Affichage des articles dont le libellé est Editions Delcourt. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Editions Delcourt. Afficher tous les articles

vendredi 29 juillet 2022

BFF - Thomas Cadène, Joseph Safieddine et Clément C. Fabre

Gro est un artiste, du genre qui galère et vit dans un studio miteux. C'est ce que croient ses potes... En réalité, il est un pianiste classique à succès. 
Dans son groupe d'amis, c'est le raté sympa dont l'échec rassure, ils l'aiment comme ça et il ne veut pas que ça change. Mais tous ont des secrets... 
Et la préparation du mariage d'Oscar et Claire va faire vaciller cet édifice de mensonges.

J'ai reçu ce livre de la part de Babelio et j'avoue que le résumé présenté m'avait intriguée. Une histoire d'amitié et de secrets, c'était plutôt attirant et la couverture promettait un style de dessin qui me parlait.

Malheureusement, entre BFF et moi ça ne l'a pas fait du tout. Dès les premières planches, j'ai éprouvé un sentiment de malaise, qui ne m'a pas quittée tout au long des 250 pages que durent l'histoire. Car là où je m'attendais à trouver une histoire d'amitié sympa, teintée d'une part de mystère, j'ai trouvé un récit sur une amitié toxique qui dure depuis dix ans.
Alors, peut-être que c'était justement ce que les auteurs voulaient dénoncer, mais pour ma part, j'ai eu beaucoup de mal à y adhérer. J'ai détesté toute la dynamique qui existe entre ces six "ami·es" que j'ai trouvée extrêmement malaisante.

Olivier, surnommé Gro (déjà, pardon mais ce surnom) est continuellement la cible de remarques désagréable de la part de son groupe de potes. 
Cela fait dix ans que cela dure, sans qu'il ne fasse aucune remarque, de peur de les vexer et de les perdre - ce qui serait, si vous voulez mon avis, la meilleure chose qui puisse lui arriver.
De plus, son faux rôle de "raté du groupe" agit comme une sorte de comparaison rassurante pour tous les autres. Ca en dit assez long sur la qualité de cette amitié, qui flirte d'ailleurs dangereusement avec le harcèlement.
Ajoutez à cela les mensonges et non-dits qui jalonnent les différentes rencontres du groupe, les discours grossophobes, sexistes et autres des protagonistes et enfin les histoires de tromperies entre Camille et Oscar, toustes deux en couple avec d'autres personnes du groupe (dont Oscar qui est même sur le point de se marier), on est tout de même sur un fonctionnement très toxique.

J'ai tout de même lu la BD jusqu'au bout, espérant que la fin me satisferait ou m'apporterait un autre éclairage sur les impressions que j'avais eues tout au long de ma lecture, mais cela n'a pas été le cas. A mon sens, rien n'est réglé et tout reste dans un entre-deux très inconfortable.
En bref, je n'ai absolument pas adhéré à cet récit et aux personnages qui le composent. Je n'ai éprouvé aucune empathie à leur égard et cette lecture m'a de nombreuse fois mise mal à l'aise, tant les situations ou propos émis étaient aux antipodes de mes propres valeurs.


Les infos utiles

Parution : 8 juin 2022 - Delcourt
Illustrations : BFF par Thomas Cadène, Joseph Safieddine et Clément C. Fabre © Editions Delcourt 2022

mercredi 7 avril 2021

L'Instant Bulles #23


The Ancien Magus Bride, tomes 2 à 4

Je vous parlais récemment du premier tome de The Ancient Magus Bride et je reviens maintenant faire le point sur les tomes que j'ai eu l'occasion de lire jusqu'ici.
Plus j'avance dans ma lecture et plus j'apprécie Chisé et Elias. La jeune femme s'affirme de tome en tome et commence à prendre sa place, que ce soit en tant que magicienne, que Slay Vega ou en tant qu'apprentie d'Elias.

Toutes ces différentes facette s'additionnent les unes aux autres pour nous offrir un personnage complexe dont on prend plaisir à suivre les aventures.

La venue de nouveaux personnages, tels que Lindel, Silky, Simon ou encore Ruth le familier de Chisé permet à l'histoire de s'étoffer peu à peu, sans pour autant brusquer les choses.

J'aime le rythme posé du manga. Il ne se passe pas forcément énormément de chose dans un tome, mais le plus important ce sont les relations qui se construisent au fil de ceux-ci. C'est plutôt tranquille, il n'y a pas (encore ?) de grande bataille épique, ni d'énorme révélation sur l'univers, mais c'est tout à fait plaisant.

C'est un manga que l'on savoure et qu'on découvre à son rythme, sans se précipiter. Et finalement ça fait du bien aussi comme lecture.


Les fleurs de grand frère

Ce n'est qu'après avoir eu un énorme coup de coeur pour Le Jardin, Paris que je me suis rendu compte que j'avais emprunté à Mallou14 une BD de la même autrice. C'est le genre de chose qui fait généralement sourire et qui laisse penser que finalement il n'y a pas de hasard.

Cette BD est véritablement un petit bijou graphique. Une petite histoire empreinte de douceur et de jolie valeurs qui fait fondre notre petit coeur d'artichaut.
Ici les personnages n'ont même pas de nom. Il s'agit simplement de la relation entre deux frères, dont le plus grand voit un jour pousser sur sa tête des petites fleurs.

Ces fleurs commencent par prendre de la place et à lui faire peur, mais peu à peu il parvient à les apprivoiser et à s'habituer à leur présence. Elles lui parlent quand il sait les écouter et apportent un petit quelque chose en plus dans sa vie.

