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lundi 1 novembre 2021

Fille, femme autre - Bernardine Evaristo


Amma, Dominique, Yazz, Shirley, Carole, Bummi, LaTisha, Morgan, Hattie, Penelope, Winsome, Grace. 
La plus jeune a dix-neuf ans, la plus âgée, quatre-vingt-treize. Elles sont douze femmes puissantes, apôtres du féminisme et de la liberté, chacune à sa manière, d'un bout de siècle à l'autre. Leurs vies s'épaulent, s'opposent et font la ronde. 
Chacune est en quête, de place, de classe, d’un avenir, d’une identité, du bonheur. Elles sont un chœur, un tableau vibrant et foisonnant, une ode à la différence et à la soif « d’être ensemble ».

C'est ma copine Mère Sauvage qui m'a donné envie de découvrir ce roman, avec son avis plus qu'élogieux à son propos. Alors quand je l'ai vu dans la dernière sélection de la Masse Critique de Babelio, je l'ai coché en croisant très fort les doigts. Et je l'ai reçu.

Si au départ j’ai été un peu déstabilisée par la narration de l’autrice et la construction de ses phrases (il n'y a jamais de point), une fois mes premières appréhensions passées, j’étais complètement plongée dans ce roman polyphonique.

Bernardine Evaristo nous emmène dans le quotidien de douze femmes noires. Douze femmes très différentes, reliées entre elles par des liens divers. Parfois ils sont épais, comme celui qui relie une mère et sa fille ou deux meilleures amies. Parfois ils sont bien plus ténus, comme celui reliant des collègues ou de vagues connaissances. 
Mais ces liens sont bien là et ils les relient les unes au autre d’une manière très particulière, que l’autrice nous présente au fur et à mesure.

Je me suis littéralement plongée dans le vécu de ses femmes et j’ai vécu milles émotions en leur compagnie. Je me suis attachée à toutes, même à celles que j'avais pu croiser dans un chapitre précédent et qui ne m'avait pas marquée sur le moment.

J’ai aimé, souri, pleuré, pesté, souffert, ri avec elles durant les 500 pages de ce roman et en le finissant je n’avais qu’une seule envie: qu’il continue encore et encore, car il m’a fait vibrer et vivre mille émotions en abordant une telle diversité de sujets - de la lutte des classes au racisme, en passant par l'identité de genre - qu’il est impossible de tous les citer. 
Il devrait exister plus de livre d’une

Ce roman fait sans aucun doute partie de ceux qui me resteront longtemps en mémoire et qui ne quittera plus jamais ma bibliothèque personnelle. J'ai rarement lu un roman contemporain d'une telle intensité et je pense pouvoir dire sans me tromper que ce roman sera mon plus gros coup de coeur de 2021.


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Le site de Bernardine Evaristo
Parution VO: Girl, Woman, Other - 5 novembre 2019 - Black Cat
Parution: 19 août 2021 - Pocket

mercredi 27 janvier 2021

Le chant d'Achille - Madeline Miller


Ce ne sont encore que des enfants : Patrocle est aussi chétif et maladroit qu'Achille est solaire, puissant, promis à la gloire des immortels. Mais, grandissant côte à côte, un lien se tisse entre ces deux êtres si dissemblables. 
Quand, à l'appel du roi Agamemnon, les jeunes princes se joignent au siège de Troie, la sagesse de l'un et la colère de l'autre pourraient bien faire dévier le cours de la guerre... 
Au risque de faire mentir l'Olympe et ses oracles.

Après avoir adoré Circé, j'avais hâte de me plonger dans Le chant d'Achille de Madeline Miller et en même temps j'ai retardé ce moment autant que j'ai pu, car je savais qu'après je n'aurai plus aucun roman de l'autrice à lire et cela me désolait. J'espère vraiment que l'autrice nous sortira un nouveau roman très rapidement, sinon je pense dépérir.
Et non je n'exagère pas...

L'idée de réécrire l'histoire d'Achille du point de vue de Patrocle m'a tout de suite charmée. J'ai toujours eu cette impression qu'il y avait plus entre eux qu'une simple histoire d'amitié (ou de famille puisque dans certaines versions on estime qu'ils sont cousins) et j'étais ravie que Madeline Miller explore ce terrain-là.

La relation entre les deux protagonistes se construit petit à petit, avec beaucoup de douceur, de simplicité et de complicité mutuelle. Ils sont amis avant d'être amants et finalement tout coule de source. En tout cas, cette impression ne m'a pas quittée durant toute ma lecture.

