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samedi 23 avril 2022

Il était une fangirl, tome 2 : La princesse & la fangirl - Ashley Poston


Imogen Lovelace est une fangirl en mission sacrée : elle s'est juré d'empêcher à tout prix les scénaristes de sa saga préférée, Starfield – la meilleure série de science-fiction de tous les temps –, d'en tuer pour de bon l'héroïne, Amara. Mais Jessica Stone, l'interprète de la fameuse princesse, n'en peut tout simplement plus du rôle : trop de pression, trop de fans déchaînés… Or Imogen et Jessica se ressemblent comme deux gouttes d'eau. S'ensuit un terrible quiproquo, au terme duquel il devient évident que les deux jeunes filles se détestent – d'autant que leurs objectifs dans l'existence sont diamétralement opposés. 
Jusqu'à ce que survienne la catastrophe : le scénario du deuxième opus de la série, confié à Jessica sous le sceau du secret, disparaît. Elle doit absolument le récupérer… ou bien sa carrière est fichue ! Et, pour enquêter, elle se retrouve contrainte d'échanger sa place avec la fangirl la plus enragée du monde (argh !), j'ai nommé Imogen. Jessica ne s'attend pas, au passage, à croiser le chemin de la femme de sa vie

J'écris cette chronique plus de quatre mois après ma lecture, mais j'avais tout de même très envie de vous en parler, car c'est un roman que j'ai énormément apprécier, à l'instar de son prédécesseur.
Cela serait vraiment dommage de ne pas vous en parler, même si je n'ai plus tous les détails en tête et que je risque donc d'être moins précise.

Ce tome se consacre donc en grande partie sur un personnage que nous n'avions fait qu'apercevoir dans le premier tome, mais qui avait déjà un gros potentiel. Je parle évidemment de Jessica Stone, l'interprète d'Amara dans la franchise Starfield.

Une jeune femme à l'apparence très froide et calculatrice, mais qui cache cependant une très grande sensibilité.
Sensibilité qui ne transparaît évidemment pas lors de sa rencontre avec Imogen, qui - pour son plus grand malheur - lui ressemble d'une manière inattendue et avec qui elle va passer un pacte.

J'ai adoré le contraste présent entre nos deux héroïnes, même si au fil de la lecture, on se rend peu à peu compte des traits de caractère qui les unissent presque malgré elles.
Ces deux-là forment une sacrée bonne équipe, même si elles mettent un certain temps à s'en rendre compte (et même si elles ont l'art de la manière de se fourrer dans le pétrin).

Les autres protagonistes ne sont évidemment pas en reste. Je pense notamment à Harper et Ethan mais aussi au frère et aux mères d'Imogen qui sont ultra attachant·es et drôles. Chacun·e apporte son petit grain de sable à l'histoire et forme un ensemble cohérent et chaleureux. Avec elleux, on a l'impression d'être à  la maison.

Et puis quel plaisir de retrouver l'univers fictif de Starfield et de se plonger totalement dans l'ExcelsiCon dont on avait finalement vu assez peu de choses dans le premier tome.
Ajoutez à cela, deux romances totalement guimauve, mais qui se construisent pas à pas et vous obtenez un fabuleux roman à savourer pleinement.
D'autant plus si vous avez un petit (ou un gros) côté geek car Ashley Poston glisse dans ses romans un nombre incalculable de références à la popculture et ça, ce n'est absolument pas pour me déplaire.

En conclusion, ce deuxième tome de la saga est tout aussi réussi que le premier. J'ai adoré retrouver l'univers de Starfield, tant et si bien que j'aimerais beaucoup que cette série existe pour de vrai. J'ai énormément apprécié le duo haut en couleur formé par Jess et Imogen, mais également tout leur entourage, qui parvient à temporiser le tempérament de ces deux-là avec beaucoup de subtilité et d'amour.


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Le site d'Ashley Poston
Ma chronique du tome 1
Parution VO: The Princess and the Fangirl - 2 avril 2019 - Quirk Book
Parution VF: 16 septembre 2021 - Lumen


lundi 22 novembre 2021

My Dear F***ing Prince - Casey McQuiston


Quand sa mère a été élue présidente des États-Unis, Alex Claremont-Diaz s'est aussitôt retrouvé propulsé au rang de prince de la nation. Charismatique, intelligent, charmeur... son potentiel de séduction auprès des millennials est un atout majeur aux yeux de la Maison-Blanche. Seul problème : Alex est l'ennemi personnel du vrai prince, Henry – celui dont la grand-mère règne de l'autre côté de l'Atlantique. Et, quand la presse met la main sur la photo d'une altercation entre les deux jeunes gens, les relations anglo-américaines s'enveniment... en pleine campagne de la présidente pour sa réélection ! 
Chefs de famille et chefs d'État – assistés d'une armée de conseillers aux abois – échafaudent à la hâte un stratagème pour réparer cet incident diplomatique : les deux rivaux sont donc contraints de feindre la réconciliation à longueur de mises en scène sur les réseaux sociaux. Mais cette fausse amitié ne tarde pas à se faire plus problématique que tout ce qu'ils auraient pu imaginer. 
Un secret bien gardé qui, s'il était révélé à la face du monde, pourrait faire dérailler la campagne de la présidente et compromettre l'image soigneusement lisse de la famille royale...

