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mercredi 1 septembre 2021

L'Instant Bulles #29


Moriarty, tomes 9 et 10

Je continue d'être fan de la saga Moriarty, car à mon sens elle regroupe tout ce que j'aime: une réécriture d'une oeuvre connue (même si personnellement je n'ai jamais lu les romans d'Arthur Conan Doyle) à laquelle on rajoute de nouveaux protagonistes hyper charismatiques.
C'est le cas des dix tomes que j'ai eu l'occasion de lire et j'espère que cela continuera dans cette voie.

Après avoir sans le savoir déjoué les plans de Milverton concernant Jack l'Eventreur, le clan Moriarty finit par intéresser ce dernier et replace donc dans son viseur.
Mais c'est sans compter sans l'ingéniosité de tous ces protagonistes qui ont évidemment plus d'un tour dans leur sac et sont prêts à aller très loin.

L'étau se resserre néanmoins et on est impatient de savoir comme tout cela se règlera.
En tout cas, cela promet encore pas mal d'action et de plans méticuleux à mettre en place, ce qui me ravit !

Sherlock n'est évidemment pas en reste, même s'il n'est pas vraiment sur le devant de la scène. Mais je ne doute pas que son rôle prendra un peu plus d'importance dans les tomes à venir.

En proie au silence, tomes 6 et 7

Décidément cette série continue de me décevoir et je n'ai plus vraiment d'espoir concernant le dernier tome. Vraiment ces tomes 6 et 7 sont pour moi les pires, puisque l'autrice tente de dédouaner le personnage d'Hayafuji de ses responsabilités concernant les agressions et viols dont il est coupable, en se basant sur son "enfance malheureuse" et ça je vous avoue que j'ai vraiment du mal à l'avaler !

Je pensais vraiment que cette série traiterait le sujet avec tact et pédagogie et finalement je me retrouve presque à lire une saga qui fait tout le contraire. C'est limite si on n'y fait pas l'apologie du viol en fait.
En lisant les premiers tomes j'avais vraiment l'espoir que l'autrice traiterait le sujet intelligemment et c'était plutôt bien parti, mais depuis le tome 4 (ou 5, je ne sais plus) on a effectué un virage à 180 degrés et cela ne me plait vraiment pas

Et je ne comprends toujours pas l'intérêt du personnage de qui est extrêmement malaisant. Vraiment, cette fille est très cringe et n'apporte strictement rien à l'histoire.

J'espérais encore naïvement que les derniers tomes prendraient une autre tournure, mails je dois bien avouer que je n'y crois plus.
Je lirai tout de même le huitième et dernier tome, histoire de boucler la boucle, mais je ne pense plus que celui-ci va relever le propos.

Je peux évidemment me tromper, mais il y a assez peu de chance...

Une histoire du Velvet Underground

Voilà une BD totalement barrée que je viens de terminer. J'ai du mal à savoir si j'ai aimé ou non, car c'était vraiment très particulier.
Après, je connais vraiment très peu de choses sur le Velvet Underground et c'est aussi pour ça que j'ai lu cette BD: pour en apprendre plus sur ce groupe particulier.

Et finalement je ressors de cette lecture avec pas mal d'infos, mais avec encore énormément de questions. Mais j'ai tout de même beaucoup apprécié cette lecture et la manière dont l'auteur a voulu aborder ce groupe.

On sent toute l'influence des sixties, à la fois sur les personnages (logique) mais également sur les dessins et les situations rocambolesques dans lesquelles ils se fourrent tous.
C'est plutôt drôle, incisif et évidemment à ne pas prendre au premier degré sous peine d'avoir un gros mal de crâne.

C'est le genre de lecture que je n'ai pas vraiment l'habitude de faire, mais qui reste vraiment très sympa.

Sous Terre

Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre en lisant cette BD, mais une chose est sûre, je ne m'attendais pas à ça ! Hadès, dieu des Enfers décident de prendre sa retraite et de donner sa place à un humain. Pour cela il convie 300 personnes dans son domaine et leur propose de relever des épreuves afin d'obtenir 5 cartes qui les mèneront finalement à la fameuse Corne d'Abondance.

Sur le papier, ça fait rêver, sauf qu'Hadès n'et pas le dieu des Enfers pour rien: les humains vont vivre un véritable Enfer pour récupérer ses cartes et la conséquence d'un échec est simple: c'est la mort.

Mais si Hadès est si remonté envers les humains, c'est à cause de la manière dont ils traitent son royaume sous-terrain: notre sol. 
Ainsi, même s'il n'y va pas avec le dos de la cuillère, Hadès a un but: sensibiliser les humains à l'importance du sol qui les (sup)porte, à ce qui vit à l'intérieur et nous permet donc à toutes et tous de vivre.

A travers les quelques 200 pages de cette BD Mathieu Burniat nous invite donc à réfléchir à la manière dont nous exploitons nos sols, aux conséquences que cela à sur la faune, la flore, les minéraux, mais également sur nous-même à long terme.

J'ai beaucoup aimé cette BD et la manière dont elle amène son sujet, avec cette compétition à la Hunger Games qui a le mérite de remettre les choses en perspective et de nous faire prendre conscience des conséquences de nos actes.

