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mercredi 13 janvier 2021

Chroniques de San Francisco, tome 7: Michael Tolliver est vivant - Armistead Maupin


Aujourd’hui, Michael Tolliver est plus vivant que jamais. Il a rencontré l’amour, et mène une vie heureuse au côté de son jeune mari. 
Mais la maladie ressurgit, et Michael doit choisir entre les deux femmes de sa vie: ira-t-il au chevet de sa mère biologique, qui refuse depuis toujours son homosexualité, ou choisira-t-il San Francisco et Anna, sa mère spirituelle, qui souffre et réclame sa présence ?

Décidément ce début d'année 2021 se fait sous le soleil de San Francisco. En matière de lecture du moins vu qu'on ne peut pas voyager physiquement, car après avoir découvert l'adaptation BD du premier tome, j'avais très envie de me replonger dans cette saga que j'aime particulièrement.

L'histoire se déroule bien des années après Bye-bye Barbary Lane et tous nos personnages adorés ont pris de l'âge. Miachel a maintenant 55 ans, est marié et vit toujours à San Francisco, même si ce n'est plus à Barbary Lane puisque la maison a été vendue quelques années plus tôt, suite aux problèmes de santé d'Anna Madrigal.

J'ai trouvé ce tome beaucoup plus posé et sérieux que ses prédécesseurs. Peut-être est-ce dû changement de narration, qui nous fait passer d'une série décrite à la troisième personne à un livre écrit du seul point de vue de Michael ?
Quoi qu'il en soit ce n'était pas une mauvaise chose, car j'ai dévoré ce roman aussi rapidement que les autres et j'y ai retrouvé ce que j'aime dans les Chroniques de San Francisco.

Car même si au fil du temps le côté absurde de la saga s'est quelque peu effacé pour laisser place à des sujets plus délicats, il reste toujours ce petit côté grivois qui apparaît quand on s'y attend le moins. Et ici, clairement, je ne m'y attendais pas ! Cela m'a d'ailleurs valu un magnifique fou-rire durant ma lecture.

Mais c'est ce que j'aime et ce que je recherche dans cette lecture. Le côté décalé mais réaliste des événements qui s'enchaînent sans que cela soit guidé par une quelconque logique. C'est ce qui rend cette saga si tendre, drôle et chaleureuse.

Ainsi, comme à chaque lecture je me suis laissée emportée par ce septième tome et je n'ai pas vu les pages défiler. J'ai passé un agréable moment en compagnie des (ex) habitants de Barbary Lane, si bien que j'ai de plus en plus l'impression de faire partie de cette drôle de famille.


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Parution VO: Michael Tolliver Lives - 12 juin 2007 - Harper & Row
Parution VF: 23 avril 2009 - Editions Points

lundi 8 juin 2020

Chroniques de San Francisco, tome 6: Bye-bye Barbary Lane - Armistead Maupin


Le scintillant virage des eighties a été pris, au 28 Barbary Lane. Mary Ann se lance en quête d’un public à échelle nationale, Mme Madrigal et Mona arpentent Lesbos, Michael affronte la grande maladie du siècle. 
Mais il n’est pas si facile d’aller de l’avant quand débarque l’irrésistible Burke Andrew, venu proposer la frénésie de la Big Apple à nos résidents de la côte ouest.

Ce n'est un secret pour personne: je suis amoureuse des Chroniques de San Francisco. Depuis que j'ai découvert cette saga il y a à peine un an (c'était en juillet 2019 !), je suis complètement sous le charme. Chaque tome fait pour moi office de lecture doudou: un livre qu'on lit quand on n'est pas au mieux de sa forme et qu'on a envie de se changer les idées. Ces romans sont un bonbon, une douceur, un moment réconfortant qu'on aimerait faire durer encore et encore.

Mais même si j'aime cette saga de tout mon coeur, je ne suis pas aveugle pour autant et je sais qu'elle a des défauts. Le style de l'auteur n'est pas toujours le meilleur - certains passages sont même parfois très mauvais - et on trouve également au détour de certaines pages des propos qui ne pourraient plus être publiés aujourd'hui.
Cependant, il ne faut pas oublier que les romans sont le reflet de leurs époques et les Chroniques n'échappent pas à cette règle et cela permet également se rendre compte qu'on a fait du chemin depuis.

