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lundi 26 juillet 2021

Le Choeur des femmes - Aude Mermilliod et Martin Winckler


Jean, major de promo et interne à l'hôpital, doit faire un stage en soins gynécologiques aux côtés du docteur Karma. 
Mais elle veut faire de la chirurgie, et non écouter des femmes parler d'elles-mêmes et de leur corps ! Elle se désespère de passer son temps auprès de ce médecin qui privilégie l'écoute à la technique. 
Contraception, maternité, violences conjugales, avortements... de consultations en témoignages, Jean pourrait bien pourtant changer sa vision de la médecine.

Il y a un peu plus d’un an, je découvrais Le Chœur des Femmes, le formidable roman de Martin Winckler et j’en ressortais toute chamboulée et changée. Alors quand j’ai su que ce roman était adapté en BD par Aude Mermilliod, qui m’avait déjà émue avec Il fallait que je vous le dise, il était plus qu’évident que j’allais me jeter dessus.

Dès les premières planches, j'étais convaincue ! J'ai retrouvé avec plaisir les dessins de l'autrice qui m'avait déjà tant plu dans son titre précédent ainsi que le texte qui m'avait touchée lors de ma lecture du roman. Le mariage des deux genres a su faire mouche.
Aude Mermilliod suit la trame de l'histoire conçue par Martin Winckler tout en lui apportant des modifications pertinentes. On sent qu'elle s'est entièrement appropriée l'histoire, les personnages et qu'elle les a fait siens.
Celui a dû lui demander beaucoup de travail et de patience, mais le résultat est là et il a dépassé mes espérances.

C'était un vrai plaisir de pouvoir mettre un visage sur Jean, Karma, Renée et tous·tes les autres personnages du roman. Iels ont pris vie sous les dessins de l'autrice et cela m'a ravie !
Cette (re)lecture c'était également l'occasion de me remémorer le roman et l'histoire des différentes femmes qui passent dans le cabinet de Jean et Karma. Certaines histoires étaient restées gravées dans mon esprit, tandis que d'autres étaient plus floues. J'ai donc pu les relire avec plaisir et à mon aise, et ainsi me les réapproprier. 

En bref, c'est carton plein pour cette adaptation BD du roman Le Choeur des Femmes. J'ai été subjuguée du début à la fin et j'ai refermé ce livre non sans une certaine émotion, car l'autrice a su retranscrire avec justesse tous les éléments importants du roman en y incorporant ses propres valeurs.
C'était tout simplement magnifique.


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Le compte Instagram d'Aude Mermilliod
Parution: 23 avril 2021 - Le Lombard
Parution VF: 9 juin 2021 - Hachette
Illustrations: HLe Choeur des femmes par Aude Mermilliod © Le Lombard 2021

mercredi 5 mai 2021

Le jardin secret, tome 1 - Maud Begon d'après Frances Hodgson Burnett


Après la mort de ses parents en Inde, Mary, petite fille renfermée, désagréable et malingre, est recueillie par un oncle toujours absent dans un sombre et étrange manoir perdu sur la lande anglaise. 
Là, elle va s'ouvrir à la vie et changer grâce à la recherche d'un jardin mystérieux, la rencontre d'un premier ami, jusqu'à se transformer tant physiquement que moralement.

Cela fait quelques années que je voue une passion aux ouvrages de Frances Hodgson Burnett et pour les adaptations et réécritures qui en sont tirées. J'ai adoré La petite princesse et Le jardin secret, il ne me reste plus qu'à découvrir Le petit lord Fauntleroy et la collection sera complète.

Quoi qu'il en soit, quand j'ai vu que Dargaud sortait une adaptation BD de ce roman que j'ai adoré, il était évident que j'allais me jeter dessus et la dévorer. Ce que j'ai fait.
Il s'agit ici d'un premier tome car l'adaptation va se décliner en plusieurs albums. Si je me base sur ce qui est présenté dans celui-ci et la manière dont l'histoire avance, je dirais que nous auront droit à une trilogie.
Selon moi cette adaptation est une vraie réussite. La trame de l'histoire est parfaitement respectée et l'autrice nous plonge dans l'histoire de Mary avec beaucoup de délicatesse. J'ai véritablement eu la sensation de relire le roman que j'aime et c'était très agréable.

