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lundi 4 novembre 2019

Interview de Christian et Lou Darasse à la Fête de la BD de Bruxelles


Après avoir pas mal procrastiné (en même temps, j'ai eu des semaines assez chargées ces derniers temps) je peux enfin vous proposer l'interview de Chrisitan et Lou Darasse, le duo père-fille aux commandes de Tamara.
Deux personnes très sympathiques et très ouvertes, avec qui j'ai passé un très agréable moment.
J'espère qu'il en sera de même pour vous !
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Ça fait déjà plus de 15 ans que Tamara existe en BD et sur toutes ces années vous avez été plusieurs sur le projet. Ce n'est pas trop compliqué de passer le relai à chaque fois ?

Lou Darasase: Ca c'est pour toi.

Christian Darasse: Moi je prends les relais au fur et à mesure. J'ai d'abord eu Benoit Drouzi (Zidrou) et puis maintenant après qu'elle nous ait aidé pendant quelques années, elle est devenue la titulaire du scénario. Comme le dit plaisamment Zidrou, c'est elle qui est maintenant sur le pèse-personne, lui il en est descendu.

LD: Il y a eu Bosse aussi

CD: Oui, il y a eu Bosse qui m'a aidé à dessiner de l'album 7 jusqu'au 14.

Et toi Lou, comment es-tu arrivée sur le projet Tamara ?

LD: En fait, comme il le disait, depuis l'album 7 je donnais déjà des idées de temps en temps. J'inventais des petites histoires, des petits gags ou des petites altercations entre les personnages, des chose comme ça.
Ensuite quand Zidrou a senti qu'il commençait à vouloir partir sur autre chose, on a travaillé à deux sur deux albums: j'écrivais la structure, le fil rouge de l'histoire et quelques gags et lui écrivait d'autres gags et corrigeait mes pages pour que ça rentre bien dans l'univers de Tamara. Il corrigeait les erreurs de scénario, etc.
Au bout d'un moment il a dit "Voilà tu es prête, maintenant je peux m'en aller" et il m'a laissée seule. *rire*
Donc le dernier album je l'ai fait toute seule.


Ca a toujours été ton envie de faire de la BD ou tu as eu envie à un moment de faire autre chose ?

LD: J'ai toujours adoré la BD et j'ai toujours adoré raconter des histoires et dessiner. Je baigne dedans depuis que je suis petite, donc c'était une chance pour moi de pouvoir embrayer sur Tamara. Je suis super contente de faire ça.

Est-ce que ce n'est pas trop compliqué de travailler en famille ?

LD: Non

CD: Non ça va bien. Sauf qu'elle est très sévère et qu'elle met beaucoup de cases dans les pages. Et beaucoup de personnages dans toutes les cases. *rire*

LD: C'est pas vrai. Mais bon, en même temps il faut bien que je lui donne du travail !

CD: Mais quand je lui fais la remarque elle me dit que ça fait 40 ans que je fais ce métier et que je suis certainement capable de m'adapter à ce qu'elle fait.

LD: Il est capable. Il fait ça très bien


C'est donc vraiment un travail d'équipe.

LD: Oui c'est un travail d'équipe.
On parle déjà de l'idée de base, pour savoir si ce à quoi je pense lui plait et est dans le thème de l'album. Ensuite j'écris le squelette en collaboration avec lui et avec notre éditeur, Benoit Fripiat et puis j'avance.
De temps en temps, s'il a quelque chose à redire, il se plaint, il me dit "Oh non j'aime pas ! Tu peux pas changer ça ?" *rire*

CD: C'est plutôt dans l'autre sens que ça se passe...

LD: Oui c'est parfois dans l'autre sens. Et puis on négocie aussi beaucoup.

L'idée de faire entrer Tamara dans l'âge adulte, c'était l'idée de qui ?

LD: C'est une idée que j'ai eu déjà il y a un moment et qui m'a toujours amusée. On en avait déjà parlé avant, mais sans le concrétiser en se disant que les personnages de BD ne grandissent pas.
Et puis finalement comme dans le film elle a grandi, ça m'a donné envie d'en profiter pour embrayer et la faire grandir aussi dans la BD. Pour qu'il y ait une logique pour les lecteurs et les spectateurs. Qu'ils ne se demandent pas où se situe l'action suivant si Tamara est adulte ou pas.