C'est fait de manière intelligente, humoristique et pertinente, avec des dessins vraiment très sympa à parcourir.

Péchés Mignons, tomes 1 et 2

Cette série de BD était dans ma wish-list depuis un très très long moment et c'est sur Vinted que j'ai fini par la trouver et l'acheter.

J'aime beaucoup les BD érotiques et celle-ci me faisait de l'oeil en raison de son dessin rond et mignon eto également du côté loufoque qu'elle semblait dégager.
Malheureusement ce sera une déception puisque sur quatre tomes je n'ai réussi qu'à en lire deux (et encore, j'ai abandonné le tome 2 à la moitié) tant les propos sexistes présents à chaque planches m'ont énervée.

Et ce ne sont pas les dessins et les nus qui m'ont choquée (quand même en lisant de la BD érotique on s'attend évidemment à ça) mais c'est le traitement des femmes par le personnage principal et même par son entourage.

C'est rempli de stéréotypes sexistes et aucune page n'est épargnée. C'est bien dommage, parce que sinon les dessins sont vraiment sympa et apportaient une touche d'originalité au genre.

Vous allez me dire que j'aurais aisément pu le deviner en voyant les couvertures et en me fiant à la date de parution. Mais même si effectivement cela aurait pu être de bons indices, j'avais tout de même envie de croire que la qualité serait en rendez-vous. 
Et puis zut quoi, Arthur de Pins, ça devrait tout de même être un gage de qualité...
Force est de constater que ce n'était pas du tout le cas.

Bref, je vais passer mon tour pour les deux tomes suivants, parce que je ne veux pas m'infliger ça plus longtemps.

mercredi 23 juin 2021

L'Instant Bulles #27


Les chroniques d'Azfaréo, tomes 1 et 2

Ce manga m'intriguait depuis un petit moment et je suis bien contente d'avoir eu l'occasion de le découvrir. 
J'ai aimé la manière dont l'autrice aborde cette histoire et construit la relation entre Rukul et Julius. 

Après, il est évident qu'avec un tel sujet cela reste prévisible et on devine rapidement vers quoi cette histoire nous mène, mais j'aime voir l'évolution de l'histoire et les surprises qu'elle nous apporte.

Les dessins de Shiki Chitose sont vraiment très beaux et mettent parfaitement en valeur l'intrigue du manga. Il est vrai que Julius n'est pas toujours à son avantage en tant que dragon (il paraît tout de même un peu pataud) mais il compense largement par ses actions.

Rukul est une héroïne très attachante, un brin naïve et peu sûre d'elle au début, mais elle s'affirme au fil des pages et c'est très agréable de la voir évoluer de cette façon.

Il me tarde de lire les prochains tomes, je suis sûre qu'ils seront pleins de surprises et de rebondissements.

Black Butler, tome 30

Vous commencez à connaître mon amour pour Black Butler, celui-ci n'est clairement plus à démontrer si j'en suis déjà rendue au tome 30.
Et même si je continue d'être un très très grande fan, je dois bien avouer que ce tome me laisse assez frustrée.

En effet, ce tome se concentre sur le passé d'un certain personnage (je ne citerai pas son nom pour éviter de vous spoiler, même si vous risquez de comprendre assez vite au fil des pages) et même si c'est très intéressant de voir comment s'est peu à peu construit l'équipe qui entoure Ciel, j'aurais aimé qu'on en revienne à l'histoire principale.

Finalement ce tome est assez frustrant car il fait office d'entracte par rapport à l'intrigue. C'est bien amené, mais on en est toujours au même point qu'un tome auparavant.
Alors je suppose que cette pause est là pour nous faire repartir de plus belle dans les tomes suivants, et que cela aura forcément un rapport avec ce qui s'y passera, mais en attendant nous sommes toujours en plein suspense concernant la mission confiée à May et Ranmao.

Comment devient-on raciste ?

J'en ai déjà parlé sur Instagram, mais je n'avais pas encore pris le temps d'en parler sur le blog, alors que cette BD est particulièrement bien réalisée ! 
Elle fait partie de la nouvelle collection d'essais sous forme de BD, récemment créée chez Casterman et qui jusque maintenant fait un sans-faute !
Ainsi, après le genre et la mode, c'est maintenant au racisme de passer sur le grill et c'était vraiment très intéressant. 

Dans cet album, Ismaël Meziane cherche à comprendre les mécaniques du racisme et à cet effet fait appel à deux femmes très qualifiées dans ce domaine: Caroline Reynaud-Paligot en qualité d'historienne et Evelyne Hyer en tant que professeure en anthropologie génétique. Deux femmes ayant travaillé sur l'exposition "Nous et les Autres" et qui donc sont particulièrement renseignées et expertes sur le sujet.

Cet album est vraiment très bien réalisé. L'équilibre entre les explications et les illustrations est parfait et permet une très bonne première approche concernant les mécaniques racistes qui parsèment notre quotidien.
Le ton n'est jamais trop complexe, ni même jugeant, même si l'auteur a choisi de se mettre en scène lui-même dans ces cases. Il explique ce qu'il vit au quotidien et comment cela l'impacte avec beaucoup de sincérité, mais on le sent plus démuni que véritablement en colère - colère qui serait tout à fait justifiée.