A côté de ça, son petit frère parvient lui aussi à lui remonter le moral quand ça ne va pas et à lui poser des questions sur sa relation avec ses fleurs.
La dynamique qui existe entre ces deux petits garçons est juste très tendre et chaleureuse. Le genre de relation que l'on rêverait tous d'avoir avec nos frères et soeurs.

Vraiment une petite pépite de A à Z.

Nowhere Girl

Si j'ai été attirée par cette BD, c'est à cause de deux choses: le nom de Magali Le Huche dont j'ai énormément apprécié les illustrations dans l'adaptation BD de Verte et le fait que cette BD allait parler des Beatles, un groupe dont je suis fan.

Bon, après avoir lu cette BD je me rends compte que je ne pourrai jamais être aussi fan de ce groupe que ne l'est Magali, mais cela ne me dérange pas. On a tous·tes plus ou moins d'affinités avec certain·es chanteurs et chanteuses et c'est très bien comme ça.

Mais même si la couverture est très colorée et limite psychédélique (comme on pu l'être certains albums du groupe) cette BD parle aussi de sujets sérieux tels que la phobie scolaire, la dépression et l'obsession.

J'ai éprouvé beaucoup d'empathie à l'égard de Magali, car même si je n'ai pas souffert de phobie scolaire dans ma vie, je sais ce que cela fait de ne pas pouvoir trouver sa place dans un groupe. J'ai souvent été timide et j'ai très rarement osé faire le premier pas dans mes relations amicales et en lisant ce type de récit, je me rends compte que j'ai eu de la chance de tomber sur mes ami·es.

Bref, j'ai beaucoup aimé cette BD et la manière dont elle est construite. Les dessins de Magali Le Huche rendent donnent un petit côté décalé à l'ensemble, tout en abordant des thématiques importantes.

La boîte à musique, tome 4: La mystérieuse disparition

Vous le savez, j'aime beaucoup l'univers de Pandorient créé par Carbone et Gijé. J'ai eu un énorme coup de coeur pour le premier tome depuis je n'ai pas été déçue par les suivants.
Ce quatrième tome ne fait pas exception à la règle puisque je l'ai dévoré et que j'ai beaucoup aimé l'intrigue proposée.

Je suis évidemment toujours sous le charme des fabuleux dessins de Gijé et je ne me lasse pas d'observer tous les détails d'une planche, quitte à mettre dix minutes à la lire.
Mais l'histoire me tient également en haleine.

L'histoire de ce tome 4 est très actuelle puisqu'on y parle notamment de relations amoureuses interdites. Vous conviendrez qu'il y a énormément de parallèles à faire avec nos propres actualités, surtout à l'heure où le projet sur la loi bioéthique stagne toujours en France...

Bref, dans cet album Nola et ses ami·es vont se battre pour permettre à un couple de vivre son histoire sereinement et au grand jour. A cet égard on peut dire que Nola ne lâche rien et va jusqu'au bout de ses idées, quitte à déranger.

En parallèle, on en découvre un peu plus sur sa maman, même si en ce qui concerne le sujet, les informations nous sont toujours distillées au compte-goutte.
J'espère que dans le prochain tome, les auteurices creuseront un peu plus cet aspect de l'intrigue.

Le Roi Singe, tome 1: Pagaille au palais céleste

Et nous sommes une nouvelle fois sur un abandon. Mon avis sera très court étant donné que j'ai rapidement abandonné cette lecture. Il ne sera donc pas vraiment représentatif de celle-ci.

Si j'ai aimé le style graphique de Chaiko, j'ai été bien moins touchée par l'histoire qui m'a rapidement ennuyée. Pourtant d'habitude j'aime beaucoup les BD tirée de légendes et de folklore et je n'en avais encore jamais lu sur le folklore asiatique.

Malheureusement je n'ai pas du tout accroché au personnage de Wukong. Je l'ai rapidement trouvé trop sûr de lui et imbu de lui-même. A partir de ce moment-là, je n'avais plus aucun intérêt pour son histoire.
C'est dommage car l'ensemble avait l'air très intéressant, mais si je n'accroche pas au personnage principal, j'ai vraiment du mal à poursuivre ma lecture.

lundi 1 mars 2021

Le jardin, Paris - Gaëlle Geniller


"Le Jardin" est un cabaret parisien au succès grandissant dirigé par une femme. Toutes celles qui y travaillent ont un nom de fleur et l'ambiance y est familiale. 
Rose, un garçon de 19 ans, est né et a grandi dans cet établissement. Il souhaite à son tour être danseur et se produire sur la scène, devant un public, comme ses amies. 
Il va rapidement en devenir l'attraction principale.

Si je n'étais pas allée en librairie papoter avec ma copine qui y bosse et qui me l'a mise dans les mains, je n'aurais pas entendu parler de cette BD et ça aurait été bien dommage. En effet, cette lecture a été un véritable petit moment de douceur et de réconfort. Pile ce dont j'avais besoin sur le moment.

Le Jardin est un cabaret situé à Paris en plein coeur des Années Folles. Toutes les danseuses qui y travaillent portent le nom d'une fleur et la décoration du lieu y est aussi florale que possible.
C'est dans cet univers particulier qu'est né et a grandi Rose, notre jeune héros de 19 ans. Dans les premières pages de la BD il s'apprête à faire ses premiers pas sur scène et toutes sont là pour l'encourager.
Durant les quelques 200 pages de l'album, Gaëlle Geniller nous brosse le portrait d'un jeune homme drôlement attachant, sensible et aussi naïf. Tellement insouciant qu'il met plusieurs semaines à remarquer Aimé, un de ses habitués, présent à chacune de ses représentation.
De leur première rencontre, va naître une relation de profonde affection, de compréhension mutuelle et de complicité. 

