne trouvez pas.





lundi 7 juillet 2014

Toute nue - Lilly Lindner



Toute nue est le dernier SP que j'ai reçu de Babelio via l'opération Masse Critique et je suis vraiment contente de l'avoir demandé et d'avoir pu le lire.

Lorsqu'elle a 6 ans Lilly est violée par son voisin, un homme que sa mère trouve "si gentil". De là, la fillette puis la jeune femme va vivre des hauts et des bas. Et surtout des bas.
Entre scarification, anorexie et prostitution, Lilly va se battre pour accepter ce corps qui lui est maintenant étranger. Un combat de tous les instants pour survivre, pour vivre.

Ce témoignage est on ne peut plus poignant ! On ne peut sortir indemne d'une lecture pareille !
L'histoire de cette jeune fille est vraiment horrible. Elle accumule vraiment toutes les galères: des parents indifférents, un viol qu'elle doit taire car de toute façon personne ne la prendra au sérieux, un mal de vivre au quotidien, son poids qui joue au yoyo entre anorexie et boulimie... Vraiment, on n'aimerait pas vivre ça !

Ses voix dans sa tête, Ana, Mia et la fillette qu'elle était qui la hantent chaque jour à chaque instant. L'une lui interdisant de manger et l'autre lui demandant comme elle a pu l'abandonner.

Et pourtant à sa manière Lilly se bat pour vivre et pour s'en sortir. Et même si elle doit passer par l'anorexie et la prostitution, elle doit tout faire pour y arriver !

Mais tout n'est pas toujours tout noir, Lilly peut tout de même compter sur ses amis Chase et Lady. Et même si la seule personne a pouvoir lui venir en aide, c'est elle-même, il est toujours bon d'avoir des gens près de soi.
Et même parmi ses clients, tous ne sont pas des pervers qui ne demandent que du sexe. Certains se "contentent" de l'observer ou de lui parler. Mais même en comptant cela, on reste tout de même dans la prostitution et dans la "dégradation de soi".

Cela dit, j'ai tout de même envie de voir ce livre comme une bouffée d'espoir ou une bouée de sauvetage pour toutes ces filles qui ont également vécu ça, mais qui n'ont jamais osé en parler et qui se sont fait du mal pour essayer d'oublier. Cependant, en lisant l'histoire de Lilly on se rend bien compte qu'on n'oublie jamais. C'est impossible.
C'est un combat de tous les instants, mais il est néanmoins possible de continuer à vivre. Et je pense que c'est le message que cette jeune femme a voulu nous faire passer à travers son témoignage.

Et on ne peut que lui tirer notre chapeau d'avoir osé se livrer, d'avoir osé en parler, pour qu'un jour peut-être d'autres jeunes femmes aient ce courage d'affronter la vie !

Bien évidemment il n'y a aucune appréciation ni aucune cote à attribuer à ce livre. On ne peut pas se permettre de "juger" un témoignage, on peut juste en parler à notre tour et relayer l'information.




Je remercie Babelio et son opération Masse Critique pour ce partenariat



Je remercie également les éditions l'Archipel pour leur envoi et leur confiance



lundi 23 septembre 2013

Jamais sans ma fille - Betty Mahmoody


Et c'est avec cette chronique que je rattrape définitivement le retard que j'avais pris précédemment ! Jusqu'à quand, par contre, suspense !!
Bref, tout ça pour vous présenter ma chronique sur une de mes dernières lecture: Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody.



Tout le monde a entendu parler de cette histoire au moins une fois dans sa vie. Betty est américaine, mariée à un iranien dit "américanisé" -c'est à dire qu'il vit depuis plus de 20 ans aux États-Unis et qu'il y est bien intégré-. Ils vivent avec leur fille Mahtob dans le Michigan. Bref une vie de famille tout ce qu'il y a de plus normale.

Mais cette vie normale va voler en éclat, le jour où le mari de Betty, Moody, décide qu'ils vont faire un voyage de deux semaine en Iran car sa famille le presse de venir pour rencontrer sa femme et sa fille. Au départ Betty n'est pas très rassurée, mais Moody lui assure que ce ne sera que pour deux semaines, et qu'ensuite ils reviendraient chez eux, aux États-Unis.

Cependant, deux semaines après leur arrivée à Téhéran, Moody leur annonce qu'ils resteront vivre là, et qu'elles ne retourneront jamais en Amérique. Après cette annonce, Betty fera tout ce qui est possible pour qu'elle et sa fille puisse retrouver leur pays et leur famille. Elles passeront néanmoins deux ans dans ce pays, où la femme n'a aucun droit, et où l'homme et l'armée régissent tout, sous le joug de Moody, qui sera passé de "père et mari aimant" à "tyran" en moins de deux semaines.

Je connaissais l'histoire de Betty par ce qu'on en a raconté, mais je n'avais jamais lu le livre. Le fait qu'un ami fasse un tri dans ses livres et me donne celui-ci a fait que j'ai eu enfin l'occasion de connaitre cette histoire dans le détail.

Tout d'abord, on prend réellement Betty en pitié. On se dit qu'à sa place, on aurait vu venir l'affaire, et qu'on aurait refusé l'invitation à venir en Iran. Mais on se rend compte que c'est bien plus que ça. En effet, on fait toujours une confiance aveugle à notre compagne/compagnon, et heureusement, car si on ne peut pas faire confiance à ces personnes, à qui le peut-on ? Et puis, que ne ferait-on pas par amour ? Et bien c'est à cause de ça que Betty se retrouve dans cette situation, et n'importe quelle femme pourrait un jour s'y retrouver

J'ai réellement été surprise de ma manière dont Moody a si radicalement changé en quelques temps. Car on a parfois des flash-back de la vie de ce couple avant leur arrivée en Iran, et on voit que Moody était vraiment un homme bien au départ, et on comprend que Betty n'ait rien vu venir, malgré sa réticence à partir.

On se demande également, pourquoi l'ambassade à qui Betty s'adresse en Iran ne peut rien faire pour elle. N'est-ce que pas pour ce genre de cas que des ambassades existent ? Apparemment non, pas dans les années 80. C'est assez scandaleux de voir que ces "bureaucrates" renvoie Betty dans les griffes de son mari, alors qu'ils savent pertinemment ce qu'elle risque en y retournant en lui ayant désobéi, et cela plusieurs fois. Quel est ce système qui renvoie une femme battue dans les bras de son bourreau ??

Heureusement, il n'y a pas que les personnes travaillant à l'ambassade, sinon je pense que Betty vivrait toujours en Iran à l'heure actuelle. Elle a eu la chance de rencontrer de "bonnes" personnes. Des personnes qui ont écouté son histoire, qui l'ont comprise et qui l'ont aidée à s'en sortir. Sans ces personnes, Betty n'aurait jamais pu quitter l'Iran.

Mais il n'empêche que ce livre est tout de même une sorte de souffle d'espoir pour les parents et les enfants victimes du même genre d'histoire. On se dit qu'il ne faut jamais désespérer, toujours se battre, et qu'un jour peut-être, on arrivera à sortir de cet enfer.

Livre à conseiller