On est bien loin de la version cinématographique édulcorée de 2020 et c'est tant mieux. D'ailleurs si vous cherchez une vraie belle adaptation de ce roman, je vous conseille fortement le film de 1993 (oui celui avec Maggie Smith, la présence de cette actrice est un gage de qualité) à la place de celui de 2020 où les réalisateurs ont inutilement rajouté des éléments de fantasy à l'intrigue. Sincèrement, l'histoire originale se suffit à elle-même.
La façon dont Maud Begon illustre les changements physiques et psychologiques de Mary est vraiment significative. On part d'une petite fille franchement insupportable et malingre pour arriver à une héroïne vive, joyeuse et rayonnante en l'espace de quelques mois.
Les changements sont subtils et ils évoluent au fil des pages, au rythme de notre lecture.

Graphiquement cette BD est une réussite: les planches sont d'une beauté à couper le souffle et les couleurs renforcent à merveille la singularité des différents lieux. Que ce soit à l'intérieur du manoir ou dans les jardins - là où se passe la majorité de l'intrigue - l'autrice nous offre une gamme d'illustrations somptueuses.
Que ce soit dans de petites cases ou en pleine page, notre regard est forcément attiré par l'harmonie des traits et des couleurs présentes.
En conclusion, cette BD est une véritable petite bulle de douceur et d'émerveillement. Dès les premières pages on plonge dans le récit et on n'en ressort qu'à la toute fin, avec un petit goût de trop peu. 
Je pense que Le jardin secret plaira autant aux amateurices de la version romancée de Frances Hodgson Burnett qu'à celleux dont ce sera la première approche.
De mon côté, je vais avoir du mal à patienter jusqu'au tome suivant.


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Le site de Maud Begon
Parution: 23 avril 2021 - Dargaud
Ma chronique du roman
Illustrations: Le jardin secret par Maud Begon © Dargaud 2021

mercredi 6 janvier 2021

Les Chroniques de San Francisco, tome 1 - Isabelle Bauthian et Sandrine Revel


Mary Ann Singleton débarque dans la baie après avoir coupé le cordon ombilical et quitté son Ohio natal. Elle trouve refuge dans une pension familiale au 28 Barbary Lane. 
La propriétaire, Madame Madrigal est, disons, pittoresque mais materne ses locataires avec une inépuisable gentillesse. Et ils en ont tous bien besoin, car " s'il ne pleut jamais en Californie, les larmes en revanche peuvent y couler à flots ". 
Mary Ann va devoir s'adapter à cette nouvelle vie, Mona vient de perdre son emploi, Michael cherche l'homme de sa vie...

Si vous n'êtes pas novice par ici, vous connaissez mon amour pour Les Chroniques de San Francisco d'Armistead Maupin. Découverte durant l'été 2019, cette saga est l'un de mes plus gros coups de cœur littéraires. A chaque fois que j'ai un petit coup de mou, je sors un tome de ma pile à lire pour me plonger sans le quotidien de mes personnages chouchous.

Je suis d'ailleurs actuellement en pleine lecture de Michael Tolliver est vivant. Mais j'essaie de le faire durer, car après celui-ci, il ne me restera que deux tomes à découvrir.
Quoi qu'il en soit, la nouvelle de l'adaptation en BD de cette saga que j'affectionne tant m'a littéralement ravie ! Et puisqu'une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, j'ai eu l'occasion de découvrir ce premier tome grâce à une opération Masse Critique de Babelio.
C'était un vrai plaisir de retomber dans cette histoire que j'aime beaucoup et qui était encore étonnamment fraîche dans ma mémoire. J'ai apprécié de revivre le roman à travers les magnifique dessins de Sandrine Revel. Dessins qui ont parfaitement su donner vie à nos divers protagonistes et leur rendre justice.