J'ai énormément aimé que l'autrice nous dépeigne un environnement aussi ouvert et bienveillant au sein d'une société qui est très loin de l'être, surtout si on se replonge deux cent ans en arrière.
J'ai aimé que la question de genre de se pose absolument pas en ce qui concerne Rose, qui aime danser et s'habiller de robes et de jupes, sans que cela ne soit remis en question par son entourage. Entourage extrêmement bienveillant et sororal par ailleurs.
Au diable la binarité qui nous enferme dans des carcans étroits depuis de trop nombreuses années ! Rose s'affirme comme une personne à part entière, avec ses envies, mais également ses doutes et ses peurs. Mais même si parfois la scène et la pression qui en découle le font douter, jamais il ne se pose la question de son genre ni de la légitimité de sa relation avec Aimé.
L'intrigue de cette BD a beau se dérouler dans les années 1920, elle n'aura jamais été aussi d'actualité.

Et que dire des dessins et des couleurs utilisés par l'autrice ? Les traits des personnages sont d'une délicatesse à couper le souffle, les couleurs sont sublimes et mettent parfaitement en valeur les tenues et les drapés des divers·es protagonistes. Les décors ne sont pas en reste puisque chaque pièce du jardin donne un sentiment de chaleur qui donnerait envie d'y vivre.
C'est donc un immense coup de coeur ! Tout était réuni pour me faire passer un moment de qualité. De la beauté des dessins de Gaëlle Geniller - dont chaque planche est une véritable oeuvre d'art - en passant par la qualité du scénario, Le jardin, Paris est un album d'une douceur et d'une bienveillance incomparables.


Les infos utiles

Le compte Instagram de Gaëlle Geniller
Parution: 6 janvier 2021 - Editions Delcourt
Illustrations: Le jardin, Paris par Gaëlle Geniller © Editions Delcourt 2021

vendredi 22 janvier 2021

L'Instant Bulles #20

  

The Promised Neverland tome 17

Les tome de The Promised Neverland se suivent et ne se ressemblent pas et amènent avec eux leur lot de surprises et de questions. Finalement on n'est pas déstabilisé·es quand on revient à ce manga et c'est une très bonne chose. Cela permet d'enchaîner les tomes sans aucun problème, même si on n'y est pas revenu·e depuis un moment.

On arrive donc au moment de la Tifari et nos héros et héroïnes sont divisés en groupes: Don et Gilda font part à Sonju et Mujika de l'urgence de la situation, Emma et Ray se précipitent pour arriver à temps à la capitale et Norman et sa bande organise le siège de cette dernière.

On en est donc au tome 17. Il  ne reste - à priori - que trois tomes avant la fin de la saga et je n'arrive toujours pas à savoir de quel côté penchera la balance.
Mon côté optimiste me fait espérer la réussite de l'entreprise d'Emma et Ray, mais cette saga a assez brouillé les pistes depuis son commencement pour que je me méfie.

En tout cas je sens que les événements vont s'intensifier dans les tomes à venir et je dois bien avouer que je ne suis pas du tout sereine par rapport à ça.
Bref, j'attends le tome 18 avec impatience, comme d'habitude !


Les petites distance

Quand Mallou14 a lu cette BD et a livré son ressenti par rapport à sa lecture, j'avoue que j'ai été curieuse de me faire mon propre avis. 
Je lui ai donc emprunté la BD afin de vérifier si mon avis rejoindrait le sien.

Il n'y a pas énormément de suspense, parce que généralement nous sommes du même avis par rapport au consentement et tout ce qui en découle: j'ai bel et bien été dérangée par certains aspects de cette BD.
Mais en fait, cette histoire m'a muse mal à l'aise du début à la fin.

J'ai eu beaucoup de mal à m'attacher aux personnages, que ce soit à Léo ou à Max. Iels ont tous les deux leurs failles, et ça ne m'aurait pas dérangée si cela avait été traité autrement.
Mais là, il y a ce petit je-ne-sais-quoi qui fait que je n'adhère vraiment pas à la BD. Dommage car j'avais beaucoup apprécie Betty Boob de la même scénariste. J'ai d'ailleurs du mal à me dire que les deux BD sont d'elle, tant la différence de traitement est énorme.

Juliette, tome 3: Juliette à Londres

Vous le savez, j'aime beaucoup la saga Juliette de Rose-Line Brasset et j'étais plutôt curieuse de voir ce qu'allait donner son adaptation BD.
L'éditeur et l'autrice ont fait le choix de ne pas adapter tous les tomes, mais de plutôt se concentrer sur ceux ayant le plus de succès (et se déroulant donc dans des villes plus connues) et même si je trouve cela pertinent, je ne peux m'empêcher de me dire qu'adapter des tomes moins connus pourrait justement donner envie aux lecteurices de les découvrir.

Quoi qu'il en soit, je trouve que les dessins d'Emilie Decrock collent parfaitement avec l'ambiance des romans créée par l'autrice. On retrouve facilement le caractère un peu impétueux de notre jeune héroïne et c'est un vrai plaisir de parcourir les cases de l'album pour mettre des images sur ce qu'on imaginait durant la lecture des romans.

Ce tome se déroulant à Londres, j'ai pris plaisir à voir comment l’illustratice avait dessiné les divers lieux connus de toutes et tous, comme les différents parcs, le London Eye ou encore Big Ben. 
C'était très agréable.

En bref, j'ai passé un très bon moment en compagnie de cette BD et je suis sûre que les fans de la série en feront autant.

Holly Ann, tomes 3 et 4

Je vous ai parlé des deux premiers tomes de Holly Ann dans un précédent Instant Bulles et je vous disais que j'avais eu un énorme coup de cœur pour le début de cette saga, que j'avais trouvé très original et bien amené.
Et bien les tomes suivant n'ont pas démenti mon amour pour ce personnage haut en couleurs, bien au contraire !