Les explications données par Caroline Reynaud-Paligot et Evelyne Hyer sont accessibles, sans pour autant être simplifiées à l'extrême. Car malgré tout, cette BD s'adresse avant tout à un public adulte, même si selon moi elle peut être lue par des grands ados (à partir de 16 ans je dirais).

En bref, si vous voulez en apprendre plus sur le racisme et essayer de debunker vos propres comportements (que l'on a tous et toutes sans s'en rendre compte) je vous invite à découvrir ce livre.

La petite dernière
Qui n'a jamais entendu parler de Suzie Morgenstern ni lu aucun de ses romans jeunesse? Si c'est effectivement le cas, vous ne devez pas être nombreux·ses étant donné la prolixité de l'autrice.
J'étais donc assez curieuse de découvrir cette BD consacrée à son enfance dans le New Jersey, mais même si les dessins de Johann G. Louis ont su me convaincre, j'émets quelques réserves sur l'histoire, qui selon moi manque légèrement de rythme.

Ne vous méprenez pas: j'ai trouvé l'ensemble vraiment très beau et agréable à suivre. Cependant j'ai trouvé que tout cela manquait d'un petit quelque chose pour que j'y adhère complètement.

Malgré cela, j'ai beaucoup apprécié la complicité qui existe entre ces trois soeurs, même si la différence d'âge apporte également son lot de chamaillerie. La candeur de Suzie comme petite dernière de la fratrie est également très présente et rend certaines scènes plutôt cocasses.

Cette BD aborde également de manière subtile des thèmes tels que l'antisémitisme ou les conséquences de la Seconde Guerre Mondiale sur la population juive. Et dans un registre plus positif, une jolie représentation de l'homosexualité, globalement bien acceptée par les différent·es personnages présent·es dans la BD.

C'est juste dommage qu'il n'y ait pas un peu plus de rythme à cet album. Cela l'aurait rendu vraiment excellent.

Les Beaux Étés, tome 6: Les Genêts

Je me rends compte que je n'ai pas encore pris le temps de vous parler de cette super BD qu'est Les Beaux Étés et je vous promets de réparer cet affront très prochainement en vous faisant une chronique récapitulative des cinq premiers tomes, car vraiment, ils valent la peine d'être lus !

Chaque été la famille Faldérault quitte la grisaille belge - oui c'est un cliché qui est peut-être un peu poussé à l'extrême, mais les belges savent à quel point il est véridique - pour le Sud de la France dans sa petite 4L rouge et c'est parti pour de nouvelles aventures !

L'originalité de cette BD tient avant tout de sa chronologie: chaque tome nous parle d'une année dans la vie de cette famille, mais la saga ne suit aucun ordre chronologique logique. On passe des années 70 au années 80 avant de faire un retour en arrière vers les années 60.
On suit donc l'évolution de cette petite famille dans un ordre totalement chaotique, mais qui colle drôlement bien avec tout ce petit monde.

Dans chaque tome on retrouve des gimmick que l'on aime beaucoup : le retard systématique de Pierre dans son travail, les aventures "pipi nature" de Julie et la fidèle compagne de la famille: Mam'Zelle Esterelle a qui il arrive parfois quelques bricoles.

Ce sixième tome nous emmène dans le domaine des Genêts, habité par Esther et Estelle, deux femmes sympathiques et originales qui le cultivent avec amour (et plus si affinités).
C'était un vrai plaisir de retrouver notre famille fétiche pour une nouvelle aventure et une vraie bonne surprise de voir le sujet de l'homosexualité abordé avec autant de naturel.

En bref, j'ai adoré et je vous recommande évidemment l'intégralité de la série !

samedi 6 mars 2021

L'Instant Bulles #21

   

La petite faiseuse de livres, tomes 5 et 6

Je me rends compte que en voulant faire ma chronique du tome 6 que je ne vous ai même pas parlé du tome 5... Oups !
Et sincèrement ça aurait été dommage de passer à côté, parce qu'il se passe réellement plein de choses dans ces deux tomes. Tout d'abord on commence à en apprendre plus sur la Dévorante et sur ses effets, ce qui rend ces tomes un peu plus sombres que les premiers. Cela ajoute également un aspect plus sérieux à l'intrigue.

On se focalise également un peu plus sur la famille de Maïn, ce qui les rend beaucoup plus attachant à nos yeux. Tuuli est véritablement attachante, mais je pense que le personnage le plus complexe est le père des deux petites filles. 

Il y a aussi les personnages de Benno et du Maître de la Guilde qui semblent avoir encore quelques cartes à jouer et je ne sais pas dans quel sens cela ira. En tout cas ce manga est beaucoup plus sérieux que ce que les dessins peuvent laisser présager en premier lieu et j'aime beaucoup la tournure que prennent les événements. On entre de plus en plus dans le vif du sujet et j'ai hâte de voir ce que les autrices nous réservent.


En proie au silence, tome 5
! TW viol !

Jusqu'ici j'aimais beaucoup ce manga pour les sujets qu'ils abordent, malgré le fait que ce ne soient pas des sujets faciles à aborder. J'aimais la manière dont il remettait les choses en question et nous présentait des personnages plutôt ambivalents, avec leurs qualités et leurs défauts.

