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vendredi 16 juillet 2021

Push - Annelise Heurtier


À 15 ans, Tessa suit son chemin de gymnaste, guidée par la passion. Et cette année s'annonce prometteuse: sa mère, la présidente du club, a enfin réussi à recruter un entraîneur professionnel. Raphaël a vingt-huit ans, une présence intense et une devise pour motiver ses élèves, « Persist Until Something Happens ». Il a aussi, malgré lui, le pouvoir de créer des tensions... 
À quelques semaines des championnats de France, une coéquipière de Tessa craque et abandonne le groupe. Trop de pression ? De mésentente entre les filles ? 
À moins qu'il y ait eu autre chose. Quelque chose qu'on n'a peut-être pas envie de dire.

Quand ce roman a été proposé par les éditions Casterman, je n'ai pas longtemps hésité car j'aime beaucoup le style d'Annelise Heurtier, qui m'avait notamment énormément émue lors de ma lecture de Sweet Sixteen. J'étais donc impatiente de me confronter à nouveau à cette plume pleine d'émotions.

Et pour le coup, au niveau émotions je n'ai pas été déçue vu le sujet traité dans ce roman. En effet, l'autrice y parle du milieu de la gymnastique  - qu'elle semble très bien connaître - et tente de lever le tabou sur un sujet extrêmement délicat, mais bel et bien présent: les agression sexuelles.

Pour ce faire, nous plongeons dans le quotidien de Tessa à travers son journal intime. La jeune fille y raconte son quotidien chez elle, en cours, mais surtout au gymnaste, puisque cet univers fait partie intégrante de sa vie. En effet, toute sa famille est impliquée dans ce sport: de sa mère présidente et coach de l'équipe, en passant par son père kiné pour terminer avec sa petite soeur, véritable petit prodige de la discipline.

Tessa nous livre tout, ses joies comme ses peines et cela permet au lecteurice de créer un véritable lien avec elle. Lien indispensable pour la suite du roman, car lorsqu'une de ses coéquipières quitte l'équipe et lui avoue qu'elle a été victime d'agression sexuelle, Tessa remet en doute sa parole et tient des propos qui font grincer des dents.

C'est osé de la part de l'autrice de nous exposer à ce type de réaction dans un roman jeunesse, mais c'est aussi indispensable, car cela nous oblige à nous remettre nous-mêmes en question. En effet, qui de nous n'a jamais eu de réaction semblable à celle de Tessa lorsqu'une victime d'agression et/ou de viol a témoigné ?

Annelise Heurtier nous met face à la réalité et nous oblige à prendre nos responsabilités. Elle permet également à travers ce roman, d'ouvrir le dialogue avec les plus jeunes, afin de leur montrer que ce genre de chose est inacceptable et que les victimes n'ont pas à se sentir coupable de quoi que ce soit.

En bref, j'ai été complètement happée par ce roman qui se lit d'une traite, tout en étant totalement chamboulée par son contenu. C'est un roman on ne peut plus percutant et nécessaire, qui doit être lu par tous·tes afin d'être conscientisé·e sur ce sujet.


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Parution: 9 juin 2021 - Casterman

mercredi 9 juin 2021

Les enfants sont rois - Delphine de Vigan


"La première fois que Mélanie Claux et Clara Roussel se rencontrèrent, Mélanie s'étonna de l'autorité qui émanait d'une femme aussi petite et Clara remarqua les ongles de Mélanie, leur vernis rose à paillettes qui luisait dans l'obscurité. " On dirait une enfant ", pensa la première, "elle ressemble à une poupée", songea la seconde. Même dans les drames les plus terribles, les apparences ont leur mot à dire". 
A travers l'histoire de deux femmes aux destins contraires, Les enfants sont rois explore les dérives d'une époque où l'on ne vit que pour être vu. 
Des années Loft aux années 2030, marquées par le sacre des réseaux sociaux, Delphine de Vigan offre une plongée glaçante dans un monde où tout s'expose et se vend, jusqu'au bonheur familial.

Il est plutôt rare que je me penche sur la littérature blanche et encore plus rare que je sorte de ce type de lecture en me disant "purée quelle claque !". Pourtant ce fut le cas avec Les enfants sont rois. Delphine de Vigan a une nouvelle fois prouver qu'elle était une autrice pleine de surprises.

Tout commence avec la disparition de Kimmy Diore, la fille de Mélanie Claux. Mélanie est influenceuse sur les réseaux sociaux et possède une chaîne Youtube consacrée à ses enfants. Ou du moins, où ses enfants sont les figures de proue d'un business très lucratif.

Clara de sont côté est la procédurière chargée de recueillir et classer toutes les preuves du dossier de disparition de la fillette. Une femme discrète mais néanmoins efficace, qui traque chaque détail partout et tout le temps.

On alterne donc les points de vue de ces deux personnages féminins atypiques tout durant tout le roman, avec pour fil rouge la disparition de Kimmy. On creuse dans le passé des deux protagonistes afin de mieux appréhender leurs réactions au présent et c'était franchement très bien amené.

C'est si bien amené qu'on ne peut s'empêcher de constamment changer d'avis à propos de Mélanie. À un moment mère indigne, à un autre femme naïve et déconnectée de la réalité, puis exploitante d'enfants... Toutes ces caractéristiques s'accumulent petit à petit et on peine à se faire un avis tranché sur cette dernière.

Les enfants sont rois pose aussi de très nombreuses questions très pertinentes sur notre société actuelle, régie par les réseaux sociaux et les apparences, où de nombreux contenus présents sur le net concernent les enfants.
On ne peut s'empêcher de se poser la question de l'éducation et de l'avenir de ces enfants devenus "influeuceurs" dès leur plus jeune âge, sous l'égide de leurs parents. Aiment-ils réellement faire ça ? Apprécient-ils d'être constamment reconnus, adulés ? Ont-ils conscience des dérives que cela peut entraîner ?

Toutes ces questions nous sont exposées en pleine face par l'autrice, si bien qu'on ne peut plus les ignorer. Qu'en est-il du droit à l'image mais aussi du droit à l'intimité, à la tranquillité ?
Ce roman est réellement percutant car il nous met face aux dérives que l'on refuse très souvent de voir. Après une telle lecture, il est compliqué de continuer à se voiler la face.

En bref, ce roman m'a complètement retournée. Il m'a mise face à un problème que j'avais déjà observé, mais dont je n'avais pas conscience des nombreuses ramifications. Je suis ressortie de cette lecture complètement vidée et avec de nombreuses interrogations en tête. Aucun doute, ce roman me fera réfléchir encore longtemps.