J'ai beaucoup aimé en apprendre plus sur le passé de Holly dans Né dans le Bayou. Cela permet au lecteurice de mieux appréhender l'histoire et les différent·es personnages, ainsi que les relations qui se tissent entre elleux.
L'histoire de L'année du dragon est, elle, beaucoup plus sombre et plus tourmentée que celle des précédents albums. On traite de racisme, avec tout ce que cela implique par rapport à l'époque où se déroule l'album et cela fait véritablement froid dans le dos.
Par contre, certaines réflexions faites par divers protagonistes se répondent vraiment très bien au fil des pages et m'ont vraiment fait sourire, car finalement tout est toujours une question de point de vue et de culture.

Les dessins de Servain sont toujours à couper le souffle et rendent magnifiquement hommage au scénario de Kid Toussaint. L'association de ces deux auteurs fait vraiment mouche et nous offre des albums de qualité.

Les Indes Fourbes

Mon dieu que je me suis ennuyée avec cette BD !!
Tellement qu'en fait je l'ai abandonné, parce que je n'en pouvais plus.

Le personnage de Pablo est juste insipide et ennuyeux. Son récit part dans tous les sens et j'ai vraiment eu du mal à me raccrocher aux branches.
Pourtant ça partait plutôt bien puisqu'on était tout de même sur un récit à propos de la quête de l'Eldorado. Et puis graphiquement la BD avait tout pour le plaire: les dessin étaient très réussis, les couleurs se mariaient parfaitement avec l'histoire.

Malheureusement ça n'a pas suffit à compenser l'ennui profond que m'a inspiré le personnage principal. Mais bon, apparemment il fait cet effet à tous les protagonistes de l'album, donc je ne fais pas tache dans le décor.

Pourtant j'ai essayé: j'ai abandonné ma lecture une fois, puis y suis revenue en me disant que c'était une BD et que ça se lisait vite... Ben en fait celle-ci non.
Bref, pour moi ce n'est pas une réussite et je n'y reviendrai pas.

lundi 7 décembre 2020

Comme un garçon ou l'apologie de la masculinité toxique

J'ai un peu hésité avant d'écrire cet article, parce que je ne savais pas vraiment dans quoi je m'embarquais. Mais je me suis dit que je n'étais peut-être pas la seule personne que la lecture de cette BD avait mise mal à l'aise et j'avais besoin d'en parler, de mettre mes ressentis par écrit et tant qu'à faire j'ai eu envie de les partager avec vous.

Avant toute chose, un énorme Trigger Warning: dans cette BD il va être question de relations toxiques et de harcèlement et d'agressions sexuelles. Alors si vous n'êtes pas à l'aise avec ce genre de sujet, je vous invite à ne pas lire cet article.
De plus, afin d'étayer mes propos, je vais devoir spoiler certains passages des tomes en question (images à l'appui). 
Vous voilà prévenus. Passons maintenant au vif du sujet.

_______________

Charlotte est la demi-soeur de Xavier. Leur jeu favori consiste à se défier sans cesse. Et Charlotte perd toujours. 
À l’adolescence, la tradition perdure jusqu’au jour où, en guise de gage, elle accepte de passer une année déguisée en garçon dans un collège exclusivement masculin tout en pariant qu’elle ne se fera pas prendre. 
Adieu vie de princesse et bains moussants, une vie compliquée démarre pour elle.

Bon déjà le résumé du premier tome est bancal puisque Charlotte n'est pas une ado mais une jeune adulte qui rentrer à la fac. J'ai vérifié et ce résumé n'est pas celui qui figure sur la quatrième de couverture (heureusement !) mais c'est celui que l'on trouve sur tous les sites de vente et même sur le site de l'éditeur lui-même...

La première question que je me pose, c'est pourquoi vouloir faire passer l'héroïne de la BD pour une ado ? Non parce que tout ce qui s'y passe est déjà assez dérangeant en sachant qu'elle est adulte, mais si elle était ado ce serait encore pire.
La seule raison que j'y vois, c'est que l'éditeur a voulu attirer le public cible en faisant passer l'héroïne pour une ado. Parce que oui, la BD est conçue pour un public adolescent et cela me dérange encore plus, vu les TW que j'ai évoqués plus haut.

Mais revenons à nos moutons.

Vous l'aurez compris, Charlotte va devoir emménager dans une résidence exclusivement masculine à la fac si elle veut remporter son pari.
Evidemment elle se retrouve à avoir un colocataire qui partage sa chambre en la personne de Gabriel, vous imaginez donc aisément tout ce que cela implique.

Le pitch de l'histoire aurait pu être sympa s'il avait été bien traité. Malheureusement ce n'est pas le cas et nous en avons rapidement la preuve dans le premier tome, alors que Charlotte se fait surprendre par Gabriel alors qu'elle est sous la douche. Ce dernier l'accule complètement nu et lui vole un baiser alors qu'un autre personnage entre dans la pièce, tout cela pour "sauver les apparences".
Par la suite elle s'enfuit de la salle de bain pour retourner dans leur chambre, Gabriel la suit et l'embrasse de nouveau de force en déclarant "T'es bien une fille".
Au bout de seulement 30 pages le problème est posé. Nous sommes face à une BD pour adolescent·es qui  nous propose une scène d'agression sexuelle qui passe crème et n'est jamais remise en question par aucun des personnages. Au contraire, cette scène est même totalement érotisée.

Nous allons avoir droit à ce genre de scène dans chaque tome de la saga, sans que cela ne soit jamais critiqué, que cela vienne des personnages masculins ou féminins d'ailleurs.

