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lundi 4 novembre 2019

Interview de Christian et Lou Darasse à la Fête de la BD de Bruxelles


Après avoir pas mal procrastiné (en même temps, j'ai eu des semaines assez chargées ces derniers temps) je peux enfin vous proposer l'interview de Chrisitan et Lou Darasse, le duo père-fille aux commandes de Tamara.
Deux personnes très sympathiques et très ouvertes, avec qui j'ai passé un très agréable moment.
J'espère qu'il en sera de même pour vous !
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Ça fait déjà plus de 15 ans que Tamara existe en BD et sur toutes ces années vous avez été plusieurs sur le projet. Ce n'est pas trop compliqué de passer le relai à chaque fois ?

Lou Darasase: Ca c'est pour toi.

Christian Darasse: Moi je prends les relais au fur et à mesure. J'ai d'abord eu Benoit Drouzi (Zidrou) et puis maintenant après qu'elle nous ait aidé pendant quelques années, elle est devenue la titulaire du scénario. Comme le dit plaisamment Zidrou, c'est elle qui est maintenant sur le pèse-personne, lui il en est descendu.

LD: Il y a eu Bosse aussi

CD: Oui, il y a eu Bosse qui m'a aidé à dessiner de l'album 7 jusqu'au 14.

Et toi Lou, comment es-tu arrivée sur le projet Tamara ?

LD: En fait, comme il le disait, depuis l'album 7 je donnais déjà des idées de temps en temps. J'inventais des petites histoires, des petits gags ou des petites altercations entre les personnages, des chose comme ça.
Ensuite quand Zidrou a senti qu'il commençait à vouloir partir sur autre chose, on a travaillé à deux sur deux albums: j'écrivais la structure, le fil rouge de l'histoire et quelques gags et lui écrivait d'autres gags et corrigeait mes pages pour que ça rentre bien dans l'univers de Tamara. Il corrigeait les erreurs de scénario, etc.
Au bout d'un moment il a dit "Voilà tu es prête, maintenant je peux m'en aller" et il m'a laissée seule. *rire*
Donc le dernier album je l'ai fait toute seule.


Ca a toujours été ton envie de faire de la BD ou tu as eu envie à un moment de faire autre chose ?

LD: J'ai toujours adoré la BD et j'ai toujours adoré raconter des histoires et dessiner. Je baigne dedans depuis que je suis petite, donc c'était une chance pour moi de pouvoir embrayer sur Tamara. Je suis super contente de faire ça.

Est-ce que ce n'est pas trop compliqué de travailler en famille ?

LD: Non

CD: Non ça va bien. Sauf qu'elle est très sévère et qu'elle met beaucoup de cases dans les pages. Et beaucoup de personnages dans toutes les cases. *rire*

LD: C'est pas vrai. Mais bon, en même temps il faut bien que je lui donne du travail !

CD: Mais quand je lui fais la remarque elle me dit que ça fait 40 ans que je fais ce métier et que je suis certainement capable de m'adapter à ce qu'elle fait.

LD: Il est capable. Il fait ça très bien


C'est donc vraiment un travail d'équipe.

LD: Oui c'est un travail d'équipe.
On parle déjà de l'idée de base, pour savoir si ce à quoi je pense lui plait et est dans le thème de l'album. Ensuite j'écris le squelette en collaboration avec lui et avec notre éditeur, Benoit Fripiat et puis j'avance.
De temps en temps, s'il a quelque chose à redire, il se plaint, il me dit "Oh non j'aime pas ! Tu peux pas changer ça ?" *rire*

CD: C'est plutôt dans l'autre sens que ça se passe...

LD: Oui c'est parfois dans l'autre sens. Et puis on négocie aussi beaucoup.

L'idée de faire entrer Tamara dans l'âge adulte, c'était l'idée de qui ?

LD: C'est une idée que j'ai eu déjà il y a un moment et qui m'a toujours amusée. On en avait déjà parlé avant, mais sans le concrétiser en se disant que les personnages de BD ne grandissent pas.
Et puis finalement comme dans le film elle a grandi, ça m'a donné envie d'en profiter pour embrayer et la faire grandir aussi dans la BD. Pour qu'il y ait une logique pour les lecteurs et les spectateurs. Qu'ils ne se demandent pas où se situe l'action suivant si Tamara est adulte ou pas.

Christian, ça ne vous a pas trop perturbé de faire grandir votre héroïne après autant d'albums ?

CD: Non. Mais elle était déjà grande. Quand on voit la tête qu'elle a dans le premier album, elle a déjà changé.
Donc j'ai juste un peu poussé les choses: j'ai changé sa coiffure, je l'ai habillée différemment et c'était fait.


Elle va continuer à évoluer et à grandir, vous ne reviendrez pas en arrière ?

LD: Non, pas de machine à remonter le temps.

CD: Par contre, on va peut-être pas tirer l'histoire jusqu'à ses 50 ans avec des petits enfants.

En parlant de suite, où est-ce que vous en êtes dans la chronologie de Tamara ? Un prochain ou des prochains tomes sont déjà prévus ?

LD: Plusieurs tomes sont déjà prévus, qui sont en cours de création. On n'a pas encore de date de sortie, mais on travaille là-dessus.

Vous avez déjà une idée de fin, ou vous êtes plus du genre à vous laisser porter pour voir où l'histoire va vous mener ?

LD: On a des idées, mais on ne les dira pas. *rire*

CD: Mais sinon oui, on a des idées et on a envie de clôturer ça de manière positive et feel-good.

LD: Quelque chose de sympa.


A part Tamara, vous avez d'autres projets BD ? A deux et séparément ?

CD: Toi il me semble que tu aimerais bien scénariser pour d'autres.

LD: Oui, j'ai des idées et des projets, mais je manque un peu de temps pour les mettre en route en ce moment.

Des projets pour des séries qui existent déjà ou autre chose ?

LD: Non, totalement autre chose. Mais on verra.

CD: Ici on a fait une petite incursion dans Spirou à nous deux à l'occasion du numéro spécial de l'été, sur 1969 et la conquête spatiale. On a fait cinq pages de science-fiction alors que je n'en avais plus fait depuis des millénaires. Je me suis vraiment régaler.
Et puis, je pense que c'était sympa pour toi d'écrire le scénario.

LD: Oui, surtout que j'adore la science-fiction.

D'autres projet que Tamara de votre côté, Christian?

CD: Non, pas pour l'instant. Mais le prochain projet sera sans doute de la science-fiction. En tout cas c'est ce que j'ai envie de faire.


L'idée de créer la BD Tamara venait de qui au départ ? De vous ? De Zidrou ?

CD: C'est Zidrou qui a trouvé l'idée et le rédacteur en chef m'a fait lire en disant que ça devrait me plaire. Et effectivement ça m'a plu.

Mais vous connaissiez déjà Zidrou avant ce projet ?

CD: Oui, on avait fait plein de bêtises dans le Journal de Spirou avec Thierry Tinlot. Je connaissais bien ce qu'il faisait et on s'entendait déjà très bien.
C'était une chouette époque.

Merci à vous deux d'avoir pris le temps de répondre à mes questions.

CD et LD: Avec plaisir.


Tamara par Bosse Darasse Lou Zidrou © Dupuis 2019

mercredi 25 septembre 2019

Rencontres insolites à la Fête de la BD de Bruxelles


Vous le savez parce que j'en ai un peu parlé par ici, mais les 13 et 14 septembre j'étais à Bruxelles pour la Fête de la BD et plus particulièrement le Festival Spirou, puisque les éditions Dupuis m'avait proposé des rencontres insolites et des interviews très intéressantes. 