Christian, ça ne vous a pas trop perturbé de faire grandir votre héroïne après autant d'albums ?

CD: Non. Mais elle était déjà grande. Quand on voit la tête qu'elle a dans le premier album, elle a déjà changé.
Donc j'ai juste un peu poussé les choses: j'ai changé sa coiffure, je l'ai habillée différemment et c'était fait.


Elle va continuer à évoluer et à grandir, vous ne reviendrez pas en arrière ?

LD: Non, pas de machine à remonter le temps.

CD: Par contre, on va peut-être pas tirer l'histoire jusqu'à ses 50 ans avec des petits enfants.

En parlant de suite, où est-ce que vous en êtes dans la chronologie de Tamara ? Un prochain ou des prochains tomes sont déjà prévus ?

LD: Plusieurs tomes sont déjà prévus, qui sont en cours de création. On n'a pas encore de date de sortie, mais on travaille là-dessus.

Vous avez déjà une idée de fin, ou vous êtes plus du genre à vous laisser porter pour voir où l'histoire va vous mener ?

LD: On a des idées, mais on ne les dira pas. *rire*

CD: Mais sinon oui, on a des idées et on a envie de clôturer ça de manière positive et feel-good.

LD: Quelque chose de sympa.


A part Tamara, vous avez d'autres projets BD ? A deux et séparément ?

CD: Toi il me semble que tu aimerais bien scénariser pour d'autres.

LD: Oui, j'ai des idées et des projets, mais je manque un peu de temps pour les mettre en route en ce moment.

Des projets pour des séries qui existent déjà ou autre chose ?

LD: Non, totalement autre chose. Mais on verra.

CD: Ici on a fait une petite incursion dans Spirou à nous deux à l'occasion du numéro spécial de l'été, sur 1969 et la conquête spatiale. On a fait cinq pages de science-fiction alors que je n'en avais plus fait depuis des millénaires. Je me suis vraiment régaler.
Et puis, je pense que c'était sympa pour toi d'écrire le scénario.

LD: Oui, surtout que j'adore la science-fiction.

D'autres projet que Tamara de votre côté, Christian?

CD: Non, pas pour l'instant. Mais le prochain projet sera sans doute de la science-fiction. En tout cas c'est ce que j'ai envie de faire.


L'idée de créer la BD Tamara venait de qui au départ ? De vous ? De Zidrou ?

CD: C'est Zidrou qui a trouvé l'idée et le rédacteur en chef m'a fait lire en disant que ça devrait me plaire. Et effectivement ça m'a plu.

Mais vous connaissiez déjà Zidrou avant ce projet ?

CD: Oui, on avait fait plein de bêtises dans le Journal de Spirou avec Thierry Tinlot. Je connaissais bien ce qu'il faisait et on s'entendait déjà très bien.
C'était une chouette époque.

Merci à vous deux d'avoir pris le temps de répondre à mes questions.

CD et LD: Avec plaisir.


Tamara par Bosse Darasse Lou Zidrou © Dupuis 2019

mercredi 2 octobre 2019

Interview de Karensac à la Fête de la BD de Bruxelles


Voici donc ma première interview réalisée lors de la Fête de la BD de Bruxelles.
Théoriquement ce n'est pas la première, vu qu'elle a eu lieu le samedi, mais c'est la première que j'ai pris le temps de retranscrire. Oui, je fais ma rebelle...
Les autres interviews arriveront très prochainement.

Bonne lecture !
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Avant toute chose, question importante: comment va Brioche (nda: son chien):

Karensac: Brioche est tombé dans une piscine, mais il va bien. Il est en pleine forme.

D'où vient l'idée du personne d'Aubépine et de son histoire ?