Par contre, depuis le tome 4, cela commence à devenir un peu bizarre, voire carrément malaisant sur certains aspects. 
Par exemple je ne suis pas du tout à l'aise avec la volonté de l'autrice de nous proposer une romance entre Misuzu et Nizuma. On parle de deux victimes de viols et de violences sexuelles qui trouvent en l'autre quelqu'un à qui se confier et à ce niveau je n'ai rien à dire.
Par contre, une relation prof-élève... On part de deux relations malsaines et abusives pour en arriver à une autre, étant donné que les deux protagonistes n'ont pas une relation d'égale à égal.

Du côté d'Hayafuji rien n'est encore réglé. Ce serait même plutôt le contraire quand on voit les réactions de Reina (sa dernière victime donc) à son égard et la manière dont lui-même a l'air de se blâmer ses victimes pour ses propres fautes.
Ajoutez à cela le frère bizarre et pervers de Misakana et je vous avoue que je ne sais plus vraiment où on va avec ce manga...

Je compte tout de même continuer à lire le suivant pour voir si les situations se débloque, mais j'ai quand même de moins en moins d'espoir à ce sujet.

Tout ce qui reste de nous

J'étais vraiment intéressée par cette BD étant donné le coup de coeur que j'ai eu pour Mes ruptures avec Laura Dean. Malheureusement ça ne l'aura vraiment pas fait, puisque j'ai abandonné ma lecture au bout d'une vingtaine de pages.

Comme souvent c'est le côté beaucoup trop onirique donné à ces trois histoires qui aura eu raison de moi. Ce n'est tout simplement pas fait pour moi, je décroche beaucoup trop vite lorsqu'une histoire n'est pas un minimum tangible.
Avant j'aurais persévéré en essayant de me rattraper aux branches, mais aujourd'hui je sais que c'est totalement inutile et que je n'en ressortirai rien de positif.

C'est dommage, car malgré ce côté très - trop ? - chimérique, les dessins de l'autrices sont vraiment magnifiques, tout comme la palette de couleur utilisée tout au long de l'album.
Si j'étais friande de ce style d'histoire, je suis convaincue que j'aurai été totalement subjuguée par l'ensemble, car il y a une certaine harmonie qui lie tout cela.

Ainsi, je suis sûre que les amateurices du genre trouveront leur bonheur avec cette lecture.

Le tour du monde en 80 jours

Je n'ai jamais lu l'oeuvre originale de Jules Vernes (oui je sais, honte à moi !), je ne pourrai donc pas dire si l'adaptation est fidèle au roman. Par contre, je peux vous parler de ce que j'ai pensé de la BD, ce qui n'est déjà pas si mal.

Dans l'ensemble, c'était une agréable découverte, même si de mon point de vue ce n'était pas la lecture du siècle. La BD est assez courte même si elle réussit plutôt bien à nous embarquer dans la folle aventure initiée par Phileas Fogg.

En parlant de lui, je l'ai trouvé assez passif par rapport à ce voyage. Son côté placide est plutôt décalé par rapport à ce fameux tour du monde semé d'embûches. Un flegme typiquement britannique, mais qui a tout de même l'air poussé à l'extrême.
J'ai été beaucoup plus touchée par le personnage de Passepartout (qui dans ma tête sera toujours associé à Jackie Chan à cause de l'adaptation de 2004, merci le cinéma...), plus pragmatique et proactif.

Enfin, si je dois être tout à fait honnête, je n'ai pas été plus touchée que cela par le dessin de Younn Locard et par les couleurs utilisées dans l'album. Ce n'est pas un style vers lequel je me tourne spontanément en BD, même si j'apprends à sortir de ma zone de confort à ce sujet.

Globalement c'était une découverte intéressante.

Zombillénium, tome 5: Vendredi noir

Vu l'énorme cliffhanger à la fin du quatrième tome, j'étais plus qu'impatiente de découvrir ce nouvel opus de Zombillénium. Il m'aura tout de même fallu un petit temps d'adaptation pour remettre toutes mes idées en place par rapport à l'intrigue (une petite relecture des tomes précédents n'aurait pas été de trop), mais une fois cela fait, j'était totalement plongée dans la BD.

J'ai beaucoup aimé en apprendre plus sur l'enfance de Gretchen, le personnage emblématique de la saga. C'était vraiment bien tourné et cela nous permet de remettre les choses dans l'ordre pour mieux appréhender l'intrigue.

J'aime toujours autant l'humour noir qui se dégage de cette saga et les nombreuses références - que ce soit à la pop culture ou à la culture générale - présentes au fil des pages. 
Bon, j'étais un peu passée à côté de celle du titre pendant une bonne partie de ma lecture, jusqu'au ce que la lumière se fasse et que le jeu de mots me saute au yeux. Que voulez-vous, on ne peut pas être tout le temps au taquet...

Par contre, on en parle du cliffhanger qui clôture une fois de plus cet album ? Parce que bon, là ça commence à faire beaucoup pour me petit coeur. J'ai juste envie d'avoir le tome 6 en main pour savoir ce qu'il advient de mes personnages chouchou et ça c'est inadmissible quand on sait qu'on va encore devoir attendre minimum un an pour pouvoir le lire.
Je veux la suite !!!

vendredi 18 décembre 2020

L'Instant Bulles #19

 

En proie au silence, tome 4

! TW viol !

