mercredi 21 avril 2021

Le genre: Cet obscur objet du désordre - Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu


Durant la dernière décennie, des millions de personnes ont manifesté contre lui à travers le monde... Pourtant, il reste largement méconnu. Qualifié par ses adversaires de théorie ou d'idéologie, le concept de genre fait l'objet de vives polémiques concernant l'éducation, le mariage et la filiation. Cette bande dessinée part de l'exemple français et notamment des manifestations contre le « mariage pour tous ». 
De la Pologne au Brésil, en passant par l'Italie et la Hongrie, les détails changent mais l'enjeu reste le même : ces mobilisations conservatrices questionnent le fondement même des démocraties libérales.

Depuis que je suis ouvertement féministe, je me renseigne et me nourris d'énormément d'écrits, de blog, de publication Instagram et autres afin de toujours en apprendre plus, de confronter mes idées et de discuter avec des personnes bienveillantes.
Cela fait donc un bon moment que j'ai entamé mon processus de déconstruction par rapport aux stéréotypes de genre, à l'hétéronormativité et à toutes ces choses qui nous sont inculquées depuis toujours et qu'on ne remet que très peu en cause. 

Ainsi quand j'ai aperçu ce titre dans le programme de parution des éditions Casterman, il était évident que j'allais vouloir le lire. Le titre m'a tout de suite sauté aux yeux et j'étais curieuse de découvrir cette BD.
Ce titre dresse donc le portrait de ce qu'ils s'est passé durant ces dix dernières années concernant le concept du genre, en partant de l'exemple français. Un portrait qui n'est évidemment pas neutre étant donné que les auteurices sont elleux aussi impliqué·es dans les luttes féministes, antisexistes, etc.

J'ai trouvé cet ouvrage vraiment très complet. Les auteurices partent effectivement de faits qui se sont déroulés en France et ailleurs, analysent les divers discours qui ont été prononcés à la fois par les partis dits "conservateurs" et "réformateurs" et nous en livrent une synthèse dans cette BD.

Etant moi-même belge, il y a des choses que j'avais parfois du mal à appréhender, notamment par rapport au fonctionnement politique français, mais dans l'ensemble le tout est bien présenté et analysé. 
Cependant je pense que ce livre est tout de même assez poussé et qu'il faut déjà avoir un certains bagage pour l'appréhender pleinement. Je pense d'ailleurs en faire une deuxième lecture afin d'être certaine de bien tout assimiler.
On parle notamment dans cette BD de la notion de "théorie du genre", un terme utilisé dans les discours conservateurs et qui serait une mauvaise traduction et interprétation du terme anglais "gender theory". De là découlent évidemment énormément de dérives scientifiquement approximatives et autres joyeusetés qui alimentent les argumentaires limités et haineux.

Je dois bien avouer que je n'avais jamais vraiment réfléchi à l'impact des mots "théorie du genre" avant de lire le chapitre qui y est consacré ici. J'ai trouvé les explications très parlantes et pertinentes et je serai d'autant plus vigilante maintenant sur les termes que j'emploie au quotidien.
Le format BD est véritablement intéressant dans un tel contexte. Il permet d'expliquer les choses simplement et d'apporter un support visuel à des notions parfois abstraites. En un coup d'oeil on va directement au fond des choses, et ce avec beaucoup de pédagogie.

En conclusion, je pense que c'est une BD qui va faire partie des must-have de ma bibliothèque en ce qui concerne la déconstruction du genre. C'est un ouvrage très complet sur le sujet, que les auteurices ont tenté de rendre le plus accessible possible, mais qui à mon sens demande d'être un minimum informé·es sur certains concepts.


Les infos utiles

Le site d'Anne Charlotte Husson
Le dossier de presse de l'album (à lire car il est vraiment très intéressant)
Parution: 21 avril 2021 - Casterman
Illustrations: Le genre: Cet obscur objet du désordre par Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu © Casterman 2020