Vendredi

Cela a commencé plutôt calmement le vendredi, puisque je suis arrivée sur place vers 13h et que je suis tout de suite allée faire un petit coucou à ma copine Ellen McNett qui dédicaçait sur le stand de Livr'S.
Nous avons pu papoter et déjà faire un premier tour du salon, avant qu'elle ne doive retourner à son stand. Et puis moi j'avais aussi deux interviews de prévues, l'une après l'autre.

Je retrouve donc l'une des attachées de presse de Dupuis sur le stand, et après une petite frayeur avec un Thalys en panne, j'ai pu réaliser ma première interview du week-end, avec Gijé.
Gijé que je commence quand même à bien connaître, puisque c'est avec lui que j'ai réalisé ma première interview en février 2018. Et finalement, cette interview c'est plus une discussion un peu loufoque avec un bon copain. On rigole, on raconte quelques bêtises, et ça se passe super bien.


Etant donné que cette interview se déroule dans la réserve du stand Dupuis, nombre d'auteurs, d'autrices, d'éditeurs et d'éditrices gravitent autour de nous, entrant et sortant, tout en nous glissant des bonjours ou autres petits mots au passage.
Dans cette joyeuse mêlée, je peux saluer Justine Cuhna et Carbone que j'avais interviewées en février dernier à la Foire du Livre de Bruxelles et avec qui j'ai gardé contact sur les réseaux sociaux.

Après cette sympathique interview, j'enchaîne directement avec Olivier Bocquet le scénariste de FRNCK. Malheureusement Brice Cossu ne peut se joindre à nous, car son avion est en retard.
Là encore, Olivier est très sympa et très ouvert à la discussion, ce qui fait que la rencontre passe très vite.

Ces deux interviews terminées, j'ai quartier libre jusque 18h. Je décide donc de refaire un petit tour des stands et je profite qu'il n'y ait presque personne chez Rue de Sèvres pour acheter le dernier tome d'Astrid Bromure pour le faire dédicacer par Fabrice Parme qui est sur place.
C'est d'ailleurs dans cette file d'attente que j'apprend que mon frère a réussi son examen d'entée pour son école de cinéma, mais c'est une autre histoire...


Quand mon tour de dédicace arrive, je rencontre un auteur vraiment très sympathique, qui m'apprend que le personnage d'Astrid existe dans son esprit depuis des années et qu'il a de la matière pour faire au moins huit tomes supplémentaires. En voilà une bonne nouvelle !
Il m'apprend également qu'il s'est beaucoup inspiré de sa propre vie pour créer certains lieux et personnages et même une grosse partie de Comment lyophiliser le monstre du Loch Ness.
Je passe vraiment un moment privilégié avec cet homme.

Je passe la fin de la journée à déambuler sur le festival et me pose un peu pour lire et écrire, avant de terminer la journée au Huggy's avec Ellen.


Samedi


Dès le réveil, je sais que la journée de samedi ne sera absolument pas de tout repos. Je le sais parce que les chats d'Ellen m'ont empêché de dormir je me suis engagée à participer à trois rencontres insolites et à réaliser deux interviews. Parfois je me demande si je ne suis pas un peu trop optimiste sur ma capacité à gérer les choses...

Quoi qu'il en soit, me voilà à 10h à la chocolaterie Gerbaud en compagnie de blogueuses, lecteurs de Spirou et de membres de la team Dupuis pour une rencontre insolite avec Nob.
Forcément, cette rencontre est propice à la dégustation de chocolat sous toutes ses formes, et de ce point de vue nous somme gâtés ! Chocolat chaud, biscuits, pralines et sauce chocolat sont au menu.
Et au milieu de tout cela, nous discutons avec Nob, qui nous raconte diverses anecdotes assez amusantes et nous parle de sa manière de voir le métier de dessinateur.

Comme lors de mon interview de la Foire du Livre, Nob est quelqu'un de très chaleureux, avec qui il est très facile d'échanger.


Je dois malheureusement m'éclipser un peu avant la fin de la rencontre, car l'horloge tourne, j'ai rendez-vous à 11h30 avec Karensac et je n'aime pas être en retard.
Lorsque j'arrive sur le stand Dupuis, celui-ci est bondé, tout comme la réserve qui a été le lieu de mes deux interviews la veille.
Karensac me propose donc de réaliser l'interview à l'extérieur, ce que j'accepte avec plaisir car l'air est nettement plus respirable dehors.
Nous trouvons un petit banc sympa dans le parc et l'interview peut commencer, dans une ambiance décontractée.

Une fois cette nouvelle interview terminée, j'ai un peu de temps libre, ce qui me permet de manger un bout et de me poser un peu, avant la deuxième rencontre insolite de la journée: la table de conversation en québécois en compagnie de Maryse Dubuc, Jocelyn Boisvert et Pascal Colpron.
Table de conversation, qui n'en était finalement pas vraiment une, étant donné que nous avons eu droit à un cours accéléré de jeu de société par Jocelyn, pendant que son collègue Pascal se demandait réellement dans quoi il était tombé.


Heureusement, nous avons pu compter sur la team Dupuis pour tenter de nous ramener dans le droit chemin et poser des questions pertinentes.
Nous avons notamment appris qu'il est parfois difficile pour eux, en tant qu'auteur·ices québécois·es "d'européaniser" leurs gags pour qu'ils parlent au plus grand nombre, car parfois ceux-ci reposent sur un jeu de mots qui ne fonctionne qu'en québécois.
Ils insistent sur l'étroite collaboration qui existe donc entre eux et leurs éditeur·ices, afin que ceci arrive le moins possible. Mais cela n'est pas toujours simple, car les éditeur·ices, ne sont pas à l'abri de l'un ou l'autre belgicisme.
C'est décidément tout un programme de faire une BD dans notre beau pays !

Cette rencontre insolite se termine au bout d'une heure, mais je peux vous garantir que nous aurions pu en passer deux de plus sans que cela ne soit dérangeant pour personne. Mais bon, les auteur·ices ont des séances de dédicaces ou d'autres animations de prévues pour le week-end.

Mais ma prochaine interview n'est qu'à 15h30, ce qui me laisse le temps de filer vers le stand de Delcourt pour me procurer le dernier tome de Lila pour le faire dédicacer par Pauline Roland.
Et cela tombe bien, il n'y a qu'une seule personne devant moi dans la file d'attente. C'est ce qui s'appelle avoir du bol !
Quand vient mon tour, j'ai l'occasion de pouvoir échanger avec Pauline, qui est une personne vraiment hyper gentille. Elle est vraiment la gentillesse incarnée !
Nous parlons évidemment de sa BD que j'adore et de l'importance d'aborder ce type de sujet avec les plus jeunes. Je l'informe que nous possédons sa saga à la bibliothèque et que c'est une série qui a son petit succès auprès des jeunes ados (11-13 ans).
Pauline m'apprend qu'avec Séverine de la Croix, elles comptent bien continuer de faire évoluer le personnage de Lila afin de pouvoir aborder d'autres thématiques grâce à elle.
Voilà une nouvelle qui me réjouit !


Après ce moment d'échange très sympa, je cours jusqu'au stand Dupuis pour arriver pile à l'heure pour ma dernière interview du week-end; celle de Christian et Lou Darasse, le duo père/fille derrière Tamara.
Avant cela, j'ai l'occasion d'assister à la battle de dessin qui oppose justement Christian Darasse à Benoît Feroumont. Un sacré moment !

Encore une fois; l'interview se déroulera à l'extérieur, car la température sous le chapiteau du stand devient vraiment irrespirable.
Une nouvelle fois, je ne suis pas déçue par la rencontre. Les deux personnes en face de moi sont vraiment adorables et me permettent de passer un moment privilégié en leur compagnie, qui se termine par une petite dédicace sauvage.

