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dimanche 24 juillet 2022

Genre Queer - Maia Kobabe


Dans Genre Queer, Maia Kobabe offre le récit intense et cathartique de son chemin vers l'identification en tant que personne genderqueer (ou non binaire, c'est-à-dire qui déroge aux normes de genre et de sexualité) et asexuelle, et celui de son coming out auprès de sa famille et de la société. 
Parce qu'elle traite d'identité de genre - ce que cela signifie, comment l'appréhender -, cette histoire se révèle un guide aussi nécessaire et utile qu'il est touchant.

Il y a des livres comme ça, qui nous intimident sans aucune raison. Lorsqu’on les reçoit, on a très envie de les lire, puis le temps passe et on les laisse de côté, en se disant qu’on y reviendra bientôt. Ça a été le cas pour moi avec Genre Queer de Maia Kobabe (que j’ai reçu en mai !) et maintenant que je l’ai terminé, je me demande pourquoi j’ai mis autant de temps à me plonger dedans, tellement cette lecture m’a bouleversée ! 
Genre Queer est une BD autobiographique de Maia Kobabe, un•e auteurice non-binaire qui utilise les pronoms ille et io (e/em/eir en anglais), que je n’avais jusqu’alors jamais ni vus, ni entendus. Rien que pour cet ajout à mes connaissances, je suis très contente d’avoir pu lire cet ouvrage. 

À travers ces quelques 250 pages, ille nous livre son histoire et son cheminement en tant que personne non-binaire, assignée fille à la naissance, avec tout ce que cela comporte comme défis pour se construire dans une société encore résolument cisgenre et hétéronormée. 
Je ne vous cache pas que j’ai eu des frissons en lisant certains passages, tant les émotions de Maia étaient palpables ! J’ai autant ressenti son mal-être que les moments où ille se sentait à sa place, compris•e et considéré•e, que ce soit par son entourage ou par d’autres personnes et c’était indescriptible. 

Je suis absolument ravie qu’on puisse avoir plus facilement accès à ce type de livre aujourd’hui, car cela m’a ouvert de nouvelles perspectives que je n’avais jamais envisagées et qui m’ont donné de nouvelles clés pour échanger avec des personnes (proches ou non) qui sont dans le spectre de la non-binarité. 
En vous rédigeant cet avis, j’ai l’impression que mes mots ne peuvent suffire à traduire ce que j’ai ressenti durant cette lecture, mais je pense que ce simple fait est un gage de qualité. 
Une chose est sûre, je vais suivre la bibliographie de Maia Kobabe de très près.


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Le site de Maia Kobabe
Parution VO : Gender Queer : A Memoir - 28 mai 2019 - Editions The Lion Forge 
Parution VF : 4 mai 2022 - Casterman
Illustrations : Genre Queer par Maia Kobabe © Casterman 2022

lundi 1 novembre 2021

Fille, femme autre - Bernardine Evaristo


Amma, Dominique, Yazz, Shirley, Carole, Bummi, LaTisha, Morgan, Hattie, Penelope, Winsome, Grace. 
La plus jeune a dix-neuf ans, la plus âgée, quatre-vingt-treize. Elles sont douze femmes puissantes, apôtres du féminisme et de la liberté, chacune à sa manière, d'un bout de siècle à l'autre. Leurs vies s'épaulent, s'opposent et font la ronde. 
Chacune est en quête, de place, de classe, d’un avenir, d’une identité, du bonheur. Elles sont un chœur, un tableau vibrant et foisonnant, une ode à la différence et à la soif « d’être ensemble ».

C'est ma copine Mère Sauvage qui m'a donné envie de découvrir ce roman, avec son avis plus qu'élogieux à son propos. Alors quand je l'ai vu dans la dernière sélection de la Masse Critique de Babelio, je l'ai coché en croisant très fort les doigts. Et je l'ai reçu.