K: En fait j'ai grandi à la montagne, jusqu'à mes huit ans et j'ai toujours beaucoup aimé ça. L'idée c'était de créer une petite fille comme héroïne, mais qui ferait autre chose que des activités dites "de fille" comme de l'équitation, de la danse - même si c'est très bien de faire ça. 
Parce que souvent dans la bande dessinée on a des héroïnes un peu passives et là j'avais envie d'en créer une qui allait vivre plein d'aventures. En fait je suis très très fan de tout les dessins animés américains de type Adventure Time ou Gravitiy Falls, donc j'avais envie de faire quelque chose dans cette idée. 
Mais il y a aussi d'autres référence comme Over the Garden Wall, ce genre d'univers un peu fantastique, mais avec une héroïne.

Pour casser les codes et des stéréotypes ?

K: En fait je ne me suis pas vraiment posé la question. Pour moi ça allait être une héroïne et pas un petit garçon. Je ne me suis pas dit qu'il fallait que ce soit une héroïne, c'était juste naturel pour moi de faire une petite fille.

Le prénom d'Aubépine t'est venu tout de suite ?

K: Alors non. En fait j'avais dessiné le personnage et j'avais mis sur Facebook: "J'aime bien ce personnage, j'ai envie d'en faire quelque chose et j'ai déjà ma petite idée. Par contre je n'arrive pas à lui trouver un nom, donc est-ce que vous avez des propositions?" et j'ai eu plus de 150 propositions et quelqu'un a proposé Aubépine et j'ai vraiment flashé sur le nom. C'était à la fois sympa et original, tout en étant un vrai prénom.
En plus ça tombait bien puisque c'est justement un arbre qui a des épines, je trouvais ça assez cool. Malheureusement je ne me rappelle plus du nom de la personne qui a proposé ça, parce qu'il y a déjà quatre ou cinq ans.

Et finalement ça colle bien avec tout ce que tu as fait autour. Le nom du personnage marche très bien avec tout ce qu'il lui arrive et avec le fait qu'elle passe de la ville à la montagne.

K: Oui, en plus l'aubépine c'est un arbre qu'on retrouve à la montagne justement. 
D'ailleurs c'est marrant parce que pendant les vacances, j'étais justement dans la montagne et j'ai vu des aubépines dans des coins complètement paumés de là où on était, alors qu'on avait justement quitté le sentiers où on marchait. 
Donc j'étais là à m'extasier "Oh regardez des aubépines" et mes parents étaient un peu blasés "Oui c'est bien, mais maintenant il faudrait retrouver notre chemin parce qu'on est perdus." *rire*

Si j'ai bien suivi, il y aura quatre tomes: un pour chaque saison. Tu comptes t'arrêter là ou tu as envie d'aller plus loin?

K: Il y aura effectivement quatre tomes, avec le quatrième qui sort en janvier et qui se déroulera au printemps. Après avec Thom Pico, on va sûrement se lancer sur un deuxième cycle, qui sera aussi en quatre tomes et où on gardera le principe des saisons, mais où l'action ne se passe plus à la montagne. 
Mais ça ne se passe pas à la ville non plus. Ca se passe dans un autre cadre; un peu plus marin et un peu plus exotique.

D'accord. J'ai hâte de voir ça !

K: Merci.


Et donc justement, comment se passe ta collaboration avec Thom Pico ? Comment vous gérez votre travail ?

K: En fait on est pote depuis longtemps, ça fait dix ans qu'on se connait. Et on vit vraiment à deux kilomètres l'un de l'autre. Lui fait parfois des petites retraites à la campagne, donc il y a des moments où on ne se voit pas.
Il y a une métaphore que j'aime bien utiliser pour parler de nous. Je dis tout le temps que j'arrive avec mes briques et que Thom m'aide à monter le mur tout en amenant quelques briques à lui aussi.
On réfléchit l'histoire ensemble: moi je lui balance toutes mes idées et lui va m'aider à les canaliser. Ensuite quand on a vraiment réfléchi au squelette de l'histoire lui de son côté va un peu habiller ce squelette en rajoutant les dialogues et le reste. 
Une fois qu'il a fini ça, je reviens dessus en donnant mes idées, en regardant la cohérence de l'histoire et en rajoutant une ou l'autre idée de blague.
C'est vraiment un ping-pong, un échange constant entre nous parce qu'après il peut aussi faire des remarques sur le dessins. 
Remarques que je n'écoute pas, parce qu'il n'est pas dessinateur, donc je ne lui fais pas confiance *rire* En gros c'est vraiment un échange et une collaboration. 
Ce n'est pas juste lui qui fait le scénario de son côté et moi le dessin de mon côté. On discute beaucoup.