Cette journée marathon atteint son point culminant à 17h, car nous sommes conviés dans les locaux du Grand Serment Royal et de Saint-Georges des Arbalétriers de Bruxelles pour une initiation à l’arbalète en compagnie de Benoît Feroumont, pour la sortie de sa BD Le Royaume de Blanche-Fleur.
Nous assistons d'abord à une présentation de la guilde et à un petit cours historique sur l’arbalète, qui s'avère réellement passionnant. Cela dit, l'homme qui nous fait cette présentation est un passionné et cela se ressent énormément dans son discours.


Après ce petit moment plus théorique, un verre nous est offert, avant que nous puissions tous tester notre habilité sur le pas de tir. Était-ce une bonne idée de nous servir de verre avant de nous mettre des armes entre les mains, je ne sais pas.
Chacun de nous apprend à tenir l'arme et à l'enclencher, avant d'avoir le droit de tirer deux flèches sur une cible située à 6m.

Comme vous pouvez le constater sur la photo, je n'ai pas à rougir de mon résultat puisque j'ai réussi à toucher la cible (héhé !) et que je me suis améliorée entre le premier et le second tir !
Mais bon, étant déjà très à l'aise avec une carabine à plomb, je n'avais pas trop d'à priori pour l’arbalète.


Après avoir discuté avec quelques autres membres de la guilde et fait dédicacer nos exemplaires du Royaume de Blanche-Fleur, il est maintenant temps de repartir et de rentrer chez soi.

Je suis vraiment très contente d'avoir pu assister à la Fête de la BD de cette manière. Rencontrer les différents auteur·ices de chez Dupuis est toujours un véritable plaisir, mais le concept des rencontres insolites à ajouter beaucoup de bonne humeur et d'originalité à tout ça.
Vivement les prochaines rencontres insolites !

Photos © Dupuis 2019
Photos © Cranberries

mercredi 27 mars 2019

Interview de Kid Noize


Lors de la dernière Foire du Livre de Bruxelles qui s'est déroulée du 14 au 17 février 2019, j'ai eu la chance de pouvoir rencontrer et interviewer plusieurs auteurices de chez Dupuis.
Outre le fait que j'étais plus excitée encore qu'un enfant la veille de Noël, j'ai passé de très bons moments en leur compagnie et j'ai pu apprendre pas mal de choses.

Voici la retranscription de mon interview de Kid Noize, que j'ai pu rencontrer quelques minutes avant son DJ set au Palais des Imaginaires.
Entre les divers préparatifs et arrangements techniques, j'ai pu lui poser quelques questions sur son projet BD.

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Comment t'es venue l'idée, l'envie de faire une BD ?

Kid Noize: Pour moi ça fait partie intégrante du projet. C'est une façon différente de pouvoir raconter des choses. Chaque média a sa façon de raconter des choses et finalement la BD a toujours été une évidence.

C'était donc une volonté de faire une BD avec le personnage de Kid Noize en tant que héros?

K: Oui, c'est un projet qui découle de tous les autres.

Et à part ton personnage à tête de singe, tu as mis beaucoup de toi-même dans cette BD?

K: J'y ai mis tout le reste, tout ce qui l'entoure. Tout ce qui pour moi fait vivre le personnage est dans la BD. Parce que le personnage tout seul, sans rien d'autre autour, ça ne fonctionnerait pas.

Est-ce que le personnage de Sam s'inspire de toi ? De ton enfance ?

K: Oui tout à fait.


C'était une volonté de ne pas faire les dessins toi-même ? Parce que je sais que tu as une formation de graphiste.

K: Oui, je n'avais pas du tout envie de dessiner, parce que j'avais envie d'un truc vachement poussé graphiquement et je n'étais pas du tout capable de pouvoir l'assurer tout seul.
Je n'ai jamais eu envie de dessiner cette BD en tout cas. Ce n'était pas mon but.

Comment s'est déroulée la collaboration avec Kid Toussain et Otocto?

K: Kid Toussaint s'est vraiment attardé sur le scénario, il a écouté mes idées et les a mis en scène. Et Otocto a tout dessiné. C'est un trio qui roule bien, il y a une bonne cohésion d'équipe. 
Ici sur le tome 2 je travaille avec Lapuss'. On a terminé le scénario et Otocto est occupé sur les croquis et le storyboard.

Tu as déjà la finalité du projet de la BD en tête ? Tu sais jusqu'où tu veux aller ?

K: Heureusement, je ne sais pas exactement où je veux aller. Enfin si, je sais où je veux aller, mais je ne sait pas encore de quelle façon je vais raconter les choses.
J'essaie d'évoluer en même temps sur la BD, sur la musique et sur les clips, pour que tout reste cohérent, mais sans pour autant se dire que tout doit fonctionner en même temps.
Je pense qu'ici la BD raconte quelque chose, et le nouvel album raconte autre chose.
C'est important de rester cohérent, sans pour autant faire du copier-coller et devenir redondant. Il faut rester libre sur l'évolution de l'histoire.


Ce n'est pas trop difficile de tout concilier ? La BD, les concerts, les festivals...

K: Ça demande beaucoup de temps et d'énergie. Ce n'est pas toujours évident, mais quand on a la volonté d'y arriver, c'est déjà ça de gagné.

J'ai vu que c'était l'effervescence à côté: tout le monde t'attend. Ce n'est pas trop difficile à gérer ?

K: Non parce que je pense que ce serait plus difficile si personne n'était là. Se dire que tu es là et que personne ne t'attend, ça me fouterait un coup.

Est-ce que ça te stresse de voir que tu es autant attendu ou est-ce que tu t'y fais ?

K: En fait j'espère que je ne m'y ferai jamais.
Tu sais, le grand truc quand tu lances quelque chose, c'est que tu stresses à l'idée que ça ne fonctionne pas et après tu stresses à l'idée que ça ne fonctionne plus.
Donc au final il faut surtout arriver à gérer l'instant présent. C'est le plus important.

Merci d'avoir pris le temps de répondre à mes questions avant ton concert.

K: Avec plaisir.


Question bonus du petit frère:

Est-ce que tu tires ton inspiration de Charleroi ? Parce qu'en lisant la BD j'ai eu l'impression de reconnaître des endroits emblématiques, comme le terril.

K: Oui c'est tout à fait ça.
Sans pour autant vouloir le dire de manière physique, j'ai mis des petits clins d’œil par-ci par-là.


Kid Noize par Kid Noize Kid Toussaint Otocto © Dupuis 2019 
Photo: Antoine Dognaux

mercredi 20 mars 2019

Interview de Kid Toussaint

Lors de la dernière Foire du Livre de Bruxelles qui s'est déroulée du 14 au 17 février 2019, j'ai eu la chance de pouvoir rencontrer et interviewer plusieurs auteurices de chez Dupuis.
Outre le fait que j'étais plus excitée encore qu'un enfant la veille de Noël, j'ai passé de très bons moments en leur compagnie et j'ai pu apprendre pas mal de choses.

Voici la retranscription de ma seconde interview, celle de Kid Toussaint, scénariste d'un grand nombre de BD chez Dupuis, notamment de Kid Noize, Animal Jack ou encore Magic 7 et personnage au débit de parole important (ce n'est pas moi qui le dis, c'est lui...).
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Comment est-ce que tu t'es retrouvé à travailler sur le projet BD de Kid Noize ?

Kid Toussaint: C'est Dupuis qui m'a contacté. Kid Noize était déjà en relation avec Dupuis et moi je travaillais déjà avec eux pour d'autres séries. Ils cherchaient un scénariste pour écrire l'histoire et ils m'ont contacté. J'ai rencontré l'Homme à la tête de singe, le contact est bien passé et voilà, on a travaillé ensemble. Je ne le connaissais pas avant.

Tu ne le connaissais pas, mais tu connaissais son travail ou pas du tout ?

K: Je connaissais sa musique et je le connaissais à travers son personnage puisque c'est une personne publique, mais lui personnellement non.
Si tu veux une réponse plus détaillée, j'ai regardé ses clips et je voyais bien qu'il y avait un univers intéressant derrière. En discutant avec lui je voyais ce qu'il voulait faire et j'ai trouvé ça intéressant. Ça m'a plu et voilà comment je suis arrivé sur ce projet.