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Parution: 4 mars 2021 - Gallimard

vendredi 9 avril 2021

L'Odeur de la Pluie - Gwendoline Vervel


Cette année, c’est la rentrée en seconde tant attendue pour Fred, Mélodie et sa meilleure amie Faustine. Pour les deux jeunes filles, c’est le moment ou jamais de se faire une place dans la bande des frères Colin qu’elles cherchent à intégrer depuis des années. 
Pour Fred, c’est un nouveau départ, loin du collège où il s’est fait harceler pendant plus d’un an. Mais ce qui devait être une année de rêve se transforme en cauchemar… 
Au milieu de la tempête, c’est la force de leur amitié qui leur permettra de rester debout.

J'ai reçu L'Odeur de la pluie via Babelio dans le cadre de la rencontre zoom qui aura lieu le 6 avril (au moment où j'écris cette chronique cette rencontre n'a pas encore eu lieu). Etant donné que j'en ai pas mal entendu parler sur les réseaux, j'ai eu envie de me faire mon propre avis sur ce roman.

Avant de commencer ce livre, sachez qu'il y a des TW assez importants. La liste se trouve au début du roman. Si vous ne vous sentez pas à l'aise avec ces sujets ou si cela risque de réveiller chez vous des traumatismes, je vous invite à ne pas lire ce livre, car les scènes sont très explicites. L'autrice n'y va pas par quatre chemins et cela peut choquer.

Nous suivons donc Faustine et Mélodie à l'aube de leur entrée au lycée. Les deux adolescentes sont amies depuis des années, mais force est de constater que dans cette amitié, c'est clairement Mélodie qui mène la danse. Très souvent au détriment de son amie.

Le troisième point de vue de ce roman nous est offert par Fred, un nouvel élève qui vient d'emménager dans le quartier après avoir subi harcèlement et agression. Après ces événements, Fred souhaite avant tout passer inaperçu, ne pas se faire remarquer afin que l'histoire ne se répète pas.

Pour tout vous dire, pendant une bonne partie du roman j'ai eu beaucoup de mal avec Mélodie. J'ai trouvé que sa relation avec Faustine était vraiment toxique. Et c'est en partie ce qui rend la suite du roman si dure, car en tant que lecteurice on pourrait très facilement se laisser aller au victim blaming.

Je pense que c'est en partie ce que l'autrice a voulu dénoncer dans son roman. A travers le personnage de Mélodie, Gwendoline Vervel nous montre qu'il est très facile de juger les gens sur leur comportement et que les dynamiques de groupe peuvent être très destructrices.

C'est donc un roman très fort que nous livre ici Gwendoline Vervel. Un roman qui aborde des sujets très durs, tels que le harcèlement, la transphobie, les agressions sexuelles et le viol mais il nous montre également l'impact que peuvent avoir la solidarité, la sororité et l'amitié dans un groupe.

Ce roman n'est peut-être pas parfait, mais il a le mérite de montrer les choses telles qu'elles sont, sans les enjoliver ni en minimiser leur impact. J'ai été chamboulée par cette lecture, mais je tiens à redire qu'elle n'est pas accessible à tous·tes au vu des thèmes abordés.


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Le site Gwendoline Vervel
Parution: 1er avril 2021 - Scrineo

samedi 13 mars 2021

Elinor Jones - Algésiras et Aurore


La jeune Elinor doit faire ses preuves dans un monde où aucun faux pas n'est admis ! 
La maison de couture Tiffany crée des robes pour les ladies les plus fortunées d’Angleterre. Elinor n’en revient pas d’avoir été embauchée : désormais, elle sera sous les ordres de Bianca, la célèbre adolescente surdouée ! Mais Elinor doit s’adapter rapidement. Ici, on fabrique du sur-mesure pour mesdames les baronnes et duchesses ! 
Et Mrs Tiffany mise toute sa réputation sur d’incroyables bals, pour lesquels les costumes des invités sont réalisés sur mesure. 
Un huis clos victorien, où les secrets de chacun se dissimulent parmi soies et taffetas...

Cela fait déjà quelques années que la saga Elinor Jones figure dans ma wish-list (en même temps ça fait aussi dix ans que le premier tome est paru...) et j'ai été très contente d'avoir l'occasion de la découvrir, même si je dois avouer que je ne m'attendais pas à ce type d'histoire.

Si j'ai été attirée par cette BD, c'est avant tout grâce aux dessins d'Aurore. C'est typiquement le genre de traits auxquels je suis sensibles: à la fois rond et colorés, ils cachent néanmoins très bien la dureté de l'intrigue et de l'ambiance qui figure parfois au sein de l'atelier Tiffany.
Elinor est une protagoniste à laquelle il est facile de s'attacher, même si elle n'est pas exempte de défaut. Elle est beaucoup trop naïve pour le monde dans lequel elle évolue et a également une forte tendance à se laisser marcher sur les pieds. Ces aspects-là sont nettement moins attirants, mais ils font d'elle un personnage complexe.

J'ai beaucoup aimé l'ambiance des différents bals qui nous sont proposés au cours de ces trois tomes, tout comme l'aspect créatif qui se dégage des différents projets de couture.
L'illustratrice arrive parfaitement à mettre en valeur ses dessins et à donner un rendu réel aux robes et tenues créées par les couturières. En cela, son style se rapproche assez bien de celui de Nora Moretti dans Princesse Sara.
Honnêtement en commençant ma lecture, je m'attendais à une intrigue plutôt simple et légère, qui permet de se poser et de se détendre. Je ne pensais vraiment pas que la BD aborderait des sujets aussi difficile que la pression familiale, l'image de soi ou encore la maladie mentale. Ils ne sont évidemment pas développés à la même hauteur, mais ils ont le mérite d'être posés et d'inciter à la réflexion et à la discussion. 

Néanmoins pour ce qui est de l'intrigue en tant que telle, je suis restée légèrement sur ma fin concernant le dénouement. Et ce n'est pas vraiment le destin d'Elinor que je remet en cause que celui de la famille Tiffany. Celui-ci m'a réellement laissée perplexe et même encore aujourd'hui je ne peux pas dire si j'y adhère ou non.
En conclusion, Elinor Jones était une assez bonne surprise. Je dirai que cette BD a des défauts à la hauteur de ses qualités, mais qu'elle mérite amplement d'être lue.

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Le blog d'Algésiras
Le site d'Aurore
Tome 1: Le bal d'hiver - 27 janvier 2010 - Editions Soleil
Tome 2: Le bal de printemps - 25 mai 2011 - Editions Soleil
Tome 3: Le bal d'été - 3 octobre 2012 - Editions Soleil
Illustrations: Elinor Jones par Algésiras et Aurore © Editions Soleil 2012

vendredi 17 juillet 2020

They both die at the end - Adam Silvera


On September 5, a little after midnight, Death-Cast calls Mateo Torrez and Rufus Emeterio to give them some bad news: They’re going to die today. 
Mateo and Rufus are total strangers, but, for different reasons, they’re both looking to make a new friend on their End Day. The good news: There’s an app for that. It’s called the Last Friend, and through it, Rufus and Mateo are about to meet up for one last great adventure—to live a lifetime in a single day

Cela fait déjà un bon moment que je voulais découvrir ce roman qui avait fait tant de bruit sur la blogo à l'époque de sa sortie en VO. J'ai donc voulu le découvrir dans sa langue d'origine lors d'une lecture commune avec Mallou14.
Cependant, les circonstances ont fait que je n'étais pas dans de bonnes dispositions pour effectuer ce type de lecture, ce qui fait que j'ai lu à peu près un quart du roman en VO avant de me rabattre sur la VF.

