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samedi 23 avril 2022

Il était une fangirl, tome 2 : La princesse & la fangirl - Ashley Poston


Imogen Lovelace est une fangirl en mission sacrée : elle s'est juré d'empêcher à tout prix les scénaristes de sa saga préférée, Starfield – la meilleure série de science-fiction de tous les temps –, d'en tuer pour de bon l'héroïne, Amara. Mais Jessica Stone, l'interprète de la fameuse princesse, n'en peut tout simplement plus du rôle : trop de pression, trop de fans déchaînés… Or Imogen et Jessica se ressemblent comme deux gouttes d'eau. S'ensuit un terrible quiproquo, au terme duquel il devient évident que les deux jeunes filles se détestent – d'autant que leurs objectifs dans l'existence sont diamétralement opposés. 
Jusqu'à ce que survienne la catastrophe : le scénario du deuxième opus de la série, confié à Jessica sous le sceau du secret, disparaît. Elle doit absolument le récupérer… ou bien sa carrière est fichue ! Et, pour enquêter, elle se retrouve contrainte d'échanger sa place avec la fangirl la plus enragée du monde (argh !), j'ai nommé Imogen. Jessica ne s'attend pas, au passage, à croiser le chemin de la femme de sa vie…

J'écris cette chronique plus de quatre mois après ma lecture, mais j'avais tout de même très envie de vous en parler, car c'est un roman que j'ai énormément apprécier, à l'instar de son prédécesseur.
Cela serait vraiment dommage de ne pas vous en parler, même si je n'ai plus tous les détails en tête et que je risque donc d'être moins précise.

Ce tome se consacre donc en grande partie sur un personnage que nous n'avions fait qu'apercevoir dans le premier tome, mais qui avait déjà un gros potentiel. Je parle évidemment de Jessica Stone, l'interprète d'Amara dans la franchise Starfield.

Une jeune femme à l'apparence très froide et calculatrice, mais qui cache cependant une très grande sensibilité.
Sensibilité qui ne transparaît évidemment pas lors de sa rencontre avec Imogen, qui - pour son plus grand malheur - lui ressemble d'une manière inattendue et avec qui elle va passer un pacte.

J'ai adoré le contraste présent entre nos deux héroïnes, même si au fil de la lecture, on se rend peu à peu compte des traits de caractère qui les unissent presque malgré elles.
Ces deux-là forment une sacrée bonne équipe, même si elles mettent un certain temps à s'en rendre compte (et même si elles ont l'art de la manière de se fourrer dans le pétrin).

Les autres protagonistes ne sont évidemment pas en reste. Je pense notamment à Harper et Ethan mais aussi au frère et aux mères d'Imogen qui sont ultra attachant·es et drôles. Chacun·e apporte son petit grain de sable à l'histoire et forme un ensemble cohérent et chaleureux. Avec elleux, on a l'impression d'être à  la maison.

Et puis quel plaisir de retrouver l'univers fictif de Starfield et de se plonger totalement dans l'ExcelsiCon dont on avait finalement vu assez peu de choses dans le premier tome.
Ajoutez à cela, deux romances totalement guimauve, mais qui se construisent pas à pas et vous obtenez un fabuleux roman à savourer pleinement.
D'autant plus si vous avez un petit (ou un gros) côté geek car Ashley Poston glisse dans ses romans un nombre incalculable de références à la popculture et ça, ce n'est absolument pas pour me déplaire.

En conclusion, ce deuxième tome de la saga est tout aussi réussi que le premier. J'ai adoré retrouver l'univers de Starfield, tant et si bien que j'aimerais beaucoup que cette série existe pour de vrai. J'ai énormément apprécié le duo haut en couleur formé par Jess et Imogen, mais également tout leur entourage, qui parvient à temporiser le tempérament de ces deux-là avec beaucoup de subtilité et d'amour.