Et que dire de ces magnifiques couleurs pastel qui rendent l'atmosphère de ce San Francisco des années 70 tout à fait palpable. Graphiquement parlant, cette adaptation est une réussite. Tout est là pour nous faire passer un moment agréable et divertissant.
Pour ce qui est de l'adaptation, la structure du récit est totalement respectée. Les événements s'enchaînent comme dans le roman et on ne souffre d'aucun temps mort.
Là où selon moi c'est un peu plus délicat, c'est au niveau du contexte. Le récit manque légèrement de description pour appréhender correctement tous les aspects de l'histoire.

De mon point de vue, une personne n'ayant pas lu le roman aura du mal à raccrocher les wagons pour y voir une histoire continue qui fait sens. Un ou deux encadré remettant les choses dans leur contexte n'auraient pas fait de tort à la BD.
En conclusion, ce premier tome des Chroniques de San Francisco en BD est une adaptation réussie. Les dessins sont sublimes et rendent parfaitement justice au récit initial. Cependant vu le léger manque de contexte, j'aurais tendance à conseiller cette BD aux amateurices de la saga plutôt qu'aux néophytes qui risqueraient de se retrouver un peu perdu·es.


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Le site d'Isabelle Bauthian
Le site de Sandrine Revel
Parution: 5 novembre 2020 - Editions Steinkis
Illustrations: Les Chroniques de San Francisco par Isabelle Bauthian et Sandrine Revel © Editions Steinkis 2020

mercredi 27 novembre 2019

Les enquêtes d'Enola Holmes - Serena Blasco et Nancy Springer


Quand Enola Holmes, sœur cadette du célèbre détective Sherlock Holmes, découvre que sa mère a disparu le jour de son anniversaire, en ne lui laissant pour mot qu'un recueil sur les fleurs, et un carnet de messages codés, elle se met rapidement à sa recherche. 
Elle va devoir recourir à son sens de la débrouille, ainsi qu'à d'ingénieuses techniques de déguisement afin de fuir le manoir familial alors que ses deux frères se sont mis en tête de l'envoyer en pension afin de faire d'elle une vraie "Lady". Mais rien ne la prépare à ce qui l'attend. 
Son chemin la conduit rapidement dans les quartiers sombres et malfamés de Londres, et elle se retrouve impliquée dans le kidnapping d'un jeune marquis. Enola arrivera-t-elle à s'en sortir seule, et continuer de suivre la piste de sa mère tout en échappant à ses deux frères?

Je n'ai jamais pris le temps de lire les romans éponymes, mais lorsque ma collègue m'a demandé de les acheter pour la bibliothèque, j'ai profité de l'occasion pour emprunter la série complète pour la dévorer en un week-end. Ce qui est plutôt de bon augure, vous en conviendrez.

Nous suivons donc la jeune Enola alors que sa mère vient de disparaître sans laisser de trace. Les frères de la jeune fille - les célèbres Sherlock et Mycroft - souhaitent alors l'envoyer au pensionnat pour parfaire son éducation et la transformer en parfaite Lady.
Mais c'est sans compter l'envie de liberté de leur cadette et les lettres cryptées laissées par leur mère, permettant à Enola de rassembler assez d'argent pour fuir la maison familiale et ses frères. Sa destination: Londres.

Ainsi, au fil des six tomes nous suivons notre jeune héroïne alors qu'elle s'est installée dans la capitale britannique et mène quelques enquêtes pour gagner sa vie.
Son chemin croisera de temps à autre celui de ses frères, mais cette dernière s'avère encore plus vive et rusée que ses aînés, et ce pour notre plus grand plaisir.
Plaisir renforcé par les sublimes dessins de Serena Blasco. Les traits de l'illustratrice mettent magnifiquement en valeur le personnage d'Enola et son univers.
Chaque planche est un régal pour les yeux et il est agréable de s'attarder sur chaque petit détail. On en prend tout simplement plein les yeux.