Voici donc mon dernier coup de coeur en date et pour une fois, c'est une romance. Oui bon, c'est une romance LGBT et en fait ça change tout.
J'avais déjà voulu lire ce roman en VO, mais j'avais rapidement décroché à cause de tous les termes techniques sur la politique. Du coup quand j'ai appris sa publication en français chez Lumen, c'était sûr que j'allais me jeter dessus.

Nous sommes donc face à une romance qui a pour trope principal celui du "ennemies to lovers" et si c'est quelque chose qui a parfois tendance à m'énerver dans les romances classiques, ici j'ai été rapidement conquise.
Car la relation d'Alex et Henry se construit petit à petit et on les suit sur presque une année. On a donc tout le loisir de voir leur relation évoluer et s'étoffer au fil des pages.

Mais plus que la romance, ce sont aussi les relations qu'entretiennent tous les personnages qui m'ont énormément plu. J'ai beaucoup aimé la dynamique de groupe qui existe entre Alex, June et Nora qui est  pleine de complicité et de bienveillance. Et cela se confirme lorsque Henry, sa soeur Béa et son meilleur ami Pez se joignent à celui-ci.

Une chose est sûre, Casey McQuiston sait construire ses personnages et leur donner du caractère, tout en nous offrant un roman plus complexe qu'une simple histoire d'amour.
Car elle nous propose également une réflexion sur la façon de gouverner un pays, en opposant deux modèles que l'on connait bien, mais qui sortent également de notre propre réalité.

Ainsi, entre la rigidité et le procoloe britannique et l'ouverture d'une présidence exercée par une femme, on explore des univers qui nous sont - pour la plupart - étrangers. On en apprend un peu plus sur la politique américaine avec sa manière bien à elle de fonctionner et cela donne un peu plus d'épaisseur au roman (au propre comme au figuré).

J'ai donc littéralement dévoré ce roman, totalement sous le charme d'Alex et Henry et de leurs personnalités si différentes, mais pourtant complémentaires. Les voir d'abord se débattre avec leurs sentiments, pour finalement les assumer et se retrouver confronter à la problématique de l'acceptation de celle-ci par leurs famille respectives mais aussi par l'opinion publique, cela soulève des tas de questions très actuelles.

En bref, j'ai été totalement séduite par tous les aspects ce roman, si bien que j'aurais presque voulu que tout soit réel. Alex et Henry forment un couple très attachant et agréable à suivre, mais les personnages secondaires ne sont pas en reste, que ce soit leur famille et ami·es ou leur personnel.
Je n'ai qu'une chose à dire: foncez, vous ne le regretterez pas !


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Le site de Casey McQuiston
Parution VO: Red, White and Royal Blue - St. Martin's Griffin - 14 mai 2019
Parution VF: 23 septembre 2021 - Lumen

mercredi 28 juillet 2021

Today Tonight Tomorrow - Rachel Lynn Solomon


Ils se détestent, se découvrent, puis apprennent à s'aimer. Vous avez une impression de déjà-vu ? Peut-être.
Sauf que Rowan adore les romans d'amour. Elle en connaît toutes les ficelles. Elle rêve même d'en écrire. Alors les ennemis d'hier qui deviennent les amoureux de demain, elle connaît. 
Et c'est bien pour ça qu'elle ne risque pas de tomber amoureuse de Neil, son éternel rival du lycée !

De manière générale je lis assez peu de romance. Pas parce que je n'aime pas ça, mais simplement parce que je préfère la SFFF et que j'y consacre donc plus de temps. Mais parfois, quand l'occasion s'y prête, j'aime me plonger dans une romance le temps de décompresser un peu. Et puis quelle meilleure période que l'été pour cela ?

En plus ça tombait plutôt bien, puisque le résumé promettait une lecture qui s'éloignait des clichés de la romance pour nous proposer quelque chose d'original.
À ce niveau, j'ai envie de dire oui... et non.

Parce que des clichés et des tropes déjà vus dans le milieu de la romance, il y en a des tas dans ce roman. À commencer par le pitch de base qui nous promet un classique mais non moins efficace "ennemies to lovers".
Là où c'est original, c'est dans la construction des personnages: Rowan est une fan de romance et en écrit justement une qu'elle voudrait un jour faire publier et Neil est un très grand amateur de littérature jeunesse. Deux genres qui souffrent d'être considérés comme de la sous-littérature par énormément de personnes.

Ainsi nous suivons Rowan et Neil durant leur dernière journée de lycée, consacrée à la remise des différents prix, mais surtout à la Traque. Une chasse au trésor grandeur nature dans Seattle, organisé par les élèves du lycée pour les Terminales où celleux-ci doivent prendre en photo des lieux ou des situations particulières tout en évitant de se faire éliminer par les autres concurrent·es.
Ce principe est tout simplement génial et ajoute un peu de suspense à l'histoire.

Durant cette journée, notre duo va donc la passer ensemble ce qui va permettre à Rowan de remettre en question tout ce qu'elle pense sur Neil. Vous le voyez venir vous aussi ? Normal, c'est voulu, mais cela ne nous empêche pas de savourer l'histoire pour autant et d'avoir notre petit coeur qui palpite durant les moments émotionnellement plus intenses.