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Le site d'Ashley Poston
Ma chronique du tome 1
Parution VO: The Princess and the Fangirl - 2 avril 2019 - Quirk Book
Parution VF: 16 septembre 2021 - Lumen


lundi 6 décembre 2021

La Malédiction de Highmoor - Erin A. Craig


Au manoir de Highmoor, isolé au milieu d'un vaste océan, le Duc Thaumas, a déjà perdu quatre de ses filles dans de dramatiques circonstances : noyade, chute, maladie... L'une d'elles, Annaleigh, refuse de croire à la folle rumeur selon laquelle elles seraient toutes maudites. 
En se rendant sur le lieu du tragique accident de sa sœur Eulalie, Annaleigh découvre un passage caché dans la falaise. Une porte mystérieuse ouvre sur un royaume qui fait oublier tous leurs soucis aux jeunes duchesses. 
Noyées dans la joie et les fêtes, elles dansent chaque soir jusqu'à l'aube, épuisées, enivrées, envoutées... Seule Annaleigh réussit à s'arracher à ces bals hypnotiques, déterminée à comprendre la puissante malédiction de Highmoor, au risque comme ses sœurs d'y perdre la vie...

Ce livre a fait beaucoup de bruit à sa sortie en septembre quand je l'ai reçu. Mais avec la taille de ma PAL et ma recherche d'emploi, je n'avais pas encore eu le temps de me pencher dessus, à mon grand désarroi. Heureusement je l'ai commencé durant ma semaine de boulot et je l'ai bouffé, le terminant dimanche soir (par moment j’étais pas à l’aise de le lire de nuit #teamflipette). 
Encore aujourd'hui je ne m’en remets pas ! 
 
Ce roman nous emmène donc à Highmoor, le manoir de la famille Thaumas qui règne sur un Archipel plutôt prospère. Dans ce manoir vivent le duc et ses douze filles, ainsi que sa seconde épouse. Cela pourrait présenter un cadre tout à fait idyllique, si le roman ne commençait pas sur l’enterrement de l’une d’entre elles, alors que trois de ses sœurs sont déjà décédées. 
 
On peut dire que l’autrice n’y va pas par quatre chemins et nous plante directement le décor ! Car s’il commence de cette manière, c’est parce que le roman va aller crescendo au niveau de l’ambiance sombre, angoissante et morbide. 
 
J’ai immédiatement éprouvé énormément d’empathie pour Annaleigh et ses sœurs face à ce qui arrive à leur famille. Il faut dire qu'on suit le roman du point de vue de la jeune fille, ce qui aide beaucoup à se sentir proche d'elle. Erin Craig fait vraiment des merveilles en matière de construction de ses personnages, car chaque sœur possède sa propre personnalité. Elles ne sont pas de vulgaires copié-collé les unes des autres et ça c'est franchement un très bon point.
 
Mais le roman est tourné d’une telle façon que plus plus on avance, moins on fait confiance aux divers•es protagonistes. C’est vraiment subtilement orchestré et cela m’a mise dans des états pas possibles durant ma lecture. 
 
Tout est fait pour que l’on soupçonne tout et tout le monde, si bien qu’on ne sait plus à qui faire confiance. Et c’est le même état d’esprit qui tient l’héroïne entre ses griffes, la menant quelques fois au bord de la folie. 
On joue sur l’ambiance et sur les non-dits et même pour moi qui suis facilement impressionnable (et qui ai bien souvent frissonné), ce fut une lecture très prenante et addictive que je vous recommande fortement ! 
 
Et pour ne rien gâcher, La Malédiction de Highmoor serait apparemment la réécriture du conte du Bal des douze princesses que je ne connais pas du tout, mais qui maintenant m’intrigue fortement ! 
Je pense donc m’y intéresser de plus près.