Cela me donne donc un aperçu du travail de traduction qui a été effectué sur ce livre et je dois dire que j'ai globalement été séduite par celui-ci. Je trouve juste dommage qu'on ait transposé le langage plus brut de Rufus par d'innombrables "wesh" qui m'ont semblé très inutiles et clichés.
My two cents.

Avec un titre pareil, il va sans dire que l'on ne s'attend pas à un happy end. Mais cela ne m'a pas empêché d'avoir envie de lire ce roman et de l'apprécier dans son ensemble.
Néanmoins il faut dire que l'histoire prend bien son temps pour réellement démarrer. La première partie se laisse porter par le personnage de Mateo, par ses envies mais également par ses peurs qui sont très (trop ?) présentes. Il faut donc s'accrocher, car l'action se met en place petit à petit.

Par contre, une fois que Mateo commence à dépasser ses réticences et à laisser Rufus prendre des initiatives, le récit devient plus rythmé et plus intéressant.
Le duo commence alors réellement à vivre pleinement sa dernière journée et ce qui en ressort est très agréable à suivre.

Evidemment, Mateo et Rufus sont des personnages diamétralement opposés. Là où Mateo est casanier et anxieux, Rufus est plus intrépide (voire parfois inconscient) et confiant. Mais ces différences vont finalement les rapprocher et faire d'eux un duo drôlement attachant.
Leurs parcours de vie sont différents, mais leurs deux histoires sont touchantes et nous donnent des frissons.

They both die at the end est donc un roman avec un propos plutôt original et audacieux qui nous oblige à nous arrêtez deux minutes dans notre vie, afin que l'on se pose nous-même la question de savoir ce que l'on ferait si on savait qu'il ne nous restait plus qu'une seule journée vivre.
On passe par toute une palette d'émotions durant cette lecture et une chose est sûre: elle ne nous laisse pas indifférent.

Lu en lecture commune (foireuse) avec Mallou14

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Le site d'Adam Silvera
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Parution VO: 5 septembre 2017 - HarperTeen
Parution VF: Et ils meurent tous les deux à la fin - 24 mai 2018 - Robert Laffont

mardi 2 juin 2020

Ce qu'il reste de toi - Robin Réghem


Trois ans. C'est le nombre d'années sans relations amoureuses sérieuses qu'a passé Hugo. Parce qu'il sait que son coeur et son esprit, dévoré par un trouble anxieux généralisé, ne pourraient pas le supporter. 
Alors, afin de garder intacte sa vie et éviter de sombrer à nouveau, il se contente de liaisons brèves, sans lendemain. 
Alors qu'il parvient tout juste à combattre dans sa tête ce qu'il appelle le Monstre, et à suivre une routine qui l'aide à survivre du mieux qu'il peut, un grain de sable vient enrayer la mécanique si bien huilée. Les murs qu'il a ainsi pris tant de temps et de soin à ériger sont sur le point de s'effondrer, emportant dans leur sillage l'équilibre précaire sur lequel repose toute sa vie. 
Dans ce chaos, Hugo devra faire face à un passé qu'il aimerait oublier s'il souhaite guérir de blessures qu'il n'a jamais réussi à fermer.

Quand Robin a commencé à écrire ce roman, j'ai tout de suite eu envie de le découvrir, parce que je savais qu'il allait sonner juste. Cependant, n'étant absolument pas fan de Wattpad, j'ai décidé d'attendre la sortie de l'epub. Et puis, je l'ai finalement reçu en avant-première et je l'ai dévoré en à peine quelques jours.

L'histoire se construit sur deux temporalités et nous fait découvrir Hugo, à la fois dans son quotidien   de serveur au Fox et dans sa vie telle qu'elle était trois ans auparavant.
Ces ellipses sont importantes puisqu'on découvre petit à petit le passé de notre personnage principal et ce qui l'a conduit à cette anxiété exacerbée dans le présent.

Il est très facile de se sentir proche d'Hugo, même sans totalement comprendre ce que cela signifie de souffrir d'un trouble anxieux généralisé. Ce roman permet d'ailleurs de mieux appréhender l'anxiété, car il nous plonge totalement dans la peau d'Hugo, nous permettant de suivre le cheminement de ses pensées au fur et à mesure que ses angoisses se décuplent ou se calment.
Personnellement, je n'avais jamais pris totalement conscience de ce que cela impliquait avant de lire Ce qu'il reste de toi. Juste pour ça, je suis déjà contente d'avoir découvert ce roman.

Mais ce n'est évidemment pas la seule raison pour laquelle j'ai aimé cette histoire. J'ai évidemment adoré Hugo, mais tous les personnages secondaires m'ont également beaucoup plu, à commencer par Rémy, l'indefectible meilleur ami et Logan l'élément déclencheur de toute cette histoire.
Mais le personnage à qui va mon coup de coeur, c'est sans conteste Ulysse ! Ce personnage est la douceur incarnée - même s'il peut être très cash quand il le veut - et amène un petit plus au récit que je ne saurai décrire avec justesse.

Ainsi on suit Hugo alors qu'il réapprend à s'ouvrir au monde et à une relation amoureuse, après avoir sombré à cause d'une relation plus que toxique. Les descriptions de certaines scènes de cette relation peuvent d'ailleurs se révéler être très dure à lire. C'est à cet effet que l'auteur a eu le bon réflexe de placer des trigger warning au début de son roman. Cela peut s'avérer très utile pour les lecteurices plus sensibles.

En conclusion, Ce qu'il reste de toi n'est absolument pas une romance, mais c'est un roman qui met en lumière des problèmes de la vie quotidiennes et nous permet de nous sensibiliser à ceux-ci. Et même si tout n'est pas tout rose dans ce roman, il n'en reste pas moins dénué d'espoir, de diversité et de valeurs positives.


