mercredi 27 avril 2022

Coming In - Élodie Font et Carole Maurel


Visiblement, la Terre entière le savait avant elle : Élo est homo. 
Dans "Coming In", Élodie Font raconte les longues années - de l'adolescence à la trentaine - qui lui ont été nécessaires avant de réussir à oser, enfin, être elle-même. 
Un récit drôle et sensible, mêlant pensées d'hier et réflexions d'aujourd'hui, mis en lumière par le trait puissant et poétique de Carole Maurel.

Si le concept de coming out ne nous est plus étranger, le titre de ce roman graphique a tout de même de quoi interpeler. Car finalement, coming in, kezako ? 

Ce récit c’est celui d’Elodie Font et de ses questionnements sur elle-même, ses affinités, ses sentiments, sa sexualité et ses différentes relations. 
Une quête de soi qu’elle mène des années durant et qui apporte son lot de bons et de mauvais moments. 
Porté et sublimé par les magnifiques traits et couleurs de Carole Maurel, ce roman graphique nous plonge au cœur de la vie de l’autrice avec beaucoup de bienveillance. Évidemment il y a des passages plus durs que d’autres, mais ce qui ressort de ce livre, c’est avant tout l’espoir et la douceur. 

Cette BD résonnera très certainement chez énormément de personnes queer, puisque les questionnements de l’héroïne sont partagés par beaucoup. Car même si la parole se libère de plus en plus et que les informations sont plus accessibles aujourd’hui, il n’en demeure pas moins qu’aborder son identité de genre et/ou sa sexualité c’est encore tabou dans dans nombreux milieux et cela a un véritable impact sur la manière dont on se perçoit. 
Car si le coming out c’est se révéler aux yeux des autres, le coming in c’est avant tout se révéler à soi-même, se comprendre, s’accepter et s’assumer, ce qui est parfois - souvent - tout aussi intense.


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Le site de Carole Maurel
L'Instagram d'Elodie Font
Parution : 29 septembre 2021 - Payot Graphic
Illustrations: Coming In par Élodie Font et Carole Maurel © Payot Graphic 2021

samedi 23 avril 2022

Il était une fangirl, tome 2 : La princesse & la fangirl - Ashley Poston


Imogen Lovelace est une fangirl en mission sacrée : elle s'est juré d'empêcher à tout prix les scénaristes de sa saga préférée, Starfield – la meilleure série de science-fiction de tous les temps –, d'en tuer pour de bon l'héroïne, Amara. Mais Jessica Stone, l'interprète de la fameuse princesse, n'en peut tout simplement plus du rôle : trop de pression, trop de fans déchaînés… Or Imogen et Jessica se ressemblent comme deux gouttes d'eau. S'ensuit un terrible quiproquo, au terme duquel il devient évident que les deux jeunes filles se détestent – d'autant que leurs objectifs dans l'existence sont diamétralement opposés. 
Jusqu'à ce que survienne la catastrophe : le scénario du deuxième opus de la série, confié à Jessica sous le sceau du secret, disparaît. Elle doit absolument le récupérer… ou bien sa carrière est fichue ! Et, pour enquêter, elle se retrouve contrainte d'échanger sa place avec la fangirl la plus enragée du monde (argh !), j'ai nommé Imogen. Jessica ne s'attend pas, au passage, à croiser le chemin de la femme de sa vie

J'écris cette chronique plus de quatre mois après ma lecture, mais j'avais tout de même très envie de vous en parler, car c'est un roman que j'ai énormément apprécier, à l'instar de son prédécesseur.
Cela serait vraiment dommage de ne pas vous en parler, même si je n'ai plus tous les détails en tête et que je risque donc d'être moins précise.

Ce tome se consacre donc en grande partie sur un personnage que nous n'avions fait qu'apercevoir dans le premier tome, mais qui avait déjà un gros potentiel. Je parle évidemment de Jessica Stone, l'interprète d'Amara dans la franchise Starfield.

Une jeune femme à l'apparence très froide et calculatrice, mais qui cache cependant une très grande sensibilité.
Sensibilité qui ne transparaît évidemment pas lors de sa rencontre avec Imogen, qui - pour son plus grand malheur - lui ressemble d'une manière inattendue et avec qui elle va passer un pacte.