Si au départ j’ai été un peu déstabilisée par la narration de l’autrice et la construction de ses phrases (il n'y a jamais de point), une fois mes premières appréhensions passées, j’étais complètement plongée dans ce roman polyphonique.

Bernardine Evaristo nous emmène dans le quotidien de douze femmes noires. Douze femmes très différentes, reliées entre elles par des liens divers. Parfois ils sont épais, comme celui qui relie une mère et sa fille ou deux meilleures amies. Parfois ils sont bien plus ténus, comme celui reliant des collègues ou de vagues connaissances. 
Mais ces liens sont bien là et ils les relient les unes au autre d’une manière très particulière, que l’autrice nous présente au fur et à mesure.

Je me suis littéralement plongée dans le vécu de ses femmes et j’ai vécu milles émotions en leur compagnie. Je me suis attachée à toutes, même à celles que j'avais pu croiser dans un chapitre précédent et qui ne m'avait pas marquée sur le moment.

J’ai aimé, souri, pleuré, pesté, souffert, ri avec elles durant les 500 pages de ce roman et en le finissant je n’avais qu’une seule envie: qu’il continue encore et encore, car il m’a fait vibrer et vivre mille émotions en abordant une telle diversité de sujets - de la lutte des classes au racisme, en passant par l'identité de genre - qu’il est impossible de tous les citer. 
Il devrait exister plus de livre d’une

Ce roman fait sans aucun doute partie de ceux qui me resteront longtemps en mémoire et qui ne quittera plus jamais ma bibliothèque personnelle. J'ai rarement lu un roman contemporain d'une telle intensité et je pense pouvoir dire sans me tromper que ce roman sera mon plus gros coup de coeur de 2021.


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Le site de Bernardine Evaristo
Parution VO: Girl, Woman, Other - 5 novembre 2019 - Black Cat
Parution: 19 août 2021 - Pocket

mercredi 25 août 2021

A Pink Story - Kate Charlesworth


En 1950, à la naissance de Kate, l'homosexualité masculine est passible d'emprisonnement. Mais l'homosexualité féminine n'a jamais constitué un délit au Royaume-Uni, ce qui rend les lesbiennes encore plus invisibles, y compris à leurs propres yeux. 
En grandissant dans le Yorkshire, la jeune Kate est bien obligée de dénicher des modèles à suivre partout où elle le peut : dans la vraie vie, les livres, le cinéma et à la télévision. 
A Pink Story retrace l'histoire fascinante de la manière dont la Grande-Bretagne d'après-guerre est passée d'un pays hostile envers les " invertis " à l'univers LGBTQI+ actuel. Kate confronte les enjeux et les défis politiques de l'époque à son expérience personnelle : prise de conscience de sa propre sexualité, coming out vis-à-vis de ses parents, plongée dans la culture lesbienne et gay, mais aussi la perte d'amis chers à cause du sida.

Cette semaine aura été riche en lectures engagées, puisqu'après avoir terminé Une histoire de genre, je me suis lancée dans cet énorme roman graphique sur la culture LGBTQ+ qui paraît aujourd'hui chez Casterman.

J'avoue être une totale néphoyte qui ne connaissait pas Kate Charlesworth avant de parcourir cette BD. Cela dit, ce petit manque de culture générale ne m'a pas empêchée d'apprécier cette lecture à sa juste valeur, même s'il aura fallu que je m'adapte à ce style graphique un peu particulier.
Car à travers cette BD, l'autrice nous retrace à la fois sa propre vie de femme lesbienne née dans les années 50, mais elle nous dresse également un portrait assez complet - bien que non exhaustif comme elle le précise dans sa préface - de la culture LGBTQ+ du XXe siècle.

Ainsi chaque double planche nous présentant un événement de sa vie est quasi-systématiquement suivie par une double planche qui évoque des personnes queer ayant vécu à la même époque, ou un événement historique lié à la communauté LGBTQ+.
Si j'ai au départ été quelque peu déstabilisée par cette manière de construire un BD et par le trait plutôt atypique de l'autrice, j'ai rapidement pris le pli et me suis lancée dans cette lecture avec énormément d'enthousiasme.

