lundi 25 mars 2019

Textos et cie, tome 2: #Nosrêveslesplusfous ! - Geneviève Guilbault


Les élèves de cette école ont déses­pé­rément besoin d'une chose: MOI! 
Leurs têtes débordent de rêves. Leurs coeurs sont remplis d'espoir. À travers leurs amours, leurs joies et leurs peines, je promets de les aider à réaliser leurs désirs les plus fous. 
Anna deviendra-t-elle aussi populaire qu'elle le souhaite? Thomas renouera-t-il les liens avec Eddy? Ma mère trouvera-t-elle le grand amour? Attention, j'arrive!

Ma lecture du premier tome, en décembre dernier avait été plutôt agréable. J'avais apprécié Morgane pour son caractère, son franc-parler et ses convictions, plutôt atypiques pour une ado, mais ô combien rafraichissantes.
Et malgré un format plutôt imposant, ma lecture avait été agréable et assez rapide, le roman proposant énormément d'échanges de textos (comme son titre l'indique) et d'extrait du journal de l'école.

Mais déjà dans ce premier tome, j'avais été dérangée par certains passages, mais je m'étais dit que ce devait être de la maladresse ou tout simplement que je les percevais avec le recul d'une adulte de 27 ans.
Ainsi durant ma lecture de ce tome 2 j'ai plusieurs fois grincé des dents et eu l'envie de sauter au plafond.

Je pense qu'il y a aujourd'hui des choses que je ne peux plus du tout cautionner, d'autant plus lorsqu'elles se trouvent écrites dans un roman à destination des ados.
Alors oui, c'est sûrement parce que je me sens de plus en plus concernée par les discours féministes et que je lis de plus en plus d'ouvrages en ce sens, mais je pense que c'est justement une bonne chose.

Surtout que de la littérature jeunesse, j'en consomme énormément. Et jusqu'à aujourd'hui je n'avais jamais autant tiqué que lors de ma lecture de #Nosrêveslesplusfous !
Cependant, je pense que les intentions de l'autrice sont loin d'être mauvaises. Au contraire, Morgane a  un caractère et des revendications que j'apprécie énormément. C'est juste que parfois, je trouve que ses réflexions ne sont pas en adéquation avec son tempérament.

A côté de cela, effectivement le roman se lit presque tout seul, reprenant les codes qui fonctionnaient bien dans le premier tome.
Celui-ci propose également des passages touchants et intéressants, même si mon cerveau a tendance à retenir ceux qui sont problématiques.

En conclusion, je pense tout de même donner sa chance au tome suivant, afin de déterminer si les aspects qui me posent problème dans ce tome se retrouveront aussi dans celui-ci, ou si ces passages relèvent plus de l'erreur de parcours.
Cependant, j'aurais tout de même tendance à ne pas avoir envie de mettre ce livre entre les mains d'ados impressionnables, car les comportements qui en ressortent ne représentent -à mon sens- clairement pas des exemples à suivre.

Les infos utiles

La page Facebook de Geneviève Guilbault
Parution au Québec: 1er avril 2017 - Editions Andara
Parution chez nous: 22 août 2018 - Kennes Editions
Ma chronique du tome 1


Afin d'illustrer mes propos sans spoiler les personnes qui ne souhaitent pas l'être, je vous invite à surligner le reste de la chronique:

Deux passages m'ont particulièrement choqué durant ma lecture:

Le premier concerne la préparation à la fête d'Halloween, alors qu'Anna propose à Morgane de se déguiser en cheerleader.

Rappelons que Morgane revendique depuis le premier tome son choix de porter des vêtements qui lui plaisent, même s'ils ne sont pas assortis ou "à la mode" et même si cela lui donne un look qui sort de l'ordinaire et qui ne plait pas à la majorité des gens. Si elle se sent bien dans ce qu'elle porte, elle se fout de l'opinion des gens - et elle a bien raison !

Dans un premier temps, Morgane s'oppose au déguisement de cheerleader:



"Je ne suis pas super hot, j'ai l'air d'une dévergondée !"

Humpf. On n'est quand même pas loin du slutshaming.
Morgane ne se sent donc pas à l'aise dans ce déguisement, mais reçoit des compliments du frère d'Anna -un peu plus âgé qu'elle- et le chapitre se termine sur Morgane disant:


 "Euh, je crois que je vais garder celui-là, finalement."

Un peu moyen comme message à faire passer à des ados, non ?


Dans le deuxième passage, Morgane assiste à un échange de messages entre Roméo et Eddy qui se chamaillent gentiment à propos de leurs mauvaises habitudes ou de leurs petits tics.
Eddy reproche à Roméo de faire énormément de bruit en mangeant de la soupe, ce qui a tendance à l'énerver, voire à le dégouter. 
L'échange tourne à la plaisanterie (du moins, c'est comme ça que je l'ai perçu) et Roméo dit qu'il ne mangera plus de soupe en présence d'Eddy, afin de préserver leur couple.
Morgane quitte la conversation et voici ce qu'elle en retire:
"Je quitte la conversation, un sourire aux lèvres, la tête plus légère. Eddy et Roméo sont mes idoles. Ils arrivent à régler leurs différends dans l'humour, l'honnêteté et le respect. Je veux être comme eux. Je veux trouver la personne qui me fera vivre de belles émotions, qui me donnera envie d'arrêter de manger de la soupe aux légumes, juste pour lui faire plaisir. Un jour peut-être, j'arriverai à trouver cette perle rare."

Mouais... Là encore le message qui est passé est un peu limite. 
Rappelons tout de même que Morgane est vegan et que c'est un mode de vie qu'elle défend à de nombreuses reprises. 
On parle quand même de changer de personnalité, de mode de vie ou d'alimentation pour plaire à quelqu'un, pour lui faire plaisir. Je ne suis pas sûre que cela amène des bases très saines dans un couple...

Voilà pour les passages que j'ai trouvé les plus problématiques dans ce roman. Je vous épargne pour l'instant ce qui découle du personnage de Thomas, car j'attends de voir si ce dernier va évoluer dans le prochain tome, même si j'ai peu d'espoir à ce sujet. 
On en reparlera très vite !

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