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vendredi 2 juillet 2021

Montagnes russes - Gwenola Morizur et Camille Benyamina


Avoir un enfant est devenu une idée fixe pour Aimée et les échecs successifs de FIV sont de plus en plus durs à accepter. 
Dans la crèche où elle travaille, la jeune femme fait alors la connaissance de Charlie qui élève seule ses enfants. Elle s’attache rapidement à l’un d’eux, Julio, et se met peu à peu à outrepasser ses fonctions. Malgré cela, une amitié de plus en plus forte se tisse entre Aimée et Charlie. 
Mais quand la maman de Julio se rend compte du comportement d’Aimée vis-à-vis de son fils, elle se sent trahie par son amie. 
Les disputes et les règlements de compte entraînent alors les deux femmes sur les montagnes russes, dans ces hauts et ces bas qui ressemblent à la vie et dans ces sensations fortes à l’image de leur amitié.

J'ai reçu cette BD via une Mase Critique de Babelio et je suis vraiment contente d'avoir pu la lire, car c'était une très belle découverte sur le thème de la maternité et de l'infertilité.

Dans cette BD nous suivons Aimée qui est en plein parcours de PMA avec son compagnon. Les essais se suivent et se ressemblent puisque jusque maintenant aucun n'a abouti à une grossesse.
Pour ne rien arranger, Aimée est entourée d'enfants de par son métier puisqu'elle travaille dans une crèche. C'est là qu'elle va faire la connaissance de Charlie, mère célibataire de trois enfants et de son fils Julio et qu'elle va irrémédiablement s'attacher à elleux.
On pourrait se dire d'emblée que cette relation est malsaine. Une femme qui ne peut pas avoir d'enfant qui se lie d'amitié avec une femme qui a du mal à joindre les deux bouts et qui se sent parfois prisonnière de sa vie de famille.
Et effectivement ça pourrait le devenir. Mais Gwenola Morizur et Camille Benyamina traitent cette situation avec beaucoup de tact, sans entrer dans le pathos. 

On suit ces deux femmes au parcours différents et on s'attache autant à l'une qu'à l'autre, même si on est parfaitement conscient·e en tant que lecteurice qu'elles ne sont pas exemptes de défaut.
Mais c'est justement ça qui fait la beauté de cet album. On ne nous présente pas des héroïnes parfaites et sans tache. On nous montre la vie telle qu'elle est réellement, avec ses bons comme ses mauvais moments.
Avec cette BD, les autrices montrent avec énormément de bienveillance qu’il n’y a pas d’idéal maternel à suivre. Qu’on peut être une bonne mère malgré les difficultés, les doutes ou même les erreurs. Que c’est normal de parfois envier la vie des autres, d’avoir l’impression de ne pas faire les choses correctement et de se débattre avec ces idées qui nous poursuivent.

Montagnes russes est donc une fabuleuse pépite, très émouvante qui ne vous laissera pas indifférent·e. Un récit fort et magnifiquement mis en images, qui vous touchera au plus profond, que vous soyez concerné·es ou non par ce sujet. 


Les infos utiles

L'Instagram de Gwenola Morizur
L'Instagram de Camille Benyamina
Parution: 2 juin 2021 - Bamboo Grand Angle
Illustrations: Montagnes russes par Gwenola Morizur et Camille Benyamina © Bamboo Grand Angle 2021

mercredi 4 septembre 2019

L'Instant Bulles #9


Shirley, tome 1

Acheté complètement par hasard lors d'une visite en librairie, j'ai été attirée vers ce manga grâce à sa couverture. Elle me faisait un peu penser à celle de La petite princesse de Frances Hodgson Burnett. Etant donné que je suis une grande amatrice de ce titre et des romans et mangas à caractère historiques, je me suis dit que cette lecture me plairait sûrement.

Shirley est donc une jeune fille de 13 ans qui va entrer au service de Mme Benett, propriétaire d'un café à Londres. La jeune fille est des plus compétente et efficace, mais on n'en apprend pas beaucoup plus sur elle.
J'espère que ceci est simplement dû au fait que ce soit un premier tome et que les choses se mettent lentement en place. Cependant, j'ai été assez déstabilisée de quitter si rapidement le quotidien de Shirley, pour me plonger dans celui d'autres gouvernantes et serviteurs.
Cela ressemblait plus à un recueil de nouvelles qu'à un manga traditionnel.