Suivre l'enfance, l'adolescence puis l'âge adulte de l'autrice était vraiment très prenant, à la fois grâce à l'époque dans laquelle elle évolue, mais également grâce à ses questionnements sur elle-même. On suit vraiment toute son évolution, page par page, de ses premières expériences à sa vie actuelle et cela dresse un portrait assez complet des différents événements historiques qui sont survenus dans ces mêmes périodes.
En parcourant ce livre, j'ai appris énormément sur l'histoire de la culture queer. Car si j'avais des connaissances sur certaines figures connues telles que Freddie Mercury, Alan Turing ou encore Armistead Maupin, ce n'est rien comparé à la somme d'informations que nous livre Kate Charlesworth dans cet ouvrage !

En conclusion, j'ai beaucoup apprécié de parcourir les 320 pages de ce roman graphique qui m'aura fourni une tonne d'informations sur la culture queer du XXe et du début du XXIe siècle. Le style de dessin de l'autrice m'aura demandé un petit temps d'adaptation, mais il s'est finalement avéré très efficace.


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Le site de Kate Charlesworth
Parution VO: Sensible Footwear: A Girl's Guide - 25 juillet 2019 - Myriad Editions 
Parution VF: 25 août 2021 - Casterman
Illustrations: A Pink Story par Kate Charlesworth © Casterman 2021

lundi 23 août 2021

Une histoire de genres: Guide pour comprendre et défendre les transidentités - Lexie


À l’heure où les questions de genre et d’identité sont de plus en plus présentes dans l’espace public, voici un guide qui déconstruit tous les préjugés, les abus de langage, les non-sens liés aux transidentités, afin de mieux les comprendre et de donner les armes pour s’en émanciper . Car si être trans est une histoire de rapport de soi à soi, de prise de conscience individuelle, c’est aussi un rapport à des normes et constructions sociales, culturelles et historiques. 
Véritable prolongement du compte Instagram sur lequel Lexie s’emploie avec patience et grande rigueur à éduquer sur les questions de genre, ce livre est une vraie boussole et un outil d’empowerment pour les personnes trans qui sont souvent isolées, moquées, stigmatisées et font l’objet de violences extrêmes ; mais aussi pour les non trans, concernés ou non, car au-delà des transidentités, c’est sa propre place dans la société et le traitement des différences qu’il s’agit de questionner.

Ce livre me faisait très envie depuis avant sa parution de par le sujet qu'il traite. Alors lorsque je l'ai vu dans la dernière Masse Critique de Babelio, je n'ai pas pu résister et je l'ai coché. Le hasard a voulu que permis la dizaine de titres que j'avais cochés, je reçoive celui-ci, pour mon plus grand plaisir.

J'ai beaucoup aimé la manière dont le sujet est amené, ainsi que celle dont l'autrice a pensé et construit ses chapitres. Elle aborde énormément de thèmes - tous évidemment liés à la transidentité - et fait énormément de liens au fil des pages.
Le tout est documenté et sourcé, ce qui donne au lecteurice assez bien de pistes à explorer en plus de cette lecture.

Il est évident qu'en tant que femme cis je n'ai pas de légitimité à me prononcer sur la pertinence de cet essai pour les personnes concernées. Cela n'est absolument pas mon rôle.
En revanche, je peux dire qu'en tant qu'alliée, je ressors de cette lecture avec un regard encore plus affuté en ce qui concerne les diverses discriminations transphobes et enbyphobes. 

J'ai appris énormément de nouvelles choses durant ces presque 300 pages et ait pu me rendre compte que j'avais moi aussi pu avoir des propos problématiques par le passé. Si ce n'était pas intentionnel, c'est avant tout lié au fait que nous vivons dans une société elle-même transphobe qui nous transmet ses biais problématiques. 
L'autrice le souligne très bien au travers des différents exemples qu'elle cite et qui concernent toutes les sphère de notre société.