Ça doit aider de se connaître depuis autant de temps pour bosser ensemble, non ?

K: Oui ça aide beaucoup.
Après le souci, c'est que comme on se connaît depuis très longtemps, parfois on a tendance à "mal se parler" et à se chamailler, vu qu'on est pote. Mais au moins on est honnête et rien ne reste en plan.

Et il n'y a pas de non-dit.

K: Ah non, là c'est clair, il n'y a aucun non-dit !
Parfois on fait des réunion d'écriture et on se lance des piques, du genre "Mais c'est complètement débile ce que tu mets !" *rire*
Mais clairement, ça se passe bien et c'est pour cela que je continue de faire la suite avec lui.

A part le prochain cycle d'Aubépine, tu as d'autres projets en cours ? En BD ou ailleurs ?

K: J'ai quelques de projets à d'autre à gauche, mais comme ce n'est pas signé je ne peux pas trop en parler. Mais j'ai potentiellement une autre BD adulte avec une scénariste.
J'ai aussi d'autres projets perso, mais en ce moment avec Aubépine je n'ai pas le temps de les développer.
J'ai normalement aussi une autre BD avec une autre scénariste, mais pareil, je n'ai pas encore le temps de faire le dossier et elle travaille pour la TV et n'a pas le temps de s'y mettre tout de suite non plus.
Le truc c'est de trouver du temps. Parce que finalement Aubépine c'est assez chronophage.


Surtout que les dates de sortie des différents tomes étaient assez rapprochées (nda: le premier tome est sorti en avril 2018, le deuxième en septembre 2018 et le troisième en février 2019)

K: Oui, il y a à chaque fois à peu près six mois entre chaque tome, donc c'est du boulot. C'est pour ça que là je suis un peu fatiguée *rire*
Parce que pour écrire le tome 2 et le tome 3 j'ai à chaque fois mis à peu près quatre mois.
Du coup pour le tome 4 je prends un peu plus mon temps. Et c'est agréable de d'avoir un peu de temps pour travailler tranquillement.

Et un peu de recul aussi, peut-être ?

K: Oui, parce que les tomes 2 et 3 je les ai un peu faits dans la précipitation.
Après, je ne suis pas mécontente de ce que j'ai fait, mais parfois je tique sur l'un ou l'autre détail.
Je ne relis pas tout le temps mes livres, mais comme je m'en sers comme base de travail pour les suivants, parfois je me dis qu'il y a certaines choses que j'aurais pu faire autrement.
Par contre, un édition américaine est prévue pour bientôt et ça m'a permis de changer quelques petits détails. Par exemple, pour le premier j'ai changé les montagnes de l'arrière-plan parce que j'ai changé de style de dessin entre le tome 1 et les autres tomes. Du coup c'était plus cohérent de les modifier.
J'ai aussi boosté quelques couleurs, parce que sur mon écran elles étaient super vives mais à l'impression elles étaient plutôt ternes.

Tu es un peu perfectionniste, non ?

K: Oui, oui !
Après ça ne m'empêche pas de dormir, mais là comme l'occasion s'est présentée, j'en ai profité pour faire quelques modifications qui me semblaient pertinentes.

Sinon j'ai vu que tu avais fait des études dans un autre domaine avant de faire de la BD. Tu as fais des études d'architecture, c'est ça ?

K: Oui, je suis architecte.
J'ai terminé mes six ans études et j'ai bossé trois ans dans une agence d'architecte. Mais j'ai toujours fait de la BD à coté.
En gros, pour la petite histoire quand j'avais dix ans, j'ai dit à mes parents que je serai soit architecte, soit autrice de BD. Du coup ils m'ont poussé vers l'architecture, parce que c'était plus sécurisant que la BD. Mais j'ai toujours continué à faire du dessin à côté.
Et finalement aujourd'hui mes parents sont plus fiers que je sois autrice de BD qu'architecte, parce qu'ils voient que je suis plus épanouie dans ce métier.