Malgré cela, j'ai tout de même bien accroché aux histoires proposées. J'étais juste surprise par la manière abrupte de passer de l'une à l'autre.
J'ai hâte de pouvoir me plonger dans la suite.

Simon & Louise

Il y a quelques années, j'ai lu Un été en apnée, du même auteur et qui est reprise dans cet album, en compagnie du premier, intitulé 520 km.
J'avais donc lu cette histoire du point de vue de Louise, sans avoir eu celui de Simon. J'ai donc saisi l'occasion de découvrir l'une et de redécouvrir l'autre avec cette lecture.
J'ai finalement bien fait, car je ne me rappelais plus vraiment de tous les détails de l'histoire.

Nous suivons donc deux ados qui se sont séparés à la veille des vacances d'été et qui vont donc les vivre chacun de leur côté. Mais si Louise va essayer de profiter de son été, Simon lui décide de faire du stop pour la rejoindre sur son lieu de vacances.
Vous imaginez aisément les péripéties que le jeune garçon va vivre à cause de cette idée farfelue.

Si cette BD n'est pas la révélation du siècle, elle se laisse cependant très bien lire. Les dessins de Max de Radiguès sont assez originaux et dépeignent plutôt bien les sentiments de l'adolescence.
On y parle également - entre autre - de consentement et de respect de l'autre, ce qui n'est jamais perdu non plus.

Mort et déterré, tome 1: Un cadavre en cavale

En ce qui concerne cet album, j'avais été très intriguée par le résumé proposé par les éditions Dupuis. Et puis, la couverture parlait également d'elle-même. Mais j'avais envie de voir comment le sujet allait être traité.

Finalement, je suis plutôt dubitative. Ce n'est pas que je n'aie pas aimé ma lecture, mais elle ne m'a pas non plus laissé un souvenir impérissable - contrairement au personnage... Mauvais jeu de mots.
J'ai donc suivi le quotidien vivant puis mort-vivant de Yan Faucher (plutôt prédictif comme prénom vous ne trouvez pas ?) et je me suis sentie plutôt mal à l'aise par rapport à sa famille.

S'il y a des passages plutôt drôles ou rocambolesques inhérents à son statut de mort-vivant, les passages concernant sa famille et ses amis sont parfois franchement déstabilisant.
Je n'arrive pas encore très bien à savoir où les auteurs veulent en venir avec cette BD et j'espère que cela s'éclaircira dans le prochain tome.
Je pense réserver mon jugement pour ce moment-là.

La fille de l'Exposition Universelle, tome 1: Paris 1855


Je ne sais plus où j'ai vu cette BD pour la première fois, mais en tout cas la couverture et le titre m'ont tout de suite attirée. Encore une fois, j'ai profité qu'elle soit dans les achats de la bibliothèque pour la lire.

Résultat des courses: j'ai beaucoup aimé !
L'histoire est originale et rondement menée, les personnages sont très bien construits et l'héroïne de l'histoire est attachante en plus d'être extrêmement débrouillarde. Il n'y a que le petit frère qui donne parfois des envies de meurtres, mais bon, c'est un petit frère...

Comme je le disais, l'histoire est originale mais le contexte l'est tout autant. Visiter Paris et l'Exposition Universelle à travers une BD était une expérience peu banale.
De plus, j'ai été totalement surprise par son dénouement, ce qui est assez rare pour être souligné.

J'ai d'ailleurs hâte de pouvoir lire le deuxième tome, paru cette année et de retrouver ces personnages que j'apprécie beaucoup !

Il s'appelait Ptirou

Je commence vraiment à me faire à ce style de dessin old-school, alors qu'avant cela m'aurait réellement rebutée. Mais comme pour Charlotte impératrice, j'ai décidé d'en faire abstraction et de me concentrer sur l'histoire. Et j'ai bien fait !

Voilà donc encore l'histoire de Spirou, revisitée par des auteurs de chez Dupuis. Et cette fois-ci ce sont Yves Sente (Blake et Mortimer) et Laurent Verron (Boule et Bill) qui s'y collent, avec beaucoup de talent.