Pour ne rien gâcher Rachel Lynn Solomon dénonce l'antisémitisme ordinaire dont ses personnages sont victimes, et elle introduit également dans son casting un couple de femmes formé par Kirby et Mara, les deux meilleures amies de Rowan.
J'aimerais qu'un jour cela devienne tellement banal qu'on ne doive plus le souligner, mais en attendant je trouve normal de l'évoquer dans ma chronique.

En conclusion, je ne peux que vous inciter à découvrir Today Tonight Tomorrow. Ce roman allie la romance à des sujets plus importants et nous incite à nous éloigner des clichés et des stéréotypes qu'on a tendance à coller un peu partout.


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Parution VO: 28 juin 2020 - Simon & Schuster Books 
Parution VF: 9 juin 2021 - Editions Milan

vendredi 23 juillet 2021

Heartstopper, tome 4 : Choses sérieuses - Alice Oseman


Charlie était persuadé que Nick ne partagerait jamais ses sentiments. Pourtant, les voilà officiellement en couple, et Charlie se sent de plus en plus prêt à dire « je t’aime ». 
Nick partage ses sentiments, mais il a plein de choses en tête, notamment faire son coming-out à son père et les possibles troubles alimentaires de Charlie. 
Alors que l’été devient automne et que la rentrée approche, Charlie et Nick vont en apprendre beaucoup sur l’amour, le vrai, et tout ce qu’il implique. 

Après avoir adoré les trois premiers tomes, il était évident que j'allais me jeter sur celui-ci et qu'il n'allait pas faire long feu entre mes mains.
Car Alice Oseman possède un talent incroyable pour créer des personnages tous plus attachants les uns que les autres. Et je ne parle pas uniquement de Nick et Charlie.

Nick et Charlie sont maintenant en couple aux yeux de leur entourage et leur relation continue donc de grandir et d'évoluer. Mais ce tome ne se concentre pas uniquement sur les bons moments, il en aborde également de plus sérieux et de plus compliqués.
Nick souhaite avouer sa bisexualité à son père, mais il doit également subir les remarques incessantes et malveillantes de son frère. Et puis il a les troubles du comportement alimentaire de Charlie.
Nos deux héros vont devoir affronter ce problème mais également apprendre à demander de l'aide, car comme le dit si justement la mère de Nick "l'amour ne soigne pas les maladies mentales".

C'est donc un tome un peu plus sérieux que nous propose l'autrice, tout en continuant de garder ce ton bienveillant et ce dessin quasi naïf qui nous plait tant depuis les premières pages.
A travers tout ceci, Alice Oseman nous prouve qu'on peut très bien aborder des sujets très sérieux dans un comics à destination des ados.
Ce roman graphique s'adresse véritablement à tous et toutes. Il se veut ouvert et extrêmement bienveillant. A l'instar de Nick, Charlie et de leur groupe d'ami·es d'horizon différents mais plus soudé·es et solidaires que jamais.

Et même si on y aborde des sujets sensibles mais essentiels, Heartstopper reste un petit bonbon acidulé qu'on dévore avec beaucoup de plaisir lorsqu'on a un petit coup de mou et qui redonne foi en l'humanité.
 

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Ma chronique du tome 1
Ma chronique du tome 2
Ma chronique du tome 3
Parution VO: 6 mai 2021 - Hodder Children's Books
Parution VF: 9 juin 2021 - Hachette
Illustrations: Heartstopper par Alice Oseman © Hachette 2021

lundi 29 mars 2021

Anaïs Nin: Sur la mer des mensonges - Léonie Bischoff


Début des années 30. Anaïs Nin vit en banlieue parisienne et lutte contre l’angoisse de sa vie d’épouse de banquier. 
Plusieurs fois déracinée, elle a grandi entre 2 continents, 3 langues, et peine à trouver sa place dans une société qui relègue les femmes à des seconds rôles. Elle veut être écrivain, et s’est inventé, depuis l'enfance, une échappatoire : son journal. Il est sa drogue, son compagnon, son double, celui qui lui permet d’explorer la complexité de ses sentiments et de percevoir la sensualité qui couve en elle. 
C’est alors qu’elle rencontre Henry Miller, une révélation qui s’avère la première étape vers de grands bouleversements.

Anaïs Nin c'est un nom que j'ai souvent entendu dans ma vie. Je sais que c'est une autrice dont on a notamment publié les journaux intimes et je connais aussi la réputation qu'on lui a faite. Mais à part ça, je ne me suis pas plus renseignée que cela et je n'ai jamais rien lu d'elle (un jour ça viendra). Ainsi quand la BD de Léonie Bischoff est sortie et que tout le monde en a parlé, j'ai eu envie de la découvrir à mon tour.

Comment vous dire à quel point j'ai aimé cette lecture ? Même encore maintenant je peine à mettre des mots sur ce que j'ai ressenti durant cette lecture, tant mes émotions forment un amalgame impossible à séparer. Mais une chose est sûre: j'ai aimé cette BD.
Le premier point fort de cet album, ce sont évidemment les dessins de l'autrice. Ils sont d'une beauté à couper le souffle ! La palette de couleurs utilisée, le style légèrement onirique et brumeux suivant les scènes, le choix d'utiliser des crayons de couleurs... tout est superbement mis en scène.
Et puis, les traits des personnages sont si fins, si délicats. C'est un vrai régal pour les yeux.