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Le site d'Erin Craig
Parution VO: House of Salt and Sorrows - 6 août 2019 - Delacorte Press
Parution VF: 22 septembre 2021 - Casterman

mercredi 27 octobre 2021

Hansel et Gretel - Yvan Godbout


Une mère désespérée surprenant l’innommable dans le quatre pièces et demie miteux qu’elle partage avec son salaud et leur couple de jumeaux. 
Un frère et une soeur télépathes ayant sauvagement perdu leur innocence, avidement convoités par les serviteurs de Satan. 
Une adolescente rebelle à l’enfance éclatée servant de guide dans une métropole abritant anges et démons. Un prêtre et une sorcière cherchant à accomplir la plus ancienne des prophéties du Necronomicon. 
Deux enfants comprenant que, si Dieu est une pure invention humaine permettant de vivre d’espoir, le diable lui, existe bel et bien.

Si vous suivez un tant soit peu l’actualité littéraire, vous avez entendu parler des contes interdits et de l’affaire qui a éclaté en 2019 á l’encontre de l’auteur et de l’éditeur de ce roman, accusés de faire l’apologie de la pédocriminalité, alors qu'il n'en était rien.

A l’époque j’avais déjà lu et aimé la version de Peter Pan de Simon Rousseau qui n’était absolument pas destinée à un public sensible et le titre d’Hansel et Gretel était dans ma ligne de mire. Mais entre temps toute cette affaire a éclaté, rendant impossible ma lecture puisque tous les exemplaires de ce roman ont été saisis.

Ce n'est que fin 2020 qu'Yvan Godbout et son éditeur ont été innocentés, après que l'affaire ait pris des proportions gigantesques dans la sphère littéraire. Je ne reviendrai pas en détails sur tout cela, il y assez de sites et d'article qui en ont parlé.
Concentrons-nous un peu sur le roman.

Je vais être cash: ce livre est horrible ! Vraiment horrible et trash ! J'ai parfois dû faire des pauses tant les scènes décrites le sont avec un réalisme (ac)cru et limite dérangeant. Mais Peter Pan m'avait fait le même effet avec certains passages, je savais donc dans quoi je m'engageait avec ce roman.

Cette version d’Hansel et Gretel joue sur les mêmes ressorts scénaristiques et cherche avant tout à choquer et secouer les lecteurices. Et je dois admettre que c’est très réussit, car ce que vivent Jeannot et Margot est innommable et nous prend aux tripes durant toute notre lecture.

Malgré cela, la plume de l’auteur nous emmène toujours plus loin dans l’indicible et on ne peut s’arrêter en chemin, car malgré toute l’horreur de ces situations, on continue d’espérer une issue favorable à cette histoire.

En conclusion, ce live et les autres issus de la même collection ne sont pas des livres à mettre entre toutes les mains, et encore moins dans les mains de jeunes ados. Car s’ils ne véhiculent pas une idéologie criminelle ils sont tout de même très trash. Ce sont des livres d’horreur au sens premier du terme et la mention "pour public averti" sur la couverture n'est pas là pour faire joli.

J'ai d'autres livres de cette collection de ma PAL et je compte bien les lire, mais c'est tout de même le genre de lecture que je préfère espacer car il faut avoir le coeur bien accroché pour s'y mettre.


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Parution initiale: 2017 - Editions AdA
Réédition: 23 novembre 2020 - Editions AdA

vendredi 7 mai 2021

Soeurs d'Ys - M. T. Anderson et Jo Rioux


Pour ériger les remparts qui protègent Ys des flots tumultueux, la reine Malgven a eu recours à la magie. Sa mort brutale et mystérieuse laisse ses deux fifilles inconsolables et les éloigne l’une de l’autre. 
Dahut, héritière du trône, entre en communion avec la nature et s’apaise dans les landes ; Rozenn, la cadette, se délecte de la vie fastueuse de la cour et se compromet dans ses intrigues. Mais derrière les murs immenses de la cité se cache un passé lourd de sombres secrets. 
Le jour où le lien entre les soeurs se rompt définitivement, elles entraînent dans leur chute le destin d’Ys, et les monstres tapis dans l’ombre surgissent alors en pleine lumière.

Je ne suis pas très au fait des contes et légendes bretonnes, tout simplement parce que je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de m'y intéresser. Mais lors de la parution de Soeurs d'Ys j'ai été très attirée par la couverture, sans savoir vraiment de quoi traitait cette BD. Vous commencez à le savoir, la plupart du temps je choisis mes lectures à leur couvertures, ce qui m'apporte assez souvent de bonnes surprises.