Parce qu'après cette fameuse scène, Gabriel et Charlotte concluent un pacte: Charlotte - alors déguisée en Charlie - doit se rapprocher d'Amaury et de sa bande, afin que Gabriel puisse se venger de ce dernier (on apprendra par la suite qu'Amaury harcelait Gabriel au collège, parce que celui-ci était gros et avait des lunettes).
Pour cela, Charlie doit faire semblant de s'intéresser à Héloïse, la petite soeur d'Amaury. On se rend rapidement compte que cette dernière n'est pas non plus très au fait des notions de consentement, car elle essaie sans cesse d'embrasser, de toucher et de coucher avec Charlie alors qu'iel tente de s'esquiver à chaque fois.

Alors ok, Charlie se débine à chaque fois car iel ne veut pas que sa supercherie soit découverte, mais cela Héloïse ne le sait pas. Pour elle Charlie est juste timide et elle se sent en droit de lui forcer la main pour qu'il se décoince. 

Que ce soit dans un sens ou dans l'autre, ce genre de comportement est totalement à proscrire dans des relations. Et que cela soit représenté sans cesse dans une BD à destination des adolescent·es je trouve cela dangereux. Très dangereux.

On passe notre temps à essayer de sensibiliser les gens aux notions de respect, de consentement, à expliquer que forcer quelqu'un à faire quelque chose ce n'est en aucun cas acceptable et on nous sert ici une BD qui balance tout ça à la poubelle en un claquement de doigts et qui fait miroiter aux lecteurices que ce type de comportement est acceptable (surtout si on est canon hein, parce que si on est moche, gros·sse ou juste un peu différent·e, là c'est répréhensible).

On propose ce type de lecture aux adolescent·es sous couvert d'une histoire originale et drôle et après on s'étonnera du nombre de plaintes pour harcèlement de rue, agression, viols, violences conjugales et autres joyeusetés...
Parce que si ces comportements ne sont jamais dénoncés ou discutés dans la littérature - jeunesse ou adulte - ils apparaîtront toujours comme normaux aux yeux des gens et les mentalités ne changeront pas.
Et ça, ça me met vraiment en rogne.

Les événements cités ci-dessus se passent dans le premier tome, mais cela continue allègrement dans les tomes suivants. 
Au choix nous avons aussi des clichés totalement malsains sur les hommes et les femmes, Amaury qui ne supporte pas Charlie parce qu'il le trouve maniéré et efféminé, de la manipulation de Gabriel envers divers personnages qu'il fait chanter à sa guise, une romance totalement malsaine entre Charlotte et Gabriel, qui se transforme d'ailleurs en triangle amoureux avec Amaury dans le tome 4 (où on dit quand même à Charlotte qu'elle a de la chance d'avoir deux hommes pareils à ses pieds...), une pseudo amitié-rédemption entre Amaury et Gabriel, qui se disputent les faveurs de Charlotte de manière "fair-play", un passé douloureux pour Amaury qui explique son comportement machiste et j'en passe. 

Mais la pire scène (oui parce qu'il y a pire que la scène de la douche...) reste tout de même celle du tome 3 où après avoir invité tout le monde chez lui pour une fête d'Halloween, Amaury enferme Charlotte dans une pièce, la drogue pour l'endormir et en faire la récompense d'une chasse au trésor qu'il organise dans son labyrinthe... Le premier à la retrouver pourra l'embrasser pour tenter de la réveiller.
Heuuu, on est où là ? Cette scène aurait peut-être eu sa place dans un thriller policier angoissant, mais pas dans une BD destinée à des ados !! 

Cela dit, c'est aussi la seule scène où deux personnages remettent légèrement les choses en question: Héloïse dit à Amaury "qu'il est vraiment trop con" (non on n'aura pas mieux) et Charlotte se rebelle contre Gabriel qui déclare "qu'il lui avait bien dit que c'était une mauvaise idée d'aller à cette soirée".
On est quand même sur une scène de culpabilisation d'une victime d'agression sexuelle, tout va bien...
Vous conviendrez que par rapport à tout ce que j'ai cité plus haut, ces deux réflexions sont tout de même très minimes.

Je vous le dis, RIEN ne va dans cette BD ! 
On a l'impression que l'autrice a compilé tous les mauvais comportements relationnels humains pour les fourrer dans sa BD en se disant que c'était une bonne idée... 
Spoiler alert: ça ne l'est pas !

Pour tout vous dire, lorsque j'ai lu le premier tome de cette BD il y a quatre ans je n'y avais pas trouvé plus de défauts que ça, si ce n'est que les personnages étaient très clichés et que la scène de la douche m'avait interpellée. 
Mais en le relisant aujourd'hui, après avoir énormément appris en matière de féminisme, de sexisme, de consentement et autre, j'ai pu m'apercevoir de tout ce qui n'allait pas dans cette saga.

D'autres que moi (et notamment les plus jeunes) n'auront pas ce recul nécessaire pour remettre en question ce qui est présenté comme normal dans ce récit et c'est cela qui me pose problème.
Qu'on leur expose ça en le présentant comme normal. Qu'on présente un harceleur comme quelqu'un de romantique. Qu'on présente une relation toxique comme mignonne. Ce n'est pas sain.

Je n'appelle pas à la cancel culture (même si personnellement certain·es auteurices sont banni·es pour toujours de mes propres bibliothèques), mais j'aimerai justement que les auteurices qui écrivent ce genre de choses se remettent en question et voient que ce qu'iels écrivent impacte les personnes qui les lisent.