Vous êtes deux sur le scénario en fait ?

K: C'est ça oui. En fait les idées principales viennent de lui. D'ailleurs si tu as vu ses clips, tu vois qu'il y a un écho entre la BD et l'univers présenté dans les clips. 
Donc il est venu avec son personnage à la tête de singe, avec Sam le gamin... Tout ça, ça vient de lui et on a essayé de trouver une structure, de donner de la cohérence à l'ensemble. J'ai géré les dialogues aussi.


Ok, donc ton job c'était de gérer la cohérence de l'histoire.

K: Donner de la cohérence, de la structure et puis faire une histoire. Parce que finalement un clip, c'est deux minutes, tu n'as pas le temps de raconter une vraie histoire suivie, donc il faut gérer ça.
Et en même temps, il fallait lui poser des questions pour voir jusqu'où il voulait aller. C'est lui qui a donné l'histoire dans sa globalité. 

Comment se passe la collaboration entre Kid Noize, Otocto et toi ?

K: Pour le coup, Otocto je le connaissais un petit peu avant. Il est venu sur le projet parce que je l'ai présenté à Dupuis.
Avec Kid Noize, c'était beaucoup de réunions. On s'est vu pal mal de fois, on a beaucoup discuté.  Après j'envoyais le scénario à l'éditrice qui me donnait ses retours.
Et puis Otocto - malheureusement pour lui - il arrive après nous tous et il est obligé de faire ce qu'on lui demande *rire*
En plus, c'était son premier album, donc il était un peu plus timide, il osait moins donner son avis. Ce qui est normal puisqu'il y avait déjà énormément de travail qui était fait en amont.
Mais c'est une très bonne collaboration. On a eu beaucoup d'échanges avec Kid Noize et Otocto à merveilleusement bien suivi nos indications.

Est-ce qu'il y'a déjà un tome 2 de prévu? Vous êtes déjà en train de bosser dessus?

K: Alors je peux le dire parce que tout le monde le dit, mais sur le tome 2 ce ne sera plus moi au scénario, mais Stéphane Lapuss'.
Lapuss' qui a donc fait Les Minions et qui fait beaucoup d'humour. Il a aussi fait Putain de chat notamment.
C'est un scénariste intelligent et doué, mais au-delà de ça il a très bien compris ce qu'on avait fait sur le tome 1 et il se l'est approprié avec plus d'humour. Je trouve qu'il a fait un super boulot. Le peu que j'en ai lu, je trouve ça super, donc je suis vraiment ravi que ce soit lui.
J'ai quitté le projet parce que j'ai beaucoup trop de choses sur le côté et ce n'était pas possible pour moi de continuer Kid Noize. Mais la BD est sur de bons rails donc je peux la confier à quelqu'un. 

Je sais aussi que tu as plusieurs autres projets chez Dupuis.

K: Mes plus grosses séries chez Dupuis sont Magic 7 et Télémaque. Pour Magic 7 ça fait déjà un petit temps qu'on a commencé, on en est déjà au tome 7 et pour Télémaque au tome 2. Animal Jack vient d'arriver, donc pour celui-là on verra.
Je fais aussi de la BD adulte chez Casterman avec Holly Ann et A l'ombre du convoi et je suis chez Grand Angle avec 40 éléphants, donc oui je fais beaucoup de choses.
Du coup, c'était quoi la question ? *rire*


Est-ce que tu as le temps de dormir ? *rire*

K: Non très peu. Mais je dors très peu de base, donc ça va j'arrive à m'occuper. En fait je rêve en écrivant, ça fait gagner du temps. *rire*
Non mais plus sérieusement, ça fait plus de dix ans que je suis dans le métier, j'ai accumulé beaucoup de projets, beaucoup de scénarios, j'ai toujours beaucoup d'avance. Mais de toute façon, j'ai toujours le temps d'écrire de nouvelles choses. Et puis ce sont des envies. On a beau se dire "C'est bon, j'ai assez de séries, je vais m'arrêter là", tu as d'un coup envie d'écrire sur un autre sujet, un autre thème et tu te dis que tu peux essayer de le faire rentrer au chausse-pied dans ton agenda et voilà.

Tu fonctionnes aussi aux coups de cœur ?

K: Oui aux coups de cœur et aux opportunités aussi. Parfois des dessinateurs me contactent pour des projets. Comme pour le projet Kid Noize, quand tu es contacté par Dupuis tu te dis que tu n'as peut-être pas envie de refuser une telle opportunité, même si tu as déjà plein de projets.
Je sais que je suis déjà bien occupé, mais tu sais, choisir c'est renoncer et j'ai du mal à renoncer, tout simplement. 

C'est marrant, "choisir c'est renoncer" c'est aussi une de mes phrases fétiches *rire*

K: On est bien obligé des fois, mais là je t'avoue j'ai toujours eu du mal à renoncer. J'ai trop d'envies, je suis trop généreux *rire*

En parlant de ça, pour Animal Jack, le projet venait de Dupuis ou c'était une idée à Miss Prickly et toi?

K: En fait avec Miss Prickly on s'est connu en salon, en dédicaces et elle me disait "Ce serait bien que tu écrives quelque chose pour moi, plus adulte, plus mature que ce que je fais d'habitude." Et moi j'étais un peu surpris parce que je ne voyais pas trop ce qu'elle voulait faire en adultes. Donc j'ai regardé ce qu'elle faisait, j'ai vu qu'elle faisait Mortelle Adèle qui est génial et hyper drôle, j'ai vu Le cochon dingue, A cheval, etc.
Je me suis dit "Apparemment elle aime les animaux, elle a déjà fait les cochons d'Inde et les chevaux, qu'est-ce que je peux faire d'autre?", du coup j'ai fait tous les autres.
Mais c'est quand même un projet jeunesse, parce que j'ai trouvé que c'était ce qui lui correspond le mieux. Et quand je lui ai proposé le projet, elle a aimé le personnage et elle a adhéré à l'histoire.
Du coup on l'a fait et on l'a proposé à Laurence Van Tricht, la même éditrice que Kid Noize et ça a marché.
Par contre, ce n'est pas du gag, donc je l'ai quand même emmenée vers quelque chose de différent.


Oui, surtout à la fin du tome, on sent qu'il y a quelque chose de plus profond

K: Oui c'est vrai. Et là il y aura un tome 2 et ce sera toujours moi au scénario. Comme quoi, je n'abandonne pas tout en cours de route *rire*
Donc il y aura un tome 2 et sûrement un tome 3. Une vraie histoire sur le long terme. C'est ce que je sais faire de mieux. Je suis pas drôle en vrai, je ne sais pas faire de gags, donc je me contente de faire des histoires.

Par contre, je t'avoue que je n'ai pas encore lu Magic 7. J'ai une amie qui est hyper fan, mais je ne me suis pas encore penchée sur le sujet.

K: C'est dur de prendre la série en cours de route. C'est quasi impossible, tu es obligée de suivre depuis le début. Après l'histoire est très différente. Elle évolue complètement au fil des tomes. Les premiers sont plus naïfs mais c'était voulu et il y a une évolution de l'histoire. Quelqu'un qui est fan ne décrochera pas, parce que tu suis les personnages depuis le début, comme dans une série télé.
En tout cas c'est une série qui marche bien, qui est un peu mon bébé parce que je l'ai emmenée vraiment loin. Je m'arrêterai au tome 10, c'était prévu depuis le début, mais c'est une saga dont je suis très fier et je suis content d'avoir emmené mes personnages aussi loin.

Et en ce qui concerne Télémaque, tu as déjà deux tomes sortis. D'autres sont prévus?