Je suis donc entrée dans cette lecture sans aucun à priori et j'ai été très agréablement surprise, même s'il faut bien avouer que cette histoire est loin d'être joyeuse.
Dès les premières pages ont sent la fracture qui s'opère entre Rozenn et Dahut à la mort de leur mère. Dans sa douleur Rozenn décide de prendre la relève de cette dernière sans se douter de ce que cela lui coûtera, tandis que Dahut se réfugie dans la nature, ce qui la coupe définitivement des intrigues du palais d'Ys.
La logique voudrait que lae lecteurice s'attache à Dahut tout en méprisant Rozenn pour sa cupidité et sa quête de pouvoir, mais c'est finalement plus profond et beaucoup moins manichéen que cela.
Au fil des pages on s'aperçoit que Rozenn est plus fragile que ce qu'elle laisse paraître et qu'elle est moins motivée par pouvoir que par le désir de satisfaire son père.

La dualité qui existe entre les deux soeurs possède quelque chose d'amer et de triste et cela s'en ressent dans toute l'ambiance de la BD. Ambiance que Jo Rioux a parfaitement su mettre en valeur à travers ses dessins. Il y a dans ses traits un je-ne-sais-quoi de mélancolique qui sied à merveille à cette histoire tragique.
En bref, j'ai vraiment beaucoup aimé cet album. L'histoire est plus complexe qu'il n'y paraît au premier coup d'oeil et pour ne rien gâcher les dessins sont magnifiques. Les auteurices ont fait un fabuleux travail d'adaptation qui rend justice à ces deux héroïnes fortes et qui offre aux lecteurices un superbe objet-livre.


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Le site de Jo Rioux
Parution VO: Daughters of Ys - 12 mai 2020 - First Second
Parution VF: 16 septembre 2020 - Rue de Sèvres
Illustrations: Soeurs d'Ys par M. T. Anderson et Jo Rioux © Rue de Sèvres 2020

mercredi 24 février 2021

Il était une fangirl, tome 1: Cendrillon 2.0 - Ashley Poston


Et si Cendrillon était une fan, une vraie ? 
La jeune Elle Wittimer, geek de son état, ne vit que pour Starfield, le grand classique de science-fiction dont son père était, lui aussi, un grand fan avant sa mort. Alors, quand le reboot de la mythique saga est annoncé au cinéma, elle croit devenir folle de joie.
Sauf que c'est Darien Freeman, acteur de séries légères pour adolescents, qui décroche le rôle principal. Et ça, aux yeux d'Elle et de milliers de fans historiques du chef-d'œuvre, c'est intolérable. 
Martyrisée par sa belle-mère et ses deux demi-sœurs qui mènent la grande vie et la prennent pour leur domestique, elle a hâte de voler enfin de ses propres ailes après sa dernière année de lycée. En attendant, elle assassine le pauvre Darien à longueur de posts – s'assurant, à sa grande surprise, une audience de plus en plus large sur les réseaux sociaux. 
Alors, quand le tournage du film commence pour le jeune comédien, les difficultés aussi ! D'autant qu'il doit apparaître à la plus grosse convention du pays, autrefois fondée par le père d'Elle en personne...

Avant même de le commencer je savais que ce roman allait me plaire. Le titre, le sujet traité par l'autrice, la réécriture de conte: tout était réuni pour que je passe un excellent moment. Et ça a complètement été le cas !

Ellie est donc une grande fan de la série Starfield, tout comme l'était son père, décédé des années plus tôt. Elle vit maintenant avec sa belle-mère et ses deux filles et a un petit boulot dans un foodtruck du coin, ce qui loin de l'enchanter.
Cependant, sa vie va peu à peu prendre une autre tournure. Tout comme sa relation avec sa collègue Sage - qui est une vraie personnalité à elle toute seule ! - qui va s'étoffer au fur et à mesure et lui réserver de bien belles surprises.