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Le Twitter de Robin Réghem
Le lien vers la version Wattpad (même si je vous conseille fortement l'epub)
Parution: 3 juin 2020 - autoédition numérique

vendredi 4 mai 2018

Ma chère soeur - Alf Kjetil Walgermo


« Si un jour on se retrouve, de l'autre côté, je ne veux pas qu'il y ait de choses à régler entre nous."  
Eli Anne a 16 ans et vient de perdre sa soeur, Amalie, d'un an sa cadette. Folle de chagrin, elle se rend régulièrement sur sa page Facebook, qu'elle refuse de supprimer. 
Un jour, elle se met à lui écrire. En parcourant les statuts et les photos postées par Amalie, Eli Anne revient sur sa relation avec sa soeur. Leur enfance, leur complicité, leurs désaccords, leurs rêves d'adolescentes. Et surtout, leur passion commune pour la musique : Eli Anne joue du piano, Amalie, fan de Patti Smith, chantait dans un groupe. 
Au fil des messages, Eli Anne ouvre son coeur et avoue à sa soeur ce qu'elle n'a jamais osé lui dire...

Quand on m'a proposé de lire ce livre, j'ai tout de suite été intriguée. Evidement, le sujet du deuil n'a rien de joyeux, mais généralement les livres qui traitent de ce sujet arrivent à faire passer énormément d'émotions et j'en ressors souvent apaisée.

Malheureusement, cette fois cela n'aura pas été le cas. Je n'ai pas réussi à entrer dans l'histoire, ni à m'attacher à la narratrice qui m'a semblé être très autocentrée. Un aspect de sa personnalité qui m'a tout de suite déstabilisée et qui m'a empêcher de ressentir de l'empathie à son égard, malgré l'épreuve atroce qu'elle a traversé.

Pourtant, je suis plutôt bon public pour ce type de sujet et pour la narration épistolaire, mais là, je ne sais pas trop, il y a un truc qui a coincé.
Le personnage d'Eli Anne n'a pas su me toucher comme je l'espérais. Au contraire, elle m'a plutôt paru exaspérante avec ses états d'âmes sans queue ni tête.

C'est dommage, car le principe était plutôt intéressant: nous montrer les messages qu'Eli Anne publiait sur le mur Facebook de sa soeur défunte afin de l'aider à faire son deuil,  c'était une bonne idée.
Cela donnait un aspect actuel à l'événement (j'imagine sans peine des adolescents faire cela sur le mur d'un proche décédé), seulement j'ai trouvé que l'auteur restait très en surface et n'approfondissait pas les choses.

De plus, à mesure que l'on découvre ces messages, il est très facile de deviner ce que la narratrice reproche à sa soeur. Et là encore, j'ai trouvé ça trop cliché. Trop réducteur même.
Comme si cela pouvait être la seule raison de discorde entre deux soeurs...

En conclusion, je pense que ce roman partait d'une bonne intention, mais que l'auteur s'est perdu en chemin et n'a pas su nous offrir une histoire de deuil réellement émouvante.
J'ai d'ailleurs été plus exaspérée que triste durant ma lecture, même si cette dernière avait au moins l'avantage d'être rapide.


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Parution VO: Kjaere soster - 2015 - Cappelen Damm
Parution VF: 18 avril 2018 - Bayard Jeunesse

jeudi 11 janvier 2018

Comme des images - Clémentine Beauvais


Il était une fois… des ados sages comme des images, au prestigieux lycée Henri-IV, à Paris. Un lycée où les élèves, dès la seconde, se voient déjà en avocat, en médecin, en ministre. 
L'histoire commence le jour où Léopoldine a rompu avec Timothée pour Aurélien. Ou bien le jour où Timothée, par vengeance peut-être, a envoyé un mail avec une vidéo de Léopoldine, à tout le monde. Ses amis, sa sœur jumelle Iseult, les profs, les lycéens, les parents : Tout le monde. 

Après avoir lu et aimé Les petites reines, j'avais très envie de découvrir un autre titre de Clémentine Beauvais. C'est donc tout naturellement que lors du dernier Salon de Montreuil, je me suis tournée vers Comme des images, recevant tout de même l'avertissement de l'autrice que celui-ci était beaucoup plus sombre que ma précédente lecture.

Je vous avoue qu'en commençant ce livre sans avoir lu la quatrième de couverture, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. En tout cas, sûrement pas à ça.
Encore aujourd'hui, presque deux semaines après avoir terminé ce livre, je ne sais toujours pas avec certitude si j'ai apprécié ma lecture ou non.
Une chose est sûre cependant, elle ne m'a pas laissé indifférente.

Autant vous le dire tout de suite: cette histoire est glauque. Très glauque. Même les personnage sont glauques, malgré le fait que ce soit des ados.
Ce n'est pas tant cette histoire de vidéo publiée sur Internet qui m'a choqué, mais plutôt la réaction des différents personnages face à cet événement et aux conséquences qui en ont découlé.

Il y a tout d'abord la narratrice et la meilleure amie de Léo. Cette fille m'a donné l'impression de n'être qu'une suiveuse, une marionnette aux mains de Léo. Durant notre lecture on a vraiment l'impression que cette fille n'a aucune personnalité, ni aucun autre but dans la vie que celui d'être constamment en contact avec Léo.
Ça a quelque chose de vraiment très dérangeant.

Pour ce qui est du personnage de Léo, il n'est pas là pour relever le niveau. Cette fille m'a paru aussi égoïste que superficielle, se servant de la narratrice comme une domestique, prête à tout pour satisfaire ses moindres envie.
Dans le livre on les appelle "meilleures amies" mais cette relation est loin de ressembler à ça. Elle est beaucoup plus perverse que cela.

Il y a ensuite Iseult, la jumelle effacée de Léo. Si cette dernière est égoïste et superficielle, Iseult est tout son contraire.
C'est le seul personnage qui vaille la peine que l'on s'y intéresse, malheureusement elle fait presque de la figuration.

Cependant, même si tous ces personnages nous laissent un important sentiment de malaise, tout cela est très bien orchestré par Clémentine Beauvais, même si par moment j'ai eu du mal à savoir où elle voulait en venir avec cette histoire.
Cela ne m'a pas empêché d'être totalement accro à ma lecture qui ne m'aura duré qu'une après-midi, tant le style narratif est prenant.

Le seul point réellement négatif que je peux trouver à ce livre, c'est le fait que la vidéo ne soit qu'un prétexte à l'histoire. J'aurai aimé que l'on se concentre un peu plus là-dessus, et qu'on en profite pour réellement aborder le sujet du harcèlement et des réseaux sociaux.
Mais si le livre n'aborde pas directement ce sujet, il permet néanmoins de nous faire réfléchir.

En conclusion, malgré le fait que mon avis sur ce livre ne soit pas aussi tranché que d'habitude, j'ai apprécié ma lecture de celui-ci. Je ne garderai pas un souvenir impérissable de ses différents personnages, mais le moins que l'on puisse dire c'est qu'il ne m'aura pas laissé indifférente. Rien que pour cela, il valait la peine d'être lu.


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Le site de Clémentine Beauvais
Sortie : 5 février 2017 - Sarbacane

jeudi 25 mai 2017

Chanson douce - Leila Slimani


Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. 
Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer.
Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.