Je ne dis pas non plus qu'il ne faut pas lire ces BD, ou ne pas les faire lire aux ados, mais j'estime alors qu'il faut que cette lecture s'accompagne d'une discussion posée et argumentée avec les plus jeunes, justement pour pointer du doigts tous ces comportements inappropriés et dangereux.
Faire prendre conscience qu'une relation - amicale ou amoureuse - qui repose sur un rapport de force n'est pas saine, qu'une agression sexuelle n'a rien de glamour et que le consentement n'est jamais optionnel.

_______________

Voilà pour mon avis sur la saga Comme un garçon de Jenny. Comme je l'ai dit, à la première lecture j'avais été interpelée par la scène de la douche, mais je n'avais pas vu tout le reste et je pensais encore que la BD allait nous emmener sur autre chose.
Malheureusement ce ne fut pas du tout le cas.

Cet article n'est pas là pour fustiger qui que ce soit, mais pour faire prendre conscience au gens que notre société qui glamourise à outrance ce genre de comportement (et je pense notamment à la saga Fifty Shades et à 365 DNI) est encore énormément empreinte de tout ce que le patriarcat fait de pire et qu'il est temps qu'on le remette en question.

Illustrations: Comme un garçon par Jenny © Delcourt 2019

vendredi 4 décembre 2020

L'Instant Bulles #18

Magus of the Library, tome 3

Ça y est, on va enfin entrer dans le vif du sujet puisque Shio a réussi l'examen pour devenir apprenti Kahuna et commence sa formation en compagnie des autres élèves de sa promo.
Nous suivons donc leur installation au sein de la Bibliothèque Centrale et leurs premiers cours.
Mais c'est aussi l'occasion pour nous (et pour Shio aussi quand même...) de revoir Sedona et d'en apprendre un peu plus sur ce personnage plus qu'atypique.

Comme d'habitude, je suis absolument fan de ce manga. Le simple fait de lire une histoire qui traite de livres et du métier de bibliothécaire (même si le mien est loin de ressembler à ça malheureusement), je suis déjà conquise.
Mais il faut dire aussi que l'univers est vraiment très très bien pensé et les dessins sont à couper le souffle. Encore plus dans ce tome où l'autrice met énormément l'accent sur les paysages et les bâtiments. On en prend plein les yeux !

Après, il est vrai que l'histoire avance lentement et prend bien le temps de se mettre en place. Il y a un petit effet contemplatif qui est voulu et pour une fois cela ne me dérange pas. J'aime suivre Shio et ses comparses, tous et toutes plus différent·es les un·es des autres et les voir simplement vaquer à leurs occupations. C'est limite reposant.

Mais pour les amateurices d'aventures, je pense que vous trouverez également votre compte dans les prochains tomes, si j'en crois les indices laissés dans les dernières pages.
Il me tarde de pouvoir lire la suite en tout cas !

La boîte de petits pois

Je ne sais plus vraiment où (ni quand) j'ai vu passer cette BD, mais elle m'avait assez bien intriguée, surtout sachant qu'elle était scénarisée par GiedRé et j'avais donc très envie de la lire.
Encore une fois, c'est grâce à mon boulot que j'ai pu le faire.

On suit donc l'histoire de la famille de l'autrice alors qu'iels vivent en URSS. On suit l'enfance de ses parents, puis la sienne et celle de son frère dans un état totalitaire qui n'hésitait pas à faire disparaître les personnes qui s'y opposaient.

L'autrice a choisi de raconter ses événements du point de vue de l'enfant qu'elle était, et donc avec beaucoup de candeur et de naïveté, ce qui donne un résultat assez surprenant.
J'ai d'ailleurs été un peu déstabilisée par ce parti-pris, car à certains moments j'aurais souhaité un ton un peu plus "sérieux".

Cela ne m'a cependant pas empêché de passer un bon moment de lecture, qui a été renforcé par la qualité des dessins de Holly R. J'ai beaucoup aimé l'aspect de ceux-ci, ils donnent l'impression d'avoir été faits aux crayons gras, ce qui est plutôt original.

Paola Crusoé, tome 3

Ça y est, j'ai enfin pu lire la conclusion de Paola Crusoé, alors que ma lecture des deux premiers tomes date déjà de l'été dernier.
J'ai été contente de lire ce dernier tome, même si j'ai trouvé que tome tournait un peu en rond.

En effet, ce troisième tome nous propose un interminable chasse-croisé entre tous les membres de cette famille (et ils sont quand même 5 !). Lorsqu'on retrouve un personnage, mais c'est pour mieux perdre la trace d'un autre deux cases plus loin, et ainsi de suite durant les cent pages de la BD.

Cependant, les dessins et les couleurs utilisées sont toujours aussi belles, ce qui rend tout de même la lecture agréable. 
Et puis, la BD s'adresse surtout à un jeune public, qui je pense ne s'attardera pas sur ce genre de détails et appréciera très certainement l'histoire dans son ensemble.
Pour des enfants de 6-8 ans, la BD est clairement très adaptée.

Aristophania, tome 3: La Source Aurore

J'ai découvert les deux premiers tomes de cette saga il n'y a pas si longtemps et j'avais bien accroché à l'histoire et aux personnages. J'étais donc impatiente de lire la suite et quand j'ai reçu ce tome 3 en service presse je me suis jetée dessus.

On n'en est pas encore au dénouement puisqu'il y aura un quatrième tome, mais ici les événement s’enchaînent quand même pas mal et des révélations nous sont faites dans les dernières pages. Bon, je vous avoue que je les avais vues venir, mais cela n'enlève rien à la qualité de la BD. 

En matière de dessin on continue à osciller entre des ambiances très lumineuses, parfois presque aveuglantes et d'autres sombres et angoissantes. Cela permet de très bien représenter les deux camps qui s'affrontent pour l'obtention de la Source Aurore. 