Je ne peux évidemment pas me prononcer sur l'adaptation, mais je peux vous affirmer que les six tomes m'ont tenue en haleine pendant ma lecture. J'ai été totalement happée par l'histoire et par la personnalité plus qu'attachante d'Enola.
De plus, les idées de notre héroïne sur les femmes et leur condition donnent à cette BD un aspect féministe tout à fait d'actualité.
En conclusion, je ne peux que vous inciter à découvrir cette magnifique série qui ne compte que six tomes. Oui, je dis "que" parce que j'aurais encore bien lu deux ou trois tomes supplémentaires, tant j'ai adoré cette lecture.
Alors, qu'est-ce que vous attendez ??


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Parution tome 1: La double disparition - 23 septembre 2015 - Jungle
Parution tome 6: Métro Backer Street - 22 mai 2019 - Jungle

Illustrations par Serena Blasco © Jungle 

mercredi 9 octobre 2019

Demain j'arrête ! - Laetitia Aynié et Véronique Grisseaux d'après Gilles Legardinier


La comédie phénomène, écrite par Gilles Legardinier, adaptée par Laetitia Aynié et Véronique Grisseaux ! 
Et vous, quel est le truc le plus idiot que vous ayez fait dans votre vie ? 
Au début, c'est à cause de son nom rigolo que Julie s'est intéressée à son nouveau voisin. Mais très vite, il y a eu tout le reste : son charme, son regard, et tout ce qu'il semble cacher... 
Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par cet inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques de plus en plus délirants...

J'ai lu le roman Demain j'arrête ! en 2014, alors que le blog en était encore à ses balbutiements (d'ailleurs si vous allez lire ma chronique de l'époque, vous en aurez un bel aperçu).
Cette lecture m'avait beaucoup amusée, ce qui fait que j'ai sauté sur l'occasion lorsque les éditions Michel Lafon l'ont proposé en service presse.

Nous suivons donc Julie, une jeune adulte plutôt maladroite et malchanceuse. Celle-ci se remet d'une rupture amoureuse difficile et subit son poste d’employée de banque, jusqu'à ce qu'elle rencontre Ric, son nouveau voisin.
Situations cocasses, quiproquos et absurdités sont au programme de cette histoire.

La version BD proposée par ce duo d'autrices est extrêmement fidèle au roman paru il y a plus de six ans. On identifie parfaitement chaque personnage et on suit l'histoire avec autant d'avidité que si on découvrait l'histoire pour la première fois.
Et pour les personnes qui n'ont pas eu l'occasion de lire le roman, la découverte graphique n'en est que meilleure.

En parlant de découverte graphique, le style de Laetitia Aynié - connue notamment pour la version BD du Journal d'Aurélie Laflamme -  colle parfaitement à l'ambiance générale.
Cette dernière a réussi le pari de donner une image à des personnages que nombre de personnes s'étaient imaginé et à le faire de manière stylée et cohérente.
En tout cas, j'en suis amplement satisfaite.

Et en ce qui concerne le travail scénaristique de Véronique Grisseaux, celle-ci n'a pas à rougir de sa contribution. En effet, tous les éléments importants du roman figurent dans la version BD et sont criants de vérité.
A tel point que je suis parvenue à avoir un fou-rire lors de ma même scène qui m'avait fait pleurer de rire lors de ma lecture du roman. Avouez que c'est quand même bien foutu.

En conclusion, il s'agit là d'une véritable réussite pour les deux autrices. Celles-ci ont su rendre justice au travail de Gilles Legardinier, sans jamais le dénaturer mais en y ajoutant tout de même leur touche personnelle.
La combinaison de tout cela offre aux fans une fabuleuse nouvelle version à découvrir et aux néophyte une très bonne première incursion dans cet univers délirant.