Donc tu es maintenant à temps-plein sur tes projets de BD. Ca va, ça ne te fait pas trop peur d'être "sans filet" ?

K: En ce moment ça va, vu que j'avais bossé trois ans en agence, j'ai eu deux ans de chômage pour voir venir. Et vu que j'ai Aubépine et quelques petites commandes par-ci par-là, j'arrive à en vivre.
Forcément, en tant qu'architecte ma vie était plus confortable, mais maintenant je peux prendre des vacances quand je veux.
Bon, dans les faits je n'en prends pas du tout vu que je travaille tout le temps *rire*
En tout cas c'est un milieu et un mode de vie qui me correspondent plus.
Mais c'est vrai qu'il y a aussi ce côté flippant de se dire que si je n'ai pas de BD qui sort, je n'ai pas d'argent qui rentre.
Cela dit, en ce moment ça marche, donc je ne m'en fais pas trop. Et comme j'ai encore normalement quatre tomes d'Aubépine qui doivent sortir, j'ai au moins du boulot encore pendant quatre ans, si ce n'est plus. J'ai le temps de voir venir.


Une question qui me turlupine: ça vient d'où le pseudo Karensac?

K: En gros, mon vrai prénom c'est Camille Gautier, mais il y a déjà une illustratrice qui s'appelle comme ça.
C'est arrivé quand je faisais des concours de t-shirt sur M. Poulet, il me fallait un pseudo. Je n'en avais pas, sauf bien sûr mes pseudo de collégienne, mais qui étaient beaucoup trop ringards. *rire*
Je voulais un pseudo qui commence par le son "Ca" comme Camille, mais avec un "K" parce que j'aimais et que je me disais que ça allait faire un peu breton.
Et bêtement, il y avait un paquet de Carensac sur mon bureau, alors que j'en mange pas trop parce que c'est quand même pas terrible le réglisse. Du coup je trouvais que ça sonnait bien comme nom et j'avais mis "Mademoiselle" devant parce que je trouvais ça sympa.
Alors qu'aujourd'hui je le regrette complètement ce mot et je me bats pour l'effacer *rire*

J'ai vu aussi que tu avais un blog, mais que ça fait un moment que tu ne l'as plus alimenté. Tu comptes y revenir ou pour toi c'est du passé?

K: Avant j'étais sur mon blog en soirée parce que je bossais comme architecte en journée et que ça me permettait de faire du dessin et de la BD.
Mais maintenant que le dessin est devenu mon quotidien, le soir je n'ai pas envie de dessiner pour moi. J'ai envie de sortir, de bouquiner, de regarder la TV, de faire plein de trucs, mais pas de dessiner, vu que c'est déjà ce que je fais la journée.
Donc ce n'est pas par manque d'envie, c'est plus par manque d'énergie que je n'y reviens pas.
Pour moi, il est un peu en stand-by, mais je sais qu'il est là si jamais j'avais envie de raconter quelque chose. Je ne pense pas du tout faire des notes quotidiennes, mais je n'écarte pas la possibilité d'y revenir de temps en temps.
Après, il y a Instagram qui est devenue une nouvelle plateforme où c'est plus facile de partager des choses avec le public.
Pourtant je suis une grande consommatrice de blog et quand je voyais que certains dessinateurs et dessinatrices n'alimentaient plus leur blog, j'étais triste. Mais quand on passe de l'autre côté, on comprend qu'on a plus de temps et d'énergie à y consacrer.


Tu es une fan de BD en général ?

K: Ah oui !

Qu'est-ce qui t'as le plus marqué en BD ?

K: Récemment ou dans ma jeunesse ?