J'avoue que même si j'ai apprécié ma lecture, ce tome m'a laissée perplexe car je ne sais toujours pas où les auteurs veulent nous amener, surtout sachant qu'il ne reste qu'un seul tome à paraître.
Je ne sais pas du tout vers où on se dirige et cela a tendance à me laisser un petit arrière-goût de frustration.

Cela dit, je lirai évidemment le quatrième tome avec plaisir, en espérant qu'il éclaircira toutes les zones d'ombres que ses prédécesseurs ont laissées.

Holly Ann, tomes 1 et 2

Après avoir interviewé Kid Toussaint lors de la Foire du Livre de Bruxelles en 2019, j'ai eu envie de découvrir ses autres BD et notamment ses BD pour le public adulte. Je me suis donc tournée vers la saga Holly Ann, en y allant complètement à l'aveugle, juste en faisant confiance au nom du scénariste.

Bien m'en a pris, car j'ai découvert une saga originale et très bien amenée, avec une héroïne plutôt mystérieuse et téméraire.
L'intrigue se déroule en Louisiane vers la fin du XIXe siècle, avec tout ce que cela implique en terme de mœurs, de coutumes et de folklore.
C'est donc dans une ambiance vaudoue que l'on évolue aux côté de Holly, alors qu'elle mène ses enquêtes au nez et à la barbe de la police.

Alors que je ne suis pas une amatrice de roman policier, j'ai apprécié suivre Holly dans ses enquêtes. Ses raisonnements et ses déductions ont parfois de quoi laisser pantois (je n'avais pas du tout vu venir la fin du premier tome), tout comme ses étranges aptitudes, presque surnaturelles.

Je ne vous en dirai pas plus à ce sujet, déjà parce que je n'ai pas toutes les cartes en main, ensuite parce que cela vous gâcherait le plaisir de la découverte.

Quoi qu'il en soit, Holly Ann est une BD à découvrir absolument car elle est originale dans sa construction. Les dessins ne sont pas en reste non plus et sont très agréables à parcourir. 
J'ai hâte de pouvoir lire les deux tomes suivants.

mercredi 25 novembre 2020

L'Instant Bulles #17

  

The Promised Neverland, tome 16

Plus on approche du dénouement (normalement la série comptera vingt tomes), pus l'action s'intensifie et nous prend aux tripes. 
Dans ce seizième tome, nous continuons de suivre Emma et Ray alors qu'ils sont toujours à la recherche des sept murs, tandis que de leur côté Don et Gilda sont envoyé par Norman à la recherche de Sonju et Mujica, aux côté d'une nouvelle protagonistes des plus intéressante: Ayshe.

Les tensions sont de plus en plus palpables au sein des différents groupes, si bien que je me demande vraiment comment tout cela va bien pouvoir se terminer.
J'avoue ne pas être très sereine, étant donné que les auteurices n'ont pas hésité à éliminer des personnages importants dans les tomes précédents.
J'ai peur de ce qu'iels nous réservent pour la suite et en même temps, j'ai hâte de connaître le dénouement de toute l'histoire.

J'attends avec impatience la parution du tome 17 !

Mauvais genre

J'avais vu passer Mauvais genre sur quelques blogs et réseaux sociaux, mais je n'avais pas encore eu l'occasion de la découvrir. Comme d'habitude, j'ai profité d'une commande du boulot pour en faire la lecture et j'ai finalement été agréablement surprise.

J'ai assez peu lu de BD dont l'histoire de déroule lors de la Première Guerre Mondiale, mais le contexte m'intéresse tout de même beaucoup. En lisant cette BD je me suis dit qu'il faudrait peut-être que j'explore d'avantage cette période de l'histoire (j'ai plus de connaissances sur la Seconde Guerre Mondiale).

L'histoire particulière de Paul, Suzanne et Louise m'a tut de suite intriguée et j'ai rapidement été absorbée par ma lecture. J'ai apprécié les trois personnages, tout en restant quand même assez en retrait. Je pense que c'est le genre d'histoire qu'on apprécié plus si on prend un peu de recul pour la découvrir.
Evidemment chaque personnages à ses défauts, mais j'ai souvent eu du mal avec le caractère de Paul, tout en ayant plus de sympathie pour Suzanne. C'était plutôt déstabilisant comme sensation.

Sachant qu'elle est basée sur une histoire vraie, cette BD en devient encore plus intrigante. J'ai bien aimé la manière dont l'autrice a développé son histoire en se basant finalement sur si peu d'informations. Ce qu'elle a créé autour du couple de Paul et Louise est crédible et donne matière à réflexion.
C'était donc une belle découverte.

Game of Thrones: La bataille des rois, tome 1

Il y a un très looooong moment que j'ai eu l'occasion de découvrir l'adaptation BD de Game of Thrones. Tellement longtemps que depuis, la série est terminée...
Cependant, cela n'était pas dérangeant de se replonger dans l'univers de Westeros le temps de cette lecture, car elle m'a permis d'avoir plus de détails sur l'histoire.

Ce nouvel arc équivaut donc à la deuxième saison de la série (n'ayant pas lu les romans, je ne peux pas vous dire auquel il correspond), et c'était une expérience intéressante de redécouvrir cette partie de l'histoire. La BD étant directement adaptée des romans, celle-ci est d'office plus détaillée. J'ai par exemple eu l'occasion de découvrir des personnages que je ne connaissais pas du tout ou encore de voir certaines scènes sous un nouvel angle.

J'ai également apprécié retrouver des personnages tels que Rob ou Catlyn, même en sachant ce qui les attend par la suite (à mon sens ce n'est pas du spoil, depuis le temps il y a prescription).