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Parution: 26 septembre 2019 - Michel Lafon

Illustrations par Laetitia Aynié © Michel Lafon 2019

jeudi 15 août 2019

Morgane - Stéphane Fert et Simon Kansara


Privée de son destin de reine, la demi-sœur du roi Arthur devient la sulfureuse fée Morgane et se dresse contre la tyrannie de la Table ronde et les manipulations de Merlin le fou. 
Écœurée par le magicien qui joue avec sa vie depuis sa plus tendre enfance, Morgane laisse libre cours à sa colère et assouvit sa soif de pouvoir envers et contre tous : son ancien maître, les hommes, leur nouveau dieu unique et l'ordre établi.

Avant toute chose, je tiens à préciser que je suis une totale néophyte en ce qui concerne les légendes arthuriennes. Je connais évidemment les grandes lignes j'ai vu Merlin l'Enchanteur comme tout le monde mais je ne pourrai pas dire si la Morgane de Fert et Kansara est fidèle à l'originale.
Maintenant que les bases sont posées, on peut passer à la chronique.

Si l'histoire commence au couronnement d'Arthur, les auteurs font rapidement un retour vers le passé pour nous présenter l'enfance de Morgane à Tintagel.
Unique enfant du couple royal, son père décide malgré tout d'en faire son héritière et l'éduque en ce sens: cours d'escrime et de politique seront donc au programme, ce qui est loin de déplaire à la jeune princesse ambitieuse qu'elle est déjà.


Cependant, le destin de Morgane va rapidement basculer avec la victoire d'Uther Pendragon sur le royaume de son père. C'est là qu'elle va devenir la disciple de Merlin et que va commencer son ascension vers les ténèbres.
Il est également question d'Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde, de la quête du Graal et de l'histoire d'amour entre Guenièvre et Lancelot, mais tous ces événements sont traités avec beaucoup de dérision, sûrement pour alléger l'atmosphère plutôt lourde qui entoure Morgane.

Comme pour Peau de Mille Bêtes, j'ai été totalement envoûtée par les splendides dessins de Stéphane Fert. Le coup de crayon et les couleurs de ce dernier se marient à merveille avec le scénario de Simon Kansara et cela apporte énormément de charme à l'ensemble.
Il faudrait d'ailleurs plus d'une lecture pour apprécier ces dessins à leur juste valeur et - j'en suis sûre - découvrir mille et un détails qui auront échapper au lecteurice la première fois.

J'ai adoré suivre l'évolution de Morgane, de l'enfance à l'âge adulte. On sent dès le départ que c'est une héroïne intrépide et intransigeante, mais la vie et les obstacles qu'elle va traverser vont faire en sorte qu'elle s'endurcisse au-delà de ses propres capacités.


L'autre personnage clé de cette BD, c'est évidemment Merlin. Mentor de Morgane, celui-ci n'est pas montré sous son meilleur jour. Il apparaît sous les traits d'un magicien puissant, mais également manipulateur et vicieux. Cela se dégage d'ailleurs énormément de ses traits, qui s'enlaidissent à mesure que l'histoire avance.

Ce procédé est également utilisé avec Morgane pour donner vie à sa descente aux enfers. Plus Morgane est déçue et contrariée par les événements qui se dressent sur son chemin, plus son aura physique change, et ce jusqu'à la dernière page.

En conclusion, me voilà une nouvelle fois conquise par le travail de Stéphane Fert. Ses dessins sont tout simplement magnifique et je ne me lasse pas de revenir dessus encore et encore. Autant vous dire qu'il n'en fallait pas plus pour que j'attende impatiemment sa prochaine parution !


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Ma chronique de Peau de Mille Bêtes
Parution: 6 avril 2016 - Editions Delcourt
Illustrations © Stéphane Fert


vendredi 10 mai 2019

Peau de Mille Bêtes - Stéphane Fert


Belle est vraiment très belle et tous les garçons du village la désirent. Rebutée par la perspective d’un mariage qu’elle n’aurait pas choisi, elle s’enfuit pour se réfugier au plus profond de la forêt. Là, le roi Lucane va la recueillir… puis l’aimer à la folie. 
Une petite fille va naître de cette union, Ronce, dont la destinée va être profondément bouleversée par la disparition de sa mère…

Comme son nom l'indique, cette BD est donc une réécriture du conte de Peau d'Âne. Un conte qui n'est pas des plus joyeux et qui traite de thématiques assez difficiles, avouons-le.
On reste dans le même registre avec Peau de Mille Bêtes, tout en modernisant le tout pour offrir au lecteurice une BD très intéressante à parcourir.