Oh bah les deux ! *rire*

K: Petite, mes parents lisaient énormément de BD, donc j'en ai toujours eu à la maison. J'étais une très grande fan de Picsou et j'adorais Don Rosa. J'étais déjà pointilleuse à l'époque, genre "Moi je préfère Don Rosa parce que c'est mieux dessiné que les autres." *rire*
Une de mes premières claques c'était donc Don Rosa et j'avais dix ans. Et je voulais feuilleter les Picsou, mais on ne pouvait pas parce qu'ils étaient sous plastique. Et quand j'achetais un Picsou et qu'il n'y avait pas de Don Rosa à l'intérieur j'étais ultra frustrée.
Ma deuxième claque ça doit être vers 13 ou 14 ans quand je suis tombée sur le travail d'Aude Picault.
J'ai aussi découvert le manga à cette époque et ça a été une grande révélation aussi. Mon premier manga, c'était un manga un peu naze, c'était Love Hina. Et en anime, j'ai loupé toute la période Sailor Moon et tout le reste, mais j'ai regardé et adoré Card Captor Sakura.

Et ailleurs qu'en BD, quelque chose qui m'a énormément décomplexé sur mon dessin, c'est Adventure Time. Souvent ce sont des histoires un peu absurdes, mais c'est hyper drôle et ça parle autant aux enfants qu'aux adultes.
Quand j'ai vu ça, je me suis dit que c'était ça que je voulais faire.

Oui, je trouve que quand on lit Aubépine on sent la référence à Adventure Time.

K: En plus je cache des références à Adventure Time constamment. J'en mets partout. *rire*
Et j'adore ça parce que que les personnage n'ont pas d'articulations. Ils ont les bras mous. Du coup, Aude Picault et Adventure Time m'ont débloqué dans le dessin, à des moment différents. Aude Picault m'a fait réalisé qu'on pouvait avoir un trait beaucoup plus lâchés, sans que cela ne nuise à la lecture et Adventure Time c'était plus le fait de pouvoir plaire à la fois aux enfants et aux adultes.
En plus je me rends compte que notre génération, les adultes qui ont aujourd'hui 25-30 ans, ne sont pas fermés aux dessins animés, comme nos parents à l'époque qui disait que c'était pour les enfants.
Je pense que notre génération est beaucoup plus ouverte à ce média et à celui de la BD.

Merci d'avoir répondu à mes questions. J'ai passé un très chouette moment avec toi.

K: Oui moi aussi. Merci à toi.

Aubépine par Karensac Thom Pico © Dupuis 2019

mercredi 25 septembre 2019

Rencontres insolites à la Fête de la BD de Bruxelles


Vous le savez parce que j'en ai un peu parlé par ici, mais les 13 et 14 septembre j'étais à Bruxelles pour la Fête de la BD et plus particulièrement le Festival Spirou, puisque les éditions Dupuis m'avait proposé des rencontres insolites et des interviews très intéressantes. 

Vendredi

Cela a commencé plutôt calmement le vendredi, puisque je suis arrivée sur place vers 13h et que je suis tout de suite allée faire un petit coucou à ma copine Ellen McNett qui dédicaçait sur le stand de Livr'S.
Nous avons pu papoter et déjà faire un premier tour du salon, avant qu'elle ne doive retourner à son stand. Et puis moi j'avais aussi deux interviews de prévues, l'une après l'autre.

Je retrouve donc l'une des attachées de presse de Dupuis sur le stand, et après une petite frayeur avec un Thalys en panne, j'ai pu réaliser ma première interview du week-end, avec Gijé.
Gijé que je commence quand même à bien connaître, puisque c'est avec lui que j'ai réalisé ma première interview en février 2018. Et finalement, cette interview c'est plus une discussion un peu loufoque avec un bon copain. On rigole, on raconte quelques bêtises, et ça se passe super bien.


Etant donné que cette interview se déroule dans la réserve du stand Dupuis, nombre d'auteurs, d'autrices, d'éditeurs et d'éditrices gravitent autour de nous, entrant et sortant, tout en nous glissant des bonjours ou autres petits mots au passage.
Dans cette joyeuse mêlée, je peux saluer Justine Cuhna et Carbone que j'avais interviewées en février dernier à la Foire du Livre de Bruxelles et avec qui j'ai gardé contact sur les réseaux sociaux.