Je continue ma lecture du manga En proie au silence avec ce tome 4 qui reste très logique dans sa construction. L'histoire avance petit à petit, mais évidemment pas aussi vite qu'on le voudrait en tant que lecteurice.

Car les actions d'Hayafuji reste évidemment impunies. Pire; à un moment elles sont même démenties et minimisées par certains personnages. C'est vraiment horrible et révoltant à lire, pourtant on sent que c'est nécessaire pour la suite.
Mais j'apprécierai quand même que ce personnage finisse par avoir la monnaie de sa pièce !

Du côté de Misuzu, le cheminement est également long, mais on voit qu'elle commence peu à peu à se rendre compte de ce qu'il lui arrive et à accepter son statut de victime.
Cependant le rapprochement qui se développe entre elle et Nizuma me met tout de même mal à l'aise. J'ai l'impression que l'autrice part dans quelque chose qui serait presque aussi problématique que la situation de base.

Mais comme d'habitude, j'ai très envie de savoir comment tout cela va se terminer et j'ai hâte de pouvoir lire le prochain tome, même s'il faut rester accroché face à de tels sujets.

Chinese Queer

Quand j'ai lu le résumé de cette BD, j'étais sûre et certaine qu'elle allait me plaire. Et puis avec un titre pareil, c'était banco !

Malheureusement, là où ça ne l'a pas fait, c'est au niveau des dessins. J'ai eu énormément de mal à accrocher avec le style de ceux-ci et cela m'a empêché d'apprécier l'histoire à sa juste valeur.

Il n'est pas rare que je ne sois pas fan du style graphique d'une BD, mais généralement j'arrive à passer outre pour me concentrer sur l'histoire. Ici malheureusement, je n'ai pas réussi.
Les couleurs étaient trop criardes à mon goût, les dessins trop particuliers pour que j'arrive à m'en détacher.

Et c'et dommage, car l'histoire paraît vraiment très intéressante, entre quête d'identité et critique de la société. J'aurais vraiment aimé pouvoir me plonger dedans avec plaisir, mais je me suis retrouvée complètement bloquée.

Cela arrive, mais ça n'enlève rien à la qualité du récit. C'est juste que cela ne l'a pas fait avec moi. 

Les vieux Fourneaux, tome 6: L'oreille bouchée

J'attendais ce sixième tome avec beaucoup d'impatience et je me suis jetée dessus à peine reçu.
Cette fois c'est en Guyane que nos trois vieux compères se donnent rendez-vous, sous l'impulsion de Mimile et Sophie.

Cet album est différent des autres, car il se veut engagé. Lupano et Cauuet ont décidé de sensibiliser leurs lecteurices à la situation particulière de ce pays. En effet, la Guyane est depuis des années le théâtre du ruée vers l'or qui détruit sa faune et sa flore par une exploitation minière de plus en plus assidue.

C'est toujours avec beaucoup d'humour et de pédagogique que notre duo d'auteurs entre dans la danse. Car s'il s'agit de sensibiliser les gens au sort de la Guyane, cette saga reste fidèle à elle-même avec ses gags potaches et les réflexions pas toujours très profondes de nos divers protagonistes.

Le loup en slip, tome 5: Le loup en slip passe un froc

Reçu en même temps que le dernier Vieux Fourneaux, ce dernier tome du Loup en slip reste fidèle à ses prédécesseurs et nous propose une histoire en double lecture, faite pour plaire aux petits comme aux grands.

Alors qu'il est de retour de vacances, le loup s'aperçoit que tous les habitants de la forêt arborent fièrement un slip. Mais pas n'importe quel slip: son slip !
Le loup en est tout décontenancé... Parce que si tout le monde a un slip, est-ce qu'il est toujours le loup en slip ?

Avec ce tome Mayana Itoïz aborde un sujet complexe qu'est celui de l'identité et de la quête de celle-ci. En en faisant voir de toutes les couleurs de slip à son héros, l'autrice permet aux enfants de se poser la question de ce qui fait leur identité propre, mais pose également la question de l'influence de la mode et de la publicité sur la population et dénonce ses travers.
Deux lectures pour deux publics différents, vous vous rappelez ?

Comme d'habitude, c'est superbement bien amené, les planches sont dynamiques et colorées à souhait et les jeux de mots nous régalent à chaque planche.
Que dire de plus, à part que c'est une nouvelle fois un coup de cœur.

Kid Paddle, tome 16: Kid N'Roses

Cela faisait quelques années que l'on n'avait pas eu droit à un nouveau tome de Kid Paddle, mais qu'à cela ne tienne, l'attente est enfin terminée et nous voilà avec un seizième tome de qualité entre les mains.

Kid Paddle c'est évidemment l'un des héros de BD de mon enfance et c'est un de ceux qui me fait le plus rire. Toutes ses péripéties et ses déconvenues, que ce soit dans les jeux vidéo ou dans ses tentatives de gruger l'ouvreur du cinéma du quartier, sont toujours très drôles et intelligemment amenée.
C'est à ce demander où Midam va chercher tout ça !