C'est la première fois que je me confrontais au style de Stéphane Fert - même si j'ai déjà été attirée par la couverture de Morgane - et je dois dire que j'ai été très agréablement surprise.
J'ai tout de suite adhéré à son style de dessin, tout est en rond et voluptueux, les couleurs s'accordent parfaitement avec les situations ou les humeurs des personnages. C'est pertinent mais c'est aussi un vrai régal pour les yeux.

Ronce est un personnage complexe mais très bien construit et auquel on s'attache d'emblée. Elle est courageuse, débrouillarde et ne se laisse pas marcher sur les pieds. C'est donc une héroïne plutôt atypique, qu'on ne s'attend pas à rencontrer dans un conte. Mais c'est justement ce qui fait toute la beauté de cette BD: on casse les codes, on réécrit, on améliore.

Le rôle de la fée est également très bien pensé. On est loin du côté manichéen prôné par Disney, car on ne sait pas si on peut totalement lui faire confiance.
J'ai cependant eu un énorme coup de cœur pour Lou, ce prince plutôt chétif et androgyne, mais doté d'un courage et d'une ténacité à faire pâlir le plus classique des princes charmants.


La réécriture du conte est également très intéressante: on retrouve certains éléments connus du conte originel, mais ils sont retravaillés et disséminés de manière intelligente tout au long du récit.
L'auteur en profite également pour amener sa touche personnelle, ainsi qu'un peu d'humour à l'ensemble, ce qui n'est évidemment pas pour me déplaire.

En bref, Peau de Mille Bêtes est une BD qui m'a conquise du début à la fin. J'ai été absorbée par le magnifique style de dessin de l'auteur et j'ai pu m'attacher à des personnages plus qu'intéressants ainsi qu'à une histoire très bien ficelée.
Je suis même prête à dire que c'est un coup de cœur.

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Parution: 27 mars 2019 - Editions Delcourt
Illustrations © Stéphane Fert

mercredi 10 avril 2019

La Princesse de Clèves - Claire Bouilhac et Catel, d'après Madame de La Fayette


Écrit en 1678 par Madame de La Fayette, "La Princesse de Clèves" est un roman fondateur. La jeune Mademoiselle de Chartres y fait ses premiers pas dans la cour du roi de France, Henri II. Entre cabales, médisances et galanteries, elle rencontre l'amour dans un univers pétri de conventions. 
En retournant à son avantage les idéaux féminins stéréotypés de l'époque (la solitude, le silence, le secret, la retenue, la décence et la discrétion), la princesse expose une forme de féminisme inédit, basé sur l'estime de soi où la raison triomphe de la passion.

J'avais lu le classique il y a déjà un petit moment, et je dois bien avouer que je n'en avais pas gardé un souvenir impérissable. En effet, cette lecture datait de ma courte expérience en tant qu'étudiante en langues romanes et celle-ci fut plutôt expéditive.

Mais quand Dargaud a annoncé la parution de cette adaptation BD, cette dernière a piqué ma curiosité et j'ai eu envie de la découvrir.
Dans l'ensemble, j'ai apprécié ma (re)lecture de ce classique. Le côté graphique lui apportant un second degré de lecture qui n'était pas désagréable. Au contraire, cela apporte un petit plus à l'oeuvre originale.


Le style graphique proposé par les autrices colle parfaitement à l'histoire inventée il y a quelques quatre siècle par Madame de La Fayette. Les couleurs choisies rendent également justice à l'ambiance générale du roman, que l'on retrouve à la perfection au travers des dessins.
De plus, le texte original est très bien respecté et mis en valeur ici. Que demander de plus ?

On plonge très facilement dans cette histoire, entre amour passionnel, conventions sociales et place de la femme dans la société.
Le tout avec un ton presque mélancolique et doucereux apporté par l'héroïne elle-même.