lundi 19 avril 2021

La dame des murs - Silène Edgar


Mara Galanta est La Dame des murs, chanteuse d'opéra célèbre pour avoir chanté au pied du mur de Berlin en 1972. Depuis, des anonymes du monde entier lui écrivent pour lui parler de « leur mur ». Rebelle, riche et talentueuse, Mara est aussi une grand-mère peu attentionnée, irritable et solitaire. 
Emma est sa petite-fille. Impétueuse et ne manquant pas d'humour, elle aussi a la sensibilité artistique, elle ressemble plus à sa grand-mère qu'elle ne voudrait le reconnaître. À 14 ans, elle cherche encore à dessiner les contours de son identité, à se définir comme amie, comme jeune fille. Il lui manque un morceau du puzzle, un morceau tenu secret par Mara : à 18 ans, sa grand-mère s'est enfuie de Lettonie, un pays soumis à la dictature soviétique. Depuis, elle n'y est pas retournée, bien que le rideau de fer soit tombé. Et elle n'en parle jamais. 
Quand Emma demande à Mara de l'emmener en Lettonie pour découvrir ses secrets, elle s'est assuré que la vieille dame ne pourrait pas le lui refuser. Ce dont elle ne se doutait pas, par contre, c'est qu'une vieille dame mystérieuse et un souffle de magie allaient s'en mêler. 
C'est le début d'un voyage dans le temps qui va réveiller bien des souvenirs.

Vous le savez si vous me suivez ici depuis un moment, j'aime beaucoup les romans historiques, qu'ils soient destinés à un public adulte ou jeunesse et j'aime particulièrement les écrits de Silène Edgar. Il était donc tout à fait logique que je me lance dans la lecture de La Dame des murs.

Pour être tout à fait honnête, j'ai eu besoin d'un chapitre pour m'adapter à la construction du roman. Par moment je ne savais pas de quel point de vue était écrit le paragraphe que je lisais. Mais une fois que j'ai compris le principe, la lecture a coulé toute seule.

J'ai aimé suivre Emma et Mara, car malgré leurs différences elles forment un duo très attachant. D'un côté nous avons une adolescente au caractère affirmé qui voudrait apprendre à connaître cette grand-mère plutôt taiseuse et de l'autre une femme qui a du mal à vivre avec son passé et qui le renferme tout au fond d'elle-même.

Ces deux-là vont alors avoir six jours pour se découvrir et mieux se connaître, tout cela dans le cadre d'un voyage en Lettonie, pays d'origine de Mara.
Si ce retour aux sources est compliqué pour la cantatrice, Emma y voit l'occasion d'en apprendre plus sur sa grand-mère et sur l'histoire de sa famille. 

Peu à peu - et avec l'aide d'une petite touche de fantastique - nos deux héroïnes vont s'apprivoiser. Avec parfois des petits accros, elles vont retracer le passé de Mara et nouer des liens forts.

Même si j'ai rapidement compris tous les enjeux de ce roman, j'ai passé un agréable moment de lecture. J'ai littéralement dévoré ce livre en une après-midi et j'en suis ressortie avec une sorte de petit spleen, tant je m'étais attachée à ces deux héroïnes originales.

J'ai aimé le tempérament ardent de Mara, même si par moment j'avais parfois l'impression d'avoir affaire à une protagoniste bien plus jeune, notamment par rapport à ses réactions et à ses expressions. Elle est têtue et bornée, ce qui l'amène à ne pas toujours faire preuve de discernement. Emma parait, au contraire, plus mature que son âge, ce qui donne un contraste assez saisissant entre elles.

En complément à cette jolie relation, j'ai apprécié en apprendre plus sur cette période de l'histoire que je connais assez peu: celle de la Guerre Froide, de l'Europe de l'Est et de l'Ouest et de tout ce que cela a impliqué pour des millions de personnes.
J'ai également aimé les lettres reçues par Mara, qui nous font prendre conscience que même si le Mur de Berlin est tombé il y a plus de trente ans, d'autres murs existent et empêchent des personnes de vivre dignement et dans de bonnes conditions.

En bref, j'ai beaucoup aimé La Dame des murs. J'ai ressenti énormément d'émotions durant ma lecture, et encore aujourd'hui elle me trotte dans la tête. Je pense qu'elle fait aisément partie de ces lectures qui vous marque dans une vie de lecteurice.


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Parution: 17 mars 2021 - Castelmore

dimanche 18 avril 2021

Sunday's Books #329


Blabla

Hello les amis !

Je dois dire que cette semaine je n'ai pas énormément de blabla à vous proposer puisque mes semaines sont plutôt calmes 😉
Le fait de ne pas travailler et d'être en période de Covid, ça n'aide pas du point de vue des relations sociales, il faut bien l'avouer. 