Mais si les dessins sont superbes, l'histoire l'est tout autant. J'ai aimé la manière dont Léonie Bischoff met en scène ses personnages. Sachant qu'elle a lu les journaux expurgés d'Anaïs, cela semble d'autant plus authentique.
Evidemment il y a une part d'imaginaire propre à l'autrice. On ne lit pas ici une simple biographie, mais dans l'ensemble cette histoire paraît on ne peut plus réaliste.

Comme je l'ai dit plus haut, cette lecture m'a fait passer par mille émotions. J'ai eu tantôt de la peine pour Anaïs - voyant comme elle était habitée par un mal-être persistant - tantôt j'ai été révoltée de la manière dont elle a été traitée par les hommes présents dans sa vie et à d'autres moments j'ai éprouvé beaucoup d'amour à son égard.
C'était une expérience de lecture très particulière, qui je pense me restera longtemps en mémoire. Celle-ci m'aura permis d'appréhender un peu mieux cette figure de la littérature que l'on a beaucoup décriée (notamment concernant sa vie privée) tout en me donnant envie de découvrir ses écrits.
Que demander de plus ?

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Le blog de Léonie Bischoff
Parution: 26 août 2020 - Casterman
Illustrations: Anaïs Nin: Sur la mer des mensonges par Léonie Bischoff © Editions Casterman 2020

mercredi 24 mars 2021

Tous debout - Agnès Marot et Cindy van Wilder


D'un côté, il y a Anton, un jeune homme banal en apparence. Pourtant, le soir, il se cache derrière le pseudo de Gossip Boy pour jouer les justiciers sur Tumblr (et balancer les pires ragots du bahut). De l'autre,il y a Méloée, une jeune fille passionnée et pleine d'énergie, qui craque sur Rahim, le petit nouveau au lycée. 
Sous ses airs de garçon sans histoires, le mystérieux Rahim se retrouve vite au centre de toutes les attentions. Surtout lorsqu'Anton découvre qu'il est sans- papiers... une révélation de choix pour Gossip Boy ! Plus croustillant encore, ce dernier tromperait la pétillante Méloée avec Mathis.... 
Bientôt, les événements prennent une tournure qui les dépasse. Rahim sur le point d'être expulsé, les élèves doivent mettre leurs différends de côté pour faire cause commune. Avec Méloée en tête de cortège, le lycée devient un territoire de lutte. 
Barricadés derrière les grilles, tous lèvent le poing pour défendre Rahim. Dans cette cohabitation forcée, les langues se délient, les secrets éclatent au grand jour. Pourtant, pour la première fois, chacun doit affirmer haut et fort ses valeurs. Jusqu'où seront-ils prêts à aller pour défendre leurs idéaux ?

S'il y a bien un roman que j'attendais avec impatience cette année, c'est bien Tous debout d'Agnès Marot et Cindy van Wilder. J'aime beaucoup le travail de ces deux auteurices et avoir l'occasion de lire un roman écrit à quatre mains par elleux ne pouvait que faire mouche.
Je ne vous étonne pas en vous disant que cela a été le cas et que c'est un énorme coup de coeur !

Ce récit est porté à la fois par Anton, un adolescent qui abrite une rage contenue qu'il déverse via le Tumblr de Gossip Boy, son alter ego et Méloée, une jeune fille vive d'esprit qui a soif de justice. Ces deux-là sont diamétralement opposé·es - et ne s'entendent même pas la plupart du temps - pourtant iels vont se battre ensemble pour que Rahim obtiennent des papiers et puisse rester en France.

Ce roman est un vrai coup de poing, comme en témoigne sa couverture. C'est percutant, c'est dur et ça sonne presque comme banal vu le nombre d'histoires du genre qu'on a déjà vu et entendu passer dans les médias.
Mais c'est aussi une histoire d'entraide, de solidarité. Une histoire d'amour et d'amitié qui ne peut laisser personne indifférent·e, tout en étant pleine d'espoir.

Chaque personnage a quelque chose à raconter. Que ce soit Rahim, Anton ou Méloée, mais aussi Mathis, Sofia, Charlotte et tous·tes les autres. Iels ne sont pas exempt·es de défauts, que du contraire, mais iels arrivent à trouver la force de se battre ensemble pour une cause commune. C'est véritablement inspirant.

Pour terminer sur une note plus légère, j'ai été totalement aspirée par ce roman, par son rythme et par les plumes qui le portent. C'est assez drôle, car sans le vouloir je n'ai eu aucune difficulté à reconnaître la patte des deux auteurices et ainsi deviner qui écrivait quel personnage. C'était finalement assez parlant et cela m'a fait sourire à de nombreuses reprises.

En conclusion, je vous conseille de vous précipiter sur ce roman, de le lire et d'encourager les personnes de votre entourage à le lire à leur tour. Car c'est un livre fort et poignant, mais c'est aussi une très belle histoire, porteuse d'espoir.


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Parution: 10 mars 2021 - Hugo New Way

mardi 9 mars 2021

Shadowscent, tome 2: La couronne de fumée - P. M. Freestone


Persuadée d'avoir perdu Ash à jamais, Rakel a fui la capitale et ses horribles complots. Désormais, elle n'a plus qu'un objectif utiliser ses dons pour trouver un remède contre le mal qui ronge son père. Mais au-delà des frontières de l'empire, elle va devoir se confronter aux fantômes de son passé... 
Alors que tout le monde le croit mort, Ash lutte de toutes ses forces pour survivre dans le donjon du palais et cherche désespérément un moyen de s'enfuir. Car si l'on découvre le secret de ses pouvoirs, plus rien ne pourra empêcher la guerre civile... 
Que Rakel et Ash le veuillent ou non, le sort d'Aramtcsh est désormais entre leurs mains. Mais auront-ils les épaules assez solides ?