K: Oui ça continue, il y a vraiment de quoi raconter, on s'amuse bien. C'est plus facile de rentrer dedans que dans Magic 7. Je pense que Magic 7 il faut faire un effort au début et adhérer aux personnages alors que Télémaque ça se suit tout de suite.

En plus je suis un fan de mythologie grecque, donc déjà ça me parle.

K: Ah oui tu vas aimer tout de suite alors. En fait c'est un truc qui ne se fait quasiment pas: c'est de la mythologie, donc on donne des vraies infos mais c'est vraiment pour la jeunesse. Je veux dire, c'est drôle, ça se suit comme une saga, mais c'est pas rébarbatif.
L'Odyssée je l'ai lu 40 fois, donc je connais et je l'ai digérée. L'ennui c'est que certaines collections prennent plan-plan la mythologie et te racontant l'histoire telle qu'elle est écrite. Nous on est parti de tout ça, mais on a digéré. Par conte tu retrouveras quand même tout ce qu'il y a dans l'Iliade et l'Odyssée, mais à notre sauce.

Donc ça fait à peu près dix ans que tu fais de la BD, c'était dans ta formation de base ou pas du tout ?

K: J'ai fait journalisme à l'ULB à la base. Et puis finalement j'avais envie d'écrire mes propres histoires depuis le début, donc finalement le journalisme je ne m'en suis jamais servi.

Donc tu es belge ?

K: Oui je suis belge. Ici je peux l'avouer, mais en France je mens, évidemment *rire*

Tu es en terrain ami ici.

K: Oui c'est ça. Je peux dire "des nonante" et des "septante".

Redevenons sérieux: qu'est-ce qui te plait le plus dans ton métier de scénariste?

K: Ce moment. J'adore ce moment. Parler avec toi c'est le meilleur moment... Non c'est pas vrai *rire* Je disais ça juste pour te flatter.


Ah mais ça marche, continue *rire*

K: Ah oui j'ai vu, t'as souri. Je me suis dit "c'est bien, elle y croit". La naïveté c'est essentiel. 
Je pense que ce qui me plait le plus, c'est tout: écrire ça me plait énormément, le fait de voir mes œuvres dessinées, avoir des feed-back... tout ça c'est génial. 
Et puis, voir l'album fini, voir les lecteurs. Toutes les étapes me plaisent en fait.
J'aime bien quand ça jaillit et j'aime bien façonner ce qui jaillit. Quand tu as des idées il faut les travailler, et c'est ça qui est important. Parce qu'avoir une idée ça ne veut rien dire, tout le monde à des idées. Mais les travailler c'est passionnant. 
En fait, l'art ce n'est pas créer, c'est délimiter. Créer, tout le monde peut le faire, mais donner une forme à ta création c'est ce qu'il y a de plus dur. Et l'art pour moi, c'est ça. 
Donc j'aime toute les étapes. Rencontrer les lecteurs c'est passionnant aussi, parce qu'ils ont toujours un regard neuf, un regard différent sur ton oeuvre, et c'est génial. 
C'est génial d'échanger avec eux, surtout en jeunesse. 

Parce que c'est un public un peu plus naïf?

K: Pas tant que ça. Plus spontané ça c'est sûr. Mais comme je dis toujours, je dis plus de choses en jeunesse qu'en adulte. Mes œuvres adultes sont plus historiques ou alors ce sont des polars. Tout est frontal, tout est dit. Alors qu'un jeune va lire et lire et relire et comprendre plein de choses qui ne sont pas dites et je trouve ça très fort. Les jeunes me sidèrent, ce sont de supers lecteurs.

Et parfois ils voient ou comprennent des choses qui n'étaient même pas là au départ.

K: Oui c'est ça. Ils voient des relations entre les personnages et disent qu'il y a un truc entre eux. Et quand tu réétudies le projet toi-même tu te dis "ah, c'est vrai que ça m'avait échappé, mais il y a un truc entre eux.". Ils sont très forts les jeunes, ce sont de supers lecteurs. Je pense qu'ils sont même meilleurs lecteurs que moi à leur âge. Non, en fait c'est pas que je le pense, j'en suis sûr.

Merci d'avoir pris le temps de me répondre, c'était très chouette.

K: Avec plaisir.

Kid Noize par Kid Noize Kid Toussaint Otocto © Dupuis 2019 
Animal Jack par Kid Toussaint Miss Prickly © Dupuis 2019 
Magic 7 par Collectif Kenny Ruiz Kid Toussaint La Barbera Quattrocchi RAAPACK Ruiz © Dupuis 2019 
Télémaque par Kenny Ruiz Kid Toussaint © Dupuis 2019
Photo: Antoine Dognaux

mercredi 6 mars 2019

Dans les yeux de Lya: interview de Carbone et Justine Cunha

Lors de la dernière Foire du Livre de Bruxelles qui s'est déroulée du 14 au 17 février 2019, j'ai eu la chance de pouvoir rencontrer et interviewer plusieurs auteurices de chez Dupuis.
Outre le fait que j'étais plus excitée encore qu'un enfant la veille de Noël, j'ai passé de très bons moments en leur compagnie et j'ai pu apprendre pas mal de choses.

Voici la retranscription de ma première interview, celle de Bénédicte Carboneill (alias Carbone) et Justine Cunha pour la sortie de leur BD Dans les yeux de Lya.
C'est l'interview est la plus longue que j'ai réalisée et j'espère avoir retranscrit ce moment le plus fidèlement possible, car j'ai véritablement passé un super moment en leur compagnie !
___________________

A Carbone: Félicitations pour le prix qu'a reçu La boîte à musique ! Ça fait quoi d'être primée à Angoulême?

Carbone: C'est juste énorme. Déjà être sélectionnés c'était wouah, mais recevoir le Fauve des Ecoles... On ne s'y attendait pas.
Après c'est surtout symbolique: un prix à Angoulême c'est quand même quelque chose.  Je n'aurais jamais imaginé ça alors que la BD est sortie l'année passée - à Angoulême justement.

En tout cas c'était mérité.

C: Merci.

Comment a commencé l'histoire de Lya ?

C: Ah ben ça c'est encore moi, je suis la spécialiste ! Ça s'est passé comme avec Gijé pour La boîte à musique: je suivais un peu son travail et un jour elle a posté une petite rouquine qui était de profil et tout de suite ça m'a inspiré.
Justine: C'était encore une inspiration sous la douche *rire*
C: Oui c'est ça *rire*
J: J'avais dessiné juste le buste. En plus elle avait des piercing, des cheveux beaucoup plus longs. Elle était vraiment différente de ce qu'elle est maintenant.
C: Et tout de suite je l'ai vue dans un fauteuil. Je sais pas du tout d'où ça vient, mais du coup j'avais une histoire, un fil conducteur.
Je l'ai contactée et elle ne m'a pas dit non.
J: Ah ça, j'ai pas dit non *rire* J'étais en mode fangirl: "C'est vrai ?? C'est pour de vrai ??" 

Contactée par Carbone, on ne peut pas refuser.

C: Même pas, parce que personne ne me connaissait.
J: En plus à l'époque La boîte à musique n'était pas encore sortie.

Ah oui, donc ça fait déjà un petit moment.