J'ai adoré le contraste présent entre nos deux héroïnes, même si au fil de la lecture, on se rend peu à peu compte des traits de caractère qui les unissent presque malgré elles.
Ces deux-là forment une sacrée bonne équipe, même si elles mettent un certain temps à s'en rendre compte (et même si elles ont l'art de la manière de se fourrer dans le pétrin).

Les autres protagonistes ne sont évidemment pas en reste. Je pense notamment à Harper et Ethan mais aussi au frère et aux mères d'Imogen qui sont ultra attachant·es et drôles. Chacun·e apporte son petit grain de sable à l'histoire et forme un ensemble cohérent et chaleureux. Avec elleux, on a l'impression d'être à  la maison.

Et puis quel plaisir de retrouver l'univers fictif de Starfield et de se plonger totalement dans l'ExcelsiCon dont on avait finalement vu assez peu de choses dans le premier tome.
Ajoutez à cela, deux romances totalement guimauve, mais qui se construisent pas à pas et vous obtenez un fabuleux roman à savourer pleinement.
D'autant plus si vous avez un petit (ou un gros) côté geek car Ashley Poston glisse dans ses romans un nombre incalculable de références à la popculture et ça, ce n'est absolument pas pour me déplaire.

En conclusion, ce deuxième tome de la saga est tout aussi réussi que le premier. J'ai adoré retrouver l'univers de Starfield, tant et si bien que j'aimerais beaucoup que cette série existe pour de vrai. J'ai énormément apprécié le duo haut en couleur formé par Jess et Imogen, mais également tout leur entourage, qui parvient à temporiser le tempérament de ces deux-là avec beaucoup de subtilité et d'amour.


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Le site d'Ashley Poston
Ma chronique du tome 1
Parution VO: The Princess and the Fangirl - 2 avril 2019 - Quirk Book
Parution VF: 16 septembre 2021 - Lumen


lundi 18 avril 2022

La chronique des Bridgerton, tomes 1 et 2 - Julia Quinn


Très chers lecteurs, quelle saison ! Au rythme des bals et des réceptions, je vous ai narré le feuilleton haletant de la folle romance entre Mlle Daphné Bridgerton et Simon, le ténébreux duc de Hastings. Valses langoureuses, rebondissements cocasses et bagarres mémorables nous auront tenus en haleine jusqu'à l'épilogue d'un romantisme échevelé. 
Aurons-nous le temps de reprendre notre souffle ? Il est à craindre que non, car il se chuchote déjà dans Londres qu'Anthony, le frère de Daphné, serait décidé à convoler lui aussi. Hélas, l'élue a une sœur odieuse qui s'oppose catégoriquement à cette union en raison du passé libertin du vicomte. Cela nous promet bien des péripéties. 
Et comme il reste six Bridgerton à marier, votre dévouée chroniqueuse a de beaux jours devant elle. Ne perdez pas le fil, chers lecteurs, la saga ne fait que commencer ! 
Rubrique mondaine de lady Whistledown, Londres, 1814

Alors qu'il ne me reste plus qu'un tome des Chroniques de San Francisco dans ma PAL, j'étais à la recherche d'une nouvelle saga doudou. Une saga un peu longue, à savourer dans les moments « bof » de ma vie. Un truc qui allait me durer quelque temps et vers lequel j’aurai envie d’aller quand j’ai l’impression que tout part en vrille. 

Après avoir un peu hésité, je me suis finalement lancée et j’ai acheté ce livre regroupant les deux premiers tomes de La Chronique des Bridgerton. Et vous savez quoi ? C’était exactement ce qu’il me fallait.

J'ai littéralement dévoré la première partie de ce gros pavé. Celle concernant Daphné et qui donc correspond à la première saison de Netflix. Et pour une fois, je dois dire que j'ai trouvé la série parfaitement adaptée.

Je me suis très facilement laissée emporté par le style de Julia Quinn et par la romance entre Daphné et Simon. Comme je l'ai dit à plusieurs reprises, ce n'est pas de la grande littérature, mais les pages se tournent d'elle-même et chaque chapitre donne envie de lire le suivant.