En temps normal, la littérature blanche ce n'est pas franchement ma tasse de thé. Les prix littéraires encore moins.
Mais quand Margaud Liseuse en a parlé lors de son dernier Update Lecture j'ai été fortement intriguée, et le hasard a voulu qu'il passe dans mes mains au boulot. Il n'en fallait pas plus pour que je le lise.

Ce roman est vraiment très particulier car dès les premières pages on sait comment l'histoire se termine, et le moins que je puisse dire, c'est que c'est bien glauque.
A partir de là, on va suivre à rebours la vie de Myriam et Paul, parents de deux enfants et qui vont confier ceux-ci à Louise, une nounou qui a du métier et qui a fait le bonheur de nombreuses familles.

Cela peut paraître assez bizarre de lire un livre dont on connait déjà la fin tragique, mais quelque chose nous pousse tout de même à continuer l'histoire, ne serait-ce que pour avoir une explication.
Explication qui n'arrive finalement pas, ou de façon si subtile et si ouverte qu'on se retrouve finalement démuni à la fin des quelques 230 pages que comptent le roman.

Cependant, il faut que je nuance mon propos, car même si l'autrice nous offre une fin plutôt ouverte, les signes étaient là, semés tout au long de notre lecture comme les cailloux du Petit Poucet.
Des petits-rien qui pourraient sembler dérisoires, mais qui mis bout à bout forment un tableau assez révélateur.

En effet, le personnage de Louise a le don de nous mettre mal à l'aise, tant on a du mal à cerner le personnage.
Au départ elle est une nounou exemplaire, que les enfants adorent et qui peu à peu tend à se rendre indispensable dans la vie de cette petite famille, allant jusqu'à faire le ménage, les courses et les repas.
Mais peu à peu, certaines scènes - comme celle de la partie de cache-cache ou de la carcasse de poulet - commencent à nous mettre la puce à l'oreille et nous font nous interroger sur ce personnage si particulier.

Mais ce qui m'a fait continuer ce livre jusqu'au bout, malgré des scènes extrêmement malaisantes et une fin inéluctable c'est la plume de Leila Slimani et le rythme qu'elle impose à ce livre.
Car finalement, la style de l'autrice est en totale adéquation avec tous les événements qui y sont décrits. 
C'est assez difficile à décrire, mais une fois que l'on est dedans, on a du mal à en sortir, un peu comme Paul et Myriam lorsqu'ils commencent à se rendre compte que leur nounou à parfois des attitudes dérangeantes, mais qu'ils ne se décident pas à la congédier.

En conclusion, Chanson douce est un livre très particulier qui se dévore en un rien de temps, mais qui traite d'un sujet assez dur qui ne laissera personne indifférent.
Pour une première expérience avec un prix littéraire, je ressors de cette lecture plutôt satisfaite et quelque peu débarrassée de mes préjugés sur ce genre de littérature. Peut-être lirais-je le Prix Goncourt 2017, qui sait ?


Les liens utiles 

Le Twitter de Leila Slimani

jeudi 20 octobre 2016

Un garçon si gentil - Magali Wiéner


La soirée s'annonce bien pour Rodrigues : fête de la musique, bière et rock'n'roll... Et puis ce concert avec Aurélie, qui semble ne chanter que pour lui. Des regards qui s'échangent, l'alcool qui aide, des envies plein les yeux... Une nuit qui tient ses promesses. Rodrigues est heureux. Jusqu'au lendemain matin, où le cauchemar commence...

J'ai eu énormément de mal à écrire cette chronique, car ma lecture de ce livre fut assez laborieuse de part le thème abordé.
En effet, dans ce livre il est question de viol. J'estime qu'en vous disant cela je ne vous spoile pas, car dès les vingt premières pages on est dans le vif du sujet.

Du point de vue de l'écriture, je n'ai rien à redire. Mis à part le premier chapitre assez déroutant de part l'absence de paragraphe, le style de l'auteure est fluide, sans fioritures et se lit tout seul.

Le soucis avec ce livre, c'est la position très ambiguë dans laquelle nous met l'auteure: l'histoire est racontée du point de vue de Rodrigues, le violeur en question. 
Cependant, la manière dont tout cela est amené nous fait hésiter sur la position à adopter face à Rodrigues, car selon lui, il n'a pas violé Aurélie.

Et c'est à partir de là que ça se complique, car étant donné que nous suivons toute l'histoire du point de vue du jeune homme, il nous est difficile de nous en détacher pour nous faire notre propre opinion et de ne pas avoir par moment, pitié de lui et de tout ce qui lui arrive.

Mais malgré ça, l'histoire m'a quand même dérangée. J'ai bien compris que l'auteure voulait nous faire réfléchir, bousculer notre manière de penser et chambouler nos idées reçues, mais j'ai également eu l'impression qu'elle nous embrouillait la tête.

En tant que femme, j'ai été outrée de la manière dont Aurélie a été traitée à certains moments (c'est limite si on le lui dit pas que c'est sa mini-jupe qui a incité Rodrigues à passer à l'acte) mais j'en suis parfois venue à me demander si Rodrigues n'était pas autant la victime qu'elle dans cette histoire. En tout cas, c'est la position adoptée par ce dernier.
Et c'est très perturbant, car évidemment je me sentais tout de même proche de la jeune fille et je la plaignais sincèrement de ce qui lui était arrivé et je ne pouvais que compatir. 

Nous suivons donc l'affaire du début à la fin, du moment où Rodrigues et Aurélie sont à la Fête de la Musique, à l'arrestation du jeune homme en passant par son expérience en prison pour ensuite finir par son procès.
Procès qui, à mon sens, n'apporte pas d'explication ni de solution à tout ce qui s'est déroulé précédemment, car tous les membres du jury ont un avis différent sur la question.

Durant toute ma lecture je me suis sentie mal à l'aise de ne pas pouvoir prendre position pour aucun des deux personnages et je me suis mise à me poser des questions sur la légitimité de tout ceci.
Je me suis même parfois demandée si Aurélie n'avait pas sa part de responsabilité dans l'histoire, ce qui m'a franchement dégoûtée, étant donné que pour moi rien, absolument rien ne justifie un viol.

En conclusion, j'aurai bien du mal à vous dire si j'ai aimé ce livre ou non. Ce qui est sûr en revanche, c'est qu'il m'a énormément fait réfléchir, mais m'a également énormément dérangée.
Encore aujourd'hui, j'ai du mal à me faire une opinion tranchée sur cette lecture. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il est impossible de ressortir indemne d'un tel livre.

J'invite ceux qui l'ont lu -ou qui voudraient le lire- à me partager leur avis et à venir en discuter avec moo, car vraiment ce livre m'a perturbée et ce n'est pas tous les jours que ça arrive. J'aimerai pouvoir en discuter pour connaitre l'opinions d'autres personnes.