Après cette sympathique interview, j'enchaîne directement avec Olivier Bocquet le scénariste de FRNCK. Malheureusement Brice Cossu ne peut se joindre à nous, car son avion est en retard.
Là encore, Olivier est très sympa et très ouvert à la discussion, ce qui fait que la rencontre passe très vite.

Ces deux interviews terminées, j'ai quartier libre jusque 18h. Je décide donc de refaire un petit tour des stands et je profite qu'il n'y ait presque personne chez Rue de Sèvres pour acheter le dernier tome d'Astrid Bromure pour le faire dédicacer par Fabrice Parme qui est sur place.
C'est d'ailleurs dans cette file d'attente que j'apprend que mon frère a réussi son examen d'entée pour son école de cinéma, mais c'est une autre histoire...


Quand mon tour de dédicace arrive, je rencontre un auteur vraiment très sympathique, qui m'apprend que le personnage d'Astrid existe dans son esprit depuis des années et qu'il a de la matière pour faire au moins huit tomes supplémentaires. En voilà une bonne nouvelle !
Il m'apprend également qu'il s'est beaucoup inspiré de sa propre vie pour créer certains lieux et personnages et même une grosse partie de Comment lyophiliser le monstre du Loch Ness.
Je passe vraiment un moment privilégié avec cet homme.

Je passe la fin de la journée à déambuler sur le festival et me pose un peu pour lire et écrire, avant de terminer la journée au Huggy's avec Ellen.


Samedi


Dès le réveil, je sais que la journée de samedi ne sera absolument pas de tout repos. Je le sais parce que les chats d'Ellen m'ont empêché de dormir je me suis engagée à participer à trois rencontres insolites et à réaliser deux interviews. Parfois je me demande si je ne suis pas un peu trop optimiste sur ma capacité à gérer les choses...

Quoi qu'il en soit, me voilà à 10h à la chocolaterie Gerbaud en compagnie de blogueuses, lecteurs de Spirou et de membres de la team Dupuis pour une rencontre insolite avec Nob.
Forcément, cette rencontre est propice à la dégustation de chocolat sous toutes ses formes, et de ce point de vue nous somme gâtés ! Chocolat chaud, biscuits, pralines et sauce chocolat sont au menu.
Et au milieu de tout cela, nous discutons avec Nob, qui nous raconte diverses anecdotes assez amusantes et nous parle de sa manière de voir le métier de dessinateur.

Comme lors de mon interview de la Foire du Livre, Nob est quelqu'un de très chaleureux, avec qui il est très facile d'échanger.


Je dois malheureusement m'éclipser un peu avant la fin de la rencontre, car l'horloge tourne, j'ai rendez-vous à 11h30 avec Karensac et je n'aime pas être en retard.
Lorsque j'arrive sur le stand Dupuis, celui-ci est bondé, tout comme la réserve qui a été le lieu de mes deux interviews la veille.
Karensac me propose donc de réaliser l'interview à l'extérieur, ce que j'accepte avec plaisir car l'air est nettement plus respirable dehors.
Nous trouvons un petit banc sympa dans le parc et l'interview peut commencer, dans une ambiance décontractée.

Une fois cette nouvelle interview terminée, j'ai un peu de temps libre, ce qui me permet de manger un bout et de me poser un peu, avant la deuxième rencontre insolite de la journée: la table de conversation en québécois en compagnie de Maryse Dubuc, Jocelyn Boisvert et Pascal Colpron.
Table de conversation, qui n'en était finalement pas vraiment une, étant donné que nous avons eu droit à un cours accéléré de jeu de société par Jocelyn, pendant que son collègue Pascal se demandait réellement dans quoi il était tombé.


Heureusement, nous avons pu compter sur la team Dupuis pour tenter de nous ramener dans le droit chemin et poser des questions pertinentes.
Nous avons notamment appris qu'il est parfois difficile pour eux, en tant qu'auteur·ices québécois·es "d'européaniser" leurs gags pour qu'ils parlent au plus grand nombre, car parfois ceux-ci reposent sur un jeu de mots qui ne fonctionne qu'en québécois.
Ils insistent sur l'étroite collaboration qui existe donc entre eux et leurs éditeur·ices, afin que ceci arrive le moins possible. Mais cela n'est pas toujours simple, car les éditeur·ices, ne sont pas à l'abri de l'un ou l'autre belgicisme.
C'est décidément tout un programme de faire une BD dans notre beau pays !

