vendredi 17 janvier 2020

Lulu et Nelson, tome 1: Cap sur l'Afrique - Jean-Marie Omont, Charlotte Girard et Aurélie Neyret


En 1964 à Naples, Lucia vit avec son père Roberto et son lion Cyrus dans une troupe de cirque. Après un terrible incendie, elle fugue et embarque pour l'Afrique du Sud. Son père la rattrape de justesse et c'est ensemble qu'ils découvrent un pays inégalitaire. 
Roberto se fait arrêter en prenant la défense de Neslon, un jeune garçon noir. Ce dernier et Lucia sont désormais unis dans un même combat.

Vous le savez, j'aime beaucoup le travail d'Aurélie Neyret, surtout depuis que j'ai lu Les Carnets de Cerise. J'étais donc très impatiente de découvrir le premier tome de Lulu et Nelson et j'ai pu me le procurer (et le faire dédicacer) lors du dernier SLPJ de Montreuil.

Lucia vit dans un cirque avec ses parents, dompteurs de lions. Mais lorsqu'un incendie se déclare et tue tous les lions du cirque, le père de Lucia décidé de renoncer à sa profession.
Cependant, la fillette ne l'entend pas de cette oreille et décide de s'embarquer pour l'Afrique, afin de ramener de nouveaux lions à dompter. C'est là qu'elle fera la connaissance de Nelson, durant une manifestation contre l'Apartheid.

Evidemment, on peut être légèrement déstabilisé lorsqu'on se rend compte que cette BD parle de cirque et d'animaux en cage, mais la BD tient évidemment compte du contexte historique de l'époque.
De plus, ce premier tome est extrêmement introductif. On plante seulement le décor de l'histoire et on introduit les personnages.
Nul doute qu'au fur et à mesure de l'avancement de l'histoire les propos seront nuancés.

Lucia est un personnage très attachant, même si elle a tendance à n'en faire qu'à sa tête, peu importe les conséquences. Mais on ne peut pas réellement lui jeter la pierre, puisque c'est une héroïne extrêmement jeune, qui a grandi dans un environnement plutôt privilégié.
Se retrouver face au racisme - un concept qu'elle ne connait même pas - va sûrement lui ouvrir les yeux sur énormément de choses par la suite.

Nelson quant à lui a toute les caractéristiques de l'ami fidèle et débrouillard. Je pense qu'il possède toutes les qualités qui font justement défaut à Lucia et que leur duo va s'en trouver renforcé.

J'ai hâte de pouvoir découvrir la suite de leurs aventures, car si j'avais un seul défaut à relever pour ce premier tome, c 'est qu'il nous laisse trop tôt sur notre faim. On a à peine rencontré nos petits héros qu'on arrive déjà aux dernières pages de la BD.

En conclusion, bien qu'introductif ce premier tome réussit déjà à emporter le lecteur en plein cœur de l'Afrique en compagnie de deux jeunes héros charismatiques et attachants, tout en faisant réfléchir le lecteur sur des questions essentielles, telles que le racisme et le bien-être animal.
Une lecture qui ne pouvait pas être plus complète !


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Parution: 27 novembre 2019 - Editions Soleil
La page Facebook d'Aurélie neyret
Illustrations par Aurélie Neyret © Editions Soleil 2019

mercredi 15 janvier 2020

Djihad Online - Morton Rhue (Todd Strasser)


Khalil est comme tous les lycéens de son âge: il aime aller à des soirées, flirter avec la plus jolie fille du lycée, et a plutôt de bonnes notes. Mais si Khalil est né aux États-Unis, sa famille a une autre histoire. D'origine bosniaque, ses parents et son grand-frère, Amir, ont immigré des années plus tôt pour fuir la guerre. 
La vie de Khalil ressemble peut-être à celle de n'importe quel ado américain, mais celle d'Amir est plus compliquée. Alors quand ce dernier commence à regarder les vidéos de prédicateurs d'un islam radical, Khalil se pose des questions... et décide de suivre les traces de son frère, coûte que coûte, plutôt que de le perdre. 
Les États-Unis, deux frères, un choix.