Après avoir énormément aimé le premier tome de Shadowscent j'était très impatiente de lire le second. J'avais hâte de revoir Ash et Rakel et de découvrir comment iels allaient pouvoir se retrouver et déjouer le complot visant le prince héritier.

Avant toute chose, même si j'ai aimé ce deuxième tome, j'aurais tout de même apprécié un petit résumé en début de chapitre, histoire de me remettre les idées en place. En effet, presqu'un an s'est écoulé entre mes deux lectures et je dois avouer que j'ai eu un peu de mal à me remettre totalement dans l'histoire étant donné qu'on redémarre sur les chapeaux de roues.

Le roman démarre effectivement très rapidement mais le rythme de celui-ci est tout de même plus lent que celui de son prédécesseur. Cela m'a légèrement déstabilisée au début de ma lecture, car j'avais pris l'habitude d'être légèrement bousculée.

Mais si le rythme est un peu moins soutenu ici, l'ajout du point de vue de Luz à celui d'Ash et Rakel apporte incontestablement une valeur ajoutée au roman. Ce personnage énigmatique finit par être le plus intéressant de la duologie. Ses multiples casquettes lui permettent d'avoir toujours un coup d'avance sur tous les autres protagonistes et même si les interactions sociales ne sont pas son point fort, iel n'est jamais à court d'une répartie cinglante.

J'ai été un peu plus mitigée à l'égard de Nisaï et Barden que j'ai parfois trouvés injustes envers Ash. Ash qui est justement pris entre deux feux et qui a bien du mal à trouver sa place dans le groupe. J'ai d'ailleurs trouvé que son personnage n'était peut-être pas utilisé à la hauteur de ses capacités. Comparativement au premier tome, il est tout de même un peu en retrait.

Cependant, malgré mes critiques j'ai passé un très bon moment en compagnie de ce livre. J'y ai tout de même retrouvé l'ambiance qui m'avait séduite auparavant et j'ai énormément apprécié suivre Rakel dans son domaine de compétences.
Les révélations faites dans ce tome ne sont peut-être pas si inattendues, mais elles s'imbriquent parfaitement dans la trame de l'intrigue.

En conclusion, malgré quelques petits points faibles, ce second tome de Shadowscent était une très bonne lecture. J'ai aimé retrouvé les personnages qui m'avaient fait vibrer dans le premier opus, tout comme j'ai aimé que l'autrice accorde un rôle important au personnage de Luz.


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Parution VO: Shadowscent: Crown of Smoke - 2 avril 2020 - Scholastic
Parution VF: 8 janvier 2021 - La Maritinière Jeunesse

lundi 14 septembre 2020

Ce sera moi - Lyla Lee


Skye Shin a tout entendu: "Les filles grosses ne devraient pas danser. Elles ne devraient pas porter des couleurs vives. Elles ne devraient pas attirer l’attention sur elles." 
Mais Skye rêve de rejoindre le monde pailleté de la K-Pop, et pour cela elle est prête à briser toutes les règles que la société, les médias et même sa propre mère ont établies pour les filles comme elle. Quand Skye se présente à un concours télévisé, avec à la clé un poste d’apprentie star de la K-Pop, elle est prête à tout pour gagner, prête à affronter la fatigue des répétitions, les difficultés de la compétition, les drames de la télé-réalité. 
Mais rien ne l’avait préparée à la grossophobie des membres du jury, aux haters sur les réseaux sociaux… et encore moins à un rapprochement avec un de ses concurrents, Henry Cho. 
Pour autant, Skye n’oublie pas son objectif : devenir la première star grande taille de la K-Pop au monde. Ce qui signifie remporter la compétition… sans se perdre elle-même.

Avant de recevoir un mail de Bebelio me proposant de recevoir ce roman en SP, je n'en avais pas entendu parler, mais cela aura été bien dommage de passer à côté d'une telle pépite. Car Ce sera moi regroupe tout ce que j'aime voir dans la littérature - et encore plus en littérature ado ! - et que j'aimerais voir encore plus souvent.

Derrière cette couverture pop et pétillante en totale adéquation avec le caractère de notre héroïne, se cache un roman qui prône des valeurs essentielles, à savoir l'estime de soi, la diversité (qu'elle soit culturelle, sexuelle ou autre) et le body positive.

Car Skye est une jeune fille grosse et bien dans sa peau qui pratique la danse et le chant depuis qu'elle est enfant. Ces deux disciplines lui plaisent et lui apportent énormément de satisfaction.
Dès lors, quand elle apprend que l'émission You're my Shining Star débarque à Los Angeles, Skye n'a plus qu'une seule envie: participer et tout faire pour gagner la compétition, afin de montrer aux autres qu'on peut être grosse et savoir danser.

J'ai littéralement dévoré ce roman en l'espace de deux jours tellement j'étais plongée dedans. J'ai immédiatement adoré Skye pour sa personnalité positive et sa volonté de fer. C'est clairement une fille qui ne se laisse pas démonter par ce que les gens peuvent penser d'elle, ce qui en fait une héroïne inspirante.