Pour en venir à ce sixième tome, l'histoire s'écarte énormément de ce qui nous avait été proposé dans les trois premiers tome. Là le style était insouciant, drôle et souvent très rocambolesque. Ici l'auteur nous présente une ambiance plus sérieuse, due au faut que nos personnages ont mûri et évolué, mais également parce qu'on est en pleine période de la crise du sida.
Ce sujet avait déjà été évoqué dans les tomes précédents, mais nous sommes maintenant à l'aube des années 90 avec tout ce que cela implique au niveau du militantisme.

Il y a néanmoins des aspects qui ne changent pas: Michael est toujours aussi adorable et attachant tandis qu'Anna Madrigal est toujours la logeuse mystique que l'on adore. J'ai eu un peu plus de mal avec Mary Ann et Brian. Enfin, surtout avec Mary Ann en fait. On la sent de plus en plus autocentrée, détachée de sa vie familiale et à la recherche de célébrité, ce qui la fait parfois agir comme une vraie garce envers Michael et Brian.
Après, Brian n'est pas un saint non plus, on est bien d'accord. Il a ses défauts, mais il a aussi énormément de qualités et il est parfois assez moderne dans ses réflexions.

Durant ma lecture, j'ai tout de même regretté l'absence de DeDe et D'orothea qui ne font qu'une brève apparition. C'est dommage car je trouve que leur couple et leur rapport à la société apportaient un grain de folie supplémentaire à cette énorme fresque sociale.

En bref, j'ai encore une fois succombé aux sirène des Chroniques de San Francisco et je n'arrive pas à m'en lasser, même lorsque l'histoire se fait plus courte et peut-être un peu moins bonne que les précédentes.
Je ne l'ai pas encore terminée, mais je sais que cette saga restera longtemps une de mes favorites. Une indémodable que je ne me lasserai jamais de lire et de relire.


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Parution VO: Sure of you - 1989 - Harper & Row
Parution VF: 16 août 2001 - Editions 10-18


lundi 20 janvier 2020

Chroniques de San Francisco, tome 5: D'un bord à l'autre - Armistead Maupin


On avait quitté la petite communauté du 28, Barbary Lane en plein mélodrame social. Brian et sa journaliste d'épouse étaient au bord de la rupture, tout juste réconciliés par l'arrivée miraculeuse d'un enfant et par le réconfort de leur logeuse, Mme Madrigal, la quasi cosmique transsexuelle et mère poule virtuelle. 
Brian et Mary Ann habitent désormais le 23e étage du Summit, une tour dominant Barbary Lane et convenant mieux à l'ambitieuse présentatrice de talk-show. Michael alias Mouse vit toujours dans la résidence où Mme Madrigal cultive avec amour son verger hallucinant et où Brian vient régulièrement se confier à ses amis. 
L'arrivée d'un neveu imberbe et vierge va fournir à Brian l'occasion de retrouver une récente conquête. Découvrant que celle-ci est séropositive, il décide de passer le test. S'ensuivent dix jours d'angoisse et de folies que Brian va vivre avec Mouse et son nouvel amour, un beau sudiste musclé.

Les lectures se suivent et ne se ressemblent pas. Cela faisait un petit moment que je ne m'étais pas plongée dans un tome des Chroniques de San Francisco, et là l'occasion s'est présentée. Juste après avoir terminé Djihad Online, j'avais besoin de décompresser et de me réfugier dans une lecture doudou. Ce tome 5 tombait à pic !

Ce cinquième tome est un peu différent des précédents, puisqu'ils s'intéresse énormément à Mouse et Brian, ainsi qu'à Dede et D'or en laissant de côté Mary Ann et Madame Madrigal.
C'est un peu dommage, puisqu'on avait l'habitude de les suivre tous ensembles dans les tomes précédents.
En plus de nos héros, une partie de l'histoire se concentre sur Booter, le nouveau mari de Frannie et Wren, une jeune femme plutôt intéressante.

