lundi 25 octobre 2021

Alice Guy - Catel et Bocquet


En 1895, à Lyon, les frères Lumière inventent le cinématographe. Moins d’un an plus tard, à Paris, Alice Guy tourne son premier film. Elle est âgée de 23 ans. Audacieuse et indépendante, témoin privilégiée de la naissance du monde moderne, Alice Guy s'avère la première réalisatrice de l'Histoire du cinéma.
Dès l'aube du XXe siècle, à la fois menteuse en scène, scénariste et productrice, la jeune femme transforme l'officine photographique de Léon Gaumont en société de production cinématographique majeure. Quand, en 1907, elle traverse l'Atlantique pour conquérir l'Amérique, Alice s'y impose en créant sa propre compagnie et en y baissant ses studios. Entre 1897 et 1922, des Buttes-Chaumont à Fort Lee, elle aura dirigé plusieurs centaines de films.
Chronique d'un art en pleine éclosion, la vie d'Alice Guy révèle l'héroïne oubliée des chapitre majeur de la contre-histoire du cinéma.

Vous le savez si vous me suivez depuis un petit moment, j'ai beaucoup aimé les autres titres de ce duo d'auteurices, à savoir Olympe de Gouges et Kiki de Montparnasse (il me reste à trouver et lire Joséphine Baker, mais ça ne saurait tarder), il était donc évident que j'allais me jeter sur cette dernière sortie.

Très honnêtement si j’avais déjà vaguement entendu ce nom, je n'avais jamais trop cherché à savoir qui était la femme qui le portait et ce qu'elle avait fait. La publication de ce roman graphique était donc l’occasion idéale d’en apprendre plus sur elle.
Qu'elle ne fut donc pas ma surprise d'apprendre qu'Alice Guy était en fait une pionnière du cinéma ! Au départ secrétaire dans la société Gaumont - au départ spécialisée dans la photographie - Alice Guy gagne la confiance de son patron grâce à ses idées révolutionnaires et monte peu à peu les échelons pour se lancer dans la mise en scène de petits films sur les premières bobines disponibles.

Mais si personne n'a (presque) jamais entendu parler d'elle, c'est parce qu'elle a purement et simplement été effacée de l'histoire du cinéma pendant de très nombreuses années et que ses créations ont été attribuées à d'autres personnages importants de cette branches. Des hommes, faut-il le préciser ?
C'est donc un immense travail de recherche et d’écriture qu'ont réalisé Catel et Bocque pour nous proposer un récit le plus fidèle possible sur l'histoire de cette femme.
Et comme d'habitude, le résultat est clairement à la hauteur du challenge, puisque les pages se tournent sans que l'on s'en rende compte (alors qu'il y en a plus de 400 !) et qu'on prend plaisir à suivre chaque case disponible.

On découvre une femme intelligente et entreprenante, qui n’a pas eu peur d’innover et de prendre des risques quand tout le monde lui disait qu’elle allait échouer. Une femme de caractère qui ne s'est pas laissé marcher sur les pieds et qui a produit des centaines de films dans sa carrière.
C’est donc un récit historique et finalement très féministe que nous propose ce duo d’auteurices qui a déjà fait ses preuves, mais qui continue de nous surprendre en redonnant leur juste place à des femmes que l’Histoire a injustement oubliées.
Une BD à découvrir absolument !


Les infos utiles

Le site de Catel
Parution: 22 septembre 2021 - Casterman
Illustrations: Alice Guy par Catel et Bocquet © Casterman 2021

dimanche 24 octobre 2021

Sunday's Books #348

 


Blabla

Hello les amis !