Ce dernier tome est dans la lignée de ces prédécesseurs, il nous permet de passer un bon moment en compagnie de tous les personnages et d'avoir de belles tranches de rigolade au fil des pages.

mercredi 7 octobre 2020

L'Instant Bulles #16

 

Duellistes, tomes 3 à 5
J'ai enfin pris le temps de terminer la saga Duellistes alors que cela faisait déjà un bon moment que j'avais emprunté ces trois tomes au boulot.
J'appréhendais que ce manga ne soit pas à la hauteur de mes espérances, mais c'est justement tout le contraire qui s'est passé: j'ai adoré cette conclusion !

Au fil de ces trois tomes, l'autrice nous fait de plus en plus de révélations, mais c'est toujours justement dosé et extrêmement bien pensé.
Ran et Sei ont toujours cette relation particulière, qui tient plus de la relation fraternelle que professionnelle. C'est touchant de voir à quel point iels se soucient l'un· de l'autre.

D'autres personnages prennent de l'importance au fur et à mesure de l'histoire. Ibara est bien sûr toujours présent - et ce pour notre plus grand plaisir - mais à ce trio déjà formé vont s'ajouter Momokawa, Rin, Sôda et Isaji.

L'intrigue se fait également plus dense et plus intéressante, jusqu'aux révélations finales qui sont extrêmement bien trouvées et qui nous laisse parfois pantois.
Je suis donc ravie d'avoir pu lire cette saga, même si à mon sens, on aurait pu y ajouter un tome ou deux, histoire de bien boucler la boucle, car cette fin ouverte me laisse un peu sur ma faim.

La petite faiseuse de livres, tome 4
Tout se bouscule pour Maïn et Lutz, puisqu'ils commencent enfin la confection du papier, grâce au contrat passé avec le marchant Benno. Les deux ami·es doivent donc s'atteler à la tâche, en plus de continuer à effectuer leurs diverses corvées pour leurs familles respectives.

En tant que lecteur, on pénètre encore plus profond au sein de la société dans laquelle évoluent les différents personnages et c'est toujours aussi prenant. On commence à mieux comprendre comment fonctionne le commerce et comment la magie vient s'y glisser.

Cependant, la relation de Maïn et Lutz prend un autre tournant, puisque le jeune garçon commence à se poser de sérieuses questions concernant son amie et ses facilités concernant la lecture et l'écriture.

C'est toujours un vrai plaisir de se plonger dans ce manga. Les choses commencent à devenir un peu plus complexe et à prendre plus d'ampleur, tandis que les dessins sont toujours scotchant.
Je pense que je ne me lasserai jamais de cette saga !  

Melvina
J'ai reçu cette BD en service presse car la couverture et le résumé m'avaient intrigués. J'ai été touchée par le style de dessin de Rachele Aragno, mais malheureusement au niveau de l'intrigue, cela ne l'a pas faut du tout.

Pour être tout à fait honnête, je ne suis même pas allée au bout de cette lecture, tant j'ai eu du mal à m'immerger totalement dans l'histoire.
Si je pense en avoir compris le principe, je n'ai pas du tout adhéré à la manière dont l'autrice à amener l'histoire. J'ai trouvé ça trop brouillon, trop rapide et beaucoup trop perché.
Je n'ai pas non plus accroché avec le caractère de l'héroïne principale. Je ne l'ai pas détestée, mais elle ne m'a pas donné envie de l'apprécier pour autant.

Dommage pour cette fois, mais je pourrais tout de même retenter l'expérience avec l'autrice, car ses dessins m'ont tout de même tapé dans l’œil.
A suivre.

Titeuf, tome 16: Petites poésies de saisons
Habituellement, je suis une grande fan de Titeuf, essentiellement parce que j'ai grandi avec ces BD (celle-là et de nombreuses autres) et parce que j'aime son humour potache et son côté très naïf malgré les grands airs que lui et ses amis essaient de se donner.

Malheureusement, je n'ai pas tellement accroché à ce dernier tome paru, qui est en fait la réédition d'un ancien hors-série paru en 2005. Deux ans pour seulement nous rééditer un truc qui était déjà paru avant, je trouve ça un peu gros.

Et bizarrement, ce tome m'a moins amusé que les précédents. Evidemment je ne rigole pas à tous les gags, mais sur un album, j'arrive toujours à en trouver des drôles, ou tout du moins qui arrivent à me faire esquisser un sourire.
Là c'était l'encéphalogramme plat. Espérons que le prochain tome soit meilleur. 

Le petit Spirou, tomes 18: La vérité sur tout !
Là encore, j'ai grandi avec les BD du Petit Spirou et je possède la collection complète. C'est une BD qui a bercé mon enfance et dont j'attendais toujours le prochain tome avec impatience.

Mais là encore, il semble que le soufflé soit retombé. Si j'ai tout de même apprécié ma lecture de ce tome, il me semble qu'il me manque quelque chose pour vraiment être à fond dedans.
Peut-être est-ce le fait qu'on invite la technologie dans ces BD qui me gêne ? J'aimais beaucoup le côté insouciant de Spirou et ses amis qui faisaient des bêtises sans jamais se faire de souci. 