Je dois bien avouer que même si ce livre m'intriguait, j'avais tout de même une certaine appréhension. Je ne savais pas vraiment dans quoi j'allais m'embarquer. Même si le résumé annonçait clairement la couleur, le sujet n'en reste pas moins extrêmement touchy.

Encore aujourd'hui, presque une semaine après avoir terminé ce roman, je ne sais pas vraiment quoi en penser et comment me positionner face à lui.
Ce qui reste en tout cas, c'est ce sentiment de malaise qui m'a accompagné durant toute ma lecture et qui a nécessité que je me plonge dans un livre beaucoup plus léger après avoir fini celui-ci.

Pour commencer, j'ai eu énormément de mal avec le personnage de Khalil. Je sais que l'auteur a voulu en faire le personnage qui se fait embrigader par son frère dans une histoire qui le dépasse, lui donner le rôle du "gentil", mais vraiment, ce n'est pas passé.
Dès le départ, il m'a paru trop sûr de lui, imbu de sa personne et extrêmement condescendant vis-à-vis de Vitaly, son meilleur ami.

Sa manière de tout prendre par-dessus la jambe m'a beaucoup dérangée. On a l'impression en lisant ce livre, que ce personnage se complait dans la situation médiocre qui est la sienne, mais qu'en même temps il pense mériter beaucoup mieux.
Je ne sais pas si je suis claire, mais c'est comme ça que je l'ai ressenti.

Evidemment, Djihad Online est là pour nous faire réfléchir à l'ambivalence qui existe entre le fait de se présenter comme un pays intégriste, ouvert, et le racisme ordinaire qui pourrit littéralement la vie des personnes immigrées.
Et je dois bien reconnaître qu'il le fait très bien. C'est typiquement le genre de roman qui vous reste en tête un long moment après l'avoir refermé et qui fait réfléchir sur nos propres réflexes européens.

Malgré cela, le roman étrangement vite. Le rythme est soutenu et il y a assez peu de temps mort. Même quand le moment se prête à la réflexion, on sent comme une urgence en arrière-fond qui nous donne toujours envie d'aller plus loin.

En conclusion, Djihad Online est un roman très intéressant à parcourir, même s'il faut garder à l'esprit que ce n'est pas une lecture facile. L'auteur veut clairement mettre son lecteur à l'épreuve en le faisant réfléchir sur un sujet délicat, dans un roman qui remet en cause énormément de choses de notre quotidien.
C'est typiquement le genre de roman qu'il faut lire en gardant l'esprit ouvert.


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Le site de Todd Strasser
Parution: 2 janvier 2020 - Bayard

lundi 13 janvier 2020

DanMachi: La légende des Familias, tome 9 - Fujino Omori


En explorant pour la première fois le premier sous-sol du Labyrinthe Sylvestre du Donjon, Bell fait la rencontre de Wyne, une jeune Vouivre. Attaquée sans relâche non seulement par les aventuriers, mais aussi par les monstres, Bell décide de la protéger quand il comprend qu'elle parle la langue des humains... 
Entre la nébuleuse menace d'un groupe de chasseurs sans scrupule, la haine ancestrale qui existe entre monstres et Humains, et la soudaine intervention du véritable maître de la Guilde, le chaos s'empare de la ville avec, en son centre, la jeune Vouivre. 
Anomalie qui trouble même les dieux, elle soulève le voile de l'un des nombreux mystères qui se cachent dans les tréfonds du Donjon !

Lors de ma dernière chronique, j'émettais la supposition que l'auteur nous proposait une histoire plus posée afin de mieux nous surprendre par la suite.  Force est de constater que j'avais raison, puisque ce tome 9 chamboule (presque) toutes nos connaissances du Donjon et de la Guilde en rebattant les cartes que nous avions déjà en main.

En effet, lors d'une mission au niveau 19 du Donjon, Bell se retrouve confronter à une créature qu'il n'avait encore jamais vue: une Vouivre.
Cependant, celle-ci est tout à fait singulière, puisque contrairement aux monstres qui peuplent le Donjon, cette Vouivre est capable de penser et de s'exprimer.