Je trouve toujours le style de dessin assez particulier. Ce n'est pas celui qui me plait le plus, mais je finis par le trouver cohérent avec l'histoire. Mais je comprends qu'il puisse en rebuter certain·es.
Malgré cela, cela reste globalement une bonne BD et j'ai hâte de pouvoir lire la suite (qui je l'espère arrivera plus rapidement que ce tome-ci).

Les chroniques de l'univers, tome 1: La thrombose du cygne

Très sincèrement, je ne sais pas vraiment quoi penser de cette BD. Je n'ai pas été aussi emballée que je l'aurais voulu par l'histoire, mais je pense que c'est essentiellement dû au fait que j'ai trouvé ce tome très introductif.

En effet, mis à part un gros événement au début, il ne se passe pas grand chose durant ces 56 pages et en même temps on a l'impression de manquer d'informations. On débarque dans cet univers sans trop d'explication, parmi des personnages qui nous sont à peine présentés et auxquels il est par conséquent difficile de s'attacher.
Dommage quand on sait qu'on va devoir les suivre sur plusieurs tomes.

Je pense cependant laisser sa chance à cette saga et tenter la découverte du deuxième tome lors de sa future parution. Je n'aime pas juger une saga sur un seul tome et je préfère toujours lui donner sa chance en ayant toutes les cartes en main.
Peut-être aurais-je une bonne surprise...

Mary Jane

J'étais très intriguée par cette BD, notamment par rapport au sujet dont elle traite et j'ai été très contente de pouvoir l'emprunter à mon amie Cindy, qui elle l'a adorée.

Nous suivons donc le destin de la jeune Mary Jane Kelly, une des victimes du tristement célèbre Jack l’Éventreur. Mais cette BD est justement là pour ça: pour éviter de cantonner Mary Jane à son seul rôle de victime d'un tueur en série. 
Les deux auteurs ont justement voulu lui rendre sa voix en retraçant sa vie dans le Londres de la fin du XIXe siècle.

Cette BD est superbement bien amenée, que ce soit au niveau du scénario ou des dessins. L'ambiance de l'album est évidemment très noire et cela s'en ressent à chaque page. On ressent la détresse de l'héroïne, sa peut, la misère qui règne dans les rues de la capitale britannique et tout ce que cela engendre comme dérives.

C'est en tout cas une BD qui ne laissera personne indifférent·e et qui mérite d'être découverte. 

vendredi 18 septembre 2020

Tout va bien - Charlie Genmor


Ellie vient d'avoir vingt ans et n'a jamais eu de relation amoureuse... Raison pour laquelle tout bascule lorsque son ami Archimède lui demande de sortir avec lui. 
C'est le début d'une histoire d'amour pas très ordinaire mais aussi et surtout d'une grande introspection qui va pousser Elie à comprendre d'où lui vient cette dépression chronique qui lui colle à la peau, à creuser le passé d'une vie de famille compliquée pour qu'un jour, enfin, pour elle aussi, tout aille bien.

J'ai commencé cette BD comme à chaque fois: en ne savant pas trop où j'allais ni quel en  serait le sujet. Vous savez, j'aime être surprise par mes lectures, surtout en BD. Quand le dessin me plait, la moitié du chemin est déjà faite et j'espère toujours que le scénario sera à la hauteur de l'aspect graphique. Tout va bien a totalement rempli son contrat à ce niveau.

Nous suivons donc Ellie, une jeune femme de 20 ans qui n'a encore jamais eu de relation car elle n'en a jamais ressenti l'envie, ni le besoin. Cependant, pour s'assurer qu'elle est "normale" elle va accepter de sortir avec Archimède, pour voir "ce que ça fait".
Mais au fur et à mesure de leur relation, les deux protagonistes vont s'ouvrir l'un à l'autre. Ils vont partager leurs joies et leurs peines, mais aussi tous leurs questionnements sur eux-mêmes, ce qui va énormément les rapprocher.
Non, leur relation n'est pas conventionnelle, mais au final aucune relation n'a besoin de l'être.

C'est une vraie quête de soi qui se déroule ici. Ellie tente des choses, se trompe, se ramasse mais continue d'avancer afin de savoir qui elle est vraiment.
Elle se pose des questions sur sa sexualité, sa santé mentale, sa façon d'être avec ses ami·es, sa famille mais également sur son genre.
Le personnage d'Archimède est également plein de contrastes avec ses propres interrogations et ses propres démons, mais il reste extrêmement bienveillant.
Autour de tous ces aspects identitaires, il y a également l'aspect familial qui est très important ici. Les parents d'Ellie sont divorcés et sa sœur est porteuse de trisomie 21.
Sa relation avec ses parents n'est pas toute rose et ceux-ci ont parfois des réflexions totalement arbitraires par rapport à sa façon de vivre, mais notre héroïne tente de s'affirmer de plus en plus au fil des pages.

Encore une fois, nous sommes sur une BD en bichromie et c'est fou comme tant de choses peuvent passer à travers seulement deux couleurs justement dosée.
Presque toutes les BD que j'ai lues en ce moment utilisent ce procédé et j'en suis devenue complètement fan en l'espace de quelques mois.
En conclusion, Tout va bien est une BD absolument magnifique sur la quête de soi. Charlie Genmor parvient à nous transmettre ses émotions à la perfection, ce qui rend ce récit autobiographique encore plus intéressant à parcourir. Une BD queer comme il en faudrait plus.


Les infos utiles

Le Twitter de Charlie Genmor
Son Instagram
Parution: 20 mars 2019 - Editions Delcourt
Illustrations: tout va bien par Charlie Genmor © Editions Delcourt 2019