J: Un an et demi, deux ans. Un truc comme ça.
C: Oui et moi je ne me mets pas de pression, je ne me prends pas la tête, j'y vais au culot. Je lui dit que j'aime beaucoup ce qu'elle fait, que ça m'intéresse, mais que je ne promets rien. 
J: Je pense que La boite à musique était déjà en impression la première fois où l'on s'est vue.
C: Possible. En tout cas je n'ai aucune prétention: je lui propose seulement mon truc, mon idée et je me dis qu'on verra après.
J: Et moi j'ai dit oui tout de suite, 
C: Elle a été plus facile à convaincre que Gijé *rire*
J: Ah mais il n'y avait même pas besoin de me convaincre. J'ai toujours voulu faire de la BD et l'histoire qu'elle m'a proposé, c'était vraiment ce que je voulais faire.
J'adore les personnages féminins: il y en a beaucoup, ils sont très variés et ils ont des caractères très forts donc ça parle à mon cœur.
Ça se passe dans un cabinet d'avocats: ma sœur est avocate, donc je connais un peu le milieu.
Je ne sais pas si j'aurais dit oui tout de suite si tu m'avais proposé un héros, parce que j'aime moins dessiner des garçons. Même si j'ai beaucoup de plaisir à dessiner Antoine, j'ai moins de plaisir à dessiner des garçons, donc je ne sais pas si j'aurais eu le même élan. 
Je pense que je l'aurais fait parce que je me serait dit "il faut le faire", parce que c'est quand même une expérience qui ne se présente qu'une fois dans ta vie.
Mais du coup le fait que ça soit une fille, ça a beaucoup aidé. J'adore les héroïnes et Lya c'est le type d'héroïne que j'aime bien; elle est têtue, elle est curieuse, elle est caractérielle. J'aime bien ça
C: Et puis au départ on devait juste monter un dossier. On ne savait pas du tout si ça allait aboutir, si ça allait plaire à un éditeur. Parce que ce n'est pas forcément parce que tu as déjà une BD publiée chez Dupuis que ça va marcher à tous les coups.

Du coup, Carbone découvreuse de talents sur les réseaux sociaux... D'abord Gijé, puis Justine.

C: Ça ne s'explique pas, ce sont vraiment des coups de cœur visuels. Je pourrais faire des commandes, mais là si on m'avait demandé "Fais-moi une série ou un one-shot sur une fille qui est en fauteuil roulant" je ne suis même pas sûre que j'aurais été capable de le faire.
J: Oui, ça venait vraiment de toi.
C: Ce n'était pas non plus une envie de dire "je veux faire parler une héroïne handicapée".

C'était juste une évidence.

C: Oui c'est vraiment ça.
J: Et puis c'est bien, ça montre aussi que pour toi ce n'est pas juste le fait de vouloir parler d'une héroïne en fauteuil. C'est plutôt un constat qu'il y a des gens en situation de handicap et que ton héroïne elle l'est aussi, point.
C: Oui, pour moi elle est comme les autres. Forcément elle a des difficultés liées à son handicap, mais il y également plein de gens formidables qui sont dans une situation de handicap et qui le surmontent et ont plein d'autres qualités et capacités qui ne sont pas inhérentes à cela.
J: Tout simplement, Lya n'est pas définie par son handicap. Parfois on définit simplement les gens par ça. On aurait pu croire que sa condition définit son personnage, mais pas du tout.

Et finalement quand on lit la BD, on oublie presque qu'elle est en situation de handicap.

C: Nous aussi parfois on l'oubliait. Parfois quand Justine la dessinait, elle oubliait le fauteuil. 
La première fois qu'elle a dessiné le cabinet d'avocat, elle avait mis des escaliers partout. Du coup je lui ai dit "Et elle y rentre comment ?"
J: Je n'y avais juste pas pensé. Pour moi elle était devenue tellement la norme que je ne voyais même plus son fauteuil.
C: Après forcément, c'est ça qui motive sa quête, mais elle aurait très bien pu être valide.

Il n'y avait donc aucune volonté de parler des personnes à mobilité réduite, des personnes LGBT ou d'autres minorités? 

J: Non, mais au final, c'est bien que ce soit représenté.
C: Au départ, de la manière dont je l'ai pensé, je voulais juste faire un polar. Mais je l'ai vue en fauteuil et tout en a découlé: Pourquoi elle est en fauteuil ? Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ? Et caetera.
Du coup ça s'est construit comme ça, mais ce n'était pas une volonté de départ.
J: Et c'est bien parce que ça montre qu'il y a une diversité de personnes: des gens en fauteuil, d'autres non. On vit dans un monde divers et varié et faut qu'il y ait de la représentation.

Et donc Justine, c'est ta première BD? 

J: Oui.

Qu'est-ce que ça fait de la voir éditée et de l'avoir en main ?

J: C'est énormément de joie d'un coup. Quand j'ai reçu la BD j'étais presque en larme. Je me suis dit "J'ai passé dix mois dans mon canapé à dessiner et maintenant j'ai un livre dans les mains !"
Et en même temps c'est beaucoup de stress parce qu'on ne sait pas comment les gens vont recevoir la BD, s'ils vont l'aimer, si ça va marcher, et plein d'autres questions dans le même genre.
On prends beaucoup de plaisir à faire ce que l'on fait, mais malgré tout on le fait pour des gens et on attend leurs réactions.
Il y a toujours ce stress de se dire "Et si les gens n'aiment pas, si ça ne les touche pas ?" parce que ce qui nous touche, on a forcément envie que ça touche les autres.
Mais en tout cas, les premiers retours qu'on a eu jusque maintenant, c'est que du bonheur. On verra si ça continue dans cette voie. 
Mais l'idée que mon travail soit dans la bibliothèque d'enfants c'est juste incroyable.

Tu es toi-même une fan de BD ? Tu en lis beaucoup ?

J: Oui et non. 
J'adore les BD, mais des choses très particulières comme par exemple Beauté de Kerascoët ou Morgane de Stéphane Fert et Simon Kansara. Des BD avec un style graphique particulier.
Par contre, je n'ai pas du tout grandi avec Spirou, Tintin, Astérix et Obélix et les autres. Je pense que je ne suis pas une grande fan de classiques.
Après j'ai quand même plein de BD parce qu'il y a plein de choses qui me touchent et encore plus maintenant. Je consomme de la BD mais il faut vraiment que j'ai un affect avec l'histoire ou le graphisme.


Et toi Carbone tu es une fan de BD ? Parce qu'il me semble qu'au départ ce n'est pas vraiment ton choix de carrière.

C: En effet, je suis enseignante en maternelle et je tombe déjà dans la littérature jeunesse par le plus grand des hasards et j'arrive à la BD par le plus grand des hasards aussi.
J'ai des frères qui sont très bédéphiles mais moi je ne le suis pas forcément, même si j'ai lu des classiques.
Pour dessiner il y a des écoles et des cours pour acquérir les bases et tout le reste, mais pour le scénario il n'y a rien.
Quand j'ai commencé je ne savais pas à quoi ressemblait un scénario de BD, donc je l'ai fait comme je pensais que ça devait se faire.
Je fais le synopsis et en le faisant je fais directement le découpage visuel, car j'ai besoin de voir sur la planche ce que ça donne en gros. Après cela reste une proposition et le dessinateur est totalement libre de modifier.
J: Mais ça aide énormément, surtout pour une première BD.
C: Moi je fais ça un peu comme un film: j'ai le film qui est très flou mais j'ai les personnages et je sais comment ils doivent être. Après je fais des arrêts sur image et je me demande si le dessin doit être en gros plan, en plan large, ou autre et je mets tout de suite les bulles.
Mais en fait, je ne savais pas que ça ne se faisait pas comme ça.