Cela donne une histoire d'une beauté à couper le souffle. Très sincèrement, ce roman m'a chamboulée, m'a émue et m'a fait avoir des papillons dans le ventre, tant la relation entre les deux héros est sincère et naturelle. J'ai d'ailleurs eu énormément de mal à m'arracher à ma lecture quand j'y étais obligée pour aller travailler... non mais quelle idée !

On sent que l'autrice à pensé son roman pendant des années - dix si l'on en croit les remerciements - pour nous offrir une oeuvre complète et plus que cohérente. 
Ce récit pourrait être la véritable histoire d'Achille et Patrocle. Et en fait, j'aime à croire qu'elle l'est.

La place donnée aux autres personnages, et notamment aux personnage féminins telles que Thétis et Briséis est elle aussi très bien amenée. On leur donne enfin l'importance qu'elles méritent et non plus un simple nom jeté au milieu des exploits d'un seul homme.
Ces deux femmes (dont l'une est une déesse, rappelons-le) sont des figures fortes et indépendantes, même si elles évoluent dans un univers presque exclusivement masculin. 

En conclusion, si vous voulez lire de magnifiques réécritures des récits mythologiques, jetez-vous sur les romans de Madeline Miller, vous ne le regretterez pas ! L'autrice maîtrise à la perfection son sujet et nous embarque vers la Grèce Antique avec une étonnante facilité. Peu d'auteurice ont réussi à m'embarquer de cette manière dans un roman.


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Parution VO: Song of Achille - 6 mars 2012 - Ecco
Parution VF: 2 avril 2015 - Pocket

vendredi 11 septembre 2020

Circé - Madeline Miller


Helios, dieu du soleil, a une fille: Circé. Elle ne possède ni les pouvoirs exceptionnels de son père, ni le charme envoûtant de sa mère mais elle se découvre pourtant un don: la sorcellerie, les poisons et la capacité à transformer ses ennemis en créatures monstrueuses. Peu à peu, même les dieux la redoutent. 
Son père lui ordonne de s'exiler sur une île déserte sur laquelle elle développe des rites occultes et croisent tous les personnages importants de la mythologie: le minotaure, Icare, Medée et Ulysse.... 
Mais cette existence de femme indépendante et dangereuse inquiète les dieux et effraie les hommes. Pour sauver ce qu'elle a de plus cher à ses yeux, Circé doit choisir entre ces deux mondes : les dieux dont elle descend, les mortels qu'elle a appris à aimer.

Bon vous le savez, avec moi quand on parle de mythologie, je suis déjà à moitié conquise, quel que soit le support. Pour ce qui est de ce roman, tant de personnes l'avaient encensé sur les réseaux sociaux que j'avais envie de le découvrir, mais en même temps j'avais peur d'être déçue et que l'engouement général retombe comme un soufflé.
Heureusement, cela n'a pas été le cas.

Comment vous parler de ce roman afin de lui rendre justice et de vous faire passer tout ce que j'ai pu ressentir durant cette lecture ? Je vous avoue que je ne pense pas être capable de pouvoir mettre les mots sur tout ce que j'ai vécu durant cette lecture, mais en tout cas je vais essayer de vous en parler du mieux possible.

C'est un fait: Circé n'est pas le personnage le plus connu de la mythologie grecque. Dans l'imaginaire collectif, c'est une sorcière qui vit sur une île et transforme les hommes en cochon. On sait aussi qu'Ulysse a vécu sur son île un an durant son Odyssée, mais c'est à peu près tout.

L'envie de Madeline Miller de revaloriser ce personnage m'a d'emblée convaincue. L'autrice reprend donc les bases connues, sa naissance par Persé et Helios, sa vie sur Eéa, sa rencontre avec Ulysse et remodèle le tout pour nous offrir une destinée à la hauteur de ce personnage emblématique.

Si les chapitres nous contant sa vie au cœur du palais d'Hélios sont les moins prenants, ils nous permettent cependant de poser les bases concernant le caractère de Circé et la manière dont elle est traitée par ses pairs. Cela apporte un terrain fertile pour la suite des événements, notamment sa vie sur Eéa et tout ce qui en découlera.

Je me suis tout de suite attachée à Circé; son caractère m'a touché en plein cœur et j'ai tout de suite ressenti énormément d'empathie à son égard. Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est la manière dont elle se détache de son passé pour avancer et devenir la femme qu'elle aurait toujours dû être, malgré la façon dont elle a toujours été dénigrée par son entourage.
Ce texte est pétri de féminisme, de reconstruction de soi et d'empowerment et c'était un vrai régal à parcourir !