Après, comme je le disais, cela se laisse tout de même lire sans aucun problème et nous fait passer un bon moment de détente, c'est ce qui est le plus important.
Il faut probablement que j'apprenne à lâcher prise par rapport aux BD que je lis depuis longtemps.

vendredi 4 septembre 2020

L'Instant Bulles #14

En proie au silence, tomes 2 et 3

! TW viol !

Durant le mois d'août, j'ai découvert le premier tome d'En proie au silence et cette lecture m'a chamboulée. L'histoire de Misuzu est d'une violence inouïe et ce qu'on apprend dans ces deux tomes-ci est encore pire.

Car Hayafuji ne se contente pas d'une seule victime. Au contraire, abuser des jeunes femmes à l'air d'être simplement un jeu pour lui. Un jeu auquel il s'adonne régulièrement et où il prend beaucoup de plaisir.
Son personnage n'en devient que plus détestable au fil de notre lecture et on voudrait parfois faire justice nous-même.

Par contre, il semble que Misuzu évolue et commence à prendre conscience de la situation dans laquelle elle se trouve, même si elle ne supporte pas de se considérer comme une victime.
Ces passages sont également difficiles à lire, car toute la culpabilité du personnage transpire des pages et nous atteint sans qu'on s'en rende vraiment compte.

C'est aussi pour cela que j'estime que ce manga n'est pas à mettre entre toutes les mains, car même pour des personnes comme moi, qui ne sont pas directement concernées par l'histoire, il est très difficile de prendre du recul.
On ressort de cette lecture psychologiquement épuisé et meurtri, donc faites attention à vous et ne vous lancez pas là-dedans sans avoir suffisamment de cuillères à disposition pour le supporter.

Un monde transformé, tome 2
J'étais assez mitigée par rapport au premier tome d'Un monde transformé. Je ne savais pas si j'aimais l'histoire ou pas et j'attendais d'avoir lu ce deuxième tome pour me faire un avis plus complet.
Sachez qu'après lecture du tome 2 je suis toujours aussi indécise...

Je pense que ce manga fait partie de ces lectures qui nous laissent perplexes, sans qu'il n'y ait aucune raison valable et sans qu'on ait les arguments pour dire si on a adoré ou détesté.
L'histoire est restée aussi sibylline qu'elle ne l'était au départ, et aucun mystère n'a vraiment été résolu.

Cependant, les personnages restent très intéressants à suivre, malgré leur côté très hors du temps. Puryo semble savoir où elle va  heureusement parce que nous pas et comment se débrouiller dans le labyrinthe qu'est la citadelle, tout comme Minmi qui a l'air d'en connaître un sacré rayon sur le temple, tandis qu'Agasa parait perdue la plupart du temps et essaie tant bien que mal de se repérer dans tout ce fourbi.

Je vais tout de même persévérer dans la découverte de ce manga, car je suis curieuse de savoir si des réponses vont nous être données ou si nous allons rester dans ce flou artistique jusqu'à la fin.

Grenadine
J'étais très curieuse de lire cette BD depuis que je l'avais repérée sur le catalogue des Editions Lapin. Je ne savais pas du tout de quoi il retournait et je n'en attendais rien de spécial.

Pourtant du spécial, j'y ai eu droit. L'univers de Shyle et son personnage sont loin d'être politiquement corrects et c'est ce qui rend cette BD hyper intéressante !
Shyle ne se définit ni en tant qu'homme ni en tant que femme mais plutôt comme un·e "garçonne" et est pansexuel. Iel est hanté par son "ex aux grosses fesses" et tente de l'oublier en couchant avec d'autres personnes.
En parallèle, iel fait de la musique et tente de faire éditer ses projets de BD et nous raconte ça avec beaucoup d'humour, d'autodérision et de couleurs. Avec un style de dessins qui me fait énormément penser à Adventure Time.
Bref, c'est un gros bordel organisé, mais très amusant à suivre.

Vagin Tonic
Voilà une BD qu'on a beaucoup vu passer ces dernières années et qui m'intéressait beaucoup. Une BD qui parle du sexe féminin, ça ne court pas les rues et ça valait donc la peine d'être lu.

L'autrice aborde une foule de thèmes, tels que les sexualités, les règles, les maladies intimes et bien d'autres encore, et elle le fait avec énormément de pédagogie, que ce soit dans ses dessins ou dans ses explications.
Toutes les informations sont documentées et de nombreuses notes de bas de page nous réfèrent à d'autres ouvrages ou articles à consulter si on veut approfondir le sujet.

Après, cela reste très primaires en terme d'informations. On reste sur des informations de base, des informations que j'avais déjà pu lire ailleurs. Personnellement je n'ai pas fait de grandes découvertes durant cette lecture, mais mettez-le entre les mains d’adolescents et adolescentes et là je dis banco !
C'est typiquement le genre d'ouvrages qu'il faut leur donner, afin qu'iels appréhendent mieux leur corps et ceux de leurs futures partenaires.
A mon sens, on n'est jamais assez informé sur la sexualité et on peut en apprendre tous les jours et surtout à tous âges. 
Vagin Tonic est une BD parfaite pour débuter ce type d'apprentissage.