Cette semaine j'ai juste dû conduire mon frère à son job étudiant et j'en ai profité pour chercher des étagères à accrocher dans mon bureau, sauf que celles qui me plaisaient n'avaient plus d'équerres pour les fixer. En me renseignant j'ai vu qu'elles étaient en rupture de stock... Je ne suis donc pas aidée 😑
Mais bon, je ne désespère pas. Et puis j'ai tout de même trouver des cadres pour y mettre mes diverses illustrations achetées cette année, donc tout n'est pas perdu 😉

Je continue de bouquiner et de regarder des séries, et je vous en parlerais bientôt par ici (ou alors vous pouvez également aller voir mes publications Insta, j'y suis un peu plus active depuis quelques temps 😊).

Là-dessus je vous laisse, mon dimanche est encore bien chargé 😉

Des bisous 😘😘


Mes lectures

Ce que j'ai lu cette semaine


Cette semaine j'ai reçu et lu le jour même la BD documentaire Le genre: cet obscur objet du désordre. J'ai beaucoup aimé cette lecture, même si je l'ai trouvé assez poussée. 
J'ai également lu les tomes 2 et 3 de Shadows House que j'ai trouvé vraiment excellents ! J'ai hâte de lire la suite !
Ensuite j'ai dévoré en une après-midi La Dame des murs de Silène Edgar et c'était une petite pépite 💖💖
Enfin, j'ai terminé la semaine avec deux lectures graphiques: le premier tome d'Orgueil et Préjugés par l'illustratrice Aurore et le tome 7 de La petite faiseuse de livres, qui nous fait faire un virage à 360 degrés ! 
Cette saga est vraiment pleine de surprises 😯

   Ce que je suis en train de lire
Je vais commencer La vie vue d'en bas et j'ai un peu peur, vu les avis négatifs que j'ai vu passer...

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Que des SP cette semaine: de chez Casterman, Dargaud, Bragelonne et Bayard 😁📚

Lifetime

Ce que j'ai lu sur les autres blogs

L'avis de Mallou14 sur Le Prieuré de l'Oranger
Celui de Café Powell sur La Machine
La chronique de Doris sur Tous les bruits du monde

Sur le blog 

vendredi 16 avril 2021

L'Épouvanteur, tome 9: Grimalkin et l'Epouvanteur - Joseph Delaney


Après avoir aidé Thomas Ward et l'Épouvanteur à entraver le démon, en Irlande, Grimalkin a regagné le comté. Elle doit à tout prix conserver, enfermée dans un sac, la tête coupée du Malin afin de garder sous contrôle son esprit maléfique. 
Grimalkin, la tueuse du clan Malkin, est puissante, et son seul nom suffit à inspirer la crainte. Mais les serviteurs de l'obscur sont à ses trousses. 
Pour lui reprendre son horrible et précieux fardeau, ils emploieront tous les moyens...

Plus je me plonge dans la saga de l'Epouvanteur, plus je tombe amoureuse. En la commençant il y a quelques années, je n'aurais jamais cru que j'allais autant accrocher. Et pourtant c'est le cas. Je dévore les tomes les uns après les autres et j'en redemande à chaque fois.

En commençant ce tome, j'étais assez surprise de ne pas retrouver Tom en tant que narrateur, puisque c'est ce à quoi l'auteur nous avait habitué jusqu'ici. Finalement, de Tom il ne sera presque pas question car ce tome se concentre essentiellement sur Grimalkin, et ce pour mon plus grand plaisir !

Nous l'avions déjà rencontrée dans les tomes précédents, mais avoir un tome entier qu'il lui soit consacré, ça promettait d'être intéressant. Et ça l'a été.
J'ai énormément apprécié entrer dans la tête de cette femme au caractère singulier. Car bien qu'elle soit une sorcière, Grimalkin est différente. Elle est certes une tueuse, mais c'est une sorcière qui a un code d'honneur et des principes. C'est aussi un femme forte - dans tous les sens du terme - et indépendante, qui a plus d'un tour dans son sac (et dans ses couteaux).

Dans ce tome, Joseph Delaney parvient aisément à nous faire apprécier ce personnage, qui est tout de même une antagoniste. Ce procédé avait déjà été entamé dans les tomes précédents, mais ici nous en sommes à l'apogée.
Nous suivons notre (anti)héroïne alors qu'elle lutte constamment pour protéger la tête du Malin de celleux qui veulent s'en emparer pour le ramener. C'est un sacré défi, une lutte de tout les instants.

J'ai également aimé le concours des quelques personnages secondaires de l'intrigue, telles que Thorne, Agnès Sowerbutts ou encore les deux lamias de la tour Malkin.
Elles ont toutes joué un rôle décisif dans cet opus et nous avons eu l'occasion de les découvrir sous un autre jour.