De son côté, Darien est également un grand fan de la série, ce qui pourrait se révéler être un handicap dans le cadre de son interprétation du rôle du Prince Carmindor. Car le jeune homme est loin d'être sûr de lui et n'est clairement pas aidé par la personnalité tyrannique de son paternel - ni par les critiques du blog d'Ellie à son égard.

Iels ne se connaissent pas, mais iels vont entamer complètement par hasard une correspondance par SMS qui ferait pâlir les plus romantiques d'entre nous. Leurs échanges sont frais, drôles, avec juste ce qu'il faut de niais pour nous emporter dans une petite bulle de douceur.

Evidemment l'histoire est assez prévisible, vu qu'on sait tous·tes comment se déroule le conte de Cendrillon, mais ce n'est finalement pas la conclusion qui importe le plus. C'est justement tous les événements qui mènent nos deux protagonistes à se connaître, à se rapprocher et à se démener avec leurs propres problèmes qui rend ce roman très intéressant.

Ajoutez à cela le petit côté nostalgique qui m'a pris durant ma lecture, me faisant repenser à mes années d'adolescence où je lisais et écrivais des tonnes de fanfic et vous comprendrez aisément pourquoi j'ai été aussi conquise par l'histoire.

En conclusion, Cendrillon 2.0 est une réécriture de conte dynamique et moderne, qui met en scène une romance très bien amenée et originale. Les personnages sont attachants, les dialogues d'une grande vivacité et la plume de l'autrice nous emporte avec une telle facilité qu'on a parfois du mal à poser son livre.
Une réussite, du début à la fin !


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Le site d'Ashley Poston
Parution VO: Geekerella - 4 avril 2017 - Quirk Book
Parution VF: 4 février 2021 - Lumen

vendredi 10 mai 2019

Peau de Mille Bêtes - Stéphane Fert


Belle est vraiment très belle et tous les garçons du village la désirent. Rebutée par la perspective d’un mariage qu’elle n’aurait pas choisi, elle s’enfuit pour se réfugier au plus profond de la forêt. Là, le roi Lucane va la recueillir… puis l’aimer à la folie. 
Une petite fille va naître de cette union, Ronce, dont la destinée va être profondément bouleversée par la disparition de sa mère…

Comme son nom l'indique, cette BD est donc une réécriture du conte de Peau d'Âne. Un conte qui n'est pas des plus joyeux et qui traite de thématiques assez difficiles, avouons-le.
On reste dans le même registre avec Peau de Mille Bêtes, tout en modernisant le tout pour offrir au lecteurice une BD très intéressante à parcourir.

C'est la première fois que je me confrontais au style de Stéphane Fert - même si j'ai déjà été attirée par la couverture de Morgane - et je dois dire que j'ai été très agréablement surprise.
J'ai tout de suite adhéré à son style de dessin, tout est en rond et voluptueux, les couleurs s'accordent parfaitement avec les situations ou les humeurs des personnages. C'est pertinent mais c'est aussi un vrai régal pour les yeux.

Ronce est un personnage complexe mais très bien construit et auquel on s'attache d'emblée. Elle est courageuse, débrouillarde et ne se laisse pas marcher sur les pieds. C'est donc une héroïne plutôt atypique, qu'on ne s'attend pas à rencontrer dans un conte. Mais c'est justement ce qui fait toute la beauté de cette BD: on casse les codes, on réécrit, on améliore.

Le rôle de la fée est également très bien pensé. On est loin du côté manichéen prôné par Disney, car on ne sait pas si on peut totalement lui faire confiance.
J'ai cependant eu un énorme coup de cœur pour Lou, ce prince plutôt chétif et androgyne, mais doté d'un courage et d'une ténacité à faire pâlir le plus classique des princes charmants.


La réécriture du conte est également très intéressante: on retrouve certains éléments connus du conte originel, mais ils sont retravaillés et disséminés de manière intelligente tout au long du récit.
L'auteur en profite également pour amener sa touche personnelle, ainsi qu'un peu d'humour à l'ensemble, ce qui n'est évidemment pas pour me déplaire.