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Un garçon si gentil est paru en 2014 et est la réédition du livre Les carcérales, paru en 2010 aux éditions Milan.


jeudi 30 juin 2016

Avant toi, tome 1 - Jojo Moyes


Quand Lou apprend que le bar où elle est serveuse depuis des années, met la clé sous la porte, c’est la panique. En pleine crise, dans ce trou paumé de l’Angleterre, elle se démène pour dégoter un job qui lui permettra d’apporter à sa famille le soutien financier nécessaire. 
On lui propose un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. C’est alors que la jeune femme découvre Will, un jeune tétraplégique qui rêve de mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

Je sais, cela fait une éternité que ce bouquin est sorti, mais je vous avoue que je ne ressentais pas l'envie irrépressible de le lire jusqu'à très récemment.
Pour une fois c'est la sortie imminente du film qui m'a donné envie d'en savoir plus. Ça et le fait d'avoir pu le louer en lecture numérique - je vous parle de ça très prochainement.

Mais revenons à nos moutons.
Lorsque Lou postule pour devenir l'aide-soignante de Will après avoir perdu son job de serveuse, elle ne s'attend pas à la tournure que vont prendre les choses.
Elle va vouloir aider Will à tout prix, alors que lui n'a qu'une seule idée en tête: mourir.

Avant toi est une histoire vraiment très belle qui m'a dans une certaine mesure fait penser au film "Intouchable".
C'est une histoire assez atypique, qui mêle amour, vie et mort dans un seul bouquin, et qui contrairement à des centaines d'autres livres, évite de tomber dans les clichés (du moins pas trop souvent).

J'ai lu quelques avis de personnes qui trouvaient que le début du livre était un peu longuet, mais ce n'est pas mon cas. Au contraire, j'ai trouvé que tous les petits passage, tous les événements de la vie quotidienne de Lou et de Will valaient la peine d'être lus, car ce sont eux qui forment l'histoire.

J'ai également beaucoup apprécie l'humour incisif et pince-sans-rire de 1Will, ainsi que ses échanges quelques fois cyniques, quelques fois sarcastiques avec Lou.
On peut dire que ce sont eux qui font tout le charme du personnage, tout comme la simplicité et l'optimisme caractérisent la jeune femme et la rendent attachante.

Cependant, lire ce livre c'est un peu comme assister à un accident de voiture: on sait ce qu'il va se passer, on le redoute même, mais on n'est totalement incapable de détourner les yeux.

En conclusion, Avant toi est un livre très bien écrit, mettant en scènes de personnages auxquels on se lie vite et qui ont le mérite d'être plus vrais que nature. Ce livre ne risque pas de vous laisser indifférent.


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La suite du roman After You est parue en septembre 2015 en VO
La traduction est parue en juin 2016 chez Milady sous le nom de Après toi
L'adaptation ciné quant à elle est sortie le 22 juin dernier. 

mardi 11 août 2015

Si je reste, tome 2: Là où j'irai - Gayle Forman


Adam se glisse dans la salle. Il a 21 ans, c'est une rock star adulée et l'ancien amoureux de Mia... Trois ans plus tôt, Mia était partie sans un au revoir, sans une explication. Leurs retrouvailles est un choc : les souvenirs, bons et mauvais, resurgissent, les sentiments encore à vif les submergent, leur amour qu'il pensait indestructible quelques années plus tôt se heurte à la réalité de leur vie présente.
De nouveau, Mia est confrontée à un choix : doit-elle revenir en arrière pour donner une chance à son premier amour? 
Peut-on revivre la même passion si longtemps après, malgré les souffrances endurées? Ils ont une soirée pour décider. Plus forte que les mots, la musique les emporte dans un tourbillon d'émotions. Mais est-ce suffisant pour les réunir de nouveau?

Bien que cela fait à peu près un an que j'ai lu le premier tome, je n'ai eu aucun mal à me plonger dans celui-ci. Heureusement Gayle Forman fait quelques rappels sur les événements marquants du premier tome afin que l'on ne soit pas trop perdus.

Contrairement au premier tome qui était centré sur Mia, ce deuxième tome nous plonge dans l'univers d'Adam, qui malheureusement n'est pas toujours rose. Suite à sa séparation avec Mia, Adam n'est plus vraiment lui-même, et malgré le succès de son groupe, il a réellement du mal à faire face à sa vie dans de nombreux aspects.

Même si Gayle Forman réussit magnifiquement à nous faire passer les émotions et les ressentis d'Adam, j'ai trouvé que celui-ci se complaisait assez dans son malheur. Je ne veux en aucun cas minimiser ce que les personnages ont vécu dans le premier tome, mais je trouve qu'Adam manque réellement de motivation à vivre sa vie.

Mia et Adam se croisent donc par hasard à New York pour des retrouvailles un peu bizarres et tendues. Au départ aucun ne veut vraiment en venir au vif du sujet et s'expliquer sur sa manière d'agir. On joue un peu aux devinettes tout au long du roman en se demandant pourquoi Mia a finalement décidé de quitter Adam.

Cependant, l'auteure -comme dans le premier tome- nous offres des flash-back montrant quelques éléments qui se sont déroulés au cours des quatre ans qui se sont écoulés depuis l'accident afin que nous cernions mieux nos deux protagonistes.
Et j'avoue avoir été touchée par le vécu d'Adam, même si comme je le dis précédemment un peu plus de réactions de sa part n'aurait pas été de refus. Car malgré tout c'est la toute la force de l'écriture de Gayle Forman: c'est de nous faire ressentir toute une palette d'émotion tout au long de notre lecture, que nous passions par la tristesse ou par l'agacement, les sentiments sont là.

Un nouveau petit bémol concernant la fin. Je l'ai trouvée un peu trop facile et prévisible. Même si elle est restée dans la logique de tout le roman, j'aurai aimé un autre dénouement. Un dénouement qui me surprenne.

En conclusion, ce deuxième tome est une lecture sympathique, qui nous fait renouer avec les personnages que nous avions aimés précédemment, qui reste touchant mais qui n'apporte rien d'exceptionnel à l'histoire.

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Ma chronique du tome 1

lundi 15 décembre 2014

Le silence de Mélodie - Sharon Draper



Quand j’ai eu deux ans, tous mes souvenirs avaient des mots, et tous mes mots avaient une signification. Mais seulement dans ma tête. Je n’ai jamais prononcé un seul mot. J’ai bientôt onze ans.

J'ai reçu ce livre sur le Salon du Livre de Montreuil lors du petit déjeuner organisé par les éditions Michel Lafon pour ses partenaires. Je les remercie beaucoup (ainsi que Camille) de m'avoir fait découvrir ce petit bijou.

Nous suivons donc la vie de Mélodie, une petite fille qui souffre de paralysie cérébrale. Cela l'empêche donc avoir une vie normale. Ses muscles ne lui obéissent pas, ce qui fait qu'elle ne peut ni marcher, ni se nourrir seule. Mais le pire pour elle c'est qu'elle ne peut pas parler. Alors que dans sa tête, les mots et les émotions se bousculent.