On aimerait vraiment croiser plus de personnages de romans de sa trempe, surtout en littérature jeunesse. Des personnes qui assument entièrement qui iels sont, de leur apparence à leur sexualité (parce que oui, Skye est bi) en passant par leurs projets de carrière et de vie.
Skye représente ceci et beaucoup plus, tout comme les ami·es qu'elle va se faire tout au long du roman. Je pense notamment à Lara, Tiffany, Imani et Henry qui m'ont tous·tes beaucoup plu de part leurs caractères respectifs.

Pour ce qui est de l'histoire en tant que telle, elle n'est pas à proprement parler surprenante. En commençant ce roman, pour peu qu'on soit un·e lecteurice assidu, on sait clairement où l'autrice nous emmène, mais finalement ce n'est pas tellement ça l'important.
L'important ici, c'est l'évolution des personnages, la manière dont iels traversent les épreuves qui les attendent et les combats quotidiens qu'iels mènent.

Evidemment, certains personnages présents de ce romans tiennent des propos grossophobes et j'ai très souvent bondi de ma chaise, notamment face au discours tenu par la mère de Skye et par une des membres du jury. Mais ces propos sont tellement représentatifs du quotidien des personnes grosses que cela met encore plus en lumière à quel point notre société est stéréotypée à son paroxysme et qu'il est grand temps que cela change.

En bref, Ce sera moi est un roman que je vous recommande chaudement pour les idées que défendent l'autrice et son héroïne et pour les papillons que l'histoire va vous mettre dans le ventre.


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Parution VO: I'll be the one - 16 juin 2020 - Katherine Tegen Books
Parution VF: 26 août 20220 - Hachette

vendredi 17 juillet 2020

They both die at the end - Adam Silvera


On September 5, a little after midnight, Death-Cast calls Mateo Torrez and Rufus Emeterio to give them some bad news: They’re going to die today. 
Mateo and Rufus are total strangers, but, for different reasons, they’re both looking to make a new friend on their End Day. The good news: There’s an app for that. It’s called the Last Friend, and through it, Rufus and Mateo are about to meet up for one last great adventure—to live a lifetime in a single day

Cela fait déjà un bon moment que je voulais découvrir ce roman qui avait fait tant de bruit sur la blogo à l'époque de sa sortie en VO. J'ai donc voulu le découvrir dans sa langue d'origine lors d'une lecture commune avec Mallou14.
Cependant, les circonstances ont fait que je n'étais pas dans de bonnes dispositions pour effectuer ce type de lecture, ce qui fait que j'ai lu à peu près un quart du roman en VO avant de me rabattre sur la VF.

Cela me donne donc un aperçu du travail de traduction qui a été effectué sur ce livre et je dois dire que j'ai globalement été séduite par celui-ci. Je trouve juste dommage qu'on ait transposé le langage plus brut de Rufus par d'innombrables "wesh" qui m'ont semblé très inutiles et clichés.
My two cents.

Avec un titre pareil, il va sans dire que l'on ne s'attend pas à un happy end. Mais cela ne m'a pas empêché d'avoir envie de lire ce roman et de l'apprécier dans son ensemble.
Néanmoins il faut dire que l'histoire prend bien son temps pour réellement démarrer. La première partie se laisse porter par le personnage de Mateo, par ses envies mais également par ses peurs qui sont très (trop ?) présentes. Il faut donc s'accrocher, car l'action se met en place petit à petit.

Par contre, une fois que Mateo commence à dépasser ses réticences et à laisser Rufus prendre des initiatives, le récit devient plus rythmé et plus intéressant.
Le duo commence alors réellement à vivre pleinement sa dernière journée et ce qui en ressort est très agréable à suivre.

Evidemment, Mateo et Rufus sont des personnages diamétralement opposés. Là où Mateo est casanier et anxieux, Rufus est plus intrépide (voire parfois inconscient) et confiant. Mais ces différences vont finalement les rapprocher et faire d'eux un duo drôlement attachant.
Leurs parcours de vie sont différents, mais leurs deux histoires sont touchantes et nous donnent des frissons.

They both die at the end est donc un roman avec un propos plutôt original et audacieux qui nous oblige à nous arrêtez deux minutes dans notre vie, afin que l'on se pose nous-même la question de savoir ce que l'on ferait si on savait qu'il ne nous restait plus qu'une seule journée vivre.
On passe par toute une palette d'émotions durant cette lecture et une chose est sûre: elle ne nous laisse pas indifférent.

Lu en lecture commune (foireuse) avec Mallou14

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Parution VO: 5 septembre 2017 - HarperTeen
Parution VF: Et ils meurent tous les deux à la fin - 24 mai 2018 - Robert Laffont

mardi 2 juin 2020

Ce qu'il reste de toi - Robin Réghem


Trois ans. C'est le nombre d'années sans relations amoureuses sérieuses qu'a passé Hugo. Parce qu'il sait que son coeur et son esprit, dévoré par un trouble anxieux généralisé, ne pourraient pas le supporter. 
Alors, afin de garder intacte sa vie et éviter de sombrer à nouveau, il se contente de liaisons brèves, sans lendemain. 
Alors qu'il parvient tout juste à combattre dans sa tête ce qu'il appelle le Monstre, et à suivre une routine qui l'aide à survivre du mieux qu'il peut, un grain de sable vient enrayer la mécanique si bien huilée. Les murs qu'il a ainsi pris tant de temps et de soin à ériger sont sur le point de s'effondrer, emportant dans leur sillage l'équilibre précaire sur lequel repose toute sa vie. 
Dans ce chaos, Hugo devra faire face à un passé qu'il aimerait oublier s'il souhaite guérir de blessures qu'il n'a jamais réussi à fermer.