Ah oui, tu voles un peu du travail de Justine en fait *rire*

J: Oui mais c'est top, surtout pour une première BD, quand on ne sait pas vers quoi on doit se diriger. Quand elle envoie les pages, tu peux déjà lire, imaginer et te projeter et c'est génial parce que tu n'as "plus qu'à" dessiner.
L'avantage c'est que j'ai pas à me poser 36 mille questions parce que j'ai déjà une énorme base que je peux suivre ou modifier. Mais les neuf-dixième de ce qu'elle me propose, je les garde tels quels.
C: Et je pense que c'est ce qui fait aussi un peu ma force et ce qui m'a fait repérer auprès des éditeurs et de Dupuis notamment. Au bout d'un quart d'heure l'éditeur sait s'il veut mon projet ou non, car il a le pitch, le synopsis et quelques planches découpées.
Par contre, je ne sais pas faire de gags. Si on me le demande je le fais, mais c'est pas ce que je préfère faire.
Ici par exemple on nous a demandé une planche sur l'O.N.U. pour Spirou. Je l'ai faite pour l'exercice, mais je serai incapable de faire un 48 pages. C'est vraiment quelque chose de particulier et de technique qui ne me convient pas. Mais j'admire ceux qui savent le faire.
C'est comme les grandes descriptions et les romans. J'ai fait quelques romans mais ce n'est pas ce qui m'éclate le plus.
J'aime les choses qui vont vite: quand je suis sur un scénario, en trois semaines, un mois maximum tout est écrit, découpé et c'est fini. Alors que si je devais en faire un roman, je mettrais peut-être six mois à tout écrire, tout en ayant la contrainte du nombre de signes. Ce n'est pas pour moi.
J: Et puis l'avantage, c'est que lorsqu'on reçoit ton scénario, on sait déjà ce que toi tu imagines et ça c'est un énorme plus. On a ta vision et on sait qu'on peut amener la nôtre. Pour une première BD et pour la BD en général, c'est génial de recevoir ça.
Je ne sais pas ce que j'aurais fait si tu m'avais envoyé un texte. En fait je crois qu'il n'y aurait pas de BD *rire*
C: C'est ma façon de travailler et je ne sais pas faire autrement. C'est comme ça que je le sentais, mais sans savoir comment se faisait un scénario de BD. Je n'en avais jamais vu et comme on l'a dit, il n'y a pas d'école de scénariste.
mes scénarios ressemblent à ça: des cases bleues avec quelques indications et des bulles de couleur.
J: Et c'est très cool parce que tu peux lire la BD sans même avoir les images. Par contre, je ne sais pas du tout comme je ferais si un autre scénariste me proposait un scénario et me disait de le découper. Parce que finalement le découpage ça reste du scénario, parce que tu dois donner un rythme.

Vous avez prévu combien de tomes pour Lya ?

C: On est partie sur un triptyque. Si ça fonctionne on peut continuer sur un autre cycle, j'ai déjà les idées. Mais pour le moment c'est un triptyque.
Sachant qu'en plus on a une autre série en commun qui va arriver vite.

Encore en duo ?

C: Cette fois c'est un trio. Je suis co-scénariste avec Nicolas Bary et là on part sur six tomes. C'est Justine qui dessinera les six tomes.

C'est une commande de Dupuis ?

C: C'est Dupuis qui nous a mis en relation, oui.

Mais du coup, tu dors quand ? *rire*

C: Oh mais je dors beaucoup ! Je dors beaucoup et je travaille vite. Et heureusement, parce que sinon je ne pourrais pas dormir. Mais oui, j'ai quand même signé sept séries chez Dupuis cette année, donc ça fait beaucoup de boulot.

Justine, c'est ta première Foire du Livre en tant qu'autrice, qu'est-ce que ça te fait?

J: Ah mais ce week-end ce sont toutes mes premières fois en tant qu'autrice: interviews, dédicaces, etc.
C'est cool mais c'est quand même beaucoup de pression.

Surtout que c'est une sortie en avant-première pour Lya, donc vous n'avez pas encore eu beaucoup de retours sur la BD.

C: On a quand même eu quelques retours, parce que Lya est en prépublication dans le Spirou. Donc c'est chouette parce qu'on a vu des gens en dédicace qui avait lu Lya dans le Spirou et qui viennent acheter la BD.
J: Et on a quand même eu beaucoup de gens qui sont venus aussi en nous disant "J'ai vu la couverture, j'ai bien aimé donc je la prends."
Les premiers retours semblent bons.


Vous ne l'avez proposée qu'à Dupuis?

J: On l'avait envoyée à Dupuis, mais quand on attendait leur réponse on l'a aussi envoyée à un autre éditeur.
C: De toute façon, maintenant je propose mes projets en priorité à Dupuis.
J: Oui, notre priorité c'était Dupuis. Mais on a reçu une réponse d'un autre éditeur qui nous a envoyé un pavé expliquant qu'ils aimaient beaucoup l'histoire, mais que ça avait fait l'objet d'un grand débat chez eux parce qu'ils n'étaient pas sûrs que le graphisme soit approprié à l'histoire.
C: Je ne me rappelle pas du tout.
J: Mais si ! Et ils avaient même conclu en demandant pourquoi tous les personnages avaient des lunettes... Et moi j'étais là: "Mais on s'en fout ! On est beaucoup dans le monde à avoir des lunettes, je vois pas où est le problème."
Apparemment ils trouvaient ça compliqué d'avoir un personnage handicapé sur trois volumes.
Alors oui c'est compliqué, mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas le faire.
C: Je ne me souviens toujours pas *rire*
J: C'est pas grave, tu retrouveras ton mail *rire*
Mais cette réponse m'a marquée parce que c'était le premier retour qu'on recevait, et ils disaient qu'ils étaient intéressés mais qu'ils avaient peur de ce que ça pouvait donner.
Mais bon, comme Dupuis a répondu le même jour en disant que c'était ok et qu'ils étaient notre priorité, on n'a pas hésité.

Il y a déjà une date de sortie prévue pour le prochain tome ?

C: Oui, c'est prévu pour janvier 2020.
J: En fait ça devait être pour septembre-octobre parce que je vais le terminer en juin. Mais je vais commencer notre autre projet en juillet et ça devrait durer jusque janvier. Donc je pourrai commencer le tome 3 de Lya seulement après.
Donc pour ne pas qu'il y ait un trop grand écart entre le tome 2 et le tome 3, on a repoussé la date du tome 2 en janvier pour être sûrs ça ne fasse pas trop long.
C: Et puis c'est bien, ça fait moins d'un an entre les deux tomes, c'est un délai raisonnable.

J'ai hâte de lire ça en tout cas ! Merci d'avoir pris le temps de me répondre, et bonne continuation.

C: Merci.
J: Merci.
Dans les yeux de Lya par Carbone Cunha © Dupuis 2019
Photos: Antoine Dognaux

mercredi 20 février 2019

Foire du Livre de Bruxelles 2019 - Que d'émotions !


Cette année encore je me suis rendue à la Foire du Livre de Bruxelles à Tour & Taxis et le moins que l'on puisse dire c'est que cette édition était vraiment exceptionnelle !

Vendredi

Départ vers 10h ce vendredi avec le frérot. Nous prenons le train pour la deuxième année consécutive, car force est de constater que c'est quand même beaucoup moins stressant que de prendre la voiture ! Surtout que je déteste conduire dans Bruxelles...

Dès l'entrée nous sommes sur le stand de Kennes Editions, qui a bien grandi depuis sa première venue sur la Foire ! Et ça tombe bien que l'on soit là, car je peux directement aller dire bonjour à Marie Potvin, que j'avais eu l'occasion de rencontrer en 2016. Trois ans déjà !
Mais Marie est toujours aussi sympa et c'est un vrai plaisir de la revoir et de papoter un peu, tout en lui faisant dédicacer le dernier tome des Filles modèles paru chez nous. J'ai d'ailleurs hâte de pouvoir lire la suite !


Après cette petite séance de papotage, je file sur le stand de Livr'S pour retrouver ma copine Caladhiel qui est cette fois de l'autre côté de la table sous le nom d'Ellen McNett, puisqu'elle dédicace son premier album jeunesse Kalila le koala a le vertige, illustré par Crystèle Lim.
Je suis tellement contente pour elle, car cet album est vraiment superbe ! Ce qui est encore plus cool, c'est le succès que Kalila va avoir tout au long du week-end, car on a plutôt bien fait la pub de cet album autour de nous ! C'est top de voir que les gens s'y intéressent !