L'important c'est de s'en rendre compte, de ravaler le « notallcis » qui nous brûle les lèvres lorsqu'on nous le fait remarquer et de s’éduquer pour éviter de reproduire ces attitudes. 
C'est un travail de tous les instants, mais je pense justement qu'Une histoire de genres peut être un vrai guide en ce sens. 
Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que cet essai porte un tel sous-titre.

En conclusion, j'ai beaucoup appris durant cette lecture et j'ai le sentiment d'avoir fait un pas en avant en tant qu'alliée, même si je me doute qu'il me reste encore beaucoup à apprendre.
Je recommande ce livre à tous·tes celles et ceux qui veulent s'instruire sur ces sujets, que vous ayez déjà des connaissances ou non. Car plus nous serons nombreux·ses à le lire, plus vite tous ces stéréotypes de genre pourront disparaître (oui je suis peut-être un brin optimiste, mais voilà, je suis comme ça).


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L'Instagram de Lexie
Parution: 10 février 2021 - Marabout

mercredi 21 avril 2021

Le genre: Cet obscur objet du désordre - Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu


Durant la dernière décennie, des millions de personnes ont manifesté contre lui à travers le monde... Pourtant, il reste largement méconnu. Qualifié par ses adversaires de théorie ou d'idéologie, le concept de genre fait l'objet de vives polémiques concernant l'éducation, le mariage et la filiation. Cette bande dessinée part de l'exemple français et notamment des manifestations contre le « mariage pour tous ». 
De la Pologne au Brésil, en passant par l'Italie et la Hongrie, les détails changent mais l'enjeu reste le même : ces mobilisations conservatrices questionnent le fondement même des démocraties libérales.

Depuis que je suis ouvertement féministe, je me renseigne et me nourris d'énormément d'écrits, de blog, de publication Instagram et autres afin de toujours en apprendre plus, de confronter mes idées et de discuter avec des personnes bienveillantes.
Cela fait donc un bon moment que j'ai entamé mon processus de déconstruction par rapport aux stéréotypes de genre, à l'hétéronormativité et à toutes ces choses qui nous sont inculquées depuis toujours et qu'on ne remet que très peu en cause. 

Ainsi quand j'ai aperçu ce titre dans le programme de parution des éditions Casterman, il était évident que j'allais vouloir le lire. Le titre m'a tout de suite sauté aux yeux et j'étais curieuse de découvrir cette BD.
Ce titre dresse donc le portrait de ce qu'ils s'est passé durant ces dix dernières années concernant le concept du genre, en partant de l'exemple français. Un portrait qui n'est évidemment pas neutre étant donné que les auteurices sont elleux aussi impliqué·es dans les luttes féministes, antisexistes, etc.

J'ai trouvé cet ouvrage vraiment très complet. Les auteurices partent effectivement de faits qui se sont déroulés en France et ailleurs, analysent les divers discours qui ont été prononcés à la fois par les partis dits "conservateurs" et "réformateurs" et nous en livrent une synthèse dans cette BD.

Etant moi-même belge, il y a des choses que j'avais parfois du mal à appréhender, notamment par rapport au fonctionnement politique français, mais dans l'ensemble le tout est bien présenté et analysé. 
Cependant je pense que ce livre est tout de même assez poussé et qu'il faut déjà avoir un certains bagage pour l'appréhender pleinement. Je pense d'ailleurs en faire une deuxième lecture afin d'être certaine de bien tout assimiler.
On parle notamment dans cette BD de la notion de "théorie du genre", un terme utilisé dans les discours conservateurs et qui serait une mauvaise traduction et interprétation du terme anglais "gender theory". De là découlent évidemment énormément de dérives scientifiquement approximatives et autres joyeusetés qui alimentent les argumentaires limités et haineux.