Quand Robin a commencé à écrire ce roman, j'ai tout de suite eu envie de le découvrir, parce que je savais qu'il allait sonner juste. Cependant, n'étant absolument pas fan de Wattpad, j'ai décidé d'attendre la sortie de l'epub. Et puis, je l'ai finalement reçu en avant-première et je l'ai dévoré en à peine quelques jours.

L'histoire se construit sur deux temporalités et nous fait découvrir Hugo, à la fois dans son quotidien   de serveur au Fox et dans sa vie telle qu'elle était trois ans auparavant.
Ces ellipses sont importantes puisqu'on découvre petit à petit le passé de notre personnage principal et ce qui l'a conduit à cette anxiété exacerbée dans le présent.

Il est très facile de se sentir proche d'Hugo, même sans totalement comprendre ce que cela signifie de souffrir d'un trouble anxieux généralisé. Ce roman permet d'ailleurs de mieux appréhender l'anxiété, car il nous plonge totalement dans la peau d'Hugo, nous permettant de suivre le cheminement de ses pensées au fur et à mesure que ses angoisses se décuplent ou se calment.
Personnellement, je n'avais jamais pris totalement conscience de ce que cela impliquait avant de lire Ce qu'il reste de toi. Juste pour ça, je suis déjà contente d'avoir découvert ce roman.

Mais ce n'est évidemment pas la seule raison pour laquelle j'ai aimé cette histoire. J'ai évidemment adoré Hugo, mais tous les personnages secondaires m'ont également beaucoup plu, à commencer par Rémy, l'indefectible meilleur ami et Logan l'élément déclencheur de toute cette histoire.
Mais le personnage à qui va mon coup de coeur, c'est sans conteste Ulysse ! Ce personnage est la douceur incarnée - même s'il peut être très cash quand il le veut - et amène un petit plus au récit que je ne saurai décrire avec justesse.

Ainsi on suit Hugo alors qu'il réapprend à s'ouvrir au monde et à une relation amoureuse, après avoir sombré à cause d'une relation plus que toxique. Les descriptions de certaines scènes de cette relation peuvent d'ailleurs se révéler être très dure à lire. C'est à cet effet que l'auteur a eu le bon réflexe de placer des trigger warning au début de son roman. Cela peut s'avérer très utile pour les lecteurices plus sensibles.

En conclusion, Ce qu'il reste de toi n'est absolument pas une romance, mais c'est un roman qui met en lumière des problèmes de la vie quotidiennes et nous permet de nous sensibiliser à ceux-ci. Et même si tout n'est pas tout rose dans ce roman, il n'en reste pas moins dénué d'espoir, de diversité et de valeurs positives.


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Le lien vers la version Wattpad (même si je vous conseille fortement l'epub)
Parution: 3 juin 2020 - autoédition numérique

mardi 31 mars 2020

Shadowscent, tome 1: Le parfum de l'ombre - P. M. Freestone


Dans l'empire d'Aramtesh, les parfums, sacrés, sont l'objet de toutes les convoitises. Avec son nez affûté et sa grande connaissance des senteurs, Rakel espérait devenir parfumeuse et gagner de quoi soigner son père malade. Mais le prince Nisaï est empoisonné et elle est accusée à tort... 
Obligée de fuir, Rakel doit absolument découvrir l'antidote au poison qui a plongé le prince dans le coma. Ainsi, seulement, elle pourra laver son nom. Pour cela, elle devra s'allier avec Ash, le soldat envoyé sur ses traces. 
Ensemble, ils découvriront d'anciens secrets enfouis aux confins de l'empire – et au plus profond d'eux-mêmes. Mais parviendront-ils à déjouer la machination qui menace la paix fragile d'Aramtesh ?

Encore une fois, je ne savais pas à quoi m'attendre avec ce roman. Je l'ai reçu via une Masse Critique privée, et à part m'être un peu renseignée sur l'autrice pour savoir si je pouvais me fier à elle, j'avais à peine lu le résumé. Vous le savez, j'aime être surprise par mes lectures. Et cette fois-ci, ce fut le cas.

Dès les premières pages, j'ai été emportée par la plume de P. M. Freestone et je n'avais plus envie de m'arrêter de lire. L'univers créé par l'autrice est des plus intéressant, et je dirai même qu'il est assez original. Avec son ensemble de parfums, de mystères et de senteurs, il ressemble assez peu à ce que j'ai déjà pu lire en fantasy et en littérature de l'imaginaire en général et c'était assez rafraîchissant.

L'empire d'Aramtesh offre un décor splendide à cette aventure originale. Les différentes provinces parcourues durant le récit ont toutes quelque chose de particulier à montrer à nos deux héros et pour une fois, les descriptions ne m'ont pas parue superflues. Au contraire, elles apportent un petit plus au roman, que je ne saurais décrire correctement.