Je n'ai maintenant qu'une seule hâte: me procurer Le chant d'Achille pour pouvoir retrouver la plume addictive de Madeline Miller et me laisser emporter par celle-ci.
Cela ne devrait d'ailleurs par tarder...

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Parution VO: 10 avril 2010 - Little, Brown and Company
Parution VF: 2 mai 2019 - Pocket

lundi 23 septembre 2013

Jamais sans ma fille - Betty Mahmoody


Et c'est avec cette chronique que je rattrape définitivement le retard que j'avais pris précédemment ! Jusqu'à quand, par contre, suspense !!
Bref, tout ça pour vous présenter ma chronique sur une de mes dernières lecture: Jamais sans ma fille de Betty Mahmoody.



Tout le monde a entendu parler de cette histoire au moins une fois dans sa vie. Betty est américaine, mariée à un iranien dit "américanisé" -c'est à dire qu'il vit depuis plus de 20 ans aux États-Unis et qu'il y est bien intégré-. Ils vivent avec leur fille Mahtob dans le Michigan. Bref une vie de famille tout ce qu'il y a de plus normale.

Mais cette vie normale va voler en éclat, le jour où le mari de Betty, Moody, décide qu'ils vont faire un voyage de deux semaine en Iran car sa famille le presse de venir pour rencontrer sa femme et sa fille. Au départ Betty n'est pas très rassurée, mais Moody lui assure que ce ne sera que pour deux semaines, et qu'ensuite ils reviendraient chez eux, aux États-Unis.

Cependant, deux semaines après leur arrivée à Téhéran, Moody leur annonce qu'ils resteront vivre là, et qu'elles ne retourneront jamais en Amérique. Après cette annonce, Betty fera tout ce qui est possible pour qu'elle et sa fille puisse retrouver leur pays et leur famille. Elles passeront néanmoins deux ans dans ce pays, où la femme n'a aucun droit, et où l'homme et l'armée régissent tout, sous le joug de Moody, qui sera passé de "père et mari aimant" à "tyran" en moins de deux semaines.

Je connaissais l'histoire de Betty par ce qu'on en a raconté, mais je n'avais jamais lu le livre. Le fait qu'un ami fasse un tri dans ses livres et me donne celui-ci a fait que j'ai eu enfin l'occasion de connaitre cette histoire dans le détail.

Tout d'abord, on prend réellement Betty en pitié. On se dit qu'à sa place, on aurait vu venir l'affaire, et qu'on aurait refusé l'invitation à venir en Iran. Mais on se rend compte que c'est bien plus que ça. En effet, on fait toujours une confiance aveugle à notre compagne/compagnon, et heureusement, car si on ne peut pas faire confiance à ces personnes, à qui le peut-on ? Et puis, que ne ferait-on pas par amour ? Et bien c'est à cause de ça que Betty se retrouve dans cette situation, et n'importe quelle femme pourrait un jour s'y retrouver

J'ai réellement été surprise de ma manière dont Moody a si radicalement changé en quelques temps. Car on a parfois des flash-back de la vie de ce couple avant leur arrivée en Iran, et on voit que Moody était vraiment un homme bien au départ, et on comprend que Betty n'ait rien vu venir, malgré sa réticence à partir.

On se demande également, pourquoi l'ambassade à qui Betty s'adresse en Iran ne peut rien faire pour elle. N'est-ce que pas pour ce genre de cas que des ambassades existent ? Apparemment non, pas dans les années 80. C'est assez scandaleux de voir que ces "bureaucrates" renvoie Betty dans les griffes de son mari, alors qu'ils savent pertinemment ce qu'elle risque en y retournant en lui ayant désobéi, et cela plusieurs fois. Quel est ce système qui renvoie une femme battue dans les bras de son bourreau ??

Heureusement, il n'y a pas que les personnes travaillant à l'ambassade, sinon je pense que Betty vivrait toujours en Iran à l'heure actuelle. Elle a eu la chance de rencontrer de "bonnes" personnes. Des personnes qui ont écouté son histoire, qui l'ont comprise et qui l'ont aidée à s'en sortir. Sans ces personnes, Betty n'aurait jamais pu quitter l'Iran.

Mais il n'empêche que ce livre est tout de même une sorte de souffle d'espoir pour les parents et les enfants victimes du même genre d'histoire. On se dit qu'il ne faut jamais désespérer, toujours se battre, et qu'un jour peut-être, on arrivera à sortir de cet enfer.

Livre à conseiller