Cette rencontre insolite se termine au bout d'une heure, mais je peux vous garantir que nous aurions pu en passer deux de plus sans que cela ne soit dérangeant pour personne. Mais bon, les auteur·ices ont des séances de dédicaces ou d'autres animations de prévues pour le week-end.

Mais ma prochaine interview n'est qu'à 15h30, ce qui me laisse le temps de filer vers le stand de Delcourt pour me procurer le dernier tome de Lila pour le faire dédicacer par Pauline Roland.
Et cela tombe bien, il n'y a qu'une seule personne devant moi dans la file d'attente. C'est ce qui s'appelle avoir du bol !
Quand vient mon tour, j'ai l'occasion de pouvoir échanger avec Pauline, qui est une personne vraiment hyper gentille. Elle est vraiment la gentillesse incarnée !
Nous parlons évidemment de sa BD que j'adore et de l'importance d'aborder ce type de sujet avec les plus jeunes. Je l'informe que nous possédons sa saga à la bibliothèque et que c'est une série qui a son petit succès auprès des jeunes ados (11-13 ans).
Pauline m'apprend qu'avec Séverine de la Croix, elles comptent bien continuer de faire évoluer le personnage de Lila afin de pouvoir aborder d'autres thématiques grâce à elle.
Voilà une nouvelle qui me réjouit !


Après ce moment d'échange très sympa, je cours jusqu'au stand Dupuis pour arriver pile à l'heure pour ma dernière interview du week-end; celle de Christian et Lou Darasse, le duo père/fille derrière Tamara.
Avant cela, j'ai l'occasion d'assister à la battle de dessin qui oppose justement Christian Darasse à Benoît Feroumont. Un sacré moment !

Encore une fois; l'interview se déroulera à l'extérieur, car la température sous le chapiteau du stand devient vraiment irrespirable.
Une nouvelle fois, je ne suis pas déçue par la rencontre. Les deux personnes en face de moi sont vraiment adorables et me permettent de passer un moment privilégié en leur compagnie, qui se termine par une petite dédicace sauvage.

Cette journée marathon atteint son point culminant à 17h, car nous sommes conviés dans les locaux du Grand Serment Royal et de Saint-Georges des Arbalétriers de Bruxelles pour une initiation à l’arbalète en compagnie de Benoît Feroumont, pour la sortie de sa BD Le Royaume de Blanche-Fleur.
Nous assistons d'abord à une présentation de la guilde et à un petit cours historique sur l’arbalète, qui s'avère réellement passionnant. Cela dit, l'homme qui nous fait cette présentation est un passionné et cela se ressent énormément dans son discours.


Après ce petit moment plus théorique, un verre nous est offert, avant que nous puissions tous tester notre habilité sur le pas de tir. Était-ce une bonne idée de nous servir de verre avant de nous mettre des armes entre les mains, je ne sais pas.
Chacun de nous apprend à tenir l'arme et à l'enclencher, avant d'avoir le droit de tirer deux flèches sur une cible située à 6m.

Comme vous pouvez le constater sur la photo, je n'ai pas à rougir de mon résultat puisque j'ai réussi à toucher la cible (héhé !) et que je me suis améliorée entre le premier et le second tir !
Mais bon, étant déjà très à l'aise avec une carabine à plomb, je n'avais pas trop d'à priori pour l’arbalète.


Après avoir discuté avec quelques autres membres de la guilde et fait dédicacer nos exemplaires du Royaume de Blanche-Fleur, il est maintenant temps de repartir et de rentrer chez soi.

Je suis vraiment très contente d'avoir pu assister à la Fête de la BD de cette manière. Rencontrer les différents auteur·ices de chez Dupuis est toujours un véritable plaisir, mais le concept des rencontres insolites à ajouter beaucoup de bonne humeur et d'originalité à tout ça.
Vivement les prochaines rencontres insolites !

Photos © Dupuis 2019
Photos © Cranberries