J'ai tout de suite accroché à l'histoire et à la plume de l'auteure. Se mettre dans la peau de Mélodie est la meilleure façon de comprendre ce qu'elle ressent. Et bon sang qu'est-ce que j'ai pu être frustrée pour elle ! Entendre tout ce qu'elle entend et ne rien pouvoir y faire, ne pas pouvoir répliquer, ou simplement dire "Hé ! Je suis là ! Je vous entends et je vous comprends !" Rien que d'y repenser j'en ai des frissons.

Ce livre est tout simplement magnifique et bouleversant ! On ne peut pas rester insensible à cette histoire. On ne peut s'empêcher de penser que ça aurait pu nous arriver à nous. Et de se demander comment on se sentirait à sa place.

Bien évidemment Mélodie est un personnage plus qu'attachant, mais ses parents le sont tout autant, même s'ils sont parfois un peu maladroits avec elle. Cependant personne n'est jamais préparé pour s'occuper d'un enfant "handicapé". 
On sent qu'ils donneraient tout pour elle, et ça c'est le plus important.

Un personnage qui a été un coup de cœur pour moi c'est Madame V, la voisine de Mélodie et ses parents. Elle ne prend pas de gants pour parler à Mélodie et pour s'occuper d'elle. Elle lui dit ce qu'elle pense et la force à se dépasser.  Cette femme est tout simplement géniale et on voudrait tous l'avoir pour voisine.

Ce roman vous fera passer du rire aux larmes, et ceci plusieurs fois pendant votre lecture. Vous serez parfois frustrés, vous aurez parfois envie de frapper sur quelque chose (ou sur un personnage du roman), mais vous aurez surtout envie de prendre Mélodie dans vos bras tout au long de l'histoire !
Cette histoire est tout simplement magnifique, et je vous la conseille fortement !


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Le site de Sharon Draper  
Le livre sortira aux édition Michel Lafon le 22 janvier 2015

http://www.michel-lafon.fr/
 Merci aux édition Michel Lafon et à Camille pour ce partenariat !








jeudi 6 novembre 2014

Contrecoups - Nathan Filer




Matthew a 19 ans, et c’est un jeune homme hanté. Par la mort de son grand frère, dix ans auparavant. Par la culpabilité. Par la voix de Simon qu’il entend partout, tout le temps…
Matthew a 19 ans et il souffre de schizophrénie, une maladie qui « ressemble à un serpent ». Pour comprendre son passé et s’en libérer, Matthew dessine, écrit. Il raconte l’enfance étouffée par la perte, la douleur silencieuse de ses parents ; l’adolescence ingrate brouillée par les nuages de marijuana ; la lente descente dans la folie, l’internement… Mais aussi, avec un humour mordant, le quotidien parfois absurde et toujours répétitif de l’hôpital psychiatrique, les soignants débordés, l’ennui abyssal…
Et le combat sans cesse renouvelé pour apprivoiser la maladie, et trouver enfin sa place dans le monde.

J'avoue que lorsque j'ai commencé ma lecture de ce livre je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Je savais que le livre avait reçu de bonnes critiques venant de blogs que je fréquente et je savais l'histoire allait parler notamment d'un frère mort. Mis à part cela je ne savais rien.

Nous rencontrons donc Matthew qui nous raconte lui-même sa vie comme il la voit, comme il la ressent. Il est schizophrène et même s'il s'en rend compte, sa maladie s'avère souvent plus forte que lui. 
Au fil de son récit Matthew nous emmène tantôt dans son enfance, tantôt dans son adolescence, tantôt dans sa vie actuelle. Il nous présente sa famille et ce qu'il pense des personnes qui partagent sa vie - de près ou de loin -

Au départ le "détachement" de Matthew par rapport à son vécu m'a plutôt dérangée. Mais au fur et à mesure de son histoire je me rendais compte qu'il avait des circonstances atténuantes.
J'ai eu du mal à le cerner, mais le personnage qui m'a le plus décontenancé c'est celui de sa mère. Au départ elle nous parait normale et équilibrée, quoi que légèrement inquiète, mais quelle mère ne l'est pas ? Mais ensuite on se rend compte qu'elle aussi a quelques problèmes.

Malgré un début un peu brutal et à la fois un peu long (oui j'aime me contredire dans une seule et même phrase) j'ai fini par m'attacher au récit ainsi qu'à ses différents protagonistes. Bien évidemment j'ai beaucoup apprécié Matthew, mais également le personnage de Simon. Mais ce n'est pas bien difficile. Rien qu'à la manière dont Matt parle de lui, on ne peut que l'aimer.

J'ai parfois eu un peu de mal à comprendre où Nathan Filer voulait nous emmener avec ce roman, et même maintenant en l'ayant terminé et en ayant pas mal cogité pour écrire ma chronique, il me reste pas mal de zones d'ombres. Cependant, au lieu de me déranger, cela me fait encore plus apprécier ce roman.
Alors que d'habitude je veux tout comprendre et tout décortiquer, je me suis dit que ce roman devait être pris comme il venait. Peut-être que j'ai tort, mais c'est ma façon à moi d'apprécier ce livre.

De plus ce roman aborde des thèmes qu'on a pas toujours l'habitude de traiter ou de voir traité dans un roman, comme les maladies mentales ou la culpabilité de vivre alors qu'un autre est mort. Ce sont des thèmes très durs, mais je trouve que cela apporte un plus au livre. 

Pour ce qui est du style d'écriture de l'auteur, là aussi j'ai eu un peu de mal au début. Ce n'est pas le genre d'écriture que l'on rencontre dans tous les romans et il m'a fallu un petit temps d'adaptation. Car en fait à la lecture de celui-ci on a vraiment l'impression de se retrouver dans la tête de Matthew. Et au début c'est un peu perturbant, car par moment il écrit comme il parle. Et cela donne parfois des choses assez spéciales.

Je n'irai pas jusqu'à dire que ce roman a été un coup de cœur, mais en tout cas j'ai passé un moment très agréable en sa compagnie. J'ai hâte de savoir ce que Nathan Filer pourra nous offrir la prochaine fois.


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http://www.michel-lafon.fr/

Merci aux édition Michel Lafon pour ce partenariat


jeudi 30 octobre 2014

Et puis après ? Katie Williams



Il a suffi d'un rien, d'une chute, pour que Paige meure. Depuis ce fatal cours de physique, elle est coincée dans son lycée, comme une sorte de fantôme. Invisible aux yeux des autres, elle observe, elle attend, elle écoute... Jusqu'au jour où Paige entend une rumeur. On dit qu'elle s'est suicidée. Il faut absolument qu'elle rétablisse la vérité. Qu'elle leur dise, à tous, aux vivants, que ce n'est pas vrai. Mais comment se faire entendre quand on est... morte ?