Claire Bouilhac et Catel ont également eu l'excellente idée de nous présenter Madame de La Fayette à travers quelques planches situées au début et à la fin de la BD.
Cela ajoute une dimension intéressante et nous permet de mieux nous figurer l'autrice qui est derrière l'oeuvre littéraire.
Les notes historiques à la fin de la bande dessinée sont également très intéressantes à parcourir.

En conclusion, cette adaptation BD de La Princesse de Clèves rend parfaitement justice au roman originel, en y insufflant les touches de modernités personnelles des autrices qui se trouvent derrière cet ambitieux projet.
Ce livre constitue sans aucun doute un très bon moyen pour aborder pour la première fois ce classique de la littérature.


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Le blog de Claire Bouilhac
Le site de Catel
Parution: 29 mars 2019 - Dargaud

mardi 21 août 2018

Les Vieux Fourneaux débarquent au cinéma !

Il y a un peu plus d'un mois, j'ai été invitée par les éditions Dargaud à la projection presse du film Les Vieux Fourneaux.
Cette projection se déroulait en plein centre de Bruxelles, au cinéma de l'Actor's Studio - qui a malheureusement fermé ses portes depuis. C'est vraiment dommage car cette petite salle avait un véritable cachet et la projection avait un petit côté nostalgique en plus dans ce superbe endroit.

Si j'avais déjà été séduite par la BD, je dois dire que j'ai toujours quelques appréhensions à visionner une adaptation BD au cinéma. Je ne compte plus les adaptations ratées que j'ai pu voir. Oui, oui Seuls, c'est bien de toi que je parle, inutile de te cacher.

Mais le film des Vieux Fourneaux proposait un argument de taille: son casting !
Avec des acteurs comme Pierre Richard, Eddy Mitchell et Roland Giraud dans les rôles principaux, cette adaptation ne pouvait être que savoureuse !
Et puis, s'il y en a bien un qui pouvait jouer le rôle de Pierrot à la perfection, c'était bien Pierre Richard ! (Tiens, son prénom était-il prémonitoire ?)
Eddy Mitchell dans le rôle de Mimile et Roland Giraud dans celui d'Antoine ne sont évidemment pas en reste et ont su incarner nos amis séniors à la perfection.

Il y a comme un air de ressemblance, nous ne trouvez pas ?

Au départ, j'avais peut-être quelques réserves concernant le choix d'Alice Pol pour le rôle de Sophie. Cette actrice me paraissait un peu trop gentillette pour interpréter ce personnage au caractère bien trempé et à la langue acérée.
Mes à priori n'étaient cependant pas fondés, car Alice Pol a réellement su donner vie à Sophie et lui rendre justice. 

En ce qui concerne l'adaptation à proprement parler, il n'y a rien à redire. Si quelques changements -logiques- ont effectivement été faits, cela ne gâche en rien le film. Celui-ci reste extrêmement fidèle à la BD d'origine, pour le plus grand plaisir des fans de la première heure.

Le film est drôle, rythmé et visuellement très réussi. On retrouve avec plaisir les paysages proposés par les auteurs dans la version papier ainsi que l'humour cynique et incisif de nos trois septuagénaires préférés.
Wilfrid Lupano et Paul Cauuet peuvent être satisfaits du travail réalisé par l'équipe de production. Ils ont su retranscrire ce que les auteurs voulaient faire passer dans la BD, et selon moi c'est le plus important.

Si je devais vraiment chercher la petite bête, je dirais qu'il est tout de même préférable d'avoir lu les quatre tomes existants avant d'aller voir le film, car celui-ci met en avant des événements qui se déroulent dans le tome 3.
Si vous ne voulez pas vous faire spoiler l'histoire, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

En bref, si vous voulez passer 90 très bonnes minutes, je vous conseille fortement de les passer dans une salle de cinéma en compagnie du film Les Vieux Fourneaux.
Succès garanti !


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Au cinéma le 22 août 2018