Bell et sa Familia se retrouve une fois encore au coeur des événements, puisqu'ils décident de protéger Wyne des aventuriers qui la pourchassent.
Mais cette rencontre va tout remettre en question chez eux, et plus particulièrement chez Bell qui s'interroge sur le nombre de monstres capables de réfléchir et de s'exprimer

Avec l'apparition de Wyne et des Xenoi, c'est toute la structure d'Orario que Fujino Omori a décidé d'ébranler et ce pour notre plus grand plaisir !
Les révélations qui nous sont faites dans ce tome remette énormément de choses en question et nous promettent des aventures intéressante pour la suite.

Ce neuvième roman s'écarte un peu de ce qui était fait précédemment: on s'écarte des combats épiques pour s'intéresser au peuple du Donjon et réfléchir à la manière dont les monstres sont traités. Cela amène une dimension sociale au récit et force le lecteur à s'interroger sur la manière dont lui-même traite ses semblables ainsi que celles qui sont différents de lui. 
Le parallèle avec le racisme, la xénophobie et l'intolérance en général est plutôt facile à faire en l'occurence.

En conclusion, j'ai énormément apprécié ma lecture de ce tome. Même si on s'éloigne fortement de l'esprit des premiers romans, le récit gagne en profondeur et continue de nous surprendre. J'apprécie tout particulièrement le fait que l'auteur se serve de ses écrits pour obliger le lecteur à s'interroger sur la société dans laquelle il évolue. C'est subtilement amené, mais drôlement efficace.
J'ai hâte de voir ce que nous réserve la suite et je suis sûre que je ne serai pas déçue !


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Ma chronique du tome 1
Ma chronique du tome 2
Ma chronique du tome 3
Ma chronique du tome 4
Ma chronique du tome 5
Ma chronique du tome 6
Ma chronique du tome 7
Ma chronique du tome 8
Parution: 26 septembre 2019 - Ofelbe Editions
Parution du tome 10: 30 janvier 2020 - Ofelbe Editions


dimanche 12 janvier 2020

Sunday's Books #269


Une nouvelle semaine pour le Sunday's Books, initié par Saefiel.

Blabla

Hello les amis !

Bon, bon, bon.
Je sais que je n'ai publié qu'un article de blog cette semaine et croyez-moi je me flagelle assez pour ça. Pourtant, j'ai terminé quelques bouquins ces derniers temps (je pense que ma "panne de lecture" est terminée), mais en ce moment j'ai la flemme d'écrire une chronique 😕
J'ai écrite celle du Sorceleur parce que les mots me venaient naturellement et depuis je procrastine. Le soir je lis et je regarde des séries, en laissant délibérément mon ordinateur hors de portée.
Pas bien !

Alors, en même temps, j'ai décidé de me mettre moins la pression concernant le blog cette année, mais là je pense qu'on est passé à un stade supérieur 😅
Il va vraiment falloir que je me ressaisisse, parce que je sais qu'écrire mes chroniques bien après avoir lu les livres concernés, ça ne m réussit pas trop... 😅

Cela dit, je vous avoue qu'avec la semaine que j'ai passé au boulot, le soir j'avais pas trop envie de réfléchir et d'écrire. Il me fallait plus des activités zéro cerveau.
C'est d'ailleurs pour cela que j'ai recommencé les The Big Bang Theory sur Netflix. Pour se vider la tête, il n'y a pas mieux 😁😁
D'ailleurs, c'est tellement efficace que j'en suis déjà à la saison 4. Après une semaine et demi de visionnage... 😁
Vous comprenez pourquoi je n'ai pas écrit de chronique ? 😂

Bon allez, challenge de la semaine: écrire les chroniques des livres que j'ai lu récemment ! Je peux le faire ! Trois chroniques, cela n'a rien d'insurmontable, si ? 😉

Des bisous 😘😘


Mes lectures

Ce que j'ai lu cette semaine
J'ai lu Djihad Online et je ne sais pas trop quoi en penser 😕
Je l'ai lu très rapidement (en deux jours c'était fini) mais je suis un peu mal à l'aise après cette lecture.
Pour ramener un peu de légèreté, j'ai donc lu (également en deux jour) le tome 5 des Chroniques de San Francisco et ça m'a fait un bien fou 😊💖

 Ce que je suis en train de lire
J'ai décidé de continuer la saga Trylle, étant donné que le premier tome m'avait plutôt bien plu 😉


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Rien cette semaine 😅

Lifetime

Ce que j'ai lu sur les autres blogs !