Je dois bien avouer que je n'avais jamais vraiment réfléchi à l'impact des mots "théorie du genre" avant de lire le chapitre qui y est consacré ici. J'ai trouvé les explications très parlantes et pertinentes et je serai d'autant plus vigilante maintenant sur les termes que j'emploie au quotidien.
Le format BD est véritablement intéressant dans un tel contexte. Il permet d'expliquer les choses simplement et d'apporter un support visuel à des notions parfois abstraites. En un coup d'oeil on va directement au fond des choses, et ce avec beaucoup de pédagogie.

En conclusion, je pense que c'est une BD qui va faire partie des must-have de ma bibliothèque en ce qui concerne la déconstruction du genre. C'est un ouvrage très complet sur le sujet, que les auteurices ont tenté de rendre le plus accessible possible, mais qui à mon sens demande d'être un minimum informé·es sur certains concepts.


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Le site d'Anne Charlotte Husson
Le dossier de presse de l'album (à lire car il est vraiment très intéressant)
Parution: 21 avril 2021 - Casterman
Illustrations: Le genre: Cet obscur objet du désordre par Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu © Casterman 2020

lundi 1 mars 2021

Le jardin, Paris - Gaëlle Geniller


"Le Jardin" est un cabaret parisien au succès grandissant dirigé par une femme. Toutes celles qui y travaillent ont un nom de fleur et l'ambiance y est familiale. 
Rose, un garçon de 19 ans, est né et a grandi dans cet établissement. Il souhaite à son tour être danseur et se produire sur la scène, devant un public, comme ses amies. 
Il va rapidement en devenir l'attraction principale.

Si je n'étais pas allée en librairie papoter avec ma copine qui y bosse et qui me l'a mise dans les mains, je n'aurais pas entendu parler de cette BD et ça aurait été bien dommage. En effet, cette lecture a été un véritable petit moment de douceur et de réconfort. Pile ce dont j'avais besoin sur le moment.

Le Jardin est un cabaret situé à Paris en plein coeur des Années Folles. Toutes les danseuses qui y travaillent portent le nom d'une fleur et la décoration du lieu y est aussi florale que possible.
C'est dans cet univers particulier qu'est né et a grandi Rose, notre jeune héros de 19 ans. Dans les premières pages de la BD il s'apprête à faire ses premiers pas sur scène et toutes sont là pour l'encourager.
Durant les quelques 200 pages de l'album, Gaëlle Geniller nous brosse le portrait d'un jeune homme drôlement attachant, sensible et aussi naïf. Tellement insouciant qu'il met plusieurs semaines à remarquer Aimé, un de ses habitués, présent à chacune de ses représentation.
De leur première rencontre, va naître une relation de profonde affection, de compréhension mutuelle et de complicité. 

J'ai énormément aimé que l'autrice nous dépeigne un environnement aussi ouvert et bienveillant au sein d'une société qui est très loin de l'être, surtout si on se replonge deux cent ans en arrière.
J'ai aimé que la question de genre de se pose absolument pas en ce qui concerne Rose, qui aime danser et s'habiller de robes et de jupes, sans que cela ne soit remis en question par son entourage. Entourage extrêmement bienveillant et sororal par ailleurs.
Au diable la binarité qui nous enferme dans des carcans étroits depuis de trop nombreuses années ! Rose s'affirme comme une personne à part entière, avec ses envies, mais également ses doutes et ses peurs. Mais même si parfois la scène et la pression qui en découle le font douter, jamais il ne se pose la question de son genre ni de la légitimité de sa relation avec Aimé.
L'intrigue de cette BD a beau se dérouler dans les années 1920, elle n'aura jamais été aussi d'actualité.