En bref, Peau de Mille Bêtes est une BD qui m'a conquise du début à la fin. J'ai été absorbée par le magnifique style de dessin de l'auteur et j'ai pu m'attacher à des personnages plus qu'intéressants ainsi qu'à une histoire très bien ficelée.
Je suis même prête à dire que c'est un coup de cœur.

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Parution: 27 mars 2019 - Editions Delcourt
Illustrations © Stéphane Fert

lundi 15 avril 2019

Peter Pan - Simon Rousseau


Une vague de drogués se jetant du haut d’immeubles, croyant pouvoir voler. 
La disparition d’une jeune femme, Wendy Gauthier, et de ses deux frères délinquants, évadés de leur pénitencier pour mineurs. 
Une île perdue dans la forêt boréale, habitée par une communauté déjantée et leur leader sans âge.
Une baronne du crime nymphomane et amoureuse des bijoux en forme de clochettes. 
Un enquêteur médisant dépourvu de sa main droite, dévorée par un cannibale qui hante encore ses nuits.

J'ai entendu parler de la saga des Contes interdits de la maison d'éditions québécoise AdA il y a déjà quelques mois, en flânant sur le blog de Marinette. J'avais été très intriguée par cette forme de réécriture et lorsque ma collègue m'en a également parlé, nous avons décidé d'en acheter un ou deux pour la bibliothèque, afin de voir de quoi il retournait vraiment.

Tout d'abord, sachez que l’appellation Contes interdits et la mention "pour public averti" ne sont pas usurpées. On se retrouve face à des scènes très glauques, cruelles, dérangeantes voire vraiment dégueulasses. D'ailleurs les couvertures de cette saga donnent elles aussi tout de suite le ton.
C'est clairement le genre de livre que l'on s'assure d'entamer lorsque l'on se trouve dans de bonnes conditions psychologiques.

A ma connaissance, il existe assez peu de réécriture du conte de Peter Pan, mais celle-ci fait certainement partie des meilleures. 
Simon Rousseau s'est assuré de reprendre tous les protagonistes du conte originel pour nous les servir à sa propre sauce (sans mauvais jeu de mots). Si le conte de base avait déjà un petit côté légèrement dérangeant, ici on est dans le glauque pur et dur, et ce du début à la fin.

L'auteur nous propose de suivre l'histoire de deux points de vue. 
Tout d'abord celui de Jacques Dolan -dit Hook - un enquêteur encore dans la force de l'âge, mais mis à la retraite anticipée suite à son implication dans l'affaire du Crocodile, laquelle lui a coûte une main.
Contacté par une ancienne amante afin d'enquêter sur la disparition de ses enfants, l'enquêteur va se retrouver impliqué dans une affaire bien plus complexe que celle d'une "simple" disparition d'adolescents.

Ensuite nous avons également droit au point de vue de Wendy, par lequel nous rencontrons Pan et les Enfants Perdus. Nous découvrons grâce à elle la personnalité particulière du leader, ainsi que la noirceur de son passé qui est à vous glacer d'effroi.

Tout ceci est savamment orchestré par l'auteur et sa plume acérée. En effet, pas de fioritures ni d'exercices de style futiles: ici tout est dur, froid et implacable, à l'image de son personnage principal.
Simon Rousseau n'est pas là pour ménager ses personnages et nous conter fleurette, c'est même tout le contraire. 

En conclusion, cette version de Peter Pan a réussi à me convaincre. C'est une lecture qui ne laisse pas indifférent car on oscille rapidement entre le bonheur simple de reconnaître l'un ou l'autre personnage et l'horreur de découvrir de quoi il est fait dans ce roman. 
Cette première immersion dans les Contes interdits ne m'a pas laissée indifférente, et je me lancerai très certainement dans la lecture d'autres contes, mais pas tout de suite. Là il que je fasse le plein de lectures plus légères afin de diluer tout ça.


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Parution: 9 septembre 2017 - AdA