En ce qui concerne la seconde partie, elle est effectivement très différente de ce qui nous a été proposé par Netflix et Shondaland. Et comme c'est très souvent le cas, le livre est bien meilleur que son adaptation !
Je suis d'ailleurs très contente d'avoir pour une fois vu la série avant de lire le livre, car j'aurais pu être très déçue par elle.

Je ne comprends d'ailleurs pas du tout les choix scénaristiques qui ont été faits pour cette deuxième saison. Car vraiment, le déroulé du roman est beaucoup plus logique et bien mieux amené que cela. Pourquoi avoir voulu créer de la discorde là où il n'y en a jamais eu ? A mon sens, la relation des soeurs Sheffield est beaucoup plus sororale et émouvante que celle donnée à l'écran par les soeurs Sharma.

Quoi qu'il en soit, je suis vraiment très contente de ma première incursion dans le Bridgertonverse et j'ai vraiment hâte de m'y plonger plus avant. Je dois d'ailleurs me faire violence pour ne pas me jeter sur la deuxième intégrale que je me suis déjà procurée.
Si vous voulez mon avis, elle ne va pas faire long feu.


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Le site de Julia Quinn
Parution VO: The Duke and I - 2000 - Avon Books
Parution VO: The Viscount who loved me - 2000 - Avon Books
Parution VF: 10 novembre 2021 - J'ai lu

mercredi 13 avril 2022

Le Pavillon des combattantes - Emma Donoghue


En pleine pandémie de grippe espagnole, l'ancien monde est en train de s'effondrer. À la maternité, des femmes luttent pour qu'un autre voie le jour. 1918. Trois jours à Dublin, ravagé par la guerre et une terrible épidémie. 
Trois jours aux côtés de Julia Power, infirmière dans un service réservé aux femmes enceintes touchées par la maladie. Partout, la confusion règne, et le gouvernement semble impuissant à protéger sa population. À l'aube de ses 30 ans, alors qu'à l'hôpital on manque de tout, Julia se retrouve seule pour gérer ses patientes en quarantaine. Elle ne dispose que de l'aide d'une jeune orpheline bénévole, Bridie Sweeney, et des rares mais précieux conseils du Dr Kathleen Lynn - membre du Sinn Féin recherchée par la police. 
Dans une salle exiguë où les âmes comme les corps sont mis à nu, toutes les trois s'acharnent dans leur défi à la mort, tandis que leurs patientes tentent de conserver les forces nécessaires pour donner la vie.

Ohlala, ce livre… Quelle claque !

Comme tout le monde, j’avais vu passer ce titre lors de la dernière rentrée littéraire et la couverture m’avait tout de suite séduite. Un livre parlant de maternité en 1918, cela ne pouvait que me plaire, même si je savais que ça n’allait pas être pour autant une partie de plaisir. 

Car le sujet traité dans ce livre est dur. Très dur. 
Parler de grossesses et d’accouchements se déroulant au début du XXe siècle, avec tout ce que cela implique comme dangers et complications pour les femmes, c’était déjà un vaste sujet. Ajoutez à cela la variable de la grippe Influenza et vous imaginez aisément l’atmosphère de ce roman. 

Jusqu'à la dernière page, j'ai espéré me tromper sur les intuitions qui me sont apparues très tôt dans ma lecture. Cependant, je pense qu'à force, mon esprit est trop bien aiguisé pour commettre ce genre d'erreur. J'ai donc dû me résoudre à avoir raison, et pour une fois, cela ne m'a pas fait plaisir.

Pourtant, malgré une thématique difficile, ce livre est plein de bienveillance et d’espoir. Il m’a à la fois brisé et réchauffé le cœur. Les femmes qui apparaissent dans ce roman sont toutes des héroïnes en puissance. Je parle évidemment de Julia et Birdie, mais aussi de leurs patientes. Chacune a quelque chose à apporter aux autres, même si elles ne s’en rendent pas compte.

La relation qui se tisse entre Julia et Birdie est vraiment sublime. A l'instar de Julia, je me suis surprise à m'attacher à cette jeune fille un brin naïve, mais pleine de vie et de bonne volonté.
Une personnalité radieuse qui illumine un roman par sa seule présence et nous met du baume au cœur à chaque apparition.