Olympe de Gouges
Je connaissais Olympe de Gouges de nom et pour sa déclaration des droits de la femme, mais mes connaissances s'arrêtaient là. Du coup, quand j'ai eu cette BD entre les mains, j'ai tout de suite eu envie de l'ouvrir et d'en apprendre plus sur cette femme.

Ce fut une très très bonne découverte !
Durant ma lecture, j'ai pu suivre Olympe de Gouges depuis son enfance jusqu'à sa mort et comprendre ce qui l'avait menée à écrire sa déclaration. J'ai aimé en apprendre plus sur cette femme et sur ses œuvres, qui m'étaient jusqu’alors inconnues.

Les dessins de Catel sont en noir et blanc, mais cela suffit amplement à donner vie aux différents personnages et à rendre compte de leur histoire. Il n'y a pas besoin de mille et une couleurs; les traits de la dessinatrice se suffisent à eux-mêmes.

Le duo formé par Catel et Bocquet fonctionne à merveille et nous offre une BD des plus complètes - presque 500 pages quand même, une belle briquette ! - qu'on prend le temps de lire avec un plaisir non dissimulé.

lundi 10 août 2020

En proie au silence, tome 1 - Akane Torikai


Misuzu exerce ce que certains appellent le plus beau métier du monde... Mais entre le désintérêt de ses élèves et surtout la blessure qu’elle porte en elle, la jeune femme essaie tant bien que mal de mener son existence, la tête haute.
Hélas, quand Minako, sa meilleure amie, lui annonce ses fiançailles avec Hayafuji, son petit ami de longue date, le quotidien de cette professeure vacille pour atteindre, peut-être, un point de non-retour. 
Pourra-t-elle trouver son équilibre dans une société si foncièrement inégale et injuste ?

! TW viol !

Pas simple de vous parler de ce manga pour que cela sonne juste, mais je vais faire de mon mieux. Je me permet juste d'insister sur le trigger warning posé plus haut, parce que si c'est un sujet qui vous met mal à l'aise, qui vous heurte d'une manière ou d'une autre, et ce quelque soit votre vécu, sachez que ce manga présente des scènes de viol explicites.
Ainsi, soyez bienveillant·es envers vous-même et protégez-vous. Ne lisez pas ce manga si cela doit vous faire du mal.

Maintenant que les bases sont posées, revenons-en à notre sujet principal.
Dans ce manga, nous suivons le quotidien de Misuzu, une jeune adulte qui exerce le métier de professeur. Cette dernière a un caractère plutôt réservé et cela se ressent énormément dans ses différentes interactions sociales, que ce soit dans le cadre de sa vie privée ou professionnelle.
Aussi, on la sent extrêmement mal à l'aise en présence de son amie Minako et encore plus vis-à-vis de son fiancé, Hayafuji.
Cela s'explique plutôt facilement: Hayafuji a violé Misuzu et continue d'exercer sur elle une pression d'une extrême violence, allant jusqu'à la harceler sur son lieu de travail.

Misuzu est donc totalement prisonnière de ce rapport de force entre elle et son agresseur, qui la fait chanter en la menaçant de tout révéler à son amie.
Ces scènes sont d'une violence inouïe et mettent totalement mal à l'aise. On se sent extrêmement mal pour Misuzu tout en comprenant son impuissance face à son bourreau.
On aimerait qu'elle se défende, qu'elle cherche de l'aide, mais on ne peut que se rendre compte que c'est extrêmement compliqué.
Misuzu a développé un mécanisme de défense commun à beaucoup de victimes de viol: la sidération. Dans ces moments, son corps ne lui répond plus et elle est totalement soumise à Hayafuji. Et par la suite, elle culpabilise de ne rien avoir fait pour se défendre et ne se sent donc pas légitime de demander de l'aide.

De l'aide, c'est ce que le jeune Niizuma - un de ses élèves - va justement tenter de trouver auprès d'elle, en lui faisant par de sa propre expérience traumatique. Mais cette confession va avoir l'effet inverse et va totalement braquer Misuzu, qui va rejeter le vécu du garçon et lui laisser entendre que comme il est un homme, c'est forcément de sa faute si on a abusé de lui.
Ce manga est très complexe dans sa construction, étant donné l'énorme background des personnages de Misuzu et Niizuma. Evidemment certaines réactions de Misuzu sont horribles et paraissent injustifiées, mais elles permettent aussi aux lecteurices de se remettre en question sur ce sujet difficile.

En proie au silence est vraiment une lecture difficile dans tous les sens du terme, mais je pense qu'elle est aussi nécessaire, surtout au vu de ce qu'il se passe dans nos sociétés actuelles.
Ce manga ne peut évidemment pas être abordé par tout le monde, mais je pense que l'autrice cherche avant tout à susciter la réflexion et la remise en question. 
J'attends de pouvoir découvrir la suite afin de me faire un avis plus prononcé, mais jusqu'à présent je trouve cette lecture très pertinente


Les infos utiles

Parution VF: 9 janvier 2020 - Akata
Parution tome 4: 8 octobre 2020 - Akata
Illustrations: En proie au silence par Akane Torikai © Akata 2020