Et oui, me voilà de retour après plus d'un mois d'absence, qui m'a semblé à la fois long et court 😅
Ce mois écoulé n'a pas été de tout repos et n'a pas toujours été agréable, mais les choses tendent à s'arranger et j'en suis très contente 😉
Je ne sais pas si je reviendrai en détail sur tout ça, mais sachez néanmoins qu'il est parfois essentiel de se couper du monde, de se recentrer sur soi-même, de pleurer (oui, oui, ça fait du bien) et de regarder les choses dans leur ensemble afin de revenir dans de meilleures conditions 😊

Quoi qu'il en soit, durant cette absence je n'ai pas beaucoup lu (même si la quantité de livres plus bas pourrait le faire penser, mais songez que je suis reste absente plus d'un mois 😉) et que cela ne m'était plus arrivé depuis des années.
Cela dit, faire une pause avec le blog et les réseaux sociaux m'a fait du bien et m'a aidé à prendre de la distance, ce qui était le but recherché.
Mais je suis ravie d'être de retour, car écrire, bloguer et échanger avec vous m'a beaucoup manqué ! 😊

La semaine qui arrive va être riche en événements de mon côté et j'espère pouvoir rapidement vous en parler 😉
Mais avant cela, il va falloir que je prépare mes chroniques de la semaine, sinon je vais encore être à la bourre et ça ne va rien donner de bon 😅
J'en arrive finalement toujours à la même conclusion: il n'y a pas assez d'heures dans une journée 😅

Des bisous 😘😘


Mes lectures

Ce que j'ai lu cette semaine

Comparativement à ma longue absence, je n'ai pas lu tant que ça, mais c'est surtout dû au fait que j'ai passé plus de trois semaines sans ouvrir un livre.
Avant de tomber dans cette "panne de lecture" j'avais lu en deux jours seulement la version des contes interdits de Hansel et Gretel (oui le roman dont l'auteur et éditeur ont été injustement accusé de faire l'apologie de la pédophilie...) qui a été une lecture très intense et perturbante. Ensuite je n'ai quasiment plus rien lu jusqu'au Enchantment of Ravens qui m'a subjuguée, puis j'ai enchaîné avec le dernier tome de Créatures Fantastiques, le tome 3 de L'Espoir malgré tout et le tome 2 d'Eli & Gaston 😊
J'ai ensuite lu Tout le monde veut des ailes, l'intégrale de Médée dont vous avez eu les chroniques cette semaine et Alice Guy dont la chronique paraîtra demain 😉

   Ce que je suis en train de lire
J'ai mis en pause Féminisme & Pop culture, car même si je le trouve intéressant, je ne suis pas assez attentive pour lire un essai en ce moment 😉
Du coup en parallèle j'ai commencé Fille, femme, autre dont l'écriture me déstabilise un peu, mais dont la lecture est néanmoins prenante 😊

In My Mailbox

J'ai reçu et acheté pas mal de choses durant mon absence 😉📚
Voici mes derniers SP de chez Casterman, Dargaud, Bayard et Milan 😊
Et mes derniers achats en librairie (avec une contribution de ma maman pour Eli & Gaston 💖💖)

Lifetime

Ce que j'ai lu sur les autres blogs

L'avis de Scarlett sur Le jour où le bonheur est là
Celui de Marinette sur Tout l'art de Big Eyes
La chronique de Saiwhisper sur Nos jours brûlés

Sur le blog 

vendredi 22 octobre 2021

Médée - Blandine Le Callet et Nancy Peña


Qui Médée était-elle vraiment ? Une mère aimante et une amoureuse assumant ses désirs, que sa passion finit par égarer ? Une femme libre refusant la tyrannie des hommes ? Une barbare venue semer la confusion dans le monde civilisé des Grecs ? Une sorcière redoutable, maîtresse de forces occultes ? Un monstre, tout simplement ? 
Pour percer ce mystère, c'est Médée en personne que les autrices ont choisi de nous faire entendre : par delà calomnies, et déformations infligées par le temps, Médée nous raconte sa véritable histoire, depuis les jardins luxuriants de son enfance en Colchide jusqu'à l'île mystérieuse d'où elle livre son ultime confession et purge à jamais le geste inhumain et impardonnable d'avoir tué ses deux fils.

Je le disais dans mon avis sur Instagram, même si je suis une très grande amatrice de mythologie - et plus particulièrement de mythologie grecque - je connaissais assez peu le personnage de Médée. Essentiellement parce que j'ai assez peu lu sur le mythe de Jason et des Argonautes.
Alors quand Casterman a proposé cette intégrale dans ses parutions, je n'ai pas pu y résister.