Ce livre me tentait depuis un moment, de par sa couverture - pourtant simple mais non moins attirante - et de par son titre assez accrocheur.

Nous rencontrons donc Paige, une jeune fille de 17 ans qui est morte (oui ça commence bien hein !) et qui est condamnée à rester sur le lieu de sa mort: son lycée. Mais heureusement elle ne s'y trouve pas seule. Il y a également Brooke, morte quelques mois avant Paige, et puis il y a Evan, mort il y a bien plus longtemps, malgré que celui-ci ne veuille pas dire ni quand, ni comment.
La mort de Paige pourrait être banale si une des élèves de son lycée ne prétendait pas qu'elle s'est suicidée. A partir de là, Paige va tout faire pour rétablir la vérité, et ce par n'importe quel moyen.

Je vais avoir du mal à vous parler de la manière dont Paige va s'y prendre pour entrer en contact avec le monde des vivants, car c'est une assez grosse partie de l'intrigue. Mais je peux vous dire que tout cela est parfaitement bien amené. 

La plume de Katie Willams est fluide et très agréable à suivre. Elle manie très bien les émotions, que ce soit les nôtres ou celles de ces personnages. Elle les (et nous) manipule dans tous les sens, si bien qu'à un moment on est tout retourné - mais dans le bon sens du terme, je vous rassure !

Les personnages sont tous plus ou moins attachants. J'ai eu un énorme coup de coeur pour Evan. Son histoire m'a beaucoup touché et sa mort également, même si à ce niveau-là j'avais un peu deviné le pourquoi du comment.

Il y a également un personnage qui m'a beaucoup touché, c'est celui d'Usha la meilleure amie de Paige. On la voit essayer de comprendre ce qu'il s'est passé, se rebeller, et enfin s'apaiser et se faire peu à peu de nouveaux amis. C'est son personnage qui m'a le plus bouleversé, car on ne peut s'empêcher de se mettre à sa place et de se demander ce que l'on ferait si notre propre meilleure amie mourrait. Ça plus cette histoire de suicide... 

Le personnage de Brooke est également bien travaillé. Elle est le genre de fille à propos de qui toute sorte de rumeurs circulent au sein du lycée (et on ne peut pas s'empêcher de la comparé aux filles que l'on connait et qui sont dans le même cas). En tout cas tout ce que je peux dire c'est que son personnage apporte son lot de surprises dans le roman.

Comme je le disais plus haut, ce roman vous retourne dans tous les sens et on se sent un peu mené en bateau par l'intrigue. Parce qu'en fait celle-ci n'est pas vraiment celle que l'on croit. Je sais que cette phrase peut sembler très obscure, mais si vous lisez ce livre, vous saurez alors de quoi je parle.
Tout ce que je peux dire c'est qu'au commencement on s'attend à tout sauf à ça. Et en fait on comprend tout au même moment que Paige. Et là... La gifle qu'on se prend !

Ce dénouement est magistral ! Ce n'est absolument pas celui que l'on attend, et c'est cela qui le rend encore plus épatant !
Ce roman n'est pas très long et pourtant il arrive à nous porter tellement loin ! Vraiment je n'ai qu'une chose à dire: Chapeau Katie Willams pour ce roman ! 
Je ne m'attendais pas à cela mais j'ai été ravie de parcourir cette histoire, qui est à la fois très triste et magnifique. Je la conseille absolument à tout le monde !


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lundi 6 octobre 2014

Si je reste - Gayle Forman



Mia a 17 ans, un petit ami que toutes ses copines lui envient, des parents un peu excentriques mais sympas, un petit frère craquant, et la musique occupe le reste de sa vie. Et puis... Et puis vient l'accident de voiture.
Désormais seule au monde, Mia a sombré dans un profond coma. Où elle découvre deux choses stupéfiantes : d'abord, elle entend tout ce qu'on dit autour de son lit d'hôpital. Ensuite, elle a une journée seulement pour choisir entre vivre et mourir.
C'est à elle de décider. Un choix terrible quand on a 17 ans.

Ohlala, mais c'est quoi ce bouquin ?!

Moi qui n'avait même pas pris la peine de lire la quatrième de couverture, ni de me renseigner un minimum sur l'histoire, je peux vous dire que j'ai été traumatisée par le démarrage en trombe de ce roman !

Dans les vingt premières pages ont fait connaissance avec la famille plutôt atypique mais tellement complice de Mia. Et comme ça, sans prévenir, BOUM ! Accident de voiture et tout le monde meurt sauf elle. Déjà là, c'en était fini de mes paquets de mouchoirs.

Et donc nous suivons Mia qui est en quelque sorte sortie de son corps après l'accident et qui voit et entend tout ce qu'il se passe autour d'elle. Et vient cette terrible interrogation: partir ou rester ?

En parallèle l'auteur nous offre des moments de la vie de Mia et de sa famille. Grâce à ces petits extraits on en apprend plus sur les membres de sa famille et on ne peut que constater à quel point ils sont soudés. Ce qui fait qu'on a encore plus de peine pour elle d'avoir perdu tout ça. C'est terriblement triste, mais aussi très beau !

On ne peut que s'attacher au personnage de Mia, avoir de la sympathie et de la compassion pour elle. Mais ce que ce roman nous apporte c'est également cette question: à sa place, que ferait-on ? En temps normal on ne se pose jamais ce genre de question, et heureusement car sinon je pense qu'on ne vivrait plus. Mais là ce livre nous impose en quelque sorte cette interrogation. Et sincèrement si ça devait m'arriver, je ne sais pas non plus ce que je choisirai.

Je parle de Mia, mais les autres personnages sont tout aussi importants et attachants. Il y a Adam, son petit copain qui a l'air d'être vraiment un type bien, Kim sa meilleure amie et tous les amis de ses parents comment Willow et Henry. Tant de personnages qu'on aurait envie de connaitre en vrai.

Gayle Foreman nous offre ici une histoire magnifique et pleine de tendresse. Pleine de larmes également. Enfin, pour ma part.

Si vous n'avez pas lu ce livre (ni même son résumé) jetez-vous dessus, mais armez vous d'un paquet de mouchoirs ! 

Par contre, un coup de gueule pour la couverture de chez Pocket... Mais qu'est-ce que c'est que cet horrible bandeau rouge, qui en plus raconte des inepties !
Le livre plus émouvant depuis Twilight... Ok ! Pouvez-vous me dire ce que Twilight a d'émouvant ? Si quelqu'un a versé une larme durant sa lecture de ce roman c'était plus à cause de son style désastreux plutôt que par émotion. Mais ce n'est que mon avis.


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La bande annonce de l'adaptation
La chronique de ma partenaire Ana sur l'adaptation ciné