Spirou est ici un acrobate orphelin qui s'embarque sur un paquebot de croisière afin de se trouver du travail. Il y fera la connaissance de Juliette, une fille de bonne famille atteinte de problèmes respiratoires. Le jeune homme est espiègle, serviable et terriblement attachant.

Mais ce qu'il y a de plus étonnant avec cette BD, c'est qu'elle est tirée d'une histoire vraie, et que c'est de ce personnage que s'est inspiré Rob-Vel pour créer le personnage que nous connaissons tous aujourd'hui.
J'ai été très émue de découvrir cette histoire, et je dois dire qu'elle a réussi à m'arracher quelques larmes. La dernière BD à avoir réussi cet exploit, c'était le dernier tome des Carnets de Cerise...

J'ai réellement eu un véritable coup de cœur pour cette magnifique BD !

lundi 12 juin 2017

L'adoption tome 1: Quinaya - Zidrou et Arno Monin


Lorsque Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, est adoptée par une famille française, c’est la vie de tous qui est chamboulée. Mais pour Gabriel, ce sera encore plus compliqué : il lui faudra apprendre à devenir grand-père, lui qui n’a jamais pris le temps d’être père. 
Des premiers contacts un rien distants aux moments partagés, Gabriel et Qinaya vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d’imaginer.

L'adoption est une BD qui me tentait depuis sa sortie l'année passée. Cependant je n'avais encore jamais pris le temps de me l'acheter, même si je la gardais précieusement dans ma wish-list.
Mais lors de ma dernière commande Amazon, j'ai enfin pu craquer !

En ouvrant la BD j'ai tout de suite été charmée par les dessins d'Arno Morin et par la palette de couleurs utilisée.
On a véritablement l'impression d'être dans un petit cocon de douceur et de légèreté, qui s'allie à la perfection avec l'ambiance de l'histoire proposée par Zidrou.
Une fois plongé dedans, on n'a vraiment plus envie d'en sortir.

En ce qui concerne les personnages, Quinaya est une petite fille à laquelle on s'attache très facilement. Elle est jolie comme tout, a des expressions du visage vraiment adorables et elle est aussi extrêmement attendrissante.
Mais le personnage qui interpelle le plus, c'est celui de Gabirel, ce grand-père malgré lui.

Gabriel, c'est un peu le cliché du vieux ronchon bourru qui râle beaucoup pour la forme, mais dont on sent qu'il a un cœur en or. 
Cette impression est renforcée par la présence de Mamie Rysette, sa femme dynamique qui prend un malin plaisir à le pousser dans ses retranchements et qui à l'art de désamorcer les situations gênantes avec humour et bonne humeur et une tonne de crêpes. Ce petit couple de retraités m'a tout de suite beaucoup plu !
Si au départ Gabriel n'est pas franchement ravit de cette adoption qui va venir chambouler son train-trin quotidien, il va néanmoins devoir cohabiter avec cette petite-fille qu'il n'a pas vue arriver.

La relation qui se tisse entre ces deux personnages est attendrissante. Chacun apprivoise l'autre petit à petit, avec un peu de réticence au départ, puis de manière de plus en plus naturelle, jusqu'à ce qu'une véritable complicité s'installe entre Quinaya et son grand-père. 

Voir ce vieil homme bourru et un peu brut, s'adoucir peu à peu et apprendre à interagir avec la fillette était vraiment très touchant.

Mais ce qu'on ne sent pas arriver (ou tout du moins qu'on ne veut pas voir arriver) c'est cette fin qui nous met dans tous nos états.
Mon petit cœur s'est brisé en mille morceaux à la lecture des quelques dernières pages de la BD, et une fois celle-ci refermée je n'avais plus qu'une seule envie; celle de me procurer le tome 2 au plus vite !
C'est une véritable torture de la part des auteurs de nous laisser sur une telle fin.

En conclusion, Quinaya aura été un véritable coup de cœur pour moi ! Cette bande dessinée avait réellement tout pour me séduire, de l'histoire touchante aux dessins sublimes, en passant par les couleurs justement dosées et par l'humour distillé par petites touches subtiles.
Je ressors de cette lecture chamboulée et pleine d'espoir à la fois. Un cocktail pour le moins étonnant.


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Le blog d'Arno Monin
Tome 2: La Garùa (31 mai 2017)