Et que dire des dessins et des couleurs utilisés par l'autrice ? Les traits des personnages sont d'une délicatesse à couper le souffle, les couleurs sont sublimes et mettent parfaitement en valeur les tenues et les drapés des divers·es protagonistes. Les décors ne sont pas en reste puisque chaque pièce du jardin donne un sentiment de chaleur qui donnerait envie d'y vivre.
C'est donc un immense coup de coeur ! Tout était réuni pour me faire passer un moment de qualité. De la beauté des dessins de Gaëlle Geniller - dont chaque planche est une véritable oeuvre d'art - en passant par la qualité du scénario, Le jardin, Paris est un album d'une douceur et d'une bienveillance incomparables.


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Le compte Instagram de Gaëlle Geniller
Parution: 6 janvier 2021 - Editions Delcourt
Illustrations: Le jardin, Paris par Gaëlle Geniller © Editions Delcourt 2021

mercredi 22 juillet 2020

Alana et l'enfant vampire - Cordélia


Alana en a marre. Ses parents et sa soeur sont encore partis gérer des conflits vampiriques sans elle ! Heureusement, sa meilleure copine Oli est là pour lui changer les idées: elle est persuadée que Joâo, le nouvel élève de leur classe, est un vampire ! 
Se pourrait-il qu'elle ait raison ? Et s'il leur révélait quelque chose d'encore plus terrible ? 
Pour Alana, c'est l'occasion de prouver à sa famille qu'elle est capable de mener à bien une mission, malgré ses douleurs musculaires...

S'il y a bien un titre jeunesse que j'attendais avec impatience cette année, c'est bien Alana et l'enfant vampire ! Cependant, le destin a voulu que le Covid nous tombe dessus et que sa sortie soit reportée. Quoi qu'il en soit, j'ai enfin pu mettre la main dessus et je l'ai dévoré en à peine une journée.

Dans ce roman, Cordélia nous propose une histoire de vampire plutôt originale, étant donné que ceux-ci vivent parmi les humains sans trop se faire remarquer et font parfois même appel à certains d'entre eux - appelés Médiateurs - pour régler leurs conflits.
Cette collaboration permet de garder l'existence des vampires secrète et de maintenir un lien entre ces derniers et les humains.

Alana est donc issue d'une famille de Médiateurs et ne rêve que d'une seule chose: devenir Médiatrice à son tour. Malheureusement avec ses douleurs chroniques, cela semble assez compromis. Mais c'est sans compter la volonté de l'adolescente.

Je suis littéralement tombée sous le charme de ce roman ! La plume de l'autrice est de celle que l'on suit sans aucune difficulté et qui nous donne envie de ne jamais refermer le livre qu'on a entre les mains.
De plus, cette façon de penser les vampires est assez novatrice, ce qui est tout de même un exploit en soi, étant donné que les auteurs et autrices du genre ont bien balayé le sujet au fil des années.

Mais le gros point fort de ce roman, c'est clairement ses personnages. Alana est une héroïne comme on aimerait en voir plus: intelligente et courageuse mais pas infaillible et surtout pas exempte de défaut. Oli et Joâo ne sont pas en reste non plus et sont des ami·es et allié·es précieux·ses pour notre héroïne. Et que dire de la grand-mère d'Alana qui est elle aussi un personnage plein de surprises.

Et puis, cela fait tellement de bien d'avoir enfin des personnages principaux et secondaires issus de la diversité, sans que cela ne semble forcé. Dans ce roman, tout le monde a sa place et apporte sa pierre à l'édifice. Il serait temps que la littérature - adulte et jeunesse - normalise ce genre de chose afin que les lecteurices ne soient plus forcé·es de chercher la représentation, mais qu'elle soit présente, tout simplement.

En bref, Alana et l'enfant vampire est un roman que je recommande chaudement à toutes et tous, ados comme adultes ! Cette lecture est réellement un coup de cœur. Ce n'est pas tout les jours que l'on croise un roman jeunesse sur les vampires aussi abouti. Un roman qui se suffit à lui seul, mais qui pourrait tout aussi bien être le premier tome d'une saga très prometteuse.


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Parution: 18 juin 2020 - Scrineo