Encore un bilan chez Gilwen
Des bonnes résolutions chez Mallou14
Le bilan chez Cindy

Sur le blog 

Les derniers articles

lundi 6 janvier 2020

Pourquoi j'ai abandonné Le Sorceleur ?


Geralt de Riv est un personnage étrange, une bizarrerie de la nature, un mutant qui, grâce à la magie et à un long entraînement, mais aussi grâce à un mystérieux élixir, est devenu un meurtrier parfait. Ses cheveux blancs, ses yeux nyctalopes et son manteau noir effrayent et fascinent. Il parcourt des contrées pittoresques en gagnant sa vie comme chasseur de monstres. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur. 
Car Geralt est plus qu’un guerrier ou un mage. C’est un Sorceleur. Il est unique. 
Au cours de ses aventures, il rencontrera une autoritaire mais généreuse prêtresse, un troubadour paillard au grand cœur, et une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux. Amis d’un jour, amours d'une nuit. Mais au bout de sa quête, peut-être pourra-t-il prononcer son dernier vœu : retrouver son humanité perdue…

Cela fait un bon moment que l'on a annoncé l'adaptation en série de la saga du Sorceleur (ou The Witcher en anglais) et c'est à cette occasion que j'ai été contactée par Castelmore pour découvrir le premier tome.
J'avais hâte de pouvoir le découvrir, moi qui préfère toujours lire le livre avant de voir l'adaptation. Malheureusement, je n'ai pas du tout été conquise par ce premier tome, que j'ai abandonné au bout d'une centaine de pages.

Pourtant, sur le papier cela s'annonçait plutôt bien. Une saga de fantasy, avec un univers ultra développé et un bestiaire qui n'a rien à envier à celui des différentes mythologies européennes.
Le personnage de Geralt était aussi très charismatique et même si on est très souvent dans le cliché du héros de fantasy, cela n'est pas très dérangeant.

Mais là où ça ne l'a pas fait, c'est dans le style d'écriture et dans la construction du récit. Ce n'est pas stipulé sur la quatrième de couverture, mais nous ne sommes pas dans un récit suivi, mais plutôt sur une succession de nouvelles.
Quand on aborde ce roman en pensant lire une histoire suivie et qu'on se retrouve avec des nouvelles qui n'ont aucun rapport l'une avec l'autre, la lecture devient tout de suite un peu pénible.

Ajoutez à cela un style descriptif plutôt soutenu, allié à des dialogues établis dans un langage plus que familier - comme si tous les personnages se connaissaient déjà au bout d'une minute - l'auteur à terminé de me perdre avec son roman. C'est typiquement le genre de chose qui peut perturber ma lecture.

J'ai bien tenté de lire le reste de nouvelles en diagonal, mais j'ai rapidement abandonné. Mon attention était définitivement perdue et je n'avais plus envie de continuer. J'ai donc décidé de regarder la série, sans avoir terminé le roman. Et pour une fois, j'ai préféré l'adaptation à l'original.

En conclusion, même si l'univers et le héros étaient des plus prometteurs, je n'ai pas pu accrocher au style d'Andrzej Sapkowski et aux nouvelles proposées.
De manière générale, ce n'est pas un genre qui me plait beaucoup. Associé avec le style si particulier de l'auteur, la combinaison de ces deux critères à eu raison de moi.
Mais cela aura eu le mérite de me faire découvrir cet univers original et de me donner envie de regarder la série - qui est géniale !


Les infos utiles

Le site d'Andrzej Sapkowski
Parution VF (nouvelle édition): 24 novembre 2019 - Castelmore