Une fois encore, Armistead Maupin apprécie de faire tourner ses personnage en bourrique et il n'y va évidemment pas avec le dos de la cuillère. C'est à se demander si nos héros auront un jour une vie normale...
Mais c'est évidemment ce qui fait tout le charme de cette saga: les aventures farfelues et les bons mots des divers protagonistes. Je regrette cependant le petit grain de folie supplémentaire qui caractérisait si bien les trois premiers tomes.
Par rapport à ceux-ci, les tomes 4 et 5 paraissent plutôt gentillets.

Mais ce n'est finalement pas si grave, puisque le ton des romans reste très léger et que c'est typiquement ce que l'on recherche avec ce type de lecture.

Cependant, malgré le ton volontairement gai - très mauvais jeu de mot, mais j'assume - ce tome traite un peu plus des ravages du VIH. On commence à sentir les prémices de ce que donneront la fin des années 80 et le début des années 90 avec l’avènement du mouvement Act Up.

En bref, les Chroniques de San Francisco continuent de m'emporter et de me faire décompresser quand j'en ai besoin et rien que pour cela, je suis contente de m'être lancée dans l'aventure. C'est avec délice que je me plonge dans chaque nouveau tome et que je retrouve mes personnages chéris.


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Parution VO: Significant Others - 1987 - Harper & Row
Parution VF: 5 avril 2001 - Editions 10-18

vendredi 20 décembre 2019

Like a love story - Abdi Nazemian


New York, 1989. 
La ville est tapissée de posters d'Act Up, et la communauté homosexuelle vit sous la menace du sida. C'est dans ce climat que Reza, Judy et Art vont se rencontrer, s'aimer et vivre l'année la plus décisive de leur vie.

S'il ne devait y avoir qu'un seul roman à retenir de 2019, ce serait indéniablement celui-ci. Avant même de commencer ma lecture, je savais qu'elle allait être bouleversante, mais je pense que je ne m'attendais pas à ce qu'elle le soit autant.
La boîte de mouchoirs n'aura pas été de trop.

Nous sommes donc à New York en 1989, à l'époque où le sida décime une énorme partie de la population et où il n'existe aucun traitement efficace. C'est dans ce contexte que vivent Art, Judy et Reza, tous différemment concernés par le sujet.

Abdi Nazemian dépeint avec justesse l'ambiance de cette époque, si bien qu'on a l'impression d'y vivre en même temps que nos trois héros.
Des chansons de Madonna, au voguing en passant par les actions phare menées par l'association Act Up, on est totalement imprégné par la vie new-yorkaise de la communauté LGBT du début des années 90.

Nous allons suivre le quotidien de Judy et Art, meilleurs amis depuis l'enfance et de Reza, jeune iranien fraîchement débarqué dans la Grosse Pomme. Si Art sait depuis des années qu'il est homo, Reza lui se pose encore énormément de questions, mais est surtout gouverné par la peur que lui inspire le sida, ce qui l'empêche de vivre complètement sa vie.

De son côté, Judy est passionnée de mode et crée ses propres vêtements, tous plus originaux les uns que les autres, tout en tentant de trouver sa place, face à un meilleur ami dont la personnalité éclipse tout. Mais c'est sa proximité avec son oncle Stephen qui est la plus attendrissante. En effet, leur complicité n'est plus à démontrer et leur relation est d'autant plus précieuse que Stephen est séropositif.

La dynamique créée entre ces trois personnages est très intéressante, mais elle est également très touchante. On sent qu'ils tirent leur force les uns des autres et qu'ils se soutiennent énormément, malgré les différends qui peuvent parfois se mettre sur leur chemin.

J'ai parfois eu envie de les secouer par rapport à leur attitude ou à leurs pensées, mais en y réfléchissant après coup, je trouve que c'est une bonne chose. En effet, cela montre que l'auteur a réussi à rendre ses personnages tangibles et réalistes, tels de vrais adolescents.

En bref, Like a love story est indéniablement un roman qui m'aura marquée au plus profond de mon cœur. Durant ma lecture, j'ai souri, j'ai ri, j'ai été en colère, triste, puis de nouveau pleine d'espoir. Ce roman provoque de véritables montagnes russes de sentiments et laisse une emprunte indélébile sur ses lecteurs.


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Parution VO: 6 avril 2019 - Balzer + Bray
Parution VF: 13 novembre 2019 - Editions Milan