Les personnages sont le gros point fort du roman. J'ai aimé le tempérament affirmé de Rakel, toujours prompte à passer à l'action malgré les innombrables dangers, ainsi que celui plus pragmatique d'Ash, avec qui elle partage son périple.
La complicité naissante entre ces deux-là est tissée avec beaucoup de douceur et de logique, si bien qu'elle apparaît comme étant naturelle. En combinant leurs points forts et leurs points faibles, nos deux protagonistes forment un duo qu'il est agréable de suivre durant cette épopée fantastique.

Nisaï est également un personnage complexe et plaisant à suivre, même s'il se retrouve rapidement hors-jeu (je ne spoile rien, c'est écrit dans le résumé). Il est plein de sagesse et de compassion et je pense qu'il a encore énormément à offrir à cette intrigue.

Le rythme du roman est tellement bien tenu, que jusqu'à la toute fin je pensais qu'il s'agissait d'un one-shot. Qu'elle ne fut pas ma surprise de découvrir dans les dernières pages du roman que j'allais devoir prendre mon mal en patience et devoir attendre la parution d'un deuxième tome pour avoir le fin mot de cette histoire !

En conclusion, dans ce premier romans P. M. Freestone est parvenue à allier action et description avec un rare talent, pour nous emmener à la découverte de l'empire d'Aramtesh en compagnie de personnages complexes mais attachants. Son écriture m'a emmenée plus loin que ce que j'imaginais au départ et j'ai extrêmement hâte de pouvoir découvrir la suite de ce récit épique !


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Le site de P. M. Freestone
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Parution VO: Shadowscent: The Darkest Bloom - 1er mai 2019 - Scholastic
Parution VF: 16 janvier 2020 - La Maritinière Jeunesse
Tome 2: Shadowscent: Crown of Smoke - 2 avril 2020 - Scholastic

vendredi 19 juillet 2019

Les Chroniques de San Francisco, tome 1 - Armistead Maupin


Les seventies sont sur le déclin, mais San Francisco, la fureur au cœur et au corps, vibre encore d'une énergie contestataire et s'affiche dans les rues aux couleurs d'enseignes et de néons tapageurs. Tout droit venue de Cleveland, Mary Ann Singleton, vingt-cinq ans, emprunte pour la première fois les pentes du "beau volcan". Elle plante son camp au 28 Barbary Lane, un refuge pour "chats errants". 
Logeuse compréhensive et libérale, Mme Madrigal règne en matriarche sur le vieux bâtiment qui abrite une poignée de célibataires : Mona, rédactrice publicitaire, son colocataire Michael, chômeur et disciple de "l'amour interdit" et le beau Brian Hawkins, coureur de jupons insatiable.

Voilà déjà quelques années qu'une de mes collègues me parle de son amour pour Les Chroniques de San Francisco. Chaque année pour la journée mondiale de lutte contre l'homophobie et notre sélection thématique pour le boulot, le sujet revient sur le tapis et chaque année, je me dis que c'est une lecture qui pourrait me plaire.
Alors cette année après avoir regardé trois épisodes de l'adaptation en série sur Netflix, j'ai décidé de sauter le pas et de me procurer ce premier tome, afin de me faire mon propre avis.

Et bon dieu, ce que ça m'a plu !
Sincèrement, il y avait longtemps que je n'avais pas lu un livre aussi rapidement et avidement. Dès les premières pages je me suis laissée prendre au jeu, tout en sachant que toutes les références ne me parleraient évidemment pas.
Mais alors que cela aurait pu me rebuter pour un autre roman, ici je n'y ai pratiquement pas fait attention et j'ai dévoré les pages les unes après les autres.

Je me suis totalement prise au jeu et j'ai adoré suivre les péripéties de Mary Ann, Michael, Mona et Brian - les personnages principaux - mais j'ai également eu beaucoup de plaisir à suivre les personnages secondaires tels que DeDe, Beauchamp, Edgar et les autres.
Ce foisonnement de personnages pourrait perdre le lecteur, cependant ce ne fut pas le cas car Armistead Maupin prend toujours soin de rappeler de quel personnage il est question au début de chaque chapitre.

D'ailleurs, il faut bien avouer que les chapitres sont courts et directs. Composés pour la majeure partie de dialogues, cela a le mérite de grandement faciliter la lecture. L'auteur de s’embarrasse pas de descriptions dithyrambiques inutiles et va droit au but à chaque fois. 

Pour être tout à fait honnête, ce n'est pas de la grande littérature. Je dirais même que parfois le style est très mauvais. Mais alors que cela m'embêterait énormément pour d'autres livres, ici je trouve que cela ajoute au charme de l'ensemble. On est vraiment sur du roman de gare comme il avait été pensé au XIXe siècle et il faut le consommer comme tel.

Mais la cerise sur le gâteau en ce qui me concerne, c'est évidemment la sphère LGBTQIA+ qui gravite dans ce roman et plus largement dans cette saga. Pour l'époque de parution c'est très avant-gardiste, mais aujourd'hui encore c'est criant d'actualité. 

Je ne peux que conclure mon avis en vous invitant à découvrir par vous-même ce petit bijou que représente Les Chroniques de San Francisco. J'ai dévoré ce roman en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, et même si je n'ai pas compris toutes les références, j'ai tout de même beaucoup ri et souri durant ma lecture.


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Parution VO: Tales of the City - 1978 - Harper & Row (San Francisco Chronicle 
Parution VF: 2 mars 2000 - Editions 10-18