C’est pour ce genre de pépite que je continue de dévorer les livres les uns après les autres. Parce que parfois, il y en a un comme Le pavillon des combattantes qui vous déchire le cœur tout en vous donnant une sacrée dose d’espoir. 
C’est cette dichotomie quasi irrationnelle qui me plaît et que je recherche dans mes lectures.

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Le site d'Emma Donoghue
Parution VO: The Pull of the Stars - 10 juillet 2020 - Picador 
Parution VF: 19 août 2021 - Presse de la Cité

mercredi 6 avril 2022

Red Rising, tome 5: Dark Age, partie 1


Dix ans ont passé depuis la révolution menée par Darrow et la fondation d’un nouveau monde. Mais ce dernier reste toujours un hors-la-loi aux yeux de la République, cette même République qu’il a fondée. Sa détermination sans faille le mène sur Mercure, au cœur d’une guerre sans pitié. 
De son côté, Lysandre cherche par tous les moyens à ramener la paix et pour ce faire, deux solutions s’offrent à lui : s’unir aux Ors ou les vaincre… 
Alors que, d’un côté, des alliances se forment, de l’autre les trahisons se poursuivent. Une nouvelle ère est-elle sur le point d’émerger ? 

Quatre ans depuis la parution d’Iron Gold, j’avoue que j’avais presque perdu espoir quant à la continuité de la traduction de cette saga chère à mon cœur chez Hachette. 
Mais lorsque j’ai vu que la première partie de Dark Age sortait pile le jour de mes trente ans, j’ai su que ce serait LE livre qui me sortirait de ma longue panne de lecture. 

Pourtant ce n’était pas gagné, car malgré mon amour inconditionnel pour la trilogie de base, j’avais été un peu moins emballée par Iron Gold
Et puis, autant d’années après la parution du dernier tome, la reprise fut assez laborieuse. J’ai eu du mal à raccrocher les wagons. J’avais littéralement tout oublié. 
Bon ok, pas tout, mais tout de même une très grosse partie, notamment au niveau des noms des divers protagonistes (et Jupiter sait si cette saga regorge de noms tous plus alambiqués les uns que les autres) 

Mais ma persévérance a porté ses fruits, puisqu’au bout d’une centaine de pages, j’étais à nouveau plongée dans cet univers diablement bien foutu et détaillé. L’apogée de ma lecture survenant évidemment avec le retour de Sevro (les vrai•es savent).  

Une fois le rythme de lecture retrouvé, j’ai enchaîné les pages les unes à la suite des autres, sans vraiment m’en rendre compte. Après quatre ans, j’étais enfin de retour sur Mars (enfin, dans ce tome c’est plutôt Mercure, mais vous avez compris), en compagnie de Darrow, Virginia, Sevro et tous·tes les autres. Et purée, ce que ça fait du bien ! 

Une fois encore, Pierce Brown nous montre l'étendue de son talent pour conter des histoires trépidantes qui laissent les lecteurices à bout de souffle. Comme dans les opus précédents, certaines scènes sont totalement inattendues (dans le bon sens, comme dans l'autre) et nous laissent littéralement sur le cul.
Chaque fois qu'on pense avoir atteint l'apogée d'une situation, celle-ci se renverse totalement et nous plonge dans une nouvelle situation intenable.

Nous passerons une nouvelle fois sur le fait qu’Hachette aime beaucoup trop se faire de l’argent sur le dos des lecteurs en nous proposant deux tomes à 18€ alors qu’en VO, un seul tome ne coûte même pas ce prix, mais c’est le jeu ma pauvre Lucette. (oui, oui je sais, l’achat des droits, la traduction et le coût du papier qui a augmenté, toussa toussa… mais quand même).

Bref, je râle sur le prix, mais je sais bien que dans six mois je me précipiterai sur la seconde partie sans trop me poser de question, car j’aime trop cette saga pour m’en priver. Et mon anglais n'est pas assez bon pour me lancer dans la lecture de la version originale...
Dans tous les cas, vivement le mois de septembre !


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Ma chronique du tome 1
Ma chronique du tome 2
Ma chronique du tome 3
Ma chronique du tome 4, partie 1
Ma chronique du tome 4, partie 2
Parution VO: 30 juillet 2019 - Del Rey Books
Parution VF: 23 mars 2022 - Hachette