En bref, encore une fois j'ai été embarquée dans ce roman, dont la lecture ne m'aura pris qu'une journée. J'ai suivi le périple de Grimalkin avec énormément d'attention et j'ai plus d'une fois tremblé pour elle durant celui-ci.
J'ai hâte de découvrir ce que l'auteur nous réserve pour la suite, car l'étau se ressert peu à peu sur tous nos héros et héroïnes. 


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Ma chronique du tome 1
Ma chronique du tome 2 
Ma chronique du tome 3
Ma chronique du tome 4
Ma chronique du tome 5
Ma chronique du tome 6
Ma chronique du tome 7
Ma chronique du tome 8
Parution VO: I am Grimalkin - 1er décembre 2011 - The Bodley Head
Parution VF: 24 janvier 2013 - Bayard Jeunesse

mercredi 14 avril 2021

Les Carnets de l'Apothicaire, tome 1 - Hyuga Natsu, Itsuki Nanao et Nekokurage


À 17 ans, Mao Mao a une vie compliquée. Formée dès son jeune âge par un apothicaire du quartier des plaisirs, elle se retrouve enlevée et vendue comme servante dans le quartier des femmes du palais impérial ! 
Entouré de hauts murs, il est coupé du monde extérieur. Afin de survivre dans cette prison de luxe grouillant de complots et de basses manœuvres, la jeune fille tente de cacher ses connaissances pour se fondre dans la masse. 
Mais, quand les morts suspectes de princes nouveau-nés mettent la cour en émoi, sa passion pour les poisons prend le dessus. Elle observe, enquête... et trouve la solution ! En voulant bien faire, la voilà repérée... Jinshi, haut fonctionnaire aussi beau que calculateur, devine son talent et la promeut goûteuse personnelle d'une des favorites de l'empereur. 
Au beau milieu de ce nid de serpents, le moindre faux pas peut lui être fatal !

Comme d'habitude en matière de manga - et en matière de lecture en général - je me suis laissée tenter par ce titre en raison de sa couverture aux couleurs vives. Bon, il faut dire que le titre était également prometteur, moi qui suis friande de ce type de lectures.
Nous suivons ici le quotidien de Mao Mao, une jeune fille de 17 ans devenue servante du palais impérial et plus particulièrement de la cour intérieur, là où loge les concubines de l'Empereur.
Alors qu'elle n'est pas là depuis très longtemps, notre héroïne attire rapidement l'attention sur sa personne et sur ses compétences d'apothicaire, ce qui ne lui amènera sûrement pas que des choses positives.

Mao Mao est de ces héroïnes que j'apprécie beaucoup: intelligente et débrouillarde, elle semble avoir appris énormément de choses par elle-même. Son passé reste pour le moment assez flou, mais on se doute que des choses vont nous être révélées petit à petit.
C'était très agréable de suivre son quotidien, de la voir évoluer dans cet univers qui n'est pas le sien, mais qui l'intrigue beaucoup.
Pour ce qui est de Jinshi, c'est le protagoniste intrigant par excellence. Il débarque toujours quand on s'y attend le moins - souvent dans les pires moments - nous abreuve de paroles énigmatiques et disparaît comme par enchantement au détour d'une page.
Avec lui, on ne sait pas vraiment à quoi s'attendre, on ne peut qu'essayer de deviner ses intentions, sans savoir si on peut lui faire confiance. Je sens qu'il va nous en faire baver, ainsi qu'à Mao Mao.

Dans l'ensemble, j'ai bien aimé ce premier tome, même s'il reste très introductif. Cela n'a rien de dérangeant, puisqu'il faut bien planter le décor de l'histoire. On reste assez en surface en nous présentant les différent·es personnages, mais c'est sûrement pour mieux nous faire entrer dans l'histoire et appréhender les prochains tomes.
Pour terminer, je ne peux que saluer le travail graphique des mangakas. Les pages sont toutes très agréables à parcourir et les traits des personnages sont très travaillés. On parcourt aisément ce manga et on se surprend à voir les dernières pages arriver alors qu'on ne s'y attendait pas vraiment.
 
J'ai hâte de pouvoir me procurer le tome suivant et je suis également très intriguée depuis que j'ai appris que ce manga était l'adaptation graphique d'un light novel. Je n'en lis pas beaucoup, mais jusque maintenant c'est un genre que j'apprécie. Je serai curieuse de découvrir celui-ci.


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Parution: 21 janvier 2021 - Ki-oon
Illustrations: Les Carnets de l'Apothicaire par Hyuga Natsu, Itsuki Nanao et Nekokurage © Ki-oon 2020