Nous sommes donc face à une intégrale qui réuni les quatre tomes de la saga, parus entre 2013 et 2019. À travers ceux-ci nous suivons la vie de Médée, de son enfance en Colchide bercée par l'amour de la liberté mais également par l'ombre d'un père tyrannique, à son apprentissage en tant que prêtresse d'Hécate et bien évidemment à sa fuite avec Jason et sa vie loin de chez elle, où tout le monde ou presque lui est hostile.
On sent dans ce récit très dense (320 pages quand même) la volonté des autrices de rendre sa voix à cette héroïne de la mythologie, que l'on réduit encore très (trop?) souvent à l’infanticide qu’elle a commis.
Le but de cette histoire n'est évidemment pas de la dédouaner de son geste, mais de tenter de comprendre ce qui l'a amenée à commettre un acte aussi désespéré.
En ce sens, durant ma lecture j'ai beaucoup pensé à Circé et à la version qu'en a faite Madeline Miller, car finalement l'objectif de ces trois autrices se rejoint fortement.

Car ici aussi on se rend bien compte de la précarité de Médée vis-a-vis de sa situation. Forcée de cacher sa véritable nature de guérisseuse afin de ne pas éveiller le moindre soupçon qui pourrait lui être fatal, méprisée par les autres femmes de son entourage et constamment espionnée pour le compte d'hommes de pouvoir. Le quotidien de notre héroïne est donc loin d'être tranquille et elle n'est absolument pas soutenue par Jason, qui préfère la délaisser pour son propre profit.
Ce roman graphique nous montre qu'encore et toujours, être une femme instruite dans un monde d'hommes nous place constamment dans une situation précaire qui peut très vite dégénérer suivant leur bon vouloir. Cette version de l'histoire de Médée est donc on ne peut plus actuelle et nous montre que l'oppression des femmes remonte bien plus loin que ce qu'on imagine.

J'ai donc apprécié cette BD pour son côté féministe et empouvoirant, mais pas seulement. Car comment parler de cet ouvrage sans évoquer la beauté des dessins de Nancy Peña ?
Cette dernière parvient à merveille à sublimer les scènes imaginées par Blandine Le Callet en utilisant des palettes de couleurs distinctes suivant l'ambiance qui y règne.
Et que dire de la finesse des traits des différents personnages et la diversité des émotions qui peuvent se lire sur le visage de Médée ? J'ai été totalement subjuguée par la beauté des illustrations et j'ai parfois passé beaucoup de temps sur une seule planche pour en apprécier tous les détails.

En bref, cette BD nous offre un récit complexe, sur une femme qui l’est tout autant, et dont l'histoire est finalement plus actuelle et politique qu'il n'y paraît au premier regard.
J'ai maintenant très envie de me pencher plus avant sur l'histoire de ce personnage, mais également sur le travail de ces deux autrices.


Les infos utiles

Le site de Nancy Pena
L'Instagram de Blandine Le Caillet
Parution: 25 août 2021 - Casterman
Illustrations: Médée par Blandine Le Callet et Nancy Peña © Casterman 2021

mercredi 20 octobre 2021

Enchantment of Ravens - Margaret Rogerson


Isobel est une jeune artiste peintre exceptionnelle, aux clients bien particuliers : les redoutables faés, des créatures immortelles capables de jeter de terribles sorts. Les faés envient une seule chose aux humains : leur Art, car eux-mêmes sont incapables de donner un coup de pinceau sans tomber en poussière. 
Le talent d’Isobel est si convoité que Corneille, le prince d’automne, lui commande un portrait. Mais la jeune femme va commettre une grave erreur et mettre le prince dans une position difficile, qui pourrait bien lui coûter la vie. 
Furieux, Corneille l’entraîne sur les terres des faés pour comparaître devant un tribunal. Un voyage périlleux, où, cernés d’ennemis, ils seront contraints de s’en remettre l’un à l’autre pour survivre… au risque de voir naître entre eux un sentiment plus dangereux encore.