Mais pas le temps de traîner car j'ai rendez-vous à 14h sur le stand Dupuis pour ma première interview du week-end: celle de Carbone et Justine Cunha.
Celle-ci se fera finalement dans le salons des auteurices qui est un petit endroit très sympa pour se poser et faire une interview.
J'ai déjà eu l'occasion de rencontrer Carbone lors de la Fête de la BD en septembre dernier, mais c'est la première fois que je vois Justine, ce qui n'empêche pas le courant de tout de suite passer entre nous. La preuve, on se retrouve rapidement à parler Harry Potter, livres et films confondus.
Cependant, il faut aussi passer aux choses sérieuses et réaliser cette interview. Je ne vous en dit évidemment pas plus, vu que celle-ci sera rapidement disponible sur le blog.


Après ce très chouette moment passé avec les deux autrices, nous attendons Kid Toussaint en papotant avec Jocelyne, l'une des attachées de presse de chez Dupuis, que j'ai déjà eu l'occasion de voir quelques fois et qui est vraiment très sympa.
J'aurais d'ailleurs plein d'occasion de la revoir durant ce week-end de folie.
Kid Toussaint arrive peu après et me précise que je fais bien de l'enregistrer, car il dit qu'il parle vite. Et effectivement, son débit de parole est assez soutenu et je suis plutôt contente de ne pas devoir prendre de notes.
Nous parlons de la BD Kid Noize dont il a scénario le premier tome, mais également d'Animal Jack et Télémaque en passant par Magic 7. Tout cela en... Quinze minutes top chrono !

Après cela, il est temps de faire une petite pause et de retrouver Ellen sur son stand, où je retrouve également Cindy
On fait également un peu le tour du salon avec mon frère, étant donné qu'on n'en a pas encore vraiment eu l'occasion.

Cependant le temps passe vite et il est déjà 17h30 !
Je me rends au Palais de l'Imaginaire car j'ai une inerview de prévue avec Kid Noize à 17h40. J'ai vingt minutes pour le rencontrer car il dédicace à 18h. Et je peux vous dire qu'il est attendu !
Le stand Dupuis se trouve juste en face du Palais de l'Imaginaire, et il y a une telle effervescence autour du stand et une telle tension dans l'air ! C'est impressionnant !
Moi-même, je n'en mène pas large j'avoue.
Mais quand il arrive en compagnie de Sophie, elle aussi attachée de presse chez Dupuis, et qu'on se retrouve dans la loge, c'est tout de suite beaucoup plus calme et plus détendu.
Kid Noize est vraiment très sympa, il prend le temps de répondre à mes questions, même s'il doit aussi régler certains détails avec les régisseurs pour son set de 20h.
Mais le courant passe bien, il répond à toutes mes questions, ainsi qu'à celles de mon frère, prends le temps de faire des photos avec nous et de me dédicacer ma BD.
Bref, c'est un moment vraiment génial et unique !

C'est là-dessus que se termine ce premier jour à la FLB. On reprend le train pour rentrer à la maison se reposer, car samedi on sera de nouveau sur place. Enfin moi, le frérot m'abandonne... 


Samedi


Samedi matin je prends le train à Gembloux en compagnie de Mallou14 et c'est chouette de pouvoir papoter un peu, même s'il n'y a pas très longtemps qu'on s'est vues.
On arrive sur la Foire vers 11h30 et là encore, notre première halte est le stand Livr'S pour aller faire un coucou à Ellen et récupérer d'autres exemplaires de Kalila.
C'est aussi là que le reste de la Drama Police nous rejoint: Robin, Gilwen et l'Ogre Charmant sont là et déjà cela dégénère... On parle fort et on rit beaucoup.
Nous décidons d'aller retrouver Cindy qui dédicace sur le stand de Dilibel pour lui faire un petit coucou, puis on se retrouve très vite installé à une table de la Halte Gourmande pour manger un peu.

Je m'éclipse à 13h30 pour retrouver Nob dans le salon des auteurices pour ma dernière interview du week-end.
Là encore, je fais vraiment une chouette rencontre. Nob est vraiment très sympa et on sent que c'est quelqu'un de simple et de très ouvert. On échange un petit moment et il prend le temps de dédicacer ma BD. Par contre, il sera un peu en retard à sa séance de dédicaces... Sorry

Et moi je suis un tantinet en retard pour la conférence à laquelle participe Cindy: "L'avenir de la littérature est-il féminin ?"
Malgré un titre un peu fourre-tout, la conférence est vraiment très intéressante ! La seconde intervenante a des propos très pertinents et c'est comique de voir à quel point je finis par connaître Cindy, car je connais déjà ses réactions face à certaines questions avant qu'elle n'y réponde.

Après cette conférence, je retrouve Isabelle avec qui j'ai fait mes études, et on décide de faire un tour du salon. En chemin, j'arrive à la faire craquer sur le premier tome des Soeurs Carmines qu'elle peut faire dédicacer à Ariel Holzl puisqu'il est présent sur le stand des Indés de l'Imaginaires. C'est sur ce stand que je revois aussi Katia Lanero-Zamora avec qui on échange un peu. Je l'avais déjà revue à Montreuil, mais c'est toujours un plaisir de parler avec elle ! Il faut d'ailleurs que je continue ma lecture de ses livres...

On refait un tour chez Dilibel pour qu'Isabelle puisse acheter et faire dédicacer Terre de Brume. J'en profite pour faire dédicacer mon propre exemplaire, que je n'avais pas avec moi aux Halliénnales, car je l'avais prêté.
Et ça tombe bien, puisque juste à côté de Cindy, il y a Geneviève Guilbaut qui dédicace Textos et Cie. J'en profite donc pour prendre le tome 3 et le lui faire dédicacer.

Un dernier petit tour chez Kennes, afin que je puisse également revoir Rose-Line Brasset que je n'avais plus revue depuis 2016 et où Isabelle craque sur le premier tome de Gamer de Pierre-Yves Villeneuve et il est déjà temps de se dire au revoir.


Je décide donc de retourner une dernière fois chez Livr'S pour revoir Ellen et je suis surprise d'y rencontrer Virginie, sa meilleure amie venue lui faire une surprise. C'était vraiment drôle, car j'ai eu un moment de bug quand elle m'a tapoté l'épaule pour le dire bonjour.
Et que dire de l'émotion d'Ellen lorsqu'elle la vue... Bref, j'ai bien failli verser ma petite larmichette. 
Et sur le même stand c'est une autre Virginie que je revois. Nous l'avions rencontré aux Halliénnales en 2018 alors qu'elle était sur le point d'accoucher, et la voilà venue acheter Kalila en compagnie de sa petite Gaïa... C'est vraiment trop chou de les revoir !

Après cela, je passe faire un petit craquage chez MxM Bookmark (2 livres ça va, c'est raisonnable !) sous les bons conseils de Gilwen, puis il est déjà temps de dire au revoir à tout le monde, car la journée se termine et que Mallou14 et moi repartons en train.


Et voilà comment se termine cette édition 2019 de la Foire du Livre de Bruxelles !
Celle-ci aura donc été remplie d'émotion et d'excitation ! C'était génial de voir Ellen sortir son premier livre et que celui-ci rencontre autant de succès durant un week-end !
Revoir la Drama Police est toujours du pur bonheur, assaisonné de rire et de thé ! Quelle team de folie nous formons !
Et enfin, réaliser ces interview aura été une très chouette expérience ! Les attachées de presse des éditions Dupuis se coupent toujours en quatre pour tout plannifier et faire en sorte que tout se passe bien et je les remercie vraiment pour ces opportunités !
J'ai hâte de pouvoir vous proposer ces interviews car j'ai passé de très bons moments en compagnies de ces auteurs et autrices.

Et puis finalement, j'aurais été plutôt raisonnable ce week-end 😉