Après avoir littéralement dévoré Sorcery of Thorns de la même autrice, il était évident que j'allais me jeter sur ce titre dès sa sortie ! J'avais hâte de retrouver la plume et l'imagination de Margaret Rogerson et j'ai été servie !
De plus, j'ai lu ce roman après une très longue panne de lecture et bizarrement, je savais que c'était ce roman qu'il me fallait pour en sortir.

Mis à part cela, je n'avais pas clairement d'attentes vis-à-vis de cette lecture et je pense que cela m'a aidée à l'apprécier d'autant plus. Je m'y suis plongée très facilement et je me suis laissée embarquer dans l'histoire d'Isobel et Corneille.

J'ai énormément apprécié l'univers des Faés tel qu'il est décrit par l'autrice. Il est original et très bien amené, avec ses subtilités et ses défauts, ce qui le rend plus réaliste encore. Evidemment certains passages auraient parfois mérités d'être un peu plus approfondis, mais gardons en tête que c'est le premier roman de l'autrice.

A côté de cela, la dynamique qui se construit entre Isobel et Corneille est très agréable à suivre tant elle est naturelle. Même si la temporalité du roman n'est pas très étendue, la relation qui se tisse entre elleux est logique et bien travaillée.

Il est vrai que ce roman ne bouscule ni les codes de la fantasy ni ne les redéfinit, mais il constitue est très agréable lecture à faire en cette période automnale. On est plus face à une romance sur fond d'univers de fantasy que sur un roman de fantasy pure, mais c'est drôlement efficace et on ne se lasse pas de la plume de l'autrice.

En conclusion, Enchantment of Ravens est un très bon roman où les relations entre les personnages sont bien travaillées et se dessinent presque toutes seules. Avec juste ce qu’il faut de péripéties pour tenir les lecteurices en haleine et une pointe de magie pour sublimer le tout.


Les infos utiles

Le site de Maragaret Rogerson
Son Twitter
Parution VO: 1er septembre 2017 - Simon & Schuster 
Parution VF: 1er septembre 2021 - Castelmore

lundi 18 octobre 2021

Tout le monde veut des ailes - Laurence Bouvard


Angèle, Clara et Vincent ont 15 ans. Ils sont amis pour la vie. Et pourtant, ils ne se sont jamais rencontrés... 
Jusqu'à ce que la vérité les rattrape.

J'ai commencé ce roman sans trop savoir vers quoi j'allais. Je savais simplement que c'était une histoire d'amitié entre trois adolescent·es. Avec si peu d'informations, cela pouvait m'amener à peu près n'importe où, ce qui fait que je n'avais pas de véritables attentes.

Mais c'est une magnifique histoire que nous offre ici Laurence Bouvard, avec trois ados aux personnalités totalement différentes, mais complémentaires.
L'amitié qui les lie se tisse à travers un jeu de rôle et l'écriture collaborative de celui-ci, ce qui ajoute une dimension très actuelle et réaliste à cette histoire.

En effet, combien de relations amicales se sont créées de cette manière sur le net parmi notre génération ?
Pour ma part, nombre de mes amitiés actuelles découlent de ce processus et j'ai été ravie que cela soit mis en lumière d'une si belle manière.

Car pour une fois dans la littérature jeunesse on ne se concentre pas uniquement sur les dérives des réseaux sociaux (qui existent et qu'il faut évidemment dénoncer, mais là n'est pas le propos), mais sur les choses positives qui peuvent en découler, telle que l'amitié que construisent Angèle, Clara et Vincent.
C'était extrêmement rafraîchissant de lire ce type de récit, destiné à un public jeunesse.

Tout le monde veut des ailes est donc un roman sur l'amitié, mais pas seulement. Il traite également de sujets plus complexes, tels que la confiance et l'estime de soi, mais aussi de maladie, de handicap et de deuil. 

En conclusion, c'est un très beau roman, qui nous livre le quotidien presque banal de trois ados, mais avec énormément de douceur et de bienveillance.
Une petite pépite à mettre entre toutes les mains, surtout celles des plus jeunes. 


Les infos utiles

Parution: 25 